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Cinq choses à savoir sur la crise anglophone au Cameroun

Le président camerounais dans les régions anglophones (vidéo)
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Le président camerounais dans les régions anglophones (vidéo)

Le Cameroun, qui élit son président le 7 octobre, connaît des violences quasi-quotidiennes dans ses deux régions anglophones, un legs de l'histoire mouvementée de cette ancienne colonie allemande, divisée après la Première Guerre mondiale entre Français et Britanniques.

Les séparatistes armés ont promis que le scrutin n'aurait pas lieu dans les zones anglophones.

Legs de 14-18

Après la défaite de l'Allemagne en 1918, la Société des Nations (SDN, ancêtre de l'ONU), place les quatre cinquièmes du Kamerun allemand sous tutelle française, et la partie occidentale bordant le Nigeria sous tutelle britannique.

La partie française devient indépendante en 1960. Un an plus tard, une partie du Cameroun sous tutelle britannique (le nord majoritairement musulman) opte pour son rattachement au Nigeria et l'autre partie pour son rattachement au Cameroun francophone, pour former une République fédérale à partir du 1er octobre 1961.

En 1972, un référendum met fin au fédéralisme.

Minorité anglophone

Très largement francophone, le Cameroun comprend dix régions dont deux majoritairement anglophones, le Nord-Ouest (capitale: Bamenda) et le Sud-Ouest (capitale: Buea). Les anglophones représentent environ 20% des 23 millions d'habitants.

Les autorités vantent la réalité du bilinguisme, avec l'ouverture d'établissements scolaires bilingues anglais/français. Le pays est membre de la Francophonie et du Commonwealth.

Néanmoins, beaucoup d'anglophones se considèrent marginalisés voire discriminés et dénoncent un partage inéquitable de la richesse.

A la télévision d'État CRTV, certaines éditions du journal alternent l'anglais et le français, mais globalement le français prédomine dans les programmes.

"Unité" contestée

Dans les années 1990, les revendications anglophones se multiplient en faveur d'un référendum d'indépendance. En 2001, des manifestations interdites lors du 40e anniversaire de l'unification dégénèrent, avec plusieurs morts et des leaders séparatistes arrêtés.

Les tensions actuelles ont commencé en novembre 2016, avec les revendications d'enseignants déplorant la nomination de francophones dans les régions anglophones, ou de juristes rejetant la suprématie du droit romain au détriment de la "Common Law" anglo-saxonne.

Les leaders de la contestation demandent en majorité un retour au fédéralisme et, pour une minorité, l'indépendance et la proclamation d'un nouvel Etat, "l'Ambazonie".

L'exécutif, emmené par le président Paul Biya (depuis 1982) et son Premier ministre, anglophone, opposent une fin de non-recevoir à ces deux revendications.

Répression et violences

Dès décembre 2016, des manifestations en zone anglophone, réprimées par la police, se soldent par des premiers morts civils. D'autres suivront lors de protestations, durement réprimées par les forces de l'ordre.

Le 17 janvier 2017, plusieurs leaders anglophones à la tête des revendications sont arrêtés et accusés d'"actes de terrorisme". Paul Biya lève les poursuites en août.

Entre janvier et mars, internet est coupé en zone anglophone.

Le 1er octobre, au moins 17 personnes sont tuées en marge d'une proclamation symbolique d'indépendance par des séparatistes. "Nous ne sommes plus les esclaves du Cameroun", déclare le "président" auto-proclamé d'Ambazonie, Sisiku Ayuk Tabe.

Fin 2017, une frange radicale et séparatiste de la minorité anglophone prend les armes. Eparpillés en divers groupes, ils s'en prennent aux forces de sécurité ainsi qu'aux symboles de l'administration comme les écoles, qu'ils incendient. Ils enlèvent également policiers, fonctionnaires et hommes d'affaires, parfois étrangers.

Les séparatistes accusent le gouvernement d'avoir "militarisé" les régions anglophones.

2018, année présidentielle

En avril 2018, le Social Democratic Front (SDF), principal parti d'opposition, estime que la crise a "dégénéré en guerre civile ouverte".

