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Climat : Chine et Etats-Unis ratifient l'accord de Paris, l'entrée en vigueur se rapproche

Le président américain Barack Obama, à droite, se serre la main avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon lors d'une cérémonie de ratification conjointe de l'accord sur le changement climatique de Paris avant le sommet du G20 au Guest House de l'Eta

En marge du sommet du G20 à Hangzhou (est de la Chine), le président Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping ont présenté ensemble au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon les documents de ratification par leurs deux pays.

La Chine et les Etats-Unis, les deux principaux pollueurs de la planète, ont ratifié samedi l'accord mondial sur le climat conclu en décembre à Paris à l'issue de la COP21, ce qui accélère grandement le processus vers son entrée en vigueur.

L'accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2° voire 1,5°C par rapport au niveau pré-industriel, pourra être considéré par les générations futures comme "le moment où nous avons enfin décidé de sauver notre planète", a commenté M. Obama.

Chine et Etats-Unis sont responsables au total d'environ 40% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde -- 15% pour les seules émissions américaines.

L'objectif suppose des efforts douloureux pour la Chine, qui tire quelque 70% de son électricité du charbon et produit 24% des émissions mondiales de CO2.

Désormais, "je suis optimiste sur le fait que nous arriverons (à une entrée en vigueur) d'ici à la fin de l'année", s'est enthousiasmé samedi M. Ban Ki-moon.

L'accord de Paris a été signé par 180 pays, mais chacun doit ensuite le ratifier, selon ses propres modalités (vote au Parlement, décret...). Il faut la ratification d'au moins 55 pays totalisant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre pour qu'il entre en vigueur.

Jusqu'à présent, seuls 24 pays étaient allés au bout du processus, selon le site des Nations unies: surtout des petits Etats insulaires, les plus exposés mais ne représentant que 1,08% des émissions.

L'héritage d'Obama

Barack Obama doit profiter du G20 de Hangzhou, dimanche et lundi, pour pousser d'autres pays, notamment l'Inde, à ratifier rapidement l'accord.

Une telle célérité s'explique par le souci de garantir la pérennité de l'héritage environnemental d'Obama, dont le mandat s'achève en janvier, selon son conseiller climat Brian Deese.

"L'histoire montre qu'une fois que ces accords sont en vigueur et signés par les Etats-Unis, nous y restons", en dépit des alternances politiques, souligne-t-il. Contrairement au protocole de Kyodo, approuvé sous la présidence de Bill Clinton... et jamais ratifié par son successeur George W. Bush.

La Maison Blanche assure que la ratification de l'accord de Paris ne nécessite pas le feu vert du Congrès, contrôlé par l'opposition républicaine.

"C'est un signal que la communauté internationale s'attaque enfin de façon concertée à la menace climatique", a réagi pour l'AFP Alvin Lin, de l'ONG environnementale NRDC.

Cette annonce sino-américaine "était totalement impensable il y a encore six mois", juge l'ONG WWF, qui table sur un effet d'entraînement parmi les autres nations.

L'institut Climate Analytics a recensé 34 pays s'étant engagés à ratifier l'accord climatique d'ici à fin 2016 (Brésil, Canada, Indonésie, Japon, Iran...). La France l'a fait mi-juin, les autres membres de l'Union européenne doivent encore l'imiter.

Dilemme des subventions

Les défis restent cependant colossaux. "Parler de +triomphe+ après Paris, et continuer de couvrir de généreuses subventions les industries des énergies fossiles n'est simplement pas compatible" voire "hypocrite", s'agace Li Shuo, conseiller climat pour Greenpeace.

La Chine est le premier pays en termes d'investissements dans le solaire, mais a également approuvé en 2015 la construction d'au moins 150 nouvelles centrales à charbon.

La consommation chinoise de charbon a doublé sur la décennie 2004-2014, alimentant une pollution atmosphérique endémique - à telle enseigne que les autorités ont fait fermer les usines jusqu'à 300 km autour de Hangzhou pour garantir un ciel bleu au G20.

Pour autant, Xi Jinping s'est voulu encourageant: "Quand le vieux chemin ne mène plus nulle part, il faut recourir à de nouvelles méthodes (...) On doit donner soutenir l'innovation", a-t-il dit samedi.

