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Guinée

Cellou Dalein Diallo, l'homme qui veut incarner l'alternance

L'ancien Premier ministre et principal opposant de Guinée Cellou Dalein Diallo s'exprime à la Maison de la presse de Dakar le 24 septembre 2020 lors d'une invitation de la presse étrangère au Sénégal.

A chaque étape de sa campagne à travers la Guinée, il pointe sa montre: Cellou Dalein Diallo en est convaincu, son heure est enfin venue, après deux mandats d'Alpha Condé.

Entré dans l'arène politique après dix ans au gouvernement sous le général Lansana Conté (1984-2008), instruit par ses échecs en 2010 et 2015, Cellou Dalein Diallo s'est juré de ne plus retenir ses coups contre le président Alpha Condé pour le priver d'un troisième mandat controversé.

Frêle et invariablement élégant, dans des costumes classiques ou de grands boubous clairs assortis à des toques brodées, ou en saharienne lorsqu'il fait campagne, cet homme à la voix douce et aux allures de Gandhi ouest-africain se montre posé et courtois en privé.

Mais il se laisse aussi parfois gagner par la ferveur des masses de ses partisans redoutés, totalement acquis à sa cause, qui peuvent former d'impressionnantes marées humaines à Conakry.

Les détracteurs de Cellou Dalein Diallo l'accusent d'être un "pur produit du système Conté" et de s'être enrichi au pouvoir. Mais son camp valorise sa longue expérience de l'Etat.

Membre de l'ethnie peule, considérée comme la première du pays, il est issu d'une famille d'imams du village de Dalein (centre), où il est né. Il aime à rappeler que son grand-père était "le grand érudit Thierno Sadou de Dalein qui avait écrit 35 ouvrages en arabe".

Elevé au village, dans une famille nombreuse - son père avait "quatre femmes et une vingtaine d'enfants" -, il fréquente l'école coranique et l'école française, puis part à Conakry pour y étudier la gestion.

"Technocrate"

Cellou Dalein Diallo intègre ensuite la fonction publique, passant par la direction d'une société d'Etat sous le père de l'indépendance, le président Ahmed Sékou Touré (1958-1984).

Sous le régime autoritaire de Lansana Conté, il rejoint la Banque centrale puis l'administration des grands projets à la présidence.

En 1996, il entre au gouvernement en tant que "technocrate", selon ses propres termes, comme ministre des Transports, puis enchaîne les portefeuilles, de l'Equipement jusqu'à la Pêche.

En décembre 2004, le général Conté, malade, le choisit comme Premier ministre, lui offrant l'occasion de développer un vaste réseau de relations internationales.

Après dix ans au gouvernement, M. Diallo connaît une soudaine disgrâce en avril 2006, sur fond de luttes d'influence au sein d'un régime Conté finissant.

En 2007, il prend la tête d'un grand parti d'opposition, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

A la mort du président Conté, en décembre 2008, comme la plupart des dirigeants politiques, il prend acte du putsch, sans s'y opposer, pour favoriser une transition apaisée.

Mais la désillusion s'installe vite et le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, fait de M. Diallo une de ses cibles.

Le 28 septembre 2009, au moment du massacre de 157 opposants, dont de nombreux militants de l'UDFG, par des militaires au stade de Conakry, il est roué de coups, grièvement blessé, et hospitalisé à Paris.

"Mandat cadeau"

En 2010, il paraît en passe d'être élu président dès sa première candidature, avec 43,69 % des voix, loin devant Alpha Condé, l'ancien opposant historique, avec 18,25 % des suffrages. Mais au terme d'un interminable feuilleton, Alpha Condé est proclamé vainqueur du second tour, organisé quatre mois plus tard.

Sous pression, pourtant convaincu de "truquages" massifs, Cellou Dalein Diallo, reconnaît les résultats, pour éviter un bain de sang, selon lui. "J'ai donné un mandat cadeau à Alpha Condé", résume-t-il aujourd'hui.

En 2015, il se présente "sans conviction" face à Alpha Condé, facilement réélu lors d'un scrutin entaché de fraudes, selon lui.

Il conclut alors une alliance électorale apparemment "contre-nature" avec Moussa Dadis Camara, inculpé peu après pour son rôle dans le massacre du stade de Conakry.

En 2019, l'UFDG participe activement à la mobilisation contre un éventuel troisième mandat d'Alpha Condé.

Malgré l'adoption en mars 2020, lors d'un referendum boycotté par l'opposition, d'une nouvelle Constitution, invoquée par le pouvoir pour légitimer une nouvelle candidature, Cellou Dalein Diallo se lance en septembre dans la course à l'élection présidentielle.

"L'UFDG a décidé de porter son combat contre le troisième mandat dans les urnes", explique-t-il.

Cette fois, la victoire ne peut plus lui échapper, en raison à la fois du "bilan catastrophique" d'Alpha Condé et d'une vigilance accrue des citoyens face aux risques de fraude, affirme-t-il.

Lui-même avoue en souriant avoir "accumulé beaucoup d'expérience, et surtout de volonté", en particulier celle, "beaucoup plus que par le passé, de gagner et de conserver sa victoire".

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L'ancien président Alpha Condé vit désormais dans une maison familiale

Alpha Condé, alors président de la Guinée, arrive au musée d'Orsay à Paris, en France, le 10 novembre 2018.

La junte guinéenne a annoncé lundi le transfert de l'ancien président Alpha Condé, renversé le 5 septembre par les militaires et détenu au secret depuis, chez son épouse dans la banlieue de Conakry.

