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Un officier colombien admet avoir participé à des exécutions de civils

Soldat colombien près d'un laboratoire clandestin produisant de la cocaïne à Quebrada Guainia, sur la côte sud du Pacifique, le 17 mars 2010. (AP Photo/Christian Escobar Mora)

En pleine offensive contre les guérillas, la morgue du village d'Ocaña s'est remplie de cadavres, à tel point qu'ils ont fini dans une fosse commune, témoigne le colonel Gabriel de Jesus Rincon.

Présentés commes des rebelles et délinquants, il s'agissait en réalité de civils abattus par des militaires. "Je n'ai pas tué, mais j'ai contribué à ce que cela se fasse", a admis cet officier de 53 ans.

La révélation de ces exécutions extra-judiciaires a déclenché un énorme scandale dans une Colombie minée par six décennies d'une guerre interne qui a fait plus de huit millions de victimes (morts, disparus et déplacés).

Après 22 ans de service dans l'armée de terre, Rincon a été mis en retraite, condamné pour disparition forcée et homicide. De 2006 et 2008, cet homme au regard d'acier commandait la 15e Brigade mobile, dans le département Norte de Santander, dans l'est de la Colombie.

L'offensive contre les guérillas était alors si intense que la morgue du village d'Ocaña a débordé. Craignant une crise sanitaire, le maire et le curé ont, en septembre 2008, fait transférer 25 corps dans une fosse commune. Plusieurs ont alors été identifiés comme ceux de civils disparus depuis des semaines.

-Faux morts au combat-

Rincon affirme avoir su lors de l'exhumation qui étaient ses victimes: des jeunes de Soacha, banlieue pauvre de Bogota, à 740 kilomètres de là.

"J'ai donné les moyens (...) de les faire passer pour des morts au combat", précise-t-il.

Il confie des faits pour lesquels il comparaît devant la Juridiction spéciale de paix (JEP), issue de l'accord de 2016 avec l'ex-guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (Farc), aujourd'hui désarmée.

"Je n'ai pas dénoncé et j'ai permis que les unités déployées là-bas, dans la zone de combat, recourent à de telles pratiques", admet-il.

Les soldats tenaient le compte des guérilleros et narco-paramilitaires tués lors des affrontements, amplifiés sous le président Alvaro Uribe (2002-2010). Les bons résultats étaient récompensés en médailles, permissions et promotions.

Rincon, détenu dix ans, a été condamné en 2017 à 46 ans de prison pour l'assassinat de cinq jeunes, âgés de 20 à 25 ans, présentés comme "tombés au combat".

Deux civils, agissant comme recruteurs, emmenaient les victimes en autobus jusqu'à Ocaña, leur faisant miroiter un "argent rapide". Puis des soldats de l'unité Espada les exécutaient. "Je n'ai jamais eu à leur expliquer (...) je leur ai seulement dit: vous allez partir en opération, on va vous livrer des personnes et vous savez ce que vous avez à faire."

-Des milliers de "faux positifs"-

Victor Gomez avait 23 ans lorsqu'il a fait ce voyage sans retour avec deux autres.

"Ils les ont saoulés, puis les ont emmenés jusqu'à (...) un faux barrage militaire où les recruteurs les ont livrés (...) Le lendemain, ils étaient morts", a expliqué Carmenza Gomez, mère de Victor.

Tous trois ont été présentés comme membres d'un gang. "Victor avait une balle dans le front, un coup de grâce", précise cette femme de 62 ans, sous protection depuis des menaces dues à sa volonté de "chercher la vérité".

Des milliers de morts au combat -des "positifs" en jargon militaire- étaient en réalité des civils abattus de sang froid. Le Parquet a été saisi de 2.248 cas de ces "faux positifs", dont 59% tués entre 2006 et 2008, du temps du président Uribe, aujourd'hui sénateur et qui nie toute responsabilité.

-"Contribuer à la guerre"-

Des enquêtes judiciaires ont été ouvertes contre 29 généraux.

Rincon avait un jour été interpellé par le chef de l'armée de terre, le général Mario Montoya, depuis retraité et qui comparaît lui aussi devant la JEP.

