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Les Centrafricains dénoncent le racket sur les routes publiques


Un gendarme centrafricain prospectant des bagages à un barrage routier, en novembre 2017. (VOA/Freeman Sipila)

Le phénomène de racket et de corruption sur les voies publiques persiste en Centrafrique. Les usagers s'en plaignent et accusent directement les groupes armés et les agents de l'état en service sur les barrages routiers.

Aujourd'hui, circuler sur les axes routiers en dehors de la capitale Bangui devient de plus en plus agaçant.

Reportage de Freeman Sipila, correspondant à Bangui pour VOA Afrique
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Les hommes armés tiennent des barrages routiers dans toutes les zones sous leur contrôle. Ils imposent des taxes et des frais aux usagers, ce qui leur fait des millions de dollars chaque année.

Dans les régions contrôlées par le gouvernement central, les usagers accusent directement les agents de l'Etat de corruption et de racket. Ils pointent du doigt les services des Eaux et Forêts, les policiers, gendarmes et douaniers.

Sur la route de Boali, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bangui, vers trois heures de l'après-midi, alors que le soleil disparait derrière les nuages sombres, les pousseurs de bois de chauffe reviennent à la queue leu-leu.

Ils sont fatigués, épuisés par le volume du chargement de leurs pousse-pousses. Jean-Claude, couvert de sueur, a été racketté par un agent des eaux et forêts. Il est très irrité.

"On nous impose de déposer notre stock et je demande à notre gouvernement de nous donner main forte", s'insurge-t-il.

Un pousseur de bois de chauffe à la sortie Nord de Bangui 24 décembre 2017. (VOA/Freeman Sipila)
Un pousseur de bois de chauffe à la sortie Nord de Bangui 24 décembre 2017. (VOA/Freeman Sipila)

Ce phénomène est connu de tous sous l’appellation de "formalité". Selon les passagers, donner de l’argent est devenu aujourd’hui une règle lors des contrôles routiers.

Au PK 26 de la Capitale, un véhicule de transport en commun a passé 2 heures devant une barrière. Le propriétaire s'estime "victime": "ils me demandent mes papiers puis de l'argent".

Le phénomène de racket est généralisé sur les axes routiers de la RCA.

Adolphe, jeune conducteur de taxis moto, appelle les autorités à la responsabilité: "nous avons beaucoup souffert et nous demandons au gouvernement d'envoyer de vrais agents. Ils nous imposent de payer et si tu n'as pas d'argent, ils nous maltraitent".

La quasi-totalité des agents de l'état rencontrés aux barrages n'a pas souhaité s'exprimer, expliquant n'avoir pas l'autorisation de leur hiérarchie.

Freeman Sipila, correspondant à Bangui

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