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Fin de la campagne pour l'élection présidentielle au Cap-Vert

Le sortant président de Cap-Vert, Jorge Carlos Fonseca.

La campagne pour l'élection présidentielle du 2 octobre au Cap-Vert s'achevait vendredi sans incident ni grande effervescence, le sortant Jorge Carlos Fonseca étant donné grand favori face à deux candidats indépendants.

Après avoir sillonné l'archipel, notamment ces derniers jours les îles de Santo Antao et Sao Vicente, la deuxième en importance, dont il est originaire, M. Fonseca, du Mouvement pour la Démocratie (MPD, libéral, au pouvoir), était de retour vendredi à Praia, la capitale, pour son dernier meeting de campagne dans la soirée.

Avec pour slogan "un président toujours avec la population", il a appelé les électeurs à se rendre massivement aux urnes "pour dire oui à la liberté, à la justice et au Cap-Vert".

Les bureaux de vote seront ouverts dimanche de 08H00 à 19H00 (de 09H00 à 20H00 GMT). Au total, 314.000 résidents de l'archipel et 47.000 Cap-Verdiens vivant à l'étranger sont inscrits sur les listes électorales.

Si aucun des candidats n'obtient la majorité absolue, un second tour sera organisé. Mais le président sortant est crédité par les sondages de quelque 70% des voix, en l'absence de l'habituelle confrontation avec le Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste, ex-parti unique), qui n'a pas désigné de candidat.

Le PAICV, défait aux élections législatives après 15 ans à la tête du pays, puis aux municipales du 5 septembre, a décidé de ne pas donner de consigne de vote à ses militants.

M. Fonseca, 66 ans, avait été élu au second tour en août 2011 avec plus de 54% des voix, face à Manuel Inocencio Sousa, du PAICV.

Cet archipel d'Afrique de l'Ouest, ancienne colonie portugaise, considéré comme un "modèle de démocratie" sur le continent, est réputé pour sa stabilité politique et sa bonne gouvernance.

Il est doté d'un régime semi-parlementaire dans lequel l'exécutif est dominé par le Premier ministre, le président jouant davantage un rôle d'arbitre.

Lors d'une conférence internationale à Praia la semaine dernière sur "les partis politiques les élections et la violence électorale", les participants ont appelé le continent à s'inspirer du Cap-Vert.

"Dans de nombreux pays, on s'accroche encore trop au pouvoir. Il y a aussi la militarisation de la politique, ce qui provoque la violence électorale", a déploré le directeur des Affaires politiques de la Commission de l'Union africaine, Khabele Matlosa, soulignant le rôle nocif joué par les milices partisanes.

Pour la présidentielle de dimanche, les deux candidats indépendants sont Joaquim Monteiro, 75 ans, qui avait remporté 2,1% des voix en 2011, et Albertino Graça, 57 ans, un universitaire.

M. Monteiro se présente comme "un vrai candidat du peuple", indépendant des partis.

M. Graça, qui a tenté en vain d'obtenir le soutien du PAICV, dit vouloir "promouvoir le dialogue, l'équilibre et l'harmonie" entre toutes les régions et citoyens du Cap-Vert.

Avec AFP

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Soudan : reprise attendue du dialogue, dispute sur une institution clé

Le général Mohamed Hamdan Dagalo, chef du Conseil militaire au pouvoir au Sudan, le 18 mai, 2019.

Les négociations reprennent lundi soir entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation, après avoir achoppé sur la présidence du Conseil souverain censé gérer la période de transition, plus d'un mois après le renversement du chef de l'Etat Omar el-Béchir.

Le dialogue entre le Conseil militaire qui a succédé à M. Béchir et l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, reprend à 21H00 (19H00 GMT), "avec l'espoir d'arriver à un accord définitif", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole des militaires, le général Chamseddine Kabbachi.

Les deux parties souhaitent chacune prendre la tête et ravir la majorité des sièges du Conseil souverain, une institution clé de la transition qui doit se substituer au Conseil militaire pour une période de trois ans, avant la tenue d'élections.

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l'armée le 11 avril sous la pression d'un mouvement inédit déclenché le 19 décembre par la décision des autorités de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique.

Le mouvement s'est vite transformé en contestation du pouvoir. Des milliers de manifestants campent depuis le 6 avril devant le QG de l'armée à Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils, après avoir obtenu la mise à l'écart de M. Béchir à la tête d'un régime autoritaire pendant trois décennies.

"Nous avons insisté sur le fait que le Conseil souverain soit présidé par un civil et composé majoritairement de civils", a déclaré à l'AFP Satea al-Haj, un membre de l'ALC ayant participé aux négociations nocturnes.

Le Conseil militaire, a-t-il expliqué, justifie sa volonté de diriger l'institution clé "par les menaces sécuritaires pesant sur le pays".

