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Cinq faits marquants des législatives britanniques


Theresa May, le 9 juin 2017. (AP Photo/Alastair Grant)

Les conservateurs de Theresa May ont perdu leur majorité absolue au Parlement à l'issue des élections législatives de jeudi, un résultat choc qui plonge le pays dans l'incertitude à quelques jours de l'ouverture des négociations sur le Brexit.

Voici les 5 faits marquants de ces élections:

Theresa May rate son pari

La Première ministre conservatrice est la grande perdante de ces élections, puisque son parti, initialement donné largement favori, a reculé en nombre de sièges alors qu'elle avait demandé aux électeurs de lui donner une majorité renforcée pour aller négocier le Brexit.

Elle a ainsi commis la même erreur que son prédécesseur David Cameron, qui avait convoqué un référendum sur l'Europe pour faire taire les europhobes les plus acharnés au sein du parti conservateur. Lui aussi désavoué par les électeurs, il avait démissionné dans la foulée.

Reste à voir si Mme May suivra son exemple, comme l'a réclamé le leader de l'opposition, Jeremy Corbyn.

"C'est la leçon des deux dernières années", estime Brian Klaas, de la London School of Economics. "Les électeurs n'aiment pas qu'on prenne leur vote pour acquis", dit-il, énumérant le référendum sur le Brexit et l'élection du président américain Donald Trump.

Jeremy Corbyn se révèle

Le chef du parti travailliste a sauvé sa tête: objet de régulières tentatives de putsch au sein de son parti, dont l'aile centriste ne supporte pas ses idées radicales, estimant qu'elle leur barre l'accès au pouvoir, Jeremy Corbyn peut savourer sa victoire. Il a en effet augmenté le score du Labour d'une bonne trentaine de sièges, alors que tout le monde lui prédisait il y a peu une amère défaite.

Militant de longue date, il s'est retrouvé comme un poisson dans l'eau dans les meetings à travers le pays, se montrant proche des gens et de leurs préoccupations, cherchant le contact, tout le contraire de la campagne de Theresa May.

Les indépendantiste écossais souffrent

C'est l'autre surprise de ce scrutin: les indépendantistes du Parti national écossais (SNP) devraient céder une vingtaine de sièges (sur 54). Deux de leurs poids lourds, l'ex-dirigeant du parti Alec Salmond et son numéro deux actuel, Angus Robertson, perdent leurs sièges.

"C'est une très mauvaise nouvelle pour (la Première ministre écossaise) Nicola Sturgeon et son ambition d'organiser un second référendum" sur l'indépendance, commente Iain Begg, professeur à la London School of Economics.

La cheffe du gouvernement écossais réclame ce second référendum, après celui perdu par les indépendantistes en 2014, refusant que l'Ecosse, majoritairement europhile, soit entrainée dans le Brexit contre son gré.

Disparition de Ukip du Parlement

Il n'avait qu'un seul député... Mais le parti europhobe et anti-immigré Ukip a marqué l'histoire du pays en se faisant l'ardent promoteur de la sortie de l'Union européenne pendant des années, jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction.

Ayant ainsi perdu sa principale raison d'être, il a vu le départ de son chef charismatique Nigel Farage et s'est perdu dans des querelles et psychodrames internes.

Le Brexit bousculé

Theresa May n'ayant pas obtenu le mandat clair qu'elle cherchait auprès des électeurs et sa majorité absolue compromise, l'incertitude pèse à présent sur le déroulement du Brexit et aussi sur la position britannique dans ces négociations, qui doivent s'ouvrir à partir du 19 juin.

Dans tous les cas de figure, ces élections affaiblissent la position britannique. Et le message des électeurs peut être compris comme un choix pour un Brexit plus "soft" que celui préconisé par Mme May, qui voulait une sortie du marché unique européen et la reprise du contrôle des frontières pour limiter l'immigration.

"Elle est dans une position très difficile. (La chancelière allemande Angela) Merkel va le noter, (le président français Emmanuel) Macron va le noter, tout le monde va le noter et cela va changer la dynamique. Elle pourra toujours demander des choses, ils pourront répondre +bon, on va voir+", estime Paul Kelly, de la London School of Economics.

Avec AFP

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