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Brexit: après l'échec de la motion de censure, Theresa May se remet au travail

La Première ministre britannique Theresa May, à Londres, le 16 janvier 2019.

La Première ministre britannique Theresa May, après avoir survécu de justesse à une motion de censure, doit retourner jeudi à la difