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Cent jours de mobilisation et une créativité intacte à Hong Kong

Les manifestants lors d'une marche dans une rue de Hong Kong, le dimanche 15 septembre 2019. (AP Photo / Vincent Yu)

Chansons, chaînes humaines, spectacles laser... La longévité de la mobilisation à Hong Kong, qui en est lundi à son 100ème jour, s'explique aussi par la créativité surprenante des manifestants pro-démocratie.

L'ex-colonie britannique traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des actions quasi quotidiennes pour dénoncer le recul des libertés et exiger des réformes démocratiques.

- "Sois comme l'eau" -

L'inventivité des manifestants pourrait se résumer à une formule de la star hongkongaise du kung fu Bruce Lee (1940-1973) reprise comme un letmotiv par le mouvement: "Be water" ("Sois comme l'eau"). Il faut être fluide, liquide, imprévisible, insaisissable, s'adapter.

Concrètement, il s'agit de rester mobile et de multiplier les lieux d'actions pour éprouver au maximum les capacités des forces de police.

Mais cela invite aussi à se montrer créatif dans les modes d'action pour déjouer les interdictions de manifester. Certains organisent des opérations de lèche-vitrine en masse, des pique-niques géants ou des rassemblements prétendument religieux.

Et c'est tout naturellement que l'on a pu trouver ce week-end, à l'occasion de la Fête de la mi-automne, des gâteaux de lune traditionnels non plus ornés d'idéogrammes chinois, mais tout simplement du slogan: "Be Water".

- En chantant -

Comme lors du "Mouvement des parapluies", en 2014, la musique est omniprésente.

Au début de la mobilisation, résonnait jusqu'à plus soif le cantique "Chante Alleluia au Seigneur", qui illustrait d'ailleurs le rôle clé joué par la communauté chrétienne dans la mobilisation.

Les manifestants aiment aussi reprendre "Do You Hear the People Sing?" ("A la volonté du peuple"), l'une des chansons les plus célèbres de la comédie musicale "Les Misérables".

Mais voilà deux semaines que la mobilisation semble s'être trouvée son hymne: "Gloire à Hong Kong", écrit par un compositeur anonyme et apparu sur YouTube le 31 août.

- Spectacle laser -

Les pointeurs lasers furent initialement utilisés en première ligne par les manifestants souhaitant indiquer la position des forces de l'ordre, perturber la surveillance par la police ou les dispositifs de reconnaissance faciale.

Leur emploi s'est généralisé quand un responsable étudiant arrêté avec dix lasers a été poursuivi pour possession d'arme.

Depuis, les manifestants organisent régulièrement des "spectacles laser" en marge des rassemblements, comme ils l'avaient fait début août en dirigeant leurs faisceaux sur le dôme du Musée de l'espace, à la pointe de la péninsule de Kowloon.

- Chaînes humaines -

Les premières se formèrent fin août pour le 30ème anniversaire de la célèbre "Baltic Way", chaîne que les habitants des pays baltes avaient organisée pour recouvrer leur indépendance en 1989.

L'initiative n'a cessé d'être rééditée, notamment par des lycéens qui y ont vu une façon de poursuivre la mobilisation après la rentrée.

- Lennon Walls -

C'est aussi un héritage du "Mouvement des parapluies". Nombre de passerelles et tunnels piétons sont ornés de post-it colorés, d'affiches, de lanternes et de slogans divers.

Ces "Lennon Walls" ("Murs de Lennon") sont inspirés de celui de Prague, un hommage tout en graffiti au légendaire ex-Beatles assassiné en 1980.

Quand au début de cette initiative des partisans du gouvernement sont allés arracher les oeuvres accrochées sur un de ces murs près du Parlement local, la riposte ne s'est pas faite attendre. D'autres "murs" sont apparus, et se sont multipliés dans toute la ville.

- L'art de la dissidence -

Peintures, calligraphies, sculptures, bandes dessinées, pochoirs... Des artistes semblent travailler 24 heures sur 24 à la production d'une oeuvre très riche et sans cesse renouvelée.

Ces créations se partagent de la plus moderne des façons sur les forums en ligne et se propagent de smartphones à smartphones via le bluetooth ou la fonctionnalité Airdrop.

