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La révérence d'un ministre devant le président fait le buzz au Cameroun


Le président camerounais Paul Biya

Le salut révérencieux d'un ministre camerounais devant le président du Cameroun Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, amuse follement les réseaux sociaux, où les internautes rivalisent d'imagination pour tourner en dérision son obséquiosité sous le nom de #bidoungchallenge.

La photo du ministre camerounais des Sports, Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, courbé devant le président Biya, a été prise lors de la réception des joueuses de l'équipe nationale de football le 9 décembre au palais présidentiel à Yaoundé.

Son tour venu de saluer le président, M. Bidoung Kpwatt, par ailleurs connu pour ses excentricités, s'est tenu tête baissée, les pieds écartés, à un bon mètre de Paul Biya.

Le cliché, capté par un des photographes présents à la présidence, a très vite été détournée avec irrévérence sur les réseaux sociaux.

Un internaute a alors lancé sur Twitter le #Bidoung challenge ou le #CourbeDosChallenge et ces mots-clés ont déclenché un concours de photos-montages plus imaginatifs les uns que les autres.

L'un des plus drôles montre un homme allongé saluant un chien qui lui tend la patte, un autre, également allongé, tendant la main à un chat.

La parodie dépasse les frontières du Cameroun. Sur Facebook, on aperçoit ainsi des policiers et des militaires de pays occidentaux imitant le geste sur leurs lieux de service.

Au Cameroun, plusieurs personnalités ont l'habitude de faire allégeance à M. Biya, qui vient de passer début novembre le cap des 34 ans au pouvoir.

Le président est difficilement accessible, toujours entouré d'une multitude de gardes lors de ses rares sorties. Il rencontre peu ses ministres. Il arrive souvent qu'une année s'achève sans qu'il ne tienne de conseil de ministres.

Craint, il est considéré par certains caciques de son régime comme un dieu.

"Nous sommes tous des créatures ou des créations du président Paul Biya, c'est à lui que doit revenir toute la gloire dans tout ce que nous faisons", affirmait par exemple en 2010 son ministre de l' Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo.

"Personne d'entre nous n'est important, nous ne sommes que ses serviteurs, mieux, ses esclaves", avait-il ajouté.

Avec AFP

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