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Accord de cessation des hostilités entre deux groupes armés en Centrafrique

Des membres de la patrouille du contingent bangladais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) prennent position pour sécuriser un camion en panne de moteur le long de la rou

Deux groupes armés rivaux de la région de Bouar, dans le nord-ouest de la Centrafrique, ont signé un accord de cessation des hostilités, a annoncé samedi le Centre pour le dialogue humanitaire (HD), qui a oeuvré en faveur de cet accord.

Signé mi-décembre, cet accord de cessation des hostilités concerne une faction antibalakas (antimachettes - milice prétendant défendre la majorité chrétienne), et le groupe 3R (qui prétend protéger la communauté peule) à Bouar, dans la province de Nana-Mambéré, a annoncé HD.

>> Lire aussi : Signature d’accord entre groupes armés rivaux en Centrafrique

Fruit d'une médiation menée ces 11 derniers mois par HD, il "engage les deux groupes à observer conjointement un ordre inconditionnel de cessez-le-feu ainsi qu'une cessation des hostilités et de toute agression" entre les deux parties, selon un communiqué de l'organisation basée en Suisse.

"Il proscrit l'usage des armes, ainsi que tout acte offensif tel que les incendies de villages et de greniers, le vol de bétail, le lancement de nouvelles attaques contre les civils (...)", précise ce communiqué.

Ce pacte prévoit "en outre la libre circulation des personnes et des biens y compris des organisations humanitaires, le libre accès aux établissements de santé, aux établissements scolaires et à tout autre édifice public, l'engagement en faveur du retour de tous les déplacés (...), l'interdiction de toute atteinte aux biens et propriétés privés, et enfin l'interdiction à toute personne de circuler dans la province en étant armé".

"S'il ne règle pas le conflit centrafricain", cet accord "démontre néanmoins que des efforts de médiation entre groupes armés peuvent contribuer à pacifier des portions du territoire", se félicite HD, qui se dit favorable à "multiplier ce genre d'accords afin de créer les conditions nécessaires au désarmement des groupes armés, au redéploiement de l'Etat, et au processus de réconciliation nationale".

>> Lire aussi : "Détérioration" de la sécurité et montée en puissance des groupes "d'auto-défense" en Centrafrique, prévient l'ONU

L'accord prévoit notamment un "réseau d'échange d'informations composé de chefs communautaires et impliquant des chefs des deux groupes armés", avec des "zones démilitarisées servant de zones tampon" et la "production de certificats d'origine pour les animaux en convoyage à l'intérieur de la province" afin "de mieux contrôler le mouvement du bétail et d'éviter les cas de vol".

La présidence centrafricaine de même que la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) ont été associées aux efforts de médiation pour faire aboutir les négociations.

Dans un communiqué séparé, la Minusca a "salué" cette signature, y voyant "un moment fort de la réconciliation en RCA".

Frontalière du Cameroun, la région de Bouar est depuis 2015 le théâtre d'affrontements récurrents entre les groupes 3R et antibalaka (antimachettes), chacun affirmant défendre les communautés dont ils sont issus.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L'Etat, décimé, n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans ce pays qui est l'un des plus pauvres du monde.

Un rapport d'un panel d'experts de l'ONU publié vendredi a fait état de la "détérioration des conditions de sécurité" ces derniers mois dans le pays, causée par une montée en puissance des groupes autoproclamés "d'autodéfense", une meurtrière lutte d'influence entre ces mêmes groupes armés et le peu de progrès de la restauration de l'autorité de l'Etat en province.

Avec AFP

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Algérie: manifestation contre le patron du principal syndicat, figure du régime

Des employés de la ville installe le drapeau algérien et un poster du président Abdelaziz Bouteflika, à Alger, en Algérie, le 26 avril 2016.

Un millier de syndicalistes ont réclamé mercredi à Alger le départ du patron de l'UGTA, principale centrale syndicale d'Algérie, à qui ils reprochent ses liens avec le clan d'Abdelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir début avril par une contestation inédite, a constaté un photographe de l'AFP.

Les manifestants se sont rassemblés devant le siège de l'Union générale des Travailleurs algériens (UGTA) pour exiger le départ d'Abdelamdjid Sidi Saïd, secrétaire général depuis 1997 de l'ancien syndicat unique et seule organisation syndicale considérée comme représentative par les autorités algériennes.

"Sidi Saïd, dégage", "Sidi Saïd fait partie de la mafia" au pouvoir, "Libérez le syndicat", pouvait on lire sur les pancartes brandis par les manifestants.

Abdelmadjid Sidi Saïd a longtemps été l'un des thuriféraires les plus enthousiastes d'Abdelaziz Bouteflika et fut des mois durant, au côté de la principale organisation patronale, l'un des principaux meneurs des partisans d'un 5e mandat de M. Bouteflika, perspective qui a fait descendre des milliers d'Algériens dans la rue.

Il a, comme d'autres piliers du régime, lâché M. Bouteflika en ralliant la proposition de l'armée de lancer un processus constitutionnel pour l'écarter du pouvoir.

Depuis le début le 22 février du mouvement de contestation du régime, son autorité a été fortement contestée au sein de l'UGTA, par les branches locales ou les syndicats affiliés. Il lui est reproché son autoritarisme, sa proximité affichée avec les cercles du pouvoir et une attitude conciliante avec la politique sociale de l'ex-président Bouteflika.

