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La Chine a proposé d'acheter 70 milliards de dollars de biens américains

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross à Beijing dimanche 3 juin 2018.

La Chine a proposé d'acheter près de 70 milliards de dollars de biens américains supplémentaires à condition que l'administration Trump abandonne sa menace de tarifs douaniers sur 50 milliards de dollars de marchandises chinoises, a confirmé mercredi un responsable du gouvernement américain.

Cette proposition a été faite lors de la troisième session de discussions le week-end dernier à Pékin entre des hauts responsables chinois, emmenés par Liu He, le conseiller économique du président Xi Jinping, et une délégation américaine conduite par le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, avait révélé mardi le Wall Street Journal.

Ces acquisitions incluent des achats supplémentaires de soja, de gaz naturel, de pétrole brut et de charbon, a confirmé mercredi un responsable de l'administration Trump à l'AFP.

"Aucun accord définitif n'a été signé par les deux parties. Nous n'avons pas plus d'informations pour l'instant", a par ailleurs déclaré un porte-parole du département du Commerce.

De son côté, le ministère chinois du Commerce a confirmé jeudi à Pékin lors d'un point de presse que les deux parties avaient discuté le week-end dernier de propositions concrètes.

"La Chine et les Etats-Unis ont mené des discussions approfondies et précises sur certains secteurs spécifiques de coopération commerciale, notamment sur les produits agricoles et l'énergie", a déclaré le porte-parole Gao Feng.

Interrogé sur le montant supposé des 70 milliards de dollars, il n'a pas confirmé ce chiffre.

"La Chine est désireuse d'augmenter ses importations, à la condition que les deux parties continuent de marcher l'une vers l'autre", a cependant indiqué M. Gao.

En 2017, les exportations de marchandises américaines vers la Chine ont représenté 130,36 milliards de dollars, selon les statistiques du département du commerce. 70 milliards supplémentaires représenteraient ainsi un bond de plus de 53,8%.

Le déficit commercial américain pour les seules marchandises était de plus de 375 milliards de dollars en 2017. La Maison Blanche exige de Pékin de le réduire de 200 milliards mais la Chine s'y est jusqu'à présent refusée.

"Si les Etats-Unis introduisent des sanctions commerciales, y compris en relevant leurs droits de douane, alors tous les fruits des négociations commerciales et économiques (entre les deux puissances) deviendront sans effet", avait déjà menacé dimanche l'agence étatique Chine Nouvelle lors de la visite de Wilbur Ross.

Selon le Wall Street Journal, Liu He a fait savoir au secrétaire américain que cette proposition d'achats supplémentaires serait nulle et non avenue si Washington poursuivait son projet d'imposer des tarifs sur 50 milliards de marchandises.

Or la semaine dernière, l'administration Trump avait dévoilé qu'elle préparait toujours des mesures punitives contre la Chine, en dépit de la trêve annoncée le 19 mai par les deux pays.

Avec AFP

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La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts pour éviter une récession

Le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, à la Maison-Blanche le 27 août 2018.

La Maison Blanche envisage des baisses d'impôts et de droits de douane pour éviter une entrée des Etats-Unis en récession, ont rapporté lundi des médias américains, malgré l'insistance de Donald Trump sur la bonne santé de l'économie américaine.

Selon le Washington Post, des responsables de la Maison Blanche étudient plusieurs mesures pour stimuler l'économie américaine, dont une baisse temporaire de la taxe sur les salaires pour améliorer le pouvoir d'achat des travailleurs.

D'après le New York Times, les Etats-Unis pourraient également renoncer aux nouveaux droits de douane imposés par l'administration Trump aux imporations chinoises dans le cadre de la guerre commerciale avec Pékin.

Il s'agit de mesures à l'étude, et les responsables qui en ont eu l'idée n'ont pas encore demandé l'avis du président Donald Trump, lequel devrait en outre obtenir l'aval du Congrès, précisent les deux médias.

"Abaisser les taxes sur les salaires n'est pas quelque chose qui soit à l'étude en ce moment", a réagi la Maison Blanche auprès du Washington Post.

La taxe sur les salaires avait déjà été temporairement abaissée en 2011 et 2012 sous le président Barack Obama pour essayer de sortir l'économie américaine de la stagnation consécutive à la crise financière de 2008.

Selon un sondage publié dimanche par la National Association for Business Economists (NABE), près des trois quarts des économistes américains s'attendent à une récession d'ici 2021. Un avis que ne partage pas Donald Trump: "je ne crois pas qu'il y aura une récession. Nous nous portons terriblement bien", a-t-il affirmé à des journalistes dimanche.

Avec AFP

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Cinq ans après, renvoi d'un policier blanc accusé d'avoir asphyxié un Noir à New York

Emerald Snipes, fille d'Eric Garner, s'adresse à la presse à l’extérieur d'un tribunal de New York, le 16 juillet 2019.

La mort d'Eric Garner en juillet 2014 a contribué à faire émerger le mouvement "Black Lives Matter" et alimenté les accusations de racisme portées à l'encontre de la police américaine.

L'affaire avait en 2014 catalysé le mouvement #BlackLivesMatter dénonçant les violences policières contre les Noirs: lundi, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un Noir non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative, qui avait appelé à un licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

"Je suis d'accord" avec cette recommandation, l'officier de police Daniel "Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York", a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été "extrêmement difficile".

L'histoire, qui a déchaîné les passions et suscité de nombreuses manifestations, remonte au 17 juillet 2014: Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais n'était pas armé, avait perdu connaissance alors que cinq hommes s'employaient à le menotter, avant de décéder.

Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde: on y entend Eric Garner, père de six enfants, répéter à maintes reprises, "Je ne peux pas respirer" ("I can't breathe").

Le policier Daniel Pantaleo avait ensuite gardé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

- Pressions -

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge début août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à la présidentielle 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a immédiatement prédit que sa décision déclencherait la colère dans ses rangs.

"Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serai probablement furieux contre moi", a-t-il reconnu.

Mais "c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais", s'est justifié M. O'Neill, tout en faisant valoir que les policiers exerçaient "l'un des métiers les plus difficiles au monde" et devaient prendre des décisions difficiles "en un instant".

Un syndicat de policiers new-yorkais, the Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé de choisir "la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger".

- Explications "mensongères"

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge administrative Rosemarie Maldonado avait notamment estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications "non plausibles et mensongères".

Elle avait aussi jugé "non fiables" les témoignages des autres policiers interrogés sur cet incident.

La procureure générale de l'Etat de New York, la démocrate noire Letitia James, a salué cette décision.

"Depuis plus de cinq ans, la famille Garner et les citoyens à travers le pays attendent que justice soit faite dans la mort d'Eric Garner (...) Si nous ne pourrons jamais changer les évènements qui ont eu lieu ni faire revivre M. Garner, un semblant de justice a été rendu aujourd'hui".

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