En demandant comment il comptait "contribuer à la guerre", Montoya lui avait suggéré: "Pourquoi ne sortez-vous pas des types de la morgue, vous leur mettez un uniforme et vous les déclarez comme résultats."

Bien qu'il n'ait jamais reçu l'ordre direct de tuer, Rincon a révélé l'existence d'"un Top 10" des unités militaires, dont le succès se mesurait en nombre de morts.

L'avocat du général Montoya assure que son client "n'encourageait absolument rien".

"Il y a 2.140 militaires cités dans des enquêtes sur des exécutions extra-judiciaires, soit 0,9% de ceux opérant dans l'armée de terre durant la période (...) cela montre qu'à aucun moment il n'y a eu de directive pour des faits aussi atroces", affirme Me Andres Garzon.

-Vérité dangereuse-

Rincon est en liberté provisoire depuis 2018 afin de se présenter devant la JEP, qui enquête sur les crimes les plus graves commis par des guérilleros des Farc et des militaires.

Après avoir demandé pardon pour ses crimes, il doit dire la vérité et dédommager ses victimes, en l'occurrence les familles, pour bénéficier d'une peine alternative.

Ayant échappé à un attentat en novembre dernier, il a été mis sous protection, comme 19 autres des 219 militaires comparaissant devant la JEP. Son avocate, Tania Parra, a elle aussi été menacée.

"Raconter la vérité après plus de 50 ans de conflit (...) implique évidemment un risque", souligne Giovanni Alvarez, directeur de l'unité d'investigation et d'accusation de la JEP.

Suspendues en raison du Covid-19, détecté en Colombie le 6 mars, les audiences ont repris le 4 mai.

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Affaire George Floyd: début du procès

Les manifestants défilent dans le centre-ville de Minneapolis un jour avant le début de la sélection du jury pour le procès de Derek Chauvin, l'ancien policier de Minneapolis accusé d'avoir tué George Floyd, à Minneapolis, Minnesota, le 7 mars 2021.

"Blessé" et "transformé à jamais" par la mort de son neveu George Floyd, Selwyn Jones aborde avec appréhension le procès du policier qui l'a tué, échaudé par la clémence historique du système judiciaire américain envers les forces de l'ordre

"Je veux que justice soit rendue, même si, dans mon coeur, cela ne sera jamais juste", confie à l'AFP l'oncle maternel de cet Afro-Américain dont le nom a fait le tour du monde après sa mort, le 25 mai, sous le genou d'un policier blanc de Minneapolis.

L'agent Derek Chauvin, qui a maintenu sa pression sur le cou de George Floyd pendant près de neuf minutes malgré ses supplications, a été inculpé de meurtre et son procès s'ouvre lundi dans la grande ville du Nord des Etats-Unis.

"Evidemment, je veux qu'il soit déclaré coupable", déclare M. Jones, 55 ans, qui vit à Gettysburg dans le Dakota du Sud et espère assister à des pans du procès, bien que, Covid oblige, un seul siège soit réservé à la famille dans la salle d'audience.

Pour lui, la vidéo du drame, filmée et mise en ligne par une passante, ne laisse aucune doute: Derek Chauvin "est autant coupable qu'on puisse l'être".

Lui l'a d'abord vue à la télévision sans reconnaître la victime. Un appel de sa soeur le lui a révélé. "C'est comme si on m'avait arraché le coeur", se rappelle-t-il, en se disant incapable d'oublier les images de son neveu "suppliant, implorant et prédisant sa propre mort".

Quant à Derek Chauvin, "il agissait comme s'il n'y avait personne autour de lui", note Selwyn Jones. "C'est comme s'il avait pensé: je peux faire ce que je veux parce que je suis policier et blanc et que nous sommes les maîtres du monde !"

"Se faire entendre"

Malgré la force de cet enregistrement, M. Jones appréhende le verdict, qui n'est pas attendu avant plusieurs semaines.

"Avec des questions techniques, ils peuvent manipuler le système", "on l'a souvent vu dans le passé", relève-t-il, en rappelant que les policiers américains bénéficient d'une large immunité judiciaire de fait.

