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Centrafrique

"Violation" de l'accord de paix avec le gouvernement, selon un groupe armé

Les FACA en entrainement à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Un des principaux groupes armés de Centrafrique a accusé le gouvernement de Bangui d'avoir violé l'accord de paix de Khartoum en déployant début mai ses troupes quelques heures dans la ville de Kaga-Bandoro, au centre du pays.

Le Conseil national de défense et de sécurité (CNDS), une formation militaire regroupant différents groupes armés de l'ex-Séléka, "s'oppose catégoriquement au déploiement des FACA (membres des forces armées centrafricaines) à Kaga-Bandoro" qui s'apparente selon lui, à "une violation de l'accord par le gouvernement", a indiqué son président Abdoulaye Hissène, dans un communiqué reçu lundi par l'AFP.

Le CNDS réaffirme toutefois toujours "adhérer pleinement" à l'accord.

Les Faca sont entrées le 5 mai à Kaga-Bandoro, une ville sous contrôle du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).

Selon une ONG sur place, les forces du gouvernement sont venues en mission de reconnaissance en vue d'une installation prochaine.

Le commandement du MPC "n'était pas content, il n'était pas au courant" de leur venue, a précisé une autre ONG, sous couvert de l'anonymat.

Les militaires sont repartis quelques heures plus tard.

Interrogé par l'AFP, le gouvernement centrafricain n'avait pas encore réagi lundi en fin de matinée.

L'accord de paix a été signé début février à Bangui entre quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

Il prévoit notamment la mise en place de patrouilles mixtes de militaires et de membres de groupes armés mises en place pour une "période initiale" de deux ans, en vue de rétablir la sécurité sur l'ensemble du territoire.

Plus de trois mois après l'accord, ces patrouilles mixtes ne sont toujours pas opérationnelles.

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20 millions d'euros de l'UE pour restaurer l'autorité de l'Etat

Les FACA lors d'une parade à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a officialisé vendredi le lancement de projets d'appui de l'UE à la restauration de l'autorité de l'Etat centrafricain, pour un montant de 20 millions d'euros.

Parmi ces projets, figurent la formation de 1.000 nouvelles recrues des forces armées centrafricaines par la mission de l'UE et la construction d'armureries et de sites de stockage, condition préalable à la levée de l'embargo sur les armes imposé au pays, a expliqué à la presse Mme Mogherini, en déplacement dans la ville de Bouar, dans l'ouest de la Centrafrique.

La rénovation du camp Leclerc de Bouar, destiné à devenir le quartier général des forces armées centrafricaines dans la zone ouest, est également prévue. Bouar a longtemps été une base de l'armée française dans le pays.

"Ici à Bouar nous pouvons voir les premières preuves tangibles de la paix. C'est ici que le désarmement a démarré et donné des premiers résultats, certes encore très timides, mais significatifs", a déclaré la diplomate de l'UE, accompagnée à Bouar par le président centrafricain Faustin-Archange Touadera.

Mme Mogherini et le président de la République ont ensuite participé à la première réunion du comité préfectoral de mise en oeuvre de l'accord de paix composé des représentants des autorités locales, de la société civile et des groupes armés de la zone.

L'accord de paix de Khartoum, signé en février, "a des chances concrètes de réussir", a-t-elle estimé.

Les principaux groupes armés, qui tiennent les territoires en province, n'ont pas encore désarmé.

La Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants classé parmi les plus miséreux au monde, a basculé dans la violence et le chaos en 2013, après le renversement du président François Bozizé par la rébellion de la Séléka.

L'accord de paix de Khartoum est le huitième conclu depuis 2013.

Cette visite est la dernière étape africaine de la tournée internationale de Federica Mogherini qui s'est rendue au Burkina Faso, au Mali et au Niger, pays membres du G5 Sahel engagés dans la lutte contre les groupes jihadistes de la région.

Nouvelles violences au PK5

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34 personnes tuées dans des affrontements entre groupes armés

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Affrontements au quartier PK5 de Bangui

Le quartier à majorité musulmane PK5 de Bangui le 9 avril 2018.

Des affrontements entre habitants et membres de groupes d’autodéfense ont éclaté mercredi soir et se poursuivaient jeudi dans le quartier musulman PK5, à Bangui, après la mort d'un civil tué par une milice, selon des habitants.

"Cela a commencé avec un accrochage entre un vendeur de carburant et des jeunes armés", a déclaré à l'AFP Awad Al Karim, imam de la mosquée Ali Babolo située au PK5 de la capitale centrafricaine. Selon lui, le vendeur de carburant avait refusé de payer une taxe imposée par une des milices d’autodéfense du quartier.

En représailles, deux jeunes à moto ont lancé une grenade sur des civils désarmés. Un homme de quarante ans a été tué, selon Awad Al Karim. Son corps a été transporté à la mosquée Ali Babolo.


Dans la foulée, la famille du défunt a entrepris de venger sa mort avec l’aide d’une milice rivale du quartier, selon plusieurs témoins contactés par l’AFP.

Des coups de feu ont été échangés dans la nuit jusque vers 9h00 (08H00 GMT) du matin. "Nous avons envoyé des patrouilles dans le quartier", a déclaré le porte-parole de la mission de l'ONU (Minusca), Vladimir Monteiro.

L’ONG Médecins sans Frontières dénombrait une dizaine de blessés jeudi matin.

Mais vers 11h00, les échanges de tirs ont repris au PK5. Les commerces étaient fermés sur l’avenue Barthélémy Boganda, et les trottoirs étaient déserts, a constaté un journaliste de l’AFP sur place.

"C’est parti d’une simple affaire de racket. Désormais le marché est vide, et les gens ont peur. On espère que les choses vont rentrer dans l’ordre", témoignait un commerçant. Mais à midi, des tirs nourris continuaient de résonner au PK5.

Le PK5 est en proie à des violences sporadiques depuis 2014. C'est dans ce quartier que s'étaient réfugiés beaucoup de musulmans de Bangui après les affrontements entre rebelles Séléka et groupes anti-balaka qui ont ravagé la capitale après la chute en 2013 du président François Bozizé.

Des progrès pour la levée de l'embargo sur les armes selon le gouvernement

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