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Nigeria

Buhari présente officiellement un nouveau gouvernement qui ressemble au précédent

Le président nigérian Muhammadu Buhari salue à descente d’avion, de retour des vacances du Royaume-Uni, à Abuja, Nigeria, 18 août 2018. (Twitter/Bashir Ahmad)

Le président nigérian Muhammadu Buhari, réélu en février, a officiellement présenté mercredi son nouveau gouvernement, qui voit ses principaux ministres conserver leurs portefeuilles.

Fort de 43 membres, le gouvernement a été présenté lors d'une cérémonie à la résidence présidentielle d'Abuja, presque trois mois après la prestation de serment du chef de l'Etat pour un nouveau mandat de quatre ans.

Les portefeuilles des Affaires étrangères (Geoffrey Onyeama), des Finances (Zanaib Ahmed), des Transports (Rotimi Amaechi) et du Logement (Babatunde Fasholane) ne changent pas de titulaires

Muhammadu Buhari, 76 ans, a décidé de continuer à s'attribuer le ministère stratégique du Pétrole, avec comme vice-ministre Timipre Silva, ancien gouverneur de l'Etat riche en pétrole de Bayelsa (Sud).

Le président Buhari a été vivement critiqué ces dernières semaines par les commentateurs politiques, qui ont regretté que 14 des ministres choisis appartenaient déjà au précédent gouvernement (2015-2019), ne laissant ainsi présager aucune réforme de fond ou changement de cap

Et les autres sont dans leur quasi-totalité des anciens de la scène politique nigériane, issus du parti présidentiel, le Congrès de tous les progressistes (APC).

Le clientélisme est une des composantes essentielles de la politique nigériane depuis la fin de la colonisation britannique, souvent aux dépens du développement du pays et de la lutte anti-corruption.

Il n'y a que sept femmes dans le gouvernement, dans un pays qui détient déjà le record de la plus faible représentation des femmes au Parlement pour toute l'Afrique subsaharienne, selon un rapport de l'ONG américaine International Republican Institute (IRI) de 2019.

Réseaux sociaux et médias ont aussi dénoncé la moyenne d'âge des ministres, 60 ans, dans un pays jeune où l'âge médian est de 18 ans.

Le Nigeria, un pays de 190 millions d'habitants gangrené par la corruption et à l'économie fragile malgré une production de deux millions de barils de pétrole par jour, est l'objet de nombreux défis sécuritaires, dont l'insurrection meurtrière des islamistes de Boko Haram.

"Notre pays continue d'être confronté à d'âpres difficultés mais nous sommes prêts à y faire face", a assuré Muhammadu Buhari lors d'un discours retransmis à la télévision.

Le ministre des Finances Zanaib Ahmed a précisé à l'AFP qu'accroître les revenus de l'Etat sera l'une des priorités du gouvernement.

"Le gouvernement tout entier se vouera à améliorer nos revenus", a-t-il expliqué.

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Les centaines d'adolescentes enlevées au Nigeria ont été libérées

Les écolières nigérianes qui avaient été enlevées après leur libération, au gouvernorat de l'État de Zamfara, le 2 février 2021

Les centaines d'adolescentes enlevées vendredi dernier dans leur pensionnat de Jangebe dans le nord-ouest du Nigeria ont été libérées et sont mardi matin dans les locaux du gouvernement de Zamfara, a annoncé à l'AFP le gouverneur de cet Etat Dr. Bello Matawalle.

"Dieu soit loué ! Je suis heureux d'annoncer la libération des élèves enlevées du lycée GGSS Jangebe", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

"Le nombre total de filles enlevées dans l'école est de 279, elles sont toutes ici avec nous, nous remercions Allah", a ajouté le gouverneur.

Les autorités avaient initialement affirmé que 317 jeunes filles manquaient à l'appel après l'attaque de ce pensionnat dans l'Etat de Zamfara dans le nuit de jeudi à vendredi par des hommes armés.

Un journaliste de l'AFP a pu voir des centaines de jeunes filles, portant un hijab de couleur bleu ciel, réunies à la maison du gouvernement.

Il s'agissait de la quatrième attaque d'écoles en moins de trois mois dans le nord-ouest du Nigeria, où des groupes criminels, appelés "bandits", multiplient les vols de bétail à grande échelle et pratiquent les enlèvements contre rançon depuis plus de dix ans.

Les autorités de Zamfara ont l'habitude de discuter avec les groupes criminels avec lesquels ils négocient depuis plus d'un an des accords d'amnistie en échange de la remise de leurs armes.

Ce sont les responsables de l'Etat de Zamfara qui avaient d'ailleurs négocié la libération en décembre dernier de 344 garçons qui avaient été enlevés par des bandits de leur pensionnat dans l'Etat voisin de Katsina.

A chaque libération, les autorités nient payer une quelconque rançon aux ravisseurs, mais cela fait pourtant peu de doute pour les experts en sécurité qui craignent que cela ne mène à une multiplication des enlèvements dans ces régions minées par l'extrême pauvreté et peu ou pas du tout sécurisées.

Ce nouvel enlèvement de masse avait ravivé le souvenir du rapt de Chibok en 2014, lorsque le groupe jihadiste Boko Haram avait enlevé 276 lycéennes, suscitant une émotion mondiale.

Pus d'une centaines d'entre elles sont encore portées disparues et personne ne sait combien sont toujours vivantes.

Mais ces deux enlèvements sont à distinguer: les "bandits" agissent avant tout pour l'appât du gain, et non pour des raisons idéologiques, même si certains ont tissé des liens avec les groupes jihadistes dans le nord-est.

Des insurgés attaquent une base de l'ONU au Nigeria

Des soldats nigérians patrouillent dans l'Etat de Borno, près de Marte, au Nigeria, le 5 juin 2013.

Des jihadistes liés à l'Etat islamique (EI) dans le Nord-Est du Nigeria ont attaqué lundi une base de l'ONU dans le ville de Dikwa et tentaient dans la soirée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont envahi Dikwa lundi soir, attaquant un camp militaire et une base de l'ONU, ont affirmé à l'AFP un responsable de l'armée et une source humanitaire sous couvert de l'anonymat.

"Les terroristes de Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU", selon la source militaire.

"La base des humanitaires a été incendiée par les combattants mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché", a déclaré à l'AFP la source humanitaire.

"Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée.

Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les jihadistes, a précisé la source humanitaire.

"Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les jihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria.

Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d'attaques par les islamistes de Boko Haram.

En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), reconnu par le groupe Etat islamique.

Un conflit qui s'enlise

Le conflit, qui a fait plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de déplacés depuis 2009, s'enlise.

Le 15 février dernier, des combattants de Iswap avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Marte, d'où sont partis les renforts lundi soir, après avoir submergé des soldats en garnison. Les militaires avaient repris le contrôle de la ville une semaine plus tard.

Cette même semaine, l'autre groupe jihadiste, Boko Haram, avait également attaqué au mortier Maiduguri, la capitale régionale de l'Etat du Borno, épicentre de la révolte. Cette attaque avait fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés.

Depuis la fin de l'année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

Le président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d'écraser cette rébellion jihadiste.

Mais six ans plus tard, les groupes Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques, où ils multiplient attaques et enlèvements de soldats, de civils et de membres d'ONG.

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