M. Condé, 83 ans, à la tête du pays pendant près de 11 ans, réside désormais au domicile de son épouse Hadja Djénè Kaba Condé à Dixinn, a dit la junte dans un communiqué lu à la télévision nationale.

La junte n'a pas précisé pas si le séjour de M. Condé chez sa femme était assorti de restrictions de la part des militaires.

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Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), la junte qui a pris la direction du pays après le putsch, "continuera à assurer à l’ancien chef de l’Etat un traitement digne de son rang, et ceci sans aucune pression nationale et internationale", dit le communiqué.

La libération de M. Condé fait partie des exigences de la Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao), avec la tenue d'élections dans un délai de six mois. La Cédéao a suspendu la Guinée de ses instances et sanctionné individuellement les membres de la junte.

Le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, qui s'est fait investir président de transition le 1er octobre, s'est engagé à rendre le pouvoir à des civils après des élections, mais a refusé jusqu'alors tout délai imparti à la transition.

Dans un entretien diffusé par la télévision nationale mi-novembre, il a assuré que l'intégrité physique et morale de M. Condé était protégée. Il n'a pas exclu que M. Condé soit jugé.

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Émoi à Conakry après la mort d'une jeune femme des suites d'un viol présumé

Deux femmes regardent debout dans une rue vide lors d'une manifestation dans le quartier populaire de Wanindara à Conakry le 27 février 2020.

La Guinée était en émoi lundi après la mort d'une jeune femme des suites d'un viol présumé par des médecins dans une clinique privée de Conakry, une affaire ayant abouti à l'inculpation puis à l'arrestation de trois personnes.

La jeune femme, M'Mah Sylla, une célibataire diplômée en secrétariat de 25 ans, est "décédée samedi à Tunis où elle avait été évacuée pour des soins suite au viol dont elle avait été victime dans une structure hospitalière" de Conakry, a annoncé dimanche soir le gouvernement guinéen dans un communiqué.

Elle s'est rendue en août dans cet établissement situé dans la banlieue de Conakry, selon la presse locale. Les raisons de son passage dans cet établissement n'ont pas été précisées.

Après le viol présumé, la jeune femme avait ensuite été évacuée en octobre par les autorités à Tunis pour des soins dont la nature n'a pas été précisée.

Après une saisine du parquet, un juge d'instruction du tribunal de Manfanco (banlieue de Conakry) a placé le 14 octobre en "détention provisoire" trois médecins inculpés de "viol, avortement, administration de substances nuisibles, risque causé à autrui et complicité", a indiqué le parquet dans un communiqué distinct dimanche soir.

Une autre personne "en fuite", était "activement recherchée", selon la même source.

Le gouvernement demande de "prendre toutes les mesures urgentes afin d'accélérer l'enquête en cours pour que les coupables répondent de leur forfaiture", dans le communiqué.

La mort de M'Mah Sylla suscitait lundi un large débat sur les réseaux sociaux. Une pétition, à l’initiative d'associations de défense des droits des femmes, réclamait des sanctions contre les auteurs présumés.

"Justice pour M'Mah Sylla. Plus jamais ça", indiquait lundi une bande virale sur les réseaux sociaux. Des émissions de radio ont également été organisées lundi matin sur cette affaire.

La junte guinéenne accuse des partis politiques de chercher à troubler l'ordre public

Le chef de la junte en Guinée, le colonel Mamady Doumbouya, a prêté serment vendredi à Conakry, en Guinée, le 1er octobre 2021.

Les militaires au pouvoir en Guinée depuis le 5 septembres ont accusé jeudi des partis et des activistes d'agissements visant à "troubler l’ordre public et la paix sociale" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.

Le Comité national de rassemblement pour le développement (CNRD), a déclaré, dans un communiqué lu à la télévision publique, que but était de "saper la paix et la paix et la quiétude des Guinéens et porter préjudice à la transition apaisée en cours".

Sans donner plus de précision sur l'identité des partis et des activistes qu'il accuse, le CNRD met en garde ceux qui refusent de s’inscrire dans la démarche de "dialogue consensuel" et assure qu’il prendra "toutes les dispositions régaliennes pour assurer leur sécurité".

Cette mise en garde intervient à la suite de la conférence de presse des responsables du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, parti du président déchu Alpha Condé).

Lors de cette rencontre avec les journalistes, l’ex-président de l’Assemblée nationale et responsable du RPG, Amadou Damaro Camara,a demandé au CNRD de libérer Alpha Condé, 83 ans, placé en résidence surveillée depuis qu'il a été renversé.

L'ancien commandant des forces spéciales, le colonel Mamady Doumbouya qui a renversé l'ancien président Condé le 5 septembre et s'est fait investir président de transition, a promis de "refonder" l'Etat guinéen et de combattre la corruption.

Il a assuré qu'il n'y aurait pas de "chasse aux sorcières".

Dès la prise du pouvoir, la junte avait dissous le gouvernement et les institutions et remplacé ministres, gouverneurs et préfets par des administrateurs et des militaires.

Le colonel Doumbouya a nommé le 6 octobre un Premier ministre de transition, Mohamed Béavogui, un ancien sous-secrétaire général des Nations unies. Deux semaines après, la composition de son gouvernement n'a pas été communiquée.

Le colonel Doumbouya a promis de rassembler les Guinéens au-delà des appartenances politiques ou ethniques, et de rétablir un régime civil après une période de transition d'une durée indéterminée.

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