Elles sont aussi, à l'ancienne, reproduites sur des tracts distribués dans le métro ou affichées sur les "Murs de Lennon", qui constituent eux-mêmes une oeuvre de dissidence en évolution perpétuelle.

- Le rendez-vous de 22H00 -

"Libérez Hong Kong!", "La révolution maintenant!"... C'est devenu un rendez-vous quotidien qui, notamment dans les quartiers résidentiels, vient briser le silence de la nuit.

A 22H00 pile, des militants pro-démocratie sortent sur leur balcon ou passent la tête de leur fenêtre, pour scander des slogans, dans des "battles" nocturnes qui se font écho entre gratte-ciel.

Cette action s'inspire des bruyants "cacerolazos" en Amérique latine, quand l'opposition signifie son mécontentement en tapant sur des casseroles.

Avec AFP

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Affaire Navalny: des experts réclament une enquête internationale

Le chef de l'opposition russe, Alexei Navalny.

Des experts de l'ONU ont dénoncé lundi la responsabilité de la Russie dans l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny et demandé une enquête internationale, tandis que l'UE a officialisé des sanctions contre de hauts fonctionnaires russes.


"La Russie est responsable de la tentative d'assassinat arbitraire de M. Navalny", a soutenu Agnès Callamard, Rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, en conférence de presse en référence à l'empoisonnement de l'opposant en août.

Celle qui a également enquêté sur l'affaire Khashoggi a fait valoir que dans l'affaire Navalny, seuls des acteurs étatiques pouvaient avoir eu accès au Novitchok (un agent innervant militaire Ndlr) tout en disposant du savoir-faire nécessaire pour développer la "forme nouvelle" du produit retrouvée dans les échantillons de l'opposant.

L'experte française, dont les avis n'engagent pas l'ONU, a également relevé que M. Navalny était sous la "surveillance intensive" des services de renseignement russes lors de son empoisonnement, ce qui rend à son avis, improbable qu'une tierce partie ait pu agir à l'insu des autorités russes.

Dans un communiqué, Mme Callamard, et Irene Khan, Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection de la liberté d'opinion et d'expression, ont également demandé la "libération immédiate" d'Alexeï Navalny, et la mise en place d'une enquête internationale sur son empoisonnement.

"Avertissement clair et sinistre"

"Etant donné la réponse inadéquate des autorités nationales, l'utilisation d'armes chimiques interdites et le schéma apparent de tentatives d'assassinats ciblés, nous pensons qu'une enquête internationale devrait être menée de toute urgence afin d'établir les faits et de clarifier toutes les circonstances concernant l'empoisonnement de M. Navalny", ont-elles souligné, pointant du doigt "l'implication très probable de représentants du gouvernement, probablement à un niveau élevé".

Cette enquête internationale est "particulièrement cruciale" alors que M. Navalny est "détenu par le gouvernement russe".

A leurs yeux, cet empoisonnement a été commis pour envoyer "un avertissement clair et sinistre" à quiconque s'opposerait au gouvernement russe.

Cet agent innervant mis au point à des fins militaires à l'époque soviétique "a précisément été choisi pour susciter la peur", selon elles.

Interrogé par un média russe sur le fait que l'ONG Amnesty International ne considère plus l'opposant russe comme un "prisonnier de conscience" en raison de propos passés haineux, Irene Khan a eu un vif échange avec le journaliste, refusant de commenter les propos d'Alexeï Navalny.

"Permettez-moi de commencer par dire que les droits de l'homme nous appartiennent à tous", a-t-elle dit, soulignant par ailleurs que le soutien que les expertes de l'ONU lui apportent "est dû au fait que son droit à la vie a été violé, que son droit à ne pas être torturé a été violé".

Vers des sanctions américaines

A Bruxelles, les Etats membres de l'UE ont de leur côté officialisé lundi des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre M. Navalny et dans la répression menée contre ses partisans.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitenciers, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d'enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie. Leurs noms doivent être publiés mardi au Journal officiel de l'UE.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a déclaré que son pays répondrait "bien sûr" aux sanctions de l'UE.

"L'Union européenne continue sur une voie absolument illégale, c'est une impasse absolue", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse russe Interfax.