Le sommet de Hangzhou "doit être l'occasion pour les dirigeants d'établir un calendrier pour éliminer leurs subventions aux carburants fossiles" et mieux soutenir les énergies durables, insiste Li Shuo.

Désormais, le monde des affaires lui-même fait pression, pointant les risques financiers induits par le changement climatique -- inondations, sécheresse, montée du niveau de la mer.

Un groupe d'une centaine d'institutions et entreprises contrôlant 13.000 milliards de dollars d'investissements, puis trois des plus grands assureurs mondiaux, ont successivement enjoint ces derniers jours le G20 de ratifier l'accord de Paris d'ici à fin 2016.

Avec AFP

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Le Sénat vote pour confirmer la juge nommée par Trump à la Cour suprême

La juge Amy Coney Barrett, candidate du président Donald Trump, à Capitol Hill, à Washington, DC, le 21 octobre 2020. Leigh Vogel/Pool via REUTERS

Le Sénat américain devrait confirmer définitivement lundi la nomination à la Cour suprême d'une juge choisie par Donald Trump, qui aura, à huit jours de la présidentielle, durablement consolidé la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé.

Le président républicain avait désigné la magistrate Amy Coney Barrett, une fervente catholique conservatrice de 48 ans, pour succéder à l'icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg après son décès.

Le président républicain compte sur ce vote rondement mené pour satisfaire sa base électorale. Il aura au cours de son mandat nommé trois juges conservateurs au sein du temple du droit américain.

Les démocrates dénoncent de leur côté sa volonté de faire aboutir une nomination aussi capitale, d'une juge choisie à vie, aussi près du scrutin du 3 novembre, mais disposent de peu de leviers pour s'y opposer.

Car les républicains sont majoritaires au Sénat, au moins jusqu'aux élections du 3 novembre puisqu'outre leur président, les Américains renouvelleront aussi partiellement le Congrès.

Réunis exceptionnellement un week-end, les sénateurs ont surmonté dimanche, par 51 voix contre 48, un dernier obstacle procédural pour limiter la durée des débats.

Cela ouvre la voie à un vote solennel en séance plénière lundi sur le nom d'Amy Coney Barrett, déjà validé en commission. La majorité simple de 51 voix, aux mains des républicains, suffira.

"Nous allons donner à cette candidate les votes qu'elle mérite pas plus tard que lundi", avait lancé dès vendredi, à l'ouverture des débats, le chef de la majorité républicaine Mitch McConnell, balayant les appels démocrates à attendre le résultat des élections.

Six contre trois

Les républicains "supervisent le processus le plus partisan, le plus hypocrite et le moins légitime de l'histoire" des confirmations à la Cour suprême, avait répondu son alter ego démocrate Chuck Schumer, rappelant que le même Mitch McConnell avait refusé, en 2016, d'auditionner un juge nommé par le président de l'époque, Barack Obama, sous prétexte que les élections étaient trop proches.

Le camp présidentiel a globalement fait bloc derrière le choix de Donald Trump. Si deux sénatrices républicaines avaient manifesté leur opposition à ce processus précipité, l'une d'elles, Lisa Murkowski, a prévenu ce week-end que ça ne l'empêcherait pas de voter en faveur de la juge.

"J'ai perdu la bataille de procédure", mais "je n'ai rien contre elle en tant que personne", a-t-elle dit.

L'arrivée de la juge Barrett modifiera considérablement l'équilibre au sein de la haute juridiction, avec une majorité conservatrice de six juges contre trois plus progressistes.

Cette mère de sept enfants opposée à l'avortement pourra, sauf surprise, participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l'élection présidentielle.

Elle siègera donc théoriquement en cas d'examen d'éventuels recours contre les résultats du scrutin.

Surtout, la Cour suprême tranche aux Etats-Unis les débats de société les plus épineux, de l'avortement au port d'armes en passant par les droits des minorités sexuelles.

Les démocrates, à court d'options pour faire barrage à cette nomination, ont tenté de transformer les débats, retransmis en partie sur les chaînes de télévision, en une tribune sur l'avenir de l'assurance santé Obamacare, que Donald Trump veut abroger.

La haute cour doit en effet examiner le 10 novembre un recours contre cette loi emblématique de l'ex-président démocrate, sur laquelle la juge a exprimé des réserves dans le passé.

Le tableau de Banksy parodiant les Nymphéas de Monet adjugé à 7,6 millions de livres

Une assistante de gallerie pose le tableau Nympheas de Claude Monet lors d'une photo-call pour la vente d'art à la maison de ventes Sotheby's à Londres le 18 juin 2014. REUTERS / Neil Hall

"Show me the Monet", le tableau de l'artiste urbain britannique Banksy parodiant les Nymphéas de Claude Monet, a été vendu mercredi à Londres 7,6 millions de livres (8,5 millions d'euros), a annoncé la maison d'enchères Sotheby's.

"Cinq collectionneurs déterminés" se sont disputés pendant près de neuf minutes d'enchères en ligne l'oeuvre, initialement estimée entre 3 et 5 millions de livres, avant que l'un deux ne la remporte pour 7,6 millions. C'est "le second plus haut prix jamais atteint" par une œuvre de Banksy dans des enchères.

Ce tableau datant de 2005 reprend l'une des célèbres œuvres du peintre impressionniste français montrant un pont japonais au dessus d'un bassin en fleurs, dans lequel trempent désormais aussi des plots de signalisation orange et un vieux caddy.

"Banksy met ici en lumière le mépris de la société pour l'environnement face aux excès gaspilleurs du consumérisme", a estimé dans un communiqué Alex Branczik, responsable européen de l'art contemporain chez Sotheby’s, qui voit en l'artiste originaire de Bristol un "visionnaire".

"Show me the Monet" fait partie d'une série de tableaux intitulée "Crude Oils" ("Peintures à l'huile vulgaires"), dans laquelle l'artiste s'est amusé à détourner de grands classiques de la peinture.

On y trouve ainsi une version des "Tournesols" de Van Gogh aux fleurs fanées, la Marilyn Monroe d'Andy Warhol détournée en Kate Moss ou encore le "Nighthawks" d'Edward Hopper où un homme en caleçon aux couleurs du drapeau britannique a caillassé la vitre du célèbre bar.

"Show me the Monet" n'a pas réussi à battre le record établi en 2019 par "Le Parlement des singes", qui s'était arraché à 9,9 millions de livres (11,1 millions d'euros) lors d'une précédente vente aux enchères à Sotheby's, pulvérisant l'estimation initiale de 1,5 à deux millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d'euros).

Le pianiste américain Keith Jarrett, handicapé par des AVC, ne donnera plus de concerts

Pianiste à l'oeuvre.

Le pianiste américain de jazz Keith Jarrett ne pourra sans doute plus jamais se produire en concert, partiellement paralysé par deux AVC, explique-t-il dans un entretien publié mercredi par le New York Times.

"Mon côté gauche est toujours en partie paralysé", explique, pour la première fois, le musicien de 75 ans, après deux accidents vasculaires cérébraux intervenus en février et mai 2018.

"On me dit que le maximum que je pourrais récupérer de ma main gauche, c'est la capacité de tenir un verre", se désole-t-il.

Depuis, il ne s'est mis que de rares fois au piano, jouant de la main droite uniquement.

"Je ne sais pas à quoi est censé ressembler mon avenir", a-t-il confié au New York Times. "Je ne me considère pas comme un pianiste aujourd'hui."

Légende du jazz, Keith Jarrett a été à l'avant-garde du mouvement dès le début des années 60, et a collaboré avec des artistes de référence comme Miles Davis, Art Blakey ou Jack DeJohnette.

Son travail autour de l'improvisation l'a mené jusqu'à donner des concerts solo totalement improvisés, qui ont largement contribué à sa réputation de virtuose génial.

"J'ai le sentiment que je suis le John Coltrane des pianistes", a-t-il dit au New York Times, se plaçant au niveau du monstre du saxophone.

Ce qui sera peut-être le dernier concert de Keith Jarrett remonte à février 2017, au Carnegie Hall de New York.

S'il a enregistré plusieurs albums en studio, le natif d'Allentown (Pennsylvanie) est surtout connu pour ses concerts, son jeu au son limpide et ses mimiques, notamment sa tête exagérément penchée sur le piano.

"Aujourd'hui, je ne peux même pas en parler", dit-il au sujet de la possible fin de sa carrière scénique.

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