Les combats entre soldats et séparatistes sont devenus quasi-quotidiens, faisant 170 morts parmi les membres des forces de sécurité et "au moins 400 civils", selon le centre d'analyse International Crisis Group (ICG). Environ 200.000 personnes ont été contraintes à fuir de chez elles.

Amnesty International, qui dénonce une escalade des violences, appelle les autorités à enquêter de façon "urgente" et "indépendante" sur les crimes commis par les forces de l'ordre ou par les séparatistes en zone anglophone.

A 85 ans, dont presque 36 au pouvoir, Paul Biya est candidat à un septième mandat présidentiel le 7 octobre.

Les séparatistes armés ont promis que le scrutin n'aurait pas lieu dans les régions anglophones. Depuis la mi-septembre, des départs massifs de populations sont constatés dans ces régions de crainte d'une intensification des combats.

Avec AFP

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Les résultats de la présidentielle au Malawi retardés pour cause de litiges

Un policier au centre Tally à Blantyre, le 24 mai pendant un briefing May 24, 2019,

La Commission électorale du Malawi (MEC) a suspendu vendredi la publication des résultats des élections présidentielle et législatives disputées mardi, le temps de régler les nombreux recours et plaintes déposés par les partis politiques.

Diffusés jeudi après le dépouillement de trois-quarts des bureaux de vote du pays, les derniers chiffres provisoires accordaient un clair avantage au président sortant Peter Mutharika, crédité de 40,49% des suffrages, devant le chef de l'opposition Lazarus Chakwera avec 35,44% des voix.

"La Commission ne donnera pas de nouveaux résultats à ce stade parce que leur publication est soumise à la résolution des litiges", a indiqué vendredi la présidente de la MEC, Jane Ansah.

"La Commission travaille sans relâche, jour et nuit, pour faire en sorte de fournir des résultats crédibles au processus électoral", a-t-elle poursuivi devant la presse à Blantyre, "nous nous assurons que chaque bulletin décompté dans les bureaux de vote l'est également au centre national".

Selon Mme Ansah, les services de la MEC ont reçu un total de 147 requêtes concernant les scrutins présidentiel, législatif et locaux qui se sont déroulés mardi.

La plupart concernent des bulletins annotés ou recouverts de "blanc" ou des accusations de falsifications de procès-verbaux de dépouillement dans les bureaux de vote.

Mercredi soir, M. Chakwera avait affirmé être "très largement en tête", selon des chiffres compilés par son propre état-major, et accusé le pouvoir de préparer des fraudes.

De nombreux incidents avaient émaillé les élections générales précédentes en 2014.

La société civile malawite et les observateurs se sont cette année félicités du bon déroulement, jusque-là, du scrutin, largement reconnu comme libre, transparent et équitable. Certains d'entre eux redoutent toutefois des tensions à l'approche des résultats.

La prochaine conférence de presse de la Commission électorale a été annoncée pour samedi.

Au pouvoir depuis 2014, Peter Mutharika a fait campagne pour un second mandat en louant son action au pouvoir pour améliorer les infrastructures du pays, notamment les routes, mais son règne a été terni par des scandales de corruption.

Ebola en RDC : quatre morts et 132 attaques contre des équipes médicales

L'équipe médicale au centre de traitement contre Ebola (ETU).

Le ministère congolais de la Santé a recensé 132 attaques contre les équipes sanitaires depuis le début de l'épidémie d'Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo il y a dix mois, avec un bilan humain de quatre morts.

"Entre le 1er aout 2018 et le 20 mai 2019, 132 attaques contre des formations sanitaires ont été enregistrées dans le cadre de l'épidémie d'Ebola, causant quatre morts et 38 blessés parmi les agents de santé et les patients", a indiqué le ministère dans son dernier bulletin quotidien diffusé vendredi.

Des infirmiers "ont dénoncé les menaces de mort et de destruction des structures sanitaires qu'ils reçoivent ces derniers jours en raison de leur rôle dans la riposte contre Ebola", ajoute le ministère.