Les Européens avaient déjà décidé mi-octobre de sanctionner six personnalités russes, dont des proches du président Vladimir Poutine, après l'empoisonnement d'Alexeï Navalny.

Selon la chaîne CNN qui s'appuie sur deux sources proches de la présidence américaine, les Etats-Unis se préparent également à imposer des sanctions à la Russie pour les mêmes motifs.

L'opposant russe de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie en janvier de cinq mois de convalescence en Allemagne suite à un empoisonnement, dont il accuse le président Vladimir Poutine et les services secrets russes d'être responsables.

Il est arrivé dimanche dans une région à 200 kilomètres à l'est de Moscou pour purger dans une colonie pénitentiaire une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique.

Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d'importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11.000 arrestations, suivies généralement d'amendes et de peines de prison.

Le 18 janvier, Agnès Callamard et Irene Khan avaient salué le "courage" d'Alexei Navalny, et dénoncé son arrestation à son arrivée à Moscou.

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Une fille meurt sous les coups d'une "exorciste" au Sri Lanka

La police a arrêté dimanche au Sri Lanka une femme se disant "exorciste" après la mort d'une fille de neuf ans qu'elle avait rouée de coups dans le cadre d'un rituel.

La femme, dont l'identité n'a pas été communiquée, est accusée d'avoir battu à plusieurs reprises la petite fille à coups de bâton en affirmant vouloir "faire sortir un démon qui avait pris possession de l'enfant", a expliqué le porte-parole de la police Ajith Rohana.

La petite fille avait été conduite par ses parents chez cette femme dans le village de Meegahawatte, tout près de la capitale Colombo. Des voisins, alertés par les appels au secours de l'enfant, sont arrivés trop tard pour la sauver.

"L'enfant s'était écroulée après les violents coups reçus. Elle a été déclarée morte à l'hôpital", selon M. Rohana.

La région a connu ces dernières années plusieurs cas de soi-disant tentatives d'exorcismes dont plusieurs ont provoqué des blessures voire le décès de ceux qui y étaient soumis, a-t-il ajouté.

Parmi les 21 millions d'habitants du Sri Lanka, nombreux sont ceux qui ont recours à des guérisseurs, sorciers ou exorcistes auto-proclamés.

Une militante libérée de prison en Inde après des accusations de torture

Manifestation de fermiers dans l'Haryana, le 27 décembre 2020. Les femmes ont joué un rôle croissant dans les contestations d'agriculteurs et d'ouvriers en Inde.

Nodeep Kaur, militante pour les droits du travail, arrêtée le mois dernier dans une manifestation ouvrière, a été libérée sous caution vendredi, quelques jours après que ses proches ont affirmé qu'elle avait été torturée et agressée sexuellement en détention.

Nodeep Kaur, âgée de 25 ans et appartenant à la communauté marginalisée des dalits (anciennement appelés "les intouchables"), avait été arrêtée dans une manifestation d'ouvriers devant une usine à la périphérie de la capitale indienne New Delhi.

Sa soeur Rajvir Kaur a confirmé vendredi qu'elle avait obtenu une libération sous caution de la Haute Cour du Pendjab et de l'Haryana (Nord). "Nous devons également lui faire passer un examen médical", a-t-elle précisé.

La police l'a arrêtée pour rassemblement illégal, tentative de meurtre et extorsion, selon des informations des médias locaux.

Son arrestation a déclenché une vague d'indignations et sa famille et ses partisans ont affirmé qu'elle avait été agressée sexuellement et torturée en détention. La police nie ces allégations.

Meena Harris, nièce de la vice-présidente américaine Kamala Harris, avait appelé à sa libération au début du mois, en tweetant qu'elle avait été "arrêtée, torturée et agressée sexuellement" en détention.

Le député travailliste britannique Tanmanjeet Singh Dhesi a évoqué l'arrestation de Nodeep Kaur au Parlement britannique, se disant alarmé par les accusations de torture.

La jeune femme a également participé au mouvement de protestations d'agriculteurs contre les réformes du gouvernement indien libéralisant les marchés agricoles.

Ces manifestations ont été abondamment commentées sur Twitter notamment par la pop star Rihanna et la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, suscitant la colère du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi.

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