M. Sidi Saïd est considéré par les manifestants comme l'une des incarnations du "système" au pouvoir dont ils réclament la chute, au même titre que M. Bouteflika, que le Premier ministre Ahmed Ouyahia, depuis limogé, et que l'homme d'affaires Ali Haddad, chef du patronat contraint à la démission puis incarcéré.

Des centaines d'avocats ont aussi manifesté mercredi devant des tribunaux à Alger, à Blida, Béjaia et Tizi Ouzou et Chlef (nord), pour demander "le départ de toutes les personnalités qui représentent le système de gouvernance actuel", selon l'agence officielle APS.

"Les services de sécurité n'ont reçu aucune instruction de la part du gouvernement pour réprimer" les rassemblements, a pour sa part déclaré mercredi le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Hassane Rabehi à des journalistes.

Le Conseil de sécurité en quête d'une trêve en Libye

Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, à gauche, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre du gouvernement libyen de l’accord national (GNA) Fayej Seraj, et ministre des affaires étrangères Taher Siala à Tripoli, L

La communauté internationale cherche à négocier un cessez-le-feu en Libye, après le lancement par le maréchal controversé Khalifa Haftar d'une offensive contre la capitale Tripoli, siège du gouvernement d'union (GNA) et cible de tirs de roquettes qui ont fait six morts.

Soumis par le Royaume-Uni à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU, un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu et un accès humanitaire inconditionnel aux zones de combats près de Tripoli, ne fait toujours pas l'unanimité, selon des diplomates à New York.

Le projet est toujours en négociations à New York. La Russie qui avait bloqué la semaine dernière un projet de déclaration du Conseil invitant les forces pro-Haftar à suspendre l'offensive continue à soulever des objections quant aux références critiquant le maréchal, selon l'un des diplomates.

"Ils étaient très clairs. Aucune référence nulle part", a dit ce diplomate.

Depuis le début le 4 avril de son offensive, l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar piétine au sud de la capitale, même si elle proclame des percées. Les combats ont fait en deux semaines au moins 189 morts dont des civils et 816 blessés, selon un dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait état mercredi de 25.000 déplacés, dont plus de 4.500 ces dernières 24 heures. "Nous avons constaté la plus forte augmentation de déplacements en un jour, avec plus de 4.500 personnes déplacées" par les combats.

Mardi soir, plusieurs roquettes ont frappé Tripoli, tuant six civils, dont trois femmes, dans les quartiers résidentiels d'Abou Slim et Al-Antissar, a indiqué mercredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha).

- "Barbarie" -

Le maire du quartier d'Abou Slim, Abdelrahman Al-Hamdi, a confirmé le bilan de six morts, ajoutant que 35 autres personnes avaient été blessées.

Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, reconnu par la communauté internationale, s'est rendu sur place dans la nuit.

Dans une vidéo diffusée par son service de presse, il a dénoncé "la sauvagerie et la barbarie" du maréchal Haftar qualifié de "criminel de guerre".

Il a ajouté que son gouvernement présenterait mercredi "tous les documents à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité".

Selon lui, il est "de la responsabilité juridique et humanitaire du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, de tenir ce criminel responsable de ses actes".

Dans un communiqué, le commandement de l'ANL du maréchal Haftar a toutefois démenti être à l'origine des tirs contre Tripoli. Il a accusé des "milices terroristes qui contrôlent la capitale de tirer aveuglément des roquettes de type Grad et des obus" sur la ville.

L'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, a "condamné avec la plus grande fermeté les bombardements, rappelant que la responsabilité d'actes pouvant constituer des crimes de guerre incombe non seulement aux auteurs des attaques aveugles, mais également à ceux qui les ont commandés", selon Stéphane Dujarric, le porte-parole de l'ONU à New York.

- "Positions irréconciliables" -

La veille, la procureure de CPI Fatou Bensouda a prévenu qu'elle n'hésiterait "pas" à élargir ses enquêtes pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" en Libye.

Jusqu'à présent, le maréchal Haftar ne veut pas entendre parler d'un cessez-le-feu. Et Fayez al-Sarraj refuse tout processus politique en l'absence d'un cessez-le-feu et d'un retrait sur les lignes d'avant le début de l'offensive. "Des positions irréconciliables", note un diplomate à l'ONU.

Au Conseil de sécurité, "tout le monde veut éviter une guerre civile longue avec beaucoup de victimes civiles", indique un autre diplomate.

Avec le risque d'enlisement dans ce pays pétrolier en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, il est probable que les belligérants cherchent à se réarmer auprès de leurs soutiens.

L'ANL veut légitimer son offensive en la présentant comme une guerre contre le "terrorisme". "Nous nous battons pour toute l'humanité, pas seulement pour la Libye. Nous voulons débarrasser la capitale des terroristes", a dit son porte-parole Ahmad Al-Mesmari.

Le GNA a lui démenti que ses forces comptaient des personnes accusées de "terrorisme" dans leurs rangs, accusant le maréchal Haftar de vouloir "vendre son agression" à la communauté internationale.

M. Salamé semble du même avis. L'offensive de Khalifa Haftar "ressemble davantage à un coup d'Etat qu'à une lutte antiterroriste", a-t-il déclaré dans une interview à la BBC.

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