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Confusion politique au Pérou: le président dissout le Parlement, qui riposte en le suspendant

Allocution télévisée du président Martin Vizcarra à la nation péruvienne, Lima, Pérou, le 30 septembre 2019.

La confusion politique régnait mardi au Pérou où le chef de l'Etat Martin Vizcarra a prononcé la veille la dissolution du Parlement dominé par l'opposition fujimoriste, lequel a riposté en le suspendant pour un an et en nommant une présidente intérimaire.

Dans un discours télévisé à la nation, M. Vizcarra a commencé par annoncer la dissolution du Parlement, une première au Pérou depuis 1992, et la convocation d'élections législatives anticipées le 26 janvier.

Mais le Parlement a riposté en votant, à une majorité de 86 voix sur 130, la suspension pour un an de M. Vizcarra pour "incapacité morale" et son remplacement par la vice-présidente Mercedes Araoz, une économiste de 58 ans, laquelle a prêté serment dans la foulée.

Le Parlement se réunira à nouveau vendredi pour voter une motion destituant M. Vizcarra de façon définitive, a indiqué le président de la Chambre, Pedro Olaechea.

"Nous sommes face à un coup d'Etat", a fulminé le député Jorge Del Castillo, allié de l'opposition, pour justifier la fronde du Parlement. "J'espère que les forces armées et la police ne se joindront pas à cette mascarade", a-t-il ajouté.

Mais les principaux chefs de l'armée et de la police se sont rendus au palais présidentiel à Lima pour réaffirmer "leur plein soutien à l'ordre constitutionnel et au président Martin Vizcarra comme chef suprême", a annoncé la présidence sur Twitter en publiant une photo de la réunion.

Cette crise est l'aboutissement d'une querelle politique de plusieurs années au Pérou au sujet du mode de nomination de juges au Tribunal constitutionnel.

Le Tribunal constitutionnel, la plus haute instance judiciaire du Pérou, est actuellement saisi de la demande de remise en liberté de la leader de l'opposition Keiko Fujimori, fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000).

Mme Fujimori est incarcérée depuis onze mois dans le cadre du vaste scandale de corruption Odebrecht -- du nom du géant du BTP brésilien -- qui éclabousse la classe politique latino-américaine.

Manifestations

Les fujimorises détiennent actuellement la majorité au Parlement mais, en dégringolade dans les sondages, ils redoutent la perspective d'élections anticipées. D'autant plus qu'en vertu d'une réforme adoptée en 2018 par référendum, plus aucun parlementaire au Pérou ne peut postuler à un second mandat.

Martin Vizcarra, au contraire, jouit d'une forte popularité en raison de son intransigeance face à l'opposition, même si lui-même ne bénéficie du soutien d'aucun parti politique. Cet ingénieur de 56 ans a succédé en 2018 à Pedro Pablo Kuczynski, dont il était le vice-président, acculé à la démission en raison de soupçons de corruption.

Plusieurs manifestations de soutien à sa décision de dissoudre le Parlement ont eu lieu lundi soir à travers le Pérou. La plus importante a rassemblé environ 2.000 personnes à Lima.

Outre Alberto Fujimori, condamné pour violations des droits de l'homme et emprisonné depuis 2005, les quatre derniers présidents du Pérou ont eu maille à partir avec la justice de leur pays.

Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011), soupçonné de corruption dans le scandale Odebrecht, s'est suicidé d'une balle dans la tête le 17 avril au moment où la police venait l'arrêter à son domicile.

Ollanta Humala (2011-2016) et son épouse Nadine Heredia ont été inculpés en mai par la justice péruvienne pour blanchiment d'argent présumé.

Pedro Pablo Kuczynski (2016-2018), contraint à démissionner, est visé par une enquête pour blanchiment d'argent présumé dans le scandale Odebrecht.

Quant à Alejandro Toledo (2001-2006), il a été arrêté le 16 juillet aux Etats-Unis, où il réside, en vue d'une extradition, également pour le scandale Odebrecht.

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Nouvelles manifestations anti-racisme au Brésil

Funérailles de João Alberto Silveira Freitas à Porto Alegre au Brésil, 21 novembre 2020.

Plusieurs manifestations anti-racistes ont eu lieu dimanche au Brésil devant des magasins du groupe Carrefour, pour protester contre la mort d'un homme noir roué de coups jeudi par des vigiles blancs dans un supermarché à Porto Alegre.

À Rio de Janeiro, une centaine de manifestants étaient réunis dans un centre commercial où se trouve un de ces supermarchés du groupe français, ont constaté des journalistes de l'AFP.

D'autres manifestations ont rassemblé plusieurs dizaines de personnes réclamant le boycott de Carrefour, notamment à Salvador de Bahia (nord-est), ou à Santos (sud-est). D'autres rassemblements de ce type avaient eu lieu vendredi et samedi.

