Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Centrafrique

La Minusca est "préoccupée" par les agissements d'un groupe armé dans l'ouest

Une patrouille de la Minusca à Bria, en Centrafrique, le 21 février 2017. (VOA/Freeman Sipila)

La Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) s'est dit "préoccupée" par les violations commises dans l'ouest de ce pays par un des groupes armés signataires de l'accord de paix conclu début février.

"La Minusca demeure préoccupée par la récurrence des violations du droit international humanitaire commises par le Front démocratique du peuple centrafricain (FPDC) dans la préfecture de la Nana Mambéré (ouest)", indique-t-elle mercredi dans un communiqué.

Le 22 avril 2019, des éléments du FPDC ont attaqué un village de l'ouest, où ils ont enlevé trois personnes, incendié deux véhicules ainsi que deux motos, "et maintiennent deux des victimes toujours en captivité", a expliqué la Minusca.

La Mission "rappelle aux leaders du FDPC que ces actes constituent des violations graves du droit international humanitaire et sont contraires à leurs engagements dans le cadre de l'Accord de paix dont ils sont signataires".

Début avril, une opération militaire avait été lancée par la Minusca dans la zone contre ce groupe implanté localement, mais sans influence nationale.

L'ONU reprochait au groupe armé d'avoir érigé des barricades sur la route nationale 1, la seule permettant d'approvisionner Bangui depuis le Cameroun, et d'avoir volé une dizaine de pick-up.

Le Premier ministre centrafricain, Firmin Ngrebada, avait alors "appelé à la raison" le FPDC. " (Nous) n'avons pas signé un accord de paix pour revenir à la guerre", avait-il déclaré.

Après la signature d'un accord de paix début février entre Bangui et 14 groupes armés, dont le FDPC, ce dernier avait érigé des barricades en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités qui, selon lui, n'avaient "pas respecté" l'accord dans la formation du gouvernement.

Une réunion de suivi pour tenter de sauver l'accord avait eu lieu mi-mars en Ethiopie, où les différentes parties prenantes s'étaient entendues sur un nouveau gouvernement.

Si le leader du groupe, Abdoulaye Miskine, avait décliné le poste ministériel qui lui était destiné, l'un de ses proches avait été nommé "conseiller spécial" à la Primature et l'autre préfet de la Nana-Mambéré, région de l'ouest.

L'accord de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Toutes les actualités

Au moins 5 morts dans des combats entre groupes armés dans le nord-est

Des soldats tanzaniens de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d'acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d'Amdafock, à 60km au nord de Birao.

"Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ "voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos".

Une version contredite par Ali Abderamane, chef d'état-major du MLCJ : "Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu'ils se rendaient au marché d'Amdafock", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le bilan provisoire s'élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires.

"Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S'ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles", a menacé Ali Abderamane.

Malgré la signature d'un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province.

Selon l'ONU, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix sont rapportées chaque semaine.

Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

20 millions d'euros de l'UE pour restaurer l'autorité de l'Etat

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a officialisé vendredi le lancement de projets d'appui de l'UE à la restauration de l'autorité de l'Etat centrafricain, pour un montant de 20 millions d'euros.

Parmi ces projets, figurent la formation de 1.000 nouvelles recrues des forces armées centrafricaines par la mission de l'UE et la construction d'armureries et de sites de stockage, condition préalable à la levée de l'embargo sur les armes imposé au pays, a expliqué à la presse Mme Mogherini, en déplacement dans la ville de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique.

La rénovation du camp Leclerc de Bouar, destiné à devenir le quartier général des forces armées centrafricaines dans la zone ouest, est également prévue. Bouar a longtemps été une base de l'armée française dans le pays.

"Ici à Bouar nous pouvons voir les premières preuves tangibles de la paix. C'est ici que le désarmement a démarré et donné des premiers résultats, certes encore très timides, mais significatifs", a déclaré la diplomate de l'UE, accompagnée à Bouar par le président centrafricain Faustin-Archange Touadera.

Mme Mogherini et le président de la République ont ensuite participé à la première réunion du comité préfectoral de mise en oeuvre de l'accord de paix composé des représentants des autorités locales, de la société civile et des groupes armés de la zone.

L'accord de paix de Khartoum, signé en février, "a des chances concrètes de réussir", a-t-elle estimé.

Les principaux groupes armés, qui tiennent les territoires en province, n'ont pas encore désarmé.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013.

Cette visite est la dernière étape africaine de la tournée internationale de Federica Mogherini qui s'est rendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays membres du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes de la région.

Nouvelles violences au PK5

Nouvelles violences au PK5
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:23 0:00

34 personnes tuées dans des affrontements entre groupes armés

34 personnes tuées dans des affrontements entre groupes armés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:10 0:00

Affrontements au quartier PK5 de Bangui

Le quartier à majorité musulmane PK5 de Bangui le 9 avril 2018.

Des affrontements entre habitants et membres de groupes d’autodéfense ont éclaté mercredi soir et se poursuivaient jeudi dans le quartier musulman PK5, à Bangui, après la mort d'un civil tué par une milice, selon des habitants.

"Cela a commencé avec un accrochage entre un vendeur de carburant et des jeunes armés", a déclaré à l'AFP Awad Al Karim, imam de la mosquée Ali Babolo située au PK5 de la capitale centrafricaine. Selon lui, le vendeur de carburant avait refusé de payer une taxe imposée par une des milices d’autodéfense du quartier.

En représailles, deux jeunes à moto ont lancé une grenade sur des civils désarmés. Un homme de quarante ans a été tué, selon Awad Al Karim. Son corps a été transporté à la mosquée Ali Babolo.


Dans la foulée, la famille du défunt a entrepris de venger sa mort avec l’aide d’une milice rivale du quartier, selon plusieurs témoins contactés par l’AFP.

Des coups de feu ont été échangés dans la nuit jusque vers 9h00 (08H00 GMT) du matin. "Nous avons envoyé des patrouilles dans le quartier", a déclaré le porte-parole de la mission de l'ONU (Minusca), Vladimir Monteiro.

L’ONG Médecins sans Frontières dénombrait une dizaine de blessés jeudi matin.

Mais vers 11h00, les échanges de tirs ont repris au PK5. Les commerces étaient fermés sur l’avenue Barthélémy Boganda, et les trottoirs étaient déserts, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

"C’est parti d’une simple affaire de racket. Désormais le marché est vide, et les gens ont peur. On espère que les choses vont rentrer dans l’ordre", témoignait un commerçant. Mais à midi, des tirs nourris continuaient de résonner au PK5.

Le PK5 est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. C'est dans ce quartier que s'étaient réfugiés beaucoup de musulmans de Bangui après les affrontements entre rebelles Séléka et groupes anti-balaka qui ont ravagé la capitale après la chute en 2013 du président François Bozizé.

Voir plus

XS
SM
MD
LG