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Ce que dit le lanceur d'alerte contre Donald Trump

Le président américain Donald Trump lors d’une réunion de son cabinet à la Maison Blanche, Washington, 10 avril 2018. (Twitter/Donald J. Trump)

Le Congrès américain a rendu publique jeudi la lettre d'un lanceur d'alerte au sujet du président des Etats-Unis, Donald Trump, fondée principalement sur le contenu d'un appel entre M. Trump et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet 2019.

Voici les principaux points de cette lettre de neuf pages.

- Sources -

Le nom de l'auteur du signalement n'est connu pour l'instant que de l'inspecteur général du Renseignement national. Le lanceur d'alerte écrit dans sa lettre qu'il tient ses informations de plus d'une demi-douzaine de responsables américains.

- Dissimulation -

La Maison Blanche est accusée d'avoir enregistré le compte-rendu de l'appel téléphonique sur un serveur réservé aux contenus classés ou sensibles, utilisés par le Conseil de sécurité nationale pour par exemple des opérations de renseignement. D'ordinaire, ces comptes-rendus de conversations sont placés sur un serveur permettant au reste de l'administration et aux ministres de les consulter.

"Des responsables de la Maison Blanche m'ont raconté qu'ils avaient été +enjoints+ par les avocats de la Maison Blanche de retirer la retranscription électronique du système informatique où de telles retranscriptions sont d'ordinaire conservées", écrit le lanceur d'alerte.

En annexe, il ajoute: "D'après des responsables de la Maison Blanche à qui j'ai parlé, ce n'était +pas la première fois+ sous cette administration qu'une retranscription présidentielle était placée dans ce système (...) purement dans le but de protéger des informations politiquement sensibles, et non sensibles d'un point de vue de sécurité nationale".

- Ingérence -

Le motif du signalement du lanceur d'alerte est explicitement écrit dès le deuxième paragraphe: "Dans le cadre de mes fonctions officielles, j'ai été informé par plusieurs responsables du gouvernement américain que le président des Etats-Unis utilisait les capacités de sa fonction pour solliciter l'ingérence d'un pays étranger dans l'élection de 2020 aux Etats-Unis".

Le 25 juillet, après quelques banalités, le président Trump "a utilisé le reste de l'appel pour promouvoir ses intérêts personnels", en l'occurrence:

- enquêter en Ukraine sur son rival politique Joe Biden (candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine de 2020) et son fils Hunter;

- enquêter sur une origine ukrainienne aux accusations d'ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine de 2016;

- et rencontrer "deux personnes explicitement désignées par le président comme ses émissaires personnels" sur ces sujets, l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, et le ministre de la Justice Bill Barr.

- Canaux parallèles et pressions -

Le lanceur d'alerte retrace enfin les voyages et déclarations de Rudy Giuliani en tant qu'"émissaire" de M. Trump. Il rapporte ainsi une rencontre de M. Giuliani à Madrid vers le 2 août dernier avec un conseiller du président ukrainien nommé Andriy Yermak.

Il explique aussi avoir appris de sources gouvernementales que le nouveau pouvoir ukrainien avait reçu le message que la relation entre les deux présidents dépendrait de la volonté de M. Zelensky de "jouer le jeu", avec l'aide militaire américaine à l'Ukraine dans la balance. En juillet, M. Trump a ainsi ordonné personnellement la suspension de cette aide, écrit le lanceur d'alerte.

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Destitution de Trump: les deux camps fourbissent leurs armes pour le procès

Les plaidoiries commencent ce mardi.

La bataille du procès historique en destitution de Donald Trump est lancée à deux jours de l'ouverture des débats au Sénat, avec les premiers argumentaires juridiques des deux camps et de vifs échanges entre républicains et démocrates dimanche dans les médias américains.

L'équipe légale du 45e président des Etats-Unis, qui est seulement le troisième dans l'histoire du pays à subir d'affront d'un tel procès même s'il est peu probable qu'il soit destitué, a soumis samedi soir sa première "réponse" à l'acte d'accusation pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.

Dans ce texte, les deux principaux avocats du milliardaire républicain, Jay Sekulow et Pat Cipollone, dénoncent "une dangereuse attaque contre le droit des Américains à choisir librement leur président".

L'affaire a éclaté en septembre, quand un lanceur d'alerte a attiré l'attention sur un coup de fil au cours duquel Donald Trump avait demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky d'enquêter sur son potentiel adversaire démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden.

La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, a inculpé en décembre l'ex-magnat de l'immobilier d'avoir exercé un chantage sur le président ukrainien, en conditionnant une invitation à la Maison Blanche et une aide militaire cruciale à l'annonce d'une telle enquête.

"L'acte d'accusation est constitutionnellement irrecevable" et "ne comporte aucun crime ou violation de la loi", répondent les avocats du président.

- "Position absurde" -

Ils nient en outre que les faits qui lui sont reprochés, arguant que Donald Trump a finalement rencontré Volodymyr Zelensky en septembre à l'ONU et que l'aide militaire a été débloquée -- même si entre-temps, le scandale avait éclaté.