- "Piège" -

Au sit-in devant le QG de l'armée, les manifestants sont inquiets.

"On sent qu'un piège est en train d'être tendu. Un sale jeu politique mené par le Conseil militaire", a dit l'un d'eux Moustafa Sedik.

"Les forces armées ne veulent pas abandonner le pouvoir facilement, et je pense qu'ils ont un plan avec l'ancien régime", s'inquiète Youssef Mohamed, au milieu d'une foule brandissant des drapeaux soudanais et faisant le "V" de la victoire.

Tout en affichant leur détermination à obtenir gain de cause, les chefs de la contestation tentent d'apaiser les esprits.

Selon M. Haj, les précédentes consultations se sont déroulées dans une atmosphère "positive" malgré le différend sur la présidence et la composition du Conseil souverain.

"La victoire est une question de patience et elle se rapproche", a assuré l'ALC lundi dans un communiqué.

Les deux camps avaient réussi la semaine dernière à s'entendre sur la durée de la transition, fixée à trois ans, et la composition d'une assemblée législative, dont les deux tiers des 300 membres désignés viendraient de l'ALC.

- L'UA "satisfaite" -

Le 17 mai, plusieurs pays et organisations internationales, dont les Etats-Unis, l'Union africaine, l'ONU et l'Union européenne ont appelé à la mise en oeuvre d'une transition "vraiment dirigée par les civils".

En visite à Khartoum lundi, l'émissaire de l'UA pour le Soudan, le Mauritanien Mohamed El Hacen Lebatt, a assuré que l'organisation panafricaine soutenait "tout accord entre les forces politiques au Soudan", selon l'agence soudanaise Suna.

"L'UA est satisfaite des avancées en cours pour parvenir à un accord", a-t-il déclaré après une rencontre avec le général Kabbachi, selon Suna.

Le 6 mai, M. El Hacen Lebatt avait annoncé à Khartoum qu'un rapport d'étape sur la transition serait examiné dans deux semaines par le Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

L'organisation régionale plaide pour un transfert rapide du pouvoir aux civils, faute de quoi elle a averti qu'elle pourrait suspendre le Soudan.

L'Egypte voisine, qui assure actuellement la présidence de l'UA, est considérée comme un soutien des militaires au Soudan. Son président, Abdel Fattah al-Sissi, a régulièrement dénoncé les mouvements populaires, source d'instabilité selon lui.

La semaine dernière, des violences ont émaillé le mouvement de contestation, avec la mort de cinq civils et d'un militaire le 13 mai par des hommes armés non identifiés qui ont tiré sur les manifestants rassemblés devant le QG de l'armée à Khartoum. Les militaires ont accusé des "éléments infiltrés".

Avant ces violences, 90 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre depuis le 19 décembre selon une association de médecins proche de l'ALC. Les autorités parlent d'un bilan de 65 morts.

"Pas de raison" que Ngaïssona soit détenu, selon son avocat

Le chef de la fédération centrafricaine de football, Patrice-Edouard Ngaissona, assiste à la 40e assemblée générale de la Confédération africaine de football à Casablanca, au Maroc, le 2 février 2018.

L'avocat de l'ex-chef de milice centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona, dont l'audience de confirmation des charges et notamment de crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) devrait avoir lieu en septembre, estime qu'"il n'y a pas de raison" que son client "soit détenu".

"Il n'a fait que défendre l'intégrité de la République Centrafricaine (…) il a contribué à l'apaisement des esprits pour un dialogue national entre les différents groupes (...) Il n'y a pas de raison que M. Ngaïssona soit détenu", a affirmé à l'AFP son avocat belgo-ivoirien Me Simplice Séri Zokou, rencontré à La Haye.

Celui-ci est aussi l'avocat de Charles Ble Goudé, l'ex-chef du mouvement des Jeunes Patriotes en Côte d'Ivoire, jugé par la CPI avant d'être acquitté.

La première apparition de Patrice-Edouard Ngaïssona devant les juges de la CPI a eu lieu en janvier après son extradition depuis la France où il avait été arrêté en décembre.

M. Ngaïssona, 51 ans, président de la Fédération centrafricaine de football, est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014. Il est notamment accusé de meurtre et tentative de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population ainsi que de l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans.

Selon Me Zokou, l'audience pour la confirmation des charges qui devait avoir lieu le 18 juin, a été reportée à septembre à la demande du procureur.

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la Séléka, les milices d'autodéfense antibalaka ont pris les armes, assurant vouloir défendre les intérêts des chrétiens face aux groupes armés musulmans.

D'après la Cour basée à La Haye, il y a des "motifs raisonnables" de croire qu'une "attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les antibalaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka".

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