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Un Casque bleu tué à Bangui


Dans une mosquée du quartier PK5 à Bangui, Centrafrique, le 6 juillet 2016.

Des centaines d'habitants de la capitale centrafricaine Bangui, ont manifesté mercredi au lendemain d'une flambée de violences inédite depuis 2016, durant laquelle un Casque bleu et 17 personnes ont été tués et au moins une cinquantaine d'autres blessées.

ôt mercredi, un important cortège d'habitants du PK5, le quartier musulman de Bangui, a marché jusqu'au QG de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) pour y déposer les corps de 17 hommes, dont plusieurs tués par balles.

"Hier (mardi), ils ont tué beaucoup de gens. Voilà les morts qu'on a amenés ici", a expliqué un manifestant à l'AFP, devant 17 cadavres enveloppés de draps blancs ensanglantés, déposés devant la porte close du QG de la Minusma, dans le centre de Bangui, où des véhicules blindés étaient postés.

Plusieurs des corps vus par l'AFP portaient des traces d'impacts de balles.

Mardi, des affrontements ont eu lieu entre une patrouille composée de Casques bleus et de soldats centrafricains, et des milices d'"auto-défense" auto-proclamées dans le quartier musulman du PK5 de la capitale.

Un Casque bleu a été tué, huit autres blessés, et au moins 46 civils ont éé blessées durant ces échanges de tirs.

>> Lire aussi : L'ONU visée dans une attaque près de la résidence du président en Centrafrique

C'est la première fois qu'un Casque bleu est tué à Bangui dans des violences depuis l'arrivée au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra, en 2016.

Depuis plusieurs mois, le quartier PK5 de Bangui, où vit la majorité des musulmans de la capitale, est le théâtre de violences meurtrières.

La population commerçante du quartier avait arrêté début 2018 de payer les milices armées pour protester contre leurs violences, qui se sont poursuivies.

Dimanche, l'ONU et les forces de sécurité centrafricaines ont lancé une opération militaire pour démanteler ces groupes armés.

Deux personnes sont mortes et près de soixante blessées le premier jour de cette opération dans le PK5, tandis que plusieurs membres de ces groupes armés ont été arrêtés.

Dans la nuit de dimanche à lundi, une base de la Minusca en centre-ville de la capitale centrafricaine, située à proximité de la résidence du président Touadéra, a été visée par une attaque d'hommes armés.

L'identité des assaillants n'était pas connue mardi. C'était la première fois que le centre-ville de Bangui était touché par les violences depuis l'élection de Touadéra.

Mardi, une fusillade a éclaté en milieu d'après-midi à la limite entre le quartier du PK5 et le 3e arrondissement de la capitale, selon des sources concordantes.

"Une patrouille de Casques bleus rwandais appuyée par les forces de sécurité intérieure (FSI) centrafricaine et les forces armées centrafricaines (FACA) s'est fait tirer dessus et a poursuivi les assaillants jusqu'au quartier du PK5", a déclaré à l'AFP une source sécuritaire.

Dans l'après-midi, l'ambassade de France a demandé sur les réseaux sociaux d'"éviter les abords du KM5 et de l'aéroport" ainsi que d'"observer la plus grande prudence".

"Des civils sont morts", a affirmé un habitant du PK5 à l'AFP, joint par téléphone, sans qu'il soit possible de vérifier l'information.

"Beaucoup de personnes se sont réfugiées au niveau de la mosquée centrale du PK5", a continué cet habitant.

Les échanges de tirs ont cessé vers 19H00 (18H00 GMT), a constaté l'AFP.

Les rues de la capitale centrafricaine étaient vides mardi soir, et la plupart des commerces fermés.

Des Casques bleus et des forces de sécurité centrafricaines ont également été déployées mardi autour de la prison de Ngaragba, dans le sud de Bangui, a constaté l'AFP.

Des coups de feu ont été entendus au sein de la prison, selon des témoignages à l'AFP. Des rumeurs faisaient état mardi d'une tentative d'évasion, sans qu'il soit possible de confirmer l'information.

-'Médiation'-

Ces violences interviennent alors que le chef du département des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, et le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l'Union africaine (UA), Smaïl Chergui, viennent d'arriver à Bangui mardi pour une visite conjointe.

Cette visite est "une continuation de ce que font les Nations Unies et l'UA aux côtés de ce pays", a indiqué M. Chergui à l'aéroport.

L'UA promeut une feuille de route pour la paix en Centrafrique, dans le cadre de laquelle un panel de facilitateurs a rencontré ces dernières semaines la quinzaine de groupes armés qui combattent en province pour le contrôle des ressources et gagner de l'influence.

Depuis dimanche, plusieurs groupes armés issus de l'ex-coalition musulmane de la Séléka, qui avait pris Bangui par la force en 2013, ont réagi à l'opération militaire menée au PK5.

"Cette situation risque de compromettre le processus de paix" de l'Union africaine, a ainsi déclaré dans un communiqué le groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC).

Outre celle de l'UA, plusieurs médiations ont tenté par le passé de ramener la paix en Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants rongé par un conflit meurtrier depuis 2013.

Avec AFP

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