Recruté par l'équipe présidentielle à grand renfort de communication, le constitutionnaliste Alan Dershowitz a lui avancé un autre argument de défense: même s'il était démontré que le locataire de la Maison Blanche avait bien tenté d'imposer un tel donnant-donnant à Kiev, ce ne serait pas un crime.

"L'abus de pouvoir n'est pas un motif constitutionnel d'impeachment", a-t-il martelé dimanche sur la chaîne ABC. "C'est tellement vague que la moitié des présidents américains, d'Adams à Jefferson, de Lincoln à Roosevelt, ont été accusés par leurs ennemis politiques d'abuser de leur pouvoir."

L'élu démocrate Adam Schiff, qui sera le procureur général au Sénat, a aussitôt ironisé sur cette "seule nouveauté dans la défense du président", dictée selon lui par le fait que ses avocats "ne peuvent pas contester les faits".

"Si l'on suit la logique de cette position absurde, le président pourrait donner l'Etat de l'Alaska", a-t-il poursuivi sur ABC, estimant que l'abus de pouvoir était "au coeur de ce que les pères de la Constitution considéraient passible de destitution".

Dans leur argumentaire écrit soumis samedi, les démocrates de la Chambre appellent d'ailleurs le Sénat à "éliminer la menace que le président fait peser sur la sécurité nationale".

- Avec ou sans témoins? -

Un autre bras de fer est engagé sur la durée et le déroulement du procès, qui s'est formellement ouvert jeudi avec la prestation de serment des sénateurs mais entrera mardi dans le vif du sujet.

L'opposition réclame la convocation de quatre témoins-clés, dont le chef de cabinet de la Maison Blanche Mick Mulvaney et l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

A la manoeuvre, le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell, qui assume d'être en "totale coordination" avec la présidence, semble vouloir expédier le procès sans témoins, si possible en deux semaines.

Les républicains ont jusqu'ici fait bloc derrière leur président et, avec une majorité de 53 sénateurs-jurés sur 100, il ne fait aucun doute sur le fait qu'il sera acquitté.

Ils sont aussi théoriquement en mesure de remporter toutes les batailles de procédure, même si une poignée de conservateurs sont courtisés par les démocrates pour qu'ils accèdent à leur demande de témoins.

Un procès sans témoins ni documents "serait un simulacre de procès", a protesté Adam Schiff.

"Je veux que ce procès soit fini aussi rapidement que possible", a rétorqué sur la chaîne Fox News le sénateur républicain Lindsey Graham, proche de Donald Trump.

"Je veux que le peuple des Etats-Unis choisisse le prochain président, pas un tribunal d'impeachment", a-t-il ajouté.

Interrogé sur les attentes de Donald Trump, il a répondu: "Il espère pouvoir prononcer le discours sur l'état de l'Union et parler de ce qu'il veut faire en 2020 et les quatre prochaines années".

Un discours prévu le 4 février, deux semaines après l'ouverture des débats.

Présidentielle: le New York Times soutient Warren et Klobuchar

Elizabeth Warren et Amy Klobuchar

Le New York Times a annoncé dimanche soir qu'il soutenait deux candidates à l'élection présidentielle, les sénatrices Elizabeth Warren et Amy Klobuchar, étant pour la première fois incapable de se prononcer en faveur d'un seul nom.

Pour justifier cette ambivalence entre deux démocrates aux programmes très différents, le prestigieux quotidien a dit vouloir concilier entre un choix "radical", Mme Warren, et un autre "réaliste", Mme Klobuchar.

"Un débat essentiel a lieu en ce moment entre deux visions qui pourraient déterminer l'avenir du parti et peut-être du pays", lit-on dans un éditorial.

"Certains à l'intérieur du parti voient le président Trump comme une aberration et croient qu'un retour à une Amérique plus sensée est possible. Et puis il y a ceux qui pensent que le président Trump a été le produit de systèmes politique et économique si corrompus qu'ils doivent être remplacés", ajoute le journal.

"Aussi bien le modèle radical que le réaliste méritent un examen sérieux. C'est pourquoi nous soutenons les candidates les plus efficaces pour chacune de ses approches. Ce sont Elizabeth Warren et Amy Klobuchar".

Mme Warren, qui représente l'aile gauche du parti démocrate, est assez bien placée dans les sondages, régulièrement en troisième position derrière l'ancien vice-président Joe Biden et un rival très à gauche, Bernie Sanders.

"La voie à suivre vers la nomination pour Mme Warren est semée d'embûches, mais pas difficile à imaginer", a estimé le New York Times.

Si Mme Klobuchar, modérée dans ses prises de position, est plus loin dans les intentions de vote, le journal a loué ses qualités.

Sa longue expérience au Sénat "et sa capacité prouvée à rassembler les deux camps feraient d'elle une experte des compromis (véritablement, pour sa part) et une figure qui unirait les deux ailes du parti - et peut-être la Nation", d'après le quotidien.

"Que la meilleure gagne", a-t-il lancé.

Pour la première fois, le journal a montré de manière transparente, dans une émission de télévision, le processus de désignation de son candidat préféré. Il comprenait des entretiens avec neuf candidats. Les sept hommes, y compris les deux actuels favoris à la primaire démocrates, n'ont pas réussi à convaincre la rédaction.

Le Festival des lanternes de New York

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