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Centrafrique

26 civils tués par un groupe armé dans l'ouest, selon l'ONU

Des soldats de la paix de Minusca patrouillent dans le 3ème arrondissement de Bangui, Centrafrique, 3 octobre 2014.

Vingt-six civils ont été tués mardi par un groupe armé qui a attaqué deux villages du nord-ouest de la Centrafrique, a annoncé le patron de la mission locale de l'ONU (Minusca).

Il s'agit du massacre le plus important commis dans le pays depuis la signature, le 6 février dernier, d'un accord de paix entre le gouvernement et 14 groupes armés.

"La Minusca condamne avec la dernière énergie les tueries intervenues dans les villages de Koundjili et Djoumjoum, avec plus de 26 morts et de nombreux blessés", a écrit sur Twitter le représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye.

Le massacre s'est déroulé dans ces deux villages situés à une cinquantaine de km de Paoua, près de la frontière avec le Tchad.

"Le 21 mai, des éléments du groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation) avaient organisé une réunion avec des habitants des villages de Koundjili et de Djoumjoum", a précisé une source onusienne.

"Lorsque les villageois se sont présentés, les éléments de 3R auraient ouvert le feu sur eux de manière indiscriminée, tuant 12 civils à Koundjili et 14 à Djoumjoum", a-t-on ajouté.

Le groupe 3R, qui prétend protéger les Peuls, a signé l'accord de paix de février. En retour, son chef, Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), a été nommé le 25 mars "conseiller spécial militaire" auprès du Premier ministre, en charge de la mise en place des unités mixtes associant membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et groupes armés.

Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, l'accord signé en février à Khartoum est le huitième depuis le début de la crise en 2013, marquée par le renversement du président François Bozizé.

Aucun des précédents accords n'a abouti à un retour de la stabilité, dans un pays où les groupes armés contrôlent 80% du territoire et se battent pour la main mise sur les ressources naturelles.

Près d'un quart des 4,5 millions d'habitants de la RCA ont été contraints de fuir leur domicile.

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Des ateliers de dessin pour enfants traumatisés

Défricher par le feu pour ériger de nouvelles tentes dans le nouveau camp de personnes déplacées à Kaga Bandoro, le 19 octobre 2016.

Le bruissement des crayons de couleur s'échappe de pages blanches dans un camp de déplacés à Kaga Bandoro, dans le nord de la Centrafrique. Penchés sur leurs tables, des enfants dessinent leur quotidien. Des hommes armés, des chars. Et du rouge. Beaucoup de rouge.

Dans une tente de fortune, lunettes sur le nez et les pieds dans la poussière, Mamie Nouria Meniko, psychologue congolaise de 43 ans, analyse les dessins des enfants du camp de déplacés de Lazaré, où s'entassent des familles de la région qui ont fui les exactions de groupes armés.

"Le problème, c'est l'exposition quotidienne à la violence", explique cette femme, responsable du programme du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) mis en place pour identifier et traiter des enfants atteints de troubles du stress post-traumatique.

"Le dessin, dit-elle, aide à exprimer ce que l'enfant a dans sa tête. Il raconte ce qu'il ne peut pas dire de vive voix. Parfois, certains commencent à peine à dessiner qu'ils se mettent à pleurer".

Les ateliers de dessin représentent un travail d'ampleur à Kaga Bandoro - localité à 330 km au nord de Bangui - qui a connu cinq années de conflit sans véritable répit.

Située dans une zone stratégique, carrefour de transhumance, la ville était depuis 2014 contrôlée uniquement par des groupes armés.

Après cinq ans d'absence, les Forces armées centrafricaines sont revenues dans cette zone à la mi-mai, après la signature d'un accord de paix entre le gouvernement et quatorze groupes armés en février. En restant pour le moment confinées dans leur base.

A Kaga Bandoro, les ateliers de dessin ont permis d'identifier 233 enfants, âgés entre 5 et 15 ans, souffrant de troubles de stress post-traumatique.

- "Enlever les images de ma tête" -

Assise sur une natte, la psychologue congolaise s'adresse à un groupe de 6 enfants : "La nuit dernière, qui a fait un cauchemar"? Trois mains se lèvent.

Sa petite soeur sur les genoux, Florine (prénom modifié), 10 ans, confie son mauvais rêve.