Sur les pancartes des manifestants à Rio, on pouvait lire "Carrefour assassin" ou "Les vies noires comptent", slogan du mouvement Black Lives Matter, qui a organisé les manifestations de masse après la mort de George Floyd, Américain noir mort sous le genou d'un policier blanc.

Au Brésil, Joao Alberto Silveira Freitas, 40 ans, a été tabassé à mort jeudi soir par deux agents de sécurité blancs travaillant pour un sous-traitant d'un supermarché Carrefour à Porto Alegre (sud).

Les images insoutenables d'une vidéo montrant la victime frappée à coups de poing par un vigile sur le parking pendant que l'autre le tenait ont choqué le Brésil, qui célébrait vendredi le jour de la Conscience Noire.

Vendredi soir, dans une série de tweets en portugais, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a exprimé ses condoléances après cet "acte horrible" et estimé que les images étaient "insupportables".

Il a également demandé "une revue complète des actions de formation des salariés et des sous-traitants, en matière de sécurité, de respect de la diversité et des valeurs de respect et de refus de l'intolérance".

"Nous n'acceptons plus ces excuses, ils ont promis des mesures, mais on n'a encore rien vu", a dénoncé Djefferson Amadeus, de l'Institut de Défense du peuple noir, qui manifestait dimanche à Rio.

"Nous n'allons pas nous taire tant qu'on continue à tuer notre peuple, cela montre que le racisme est encore bien présent au Brésil, non seulement au supermarché, mais aussi dans les favelas (quartiers pauvres de Rio)", a renchéri Thais dos Santos, manifestante de 23 ans.

Samedi, le président d'extrême droite Jair Bolsonaro a critiqué les mouvements anti-racistes, les accusant lors d'un discours au sommet virtuel du G20 de tenter d'importer au Brésil des "tensions qui ne font pas partie de son histoire".

Suspension du budget controversé au Guatemala

Manifestation à Guatemala City, le 21 novembre 2020.

Le Parlement du Guatemala a suspendu lundi le budget de l'Etat pour 2021, à l'origine de deux jours de manifestations réclamant plus de ressources contre les inégalités et la pauvreté dans ce pays d'Amérique centrale rongé par la corruption et l'insécurité. 

"Afin d'assurer la gouvernance du pays et la paix sociale, nous nous sommes mis d'accord pour suspendre la procédure du budget (...) de l'Etat", a déclaré le président du Parlement, Allan Rodriguez, lors d'un message à la nation, deux jours après l'incendie, samedi, du Parlement par des manifestants.

Selon M. Rodriguez, le décret qui avalise le budget ne sera pas envoyé au pouvoir exécutif et les parlementaires ont désormais jusqu'au 30 novembre pour approuver un nouveau budget, comme le stipule la loi guatémaltèque. Sinon le budget actuel restera en vigueur.

Le Parlement, où le parti du président conservateur Alejandro Giammattei et ses alliés détiennent la majorité, a adopté le 17 novembre un budget pour 2021 de près de 12,8 milliards de dollars, supérieur de 25% à celui de 2020.

Malgré cette augmentation, ce nouveau budget a suscité la colère de milliers de Guatémaltèques qui sont descendus dans la rue pendant le week-end pour dénoncer le manque de moyens pour lutter contre la pauvreté.

En fin de manifestation samedi, le siège du Parlement a été incendié et près de 40 personnes interpellées. Une autre manifestation, réunissant plusieurs centaines de personnes, s'est déroulée dimanche de manière pacifique.

Certains manifestants ont également réclamé le départ de M. Giammattei, au pouvoir depuis janvier.

Le chef de l'Etat a appelé dimanche "au dialogue et au rassemblement", tout en assurant que les actions violentes de samedi étaient le fait de "groupes minoritaires qui cherchent à imposer un véritable coup d'Etat".

A son tour, M. Rodriguez a accusé lundi les manifestants d'avoir voulu "rompre avec l'ordre constitutionnel", et a qualifié l'incendie du Parlement d'"acte terroriste". Il a toutefois souligné que la suspension du budget devait ouvrir "un espace de discussion".

Le Comité de développement paysan (Codeca), qui avait annoncé qu'il bloquerait lundi les routes importantes du Guatemala, a pour l'heure renoncé. L'Université de San Carlos, la seule université publique du pays, a de son côté appelé à la grève.

- Opacité -

Le Guatemala, qui compte 17 millions d'habitants, est gangrené par la pauvreté, la violence des gangs et une corruption généralisée.

Environ 60% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Avant la pandémie de coronavirus, le pays fournissait, avec le Honduras et le Salvador voisins, un des plus gros contingents de migrants clandestins se jetant sur les routes en direction des Etats-Unis pour fuir la misère et la violence.