"A cause de cette violence ciblée, plusieurs médecins et infirmiers des territoires de Beni et Lubero ont dû déménager ou quitter temporairement leur habitation, forçant ainsi certaines structures sanitaires à fermer leurs portes", ajoute-t-on.

Les infirmiers lors d'une assemblée générale jeudi ont demandé aux autorités "de s'impliquer pour mettre fin à ce phénomène de violence contre les agents de santé car, si les menaces ne cessent pas, ils envisagent de faire une grève sèche".

"Au total, il y a eu 1.248 décès (1.160 confirmés et 88 probables) et 490 personnes guéries" depuis le début de l'épidémie le 1er août, selon le ministère.

Les Nations unies viennent de nommer jeudi un "coordinateur de l'intervention d'urgence" contre l'épidémie d'Ebola.

Il s'agit de l'actuel représentant spécial adjoint du secrétaire général de l'ONU, David Gressly, qui doit donner une conférence de presse lundi à Kinshasa.

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Kenya : 14 corps, dont des bébés, retrouvés dans les rivières de Nairobi

Une aire de jeux pour enfants située sur les rives de la rivière Nairobi, dans un parc de micro-loisirs créé par des jeunes des taudis et située sur une partie de la rive des eaux très polluées du fleuve à Korogoc. Photo : le 17 mai 2019 à Nairobi

Les corps de 14 personnes, pour la plupart des bébés ou enfants, ont été découverts depuis le début de l'année dans le cadre d'une opération d'envergure pour nettoyer les rivières de Nairobi, a-t-on appris vendredi auprès de l'administration kényane.

Le corps d'un garçon de huit ans qui avait été étranglé et abandonné près de la Nairobi River, le principal cours d'eau de la capitale, a été trouvé vendredi. Quelques jours auparavant, deux bébés jumeaux avaient été découverts dans un sac plastique.

"Les jeunes du comté de Nairobi qui s'occupent du nettoyage de la Nairobi River ont aujourd'hui (vendredi) trouvé un nouveau corps d'un garçon étranglé et jeté près de la rivière", a déclaré un porte-parole du comté, Elkana Jacob.

"Cela fait un total de 14 corps d'adultes et de bébés retrouvés dans les rivières de Nairobi depuis que le gouverneur Mike Sonko a lancé la campagne de nettoyage", a-t-il ajouté.

Fredrick Okinda, président de l'association environnementale Komb-Green Solutions, qui participe au nettoyage, a dénoncé les cliniques illégales pratiquant l'avortement, certains des corps découverts semblant, selon lui, être ceux de foetus.

"Certains hôpitaux font avorter de jeunes filles et ils n'ont aucun endroit pour jeter les corps", a-t-il déclaré à l'AFP. L'avortement est illégal au Kenya, à moins que la femme ne soit en danger de mort.

D'autres de ces bébés semblent avoir été "jetés après être nés", a souligné M. Okinda. Son organisation a enterré certains bébés près de la Nairobi River.

Le nom Nairobi vient de la langue maa, le langage des Maasai, signifiant "l'endroit de l'eau fraîche". Mais les cours d'eaux de la capitale n'ont pas échappé aux méfaits de l'industrialisation et d'une urbanisation débridée.

Des usines déversent des déchets industriels dans ces rivières, et les habitants de dizaines de bidonvilles dépourvus de tout système de traitement des eaux usées ou des déchets y jettent leurs ordures ménagères.

Les opérations de nettoyage ont commencé au début de l'année. "Le nombre de corps retrouvés dans les rivières est inquiétant", avait réagi samedi M. Sonko dans un communiqué. "Nous avons demandé à la police d'enquêter sur ces cas. Qui sont les gens derrière ces meurtres insensés ?”

"Une fois que les rivières auront été nettoyées, personne ne jettera plus rien à l'eau sans qu'on le voit faire", avait-il affirmé. "Mes équipes travaillent jour et nuit pour s'assurer que nous réussissions à faire ce que nous avons décidé."

Outre huit bébés et le jeune garçon trouvé vendredi, les corps de cinq adultes ont été trouvés dans ces opérations de nettoyage depuis le début de l'année, dans la Nairobi River et ses affluents, la Ngong River et la Mathare River.

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