"Ma mère et mon père sont venus me chercher pour m'emmener avec eux mais je leur ai dit que je ne voulais pas venir", dit-elle. Ses deux parents ont été tués par la rébellion de la Seleka en 2013.

Pour tenter d'aider ces enfants traumatisés à vaincre leurs angoisses, la psychologue enseigne des techniques de respiration et de relaxation.

"Quand ça ne va pas, je fais ces exercices et je pense à un bon plat que je pourrais manger", explique Florine.

A sa droite, Hervé (prénom également modifié), 12 ans, fait lui aussi partie de ces enfants identifiés comme étant traumatisés.

Il en est à sa troisième séance. Sur ses dessins, toujours la même chose : des pick-up montés de mitrailleuses 12,7, un cadavre dans une rivière. Une main dans un puits. Une maison en feu avec son père à l'intérieur.

"Je dois dessiner à chaque fois pour enlever les images de ma tête et pouvoir dormir", dit-il.

- "Je ne comprenais pas" -

Pour la mère d'Hervé, ces ateliers sont bénéfiques: "Avant il criait chaque nuit, cette semaine il ne s'est réveillé que 5 fois". Veuve depuis les attaques de la Seleka de 2013, elle explique que les ateliers ont resserré les liens familiaux.

"Quand il n'écoutait pas et qu'il faisait des bêtises, je le frappais. Je ne comprenais pas. Maintenant je sais pourquoi il faisait ça, alors on s'écoute", confie cette maman.

Problèmes d'attention, comportements agressifs, les symptômes du traumatisme sont difficiles à comprendre pour l'entourage des enfants. La psychologue tente de sensibiliser les parents pour permettre de renouer les liens.

Selon le professeur centrafricain, Jean-Chrysostome Gody, médecin chef de l'hôpital pédiatrique de Bangui, les troubles mentaux liés au stress post-traumatique, pourtant tabous, sont fréquents dans un pays en conflit depuis 2003.

"C'est un vrai problème de santé publique", selon le professeur Gody. "Les traumas non soignés peuvent apporter des dépressions, voire de la violence. Cela alimente le cercle vicieux".

Le chemin est encore long pour que les cauchemars d'Hervé disparaissent totalement.

A la fin d'une séance éprouvante, la psychologue congolaise soupire. "On ne peut rien effacer. Le but est de leur apprendre à vivre avec le trauma".

Hervé joue avec ses amis, profitant de l'accalmie qui règne à Kaga Bandoro, même si la périphérie de la ville est toujours la cible de violences quotidiennes.

Avec AFP

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Centrafrique: le groupe 3R accepte de démanteler ses bases

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Centrafrique: le groupe 3R accepte de démanteler ses bases

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Le groupe armé 3R, responsable de tueries ayant entrainé la mort de plus de 50 civils dans l'ouest de la Centrafrique la semaine dernière, va démanteler ses barrages dans la région, a assuré vendredi le gouvernement centrafricain.

Le représentant des 3R au sein du comité exécutif de suivi de l'accord de paix réuni jeudi, Saidou Aliou, a affirmé que son mouvement allait démanteler ses bases et remettre les présumés coupables des massacres aux autorités nationales, selon un communiqué du comité reçu par l'AFP.

La semaine dernière, au moins 50 personnes ont été tuées dans l'ouest du pays dans des massacres imputés aux 3R.

Le gouvernement et la Minusca (Mission des nations Unis pour la stabilisation de la Centrafrique) ont alors adressé au groupe un ultimatum de 72 heures à l'issue duquel les responsables du massacre devaient être transmis aux autorités centrafricaines et les barrières et bases des 3R démantelées.

Mercredi, un collectif regroupant des organisations de la société civile et des partis d'opposition avait dénoncé dans un communiqué l'absence "d'action forte" menée par le gouvernement alors que l'ultimatum avait expiré.

L'accord de paix - dit de Khartoum, où il a été négocié - a été signé début février à Bangui entre les quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

Dans son communiqué, le comité de suivi de l'accord de paix a également annoncé la création de structures pour surveiller précisément les violations de l'accord et suivre l'évolution de la suppression des barrages, taxations illégales, ou l'occupation de bâtiments administratifs par les groupes armés.

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