Des Guatémaltèques mécontents dénoncent aussi l'opacité des ressources pour faire face à la pandémie du nouveau coronavirus, ou encore la création d'un poste de super-ministre attribué à un jeune proche du président.

Le Parlement a approuvé une enveloppe d'urgence de plus de 3,8 milliards de dollars pour faire face à la pandémie, mais seulement 15% de ce montant ont directement bénéficié aux Guatémaltèques, selon des données officielles et des ONG.

La gestion de la crise sanitaire par le président Giammattei, un médecin de 64 ans, a également été critiquée par l'opposition et des organisations sociales, ainsi que par son propre vice-président Guillermo Castillo.

Le manque de moyens dans les hôpitaux et l'absence de soutien pour les secteurs économiques les plus touchés par les restrictions sont régulièrement dénoncés.

Selon les derniers chiffres officiels, le pays à enregistré près de 120.000 cas déclarés de Covid-19 et plus de 4.000 morts.

Alors que le Guatemala est régulièrement secoué par des scandales de corruption, en 2019 le mandat de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala (CICIG), créée en 2006 par un accord entre l'ONU et le Parlement, n'avait pas été renouvelé par l'ex-président Jimmy Morales (2006-2020) mis en cause dans une enquête.

L'une des principales révélations de cette commission avait été la fraude douanière qui avait conduit à la démission en 2015 du président Otto Pérez (2012-2015), accusé de diriger un réseau de collecte de pots-de-vin.

Au moins sept morts et 11 blessés dans un glissement de terrain en Colombie

Glissement de terrain à Rosas dans le Cauca en Colombie, le 21 avril 2019. (AFP)

Au moins sept personnes sont mortes et 11 autres ont été blessées lundi lors d'un glissement de terrain dans le nord-ouest de la Colombie, une des régions du pays les plus affectées actuellement par des pluies torrentielles.

Ce glissement de terrain a détruit dans la nuit une discothèque de la municipalité de Puerto Valdivia, dans le département d'Antioquia.

"Sept morts ont été récupérés et 11 personnes transférées à l'hôpital", a déclaré Jaime Gomez, directeur de l'unité départementale de gestion des risques de catastrophe à la radio RCN.

Il a ajouté que les secours continuaient à chercher d'autres personnes parmi la vingtaine qui se trouvaient dans la discothèque lorsqu'elle a été emportée par l'avalanche de terre, qui a bloqué la route entre Medellin, deuxième ville du pays, et la côté caribéenne.

Cette nouvelle catastrophe porte le bilan de deux mois de violentes intempéries en Colombie à 34 morts, 39 blessés et huit disparus, selon l'Unité nationale de gestion des risques de catastrophes.

Ces pluies sont liées au phénomène climatique de La Niña, qui se traduit par un refroidissement inhabituel de l'océan Pacifique.

Menacé de sanctions, Western Union ferme ses bureaux à Cuba

Un bureau de Western Union à La Havane, le 28 décembre 2010 (Reuters)

Le groupe américain de transfert d'argent Western Union a fermé lundi ses bureaux à Cuba sous la pression de Washington, empêchant des milliers de Cubains de recevoir de l'argent envoyé par leurs familles installées à l'étranger.

"Le gouvernement des Etats-Unis: unique responsable de la fin ce jour (lundi) des envois (d'argent) par Western Union", a réagi sur Twitter le président cubain Miguel Diaz-Canel.

La fin des activités de Western Union, qui possède plus de 400 agences dans tout le pays, met un coup d'arrêt aux "circuits officiels et sûrs pour l'envoi d'argent" de l'étranger et notamment des Etats-Unis et incite à "l'illégalité" pour effectuer ces transferts, a ajouté le quotidien d'Etat Granma.

La fermeture du groupe américain fait suite à une décision de Washington d'inclure Fincimex, le partenaire local de Western Union, dans une liste du département du Trésor de plus de 200 entreprises cubaines, toutes gérées par les militaires selon le gouvernement américain, et avec lesquelles aucune entreprise américaine ne peut faire des affaires.

Précieux soutien au quotidien de nombreuses familles sur l'île, les "remesas" - envois d'argent de Cubains à l'étranger vers leurs proches restés au pays - étaient estimées en 2017 par l'économiste Carlos Mesa-Lago à 3,5 milliards de dollars par an, soit plus que le tourisme.

Mais l'embargo de Washington, en vigueur depuis 1962, n'a cessé d'être renforcé sous le mandat du président américain Donald Trump, compliquant notamment les transferts d'argent vers Cuba.

Les Cubains espéraient toutefois lundi que la suspension des activités de Western Union sur l'île serait temporaire après les déclarations du président-élu Joe Biden.

Ce dernier a annoncé que ses premières mesures vis-à-vis de l'île socialiste seraient le rétablissement des "remesas" ainsi que des voyages des Américains à Cuba.

Transition américaine: les démocrates de plus en plus frustrés

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