L'exemple le plus emblématique est l'acquittement en 1992, à Los Angeles, des policiers qui avaient passé à tabac Rodney King, malgré une vidéo sans équivoque des violences. Cette décision avait été suivie d'émeutes meurtrières, un scénario qui pourrait se répéter si Derek Chauvin échappait à la prison, met en garde M. Jones.

"S'ils le laissent s'en sortir, alors on n'aura plus qu'à prier pour Minneapolis et pour un bon nombre d'endroits, parce que les gens vont se déchaîner", prédit-il. "Je déteste les émeutes, mais parfois c'est la seule manière de se faire entendre".

Pour le quinquagénaire, la forte mobilisation qui a suivi la mort de son neveu a déjà permis d'aller plus loin que dans d'autres dossiers de violences policières.

"Par hasard, la mort de mon neveu a eu lieu pendant une pandémie et tout le monde a pu voir à quoi ressemble le racisme, le pouvoir et le contrôle", dit-il. "La seule raison" pour laquelle Derek Chauvin et ses confrères ont été arrêtés "c'est parce que les gens n'en pouvaient plus et qu'ils ont commencé à le faire savoir."

L'annonce de nouvelles manifestations en marge du procès et l'attention médiatique qu'il suscite lui donnent donc, malgré tous ses doutes, un peu d'espoir: "Il y a tellement de pression sur ce dossier, ils sont obligés de faire quelque chose".

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Le Sénat approuve le plan de relance de Joe Biden

Le président Joe Biden participe à une table ronde sur un ensemble de mesures de lutte contre le coronavirus à la Maison Blanche à Washington, le vendredi 5 mars 2021.

Le Sénat américain a approuvé samedi un projet de loi de grande envergure sur la lutte contre le coronavirus.

Le vote, strictement partisan (50 en faveur, 49 contre) est intervenu au terme d'une session marathon, donnant ainsi aux démocrates leur première victoire législative depuis qu'ils ont reconquis la majorité.

Selon le quotidien USA Today, le sénateur républicain Dan Sullivan (Alaska) était absent.

Peu après l'adoption du projet de loi, le président Joe Biden a déclaré que l'administration sera en mesure d'expédier 1 400 dollars à la plupart des Américains dès ce mois.

Il a jouté que les mesures adoptées permettront d'accélérer la fabrication et la distribution des vaccins anti-coronavirus.

Le locataire de la Maison Blanche a précisé que plus de 85% des ménages américains recevront des paiements.

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USA: moins de 40.000 cas de Covid en 24H, une première depuis octobre

Test de dépistage du coronavirus (COVID-19) à Denver, Colorado, États-Unis, le 20 juin 2020.

Pour la première fois en cinq mois, les Etats-Unis ont recensé jeudi moins de 40.000 cas de Covid-19 en 24H, selon les données de l'université Johns Hopkins, qui font référence.

Après un pic de près de 300.000 cas en 24 heures enregistré le 8 janvier, le nombre d'infections quotidiennes a retrouvé son niveau d'avant Halloween, Thanksgiving et les autres fêtes de fin d'années, synonymes de nombreux déplacements à travers le pays et d'une propagation accrue du virus.

Autre signe encourageant dans le pays le plus touché par la pandémie en valeur absolue: les moyennes hebdomadaires des morts et des hospitalisations sont elles aussi nettement en baisse.

La campagne de vaccination lancée en décembre aux Etats-Unis bat désormais son plein, avec trois vaccins autorisés: ceux de l'alliance Pfizer/BioNTech, de Moderna, et depuis quelques jours, de Johnson & Johnson, dont les premières injections ont commencé mardi.

Et le nombre de personnes vaccinées s'apprête à dépasser celui des cas recensés dans le pays depuis le début de la pandémie.

Face à la concurrence de bonnes nouvelles, les Etats américains lèvent les uns après les autres les restrictions mises en place pour freiner la propagation du Covid-19, qui dépendent majoritairement des autorités locales aux Etats-Unis.

Ces annonces ont consterné le président américain Joe Biden, qui les juge trop prématurées. Il s'agit d'une "grande erreur", a-t-il dénoncé, emboîtant le pas des principaux responsables sanitaires fédéraux.

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