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Affrontements entre la police camrounaise et manifestants à Bamenda


La police anti-émeute patrouille dans les rues après des échauffourées avec des manifestants, à Douala, Cameroun, 25 février 2008.

Des affrontements ont éclaté dans ce fief de la minorité anglophone du Cameroun, où des manifestants ont voulu empêcher un rassemblement du parti au pouvoir, indique un responsable politique d'opposition.

"Il nous a été rapporté qu'il y a des morts mais nous recoupons encore", a affirmé à l'AFP ce porte-parole du Social Democratic Front (SDF), Denis Nkemlemo. Une photo d'un homme en sang inanimé circulait sur les réseaux sociaux pour illustrer les affrontements de Bamenda, sans qu'il ne soit possible d'en identifier l'origine.

Les affrontements ont éclaté entre la police et des jeunes qui voulaient empêcher un meeting du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) du président Paul Biya, a précisé à l'AFP Denis Nkemlemo. La police a tiré sur la foule, selon lui.

Capitale du Nord-Ouest, une des deux régions anglophones (sur dix), Bamenda est depuis mi-novembre l'épicentre de la contestation de cette minorité linguistique dans un pays officiellement bilingue français/anglais. De précédents affrontements avaient fait au moins un mort fin novembre (trois d'après le SDF).

Enseignants, magistrats et avocats protestent contre ce qu'ils appellent la "marginalisation" des anglophones dans le partage des pouvoirs, des postes et des richesses. La minorité anglophone représente environ 20% des quelque 22,5 millions de Camerounais.

Mardi, le Premier ministre Philémon Yang -lui-même anglophone- a écarté leur principale revendication, le retour au fédéralisme. M. Yang avait demandé le retour des enfants à l'école lors d'une réunion publique à Buéa, la capitale du Sud-Ouest, l'autre région anglophone.

Depuis le 21 novembre, les cours sont suspendus dans les universités, les collèges et les écoles dans plusieurs villes de ces deux régions anglophones proches du Nigeria.

Ex-colonie allemande, le Cameroun a été divisé par la Société des Nations après la Première guerre mondiale: une partie sous tutelle française et une autre, proche du Nigeria, sous mandat britannique.

En 1960, le Cameroun sous tutelle français accède à l'indépendance. Un an après, une partie des anglophones décident par référendum de rester dans le giron du Cameroun, mais insistent pour conserver les systèmes juridique et éducatif hérités de la Grande-Bretagne.

Le fédéralisme est alors instauré entre 1961 et 1972, mais le premier président Ahmadou Ahidjo proclame la République unie en 1972.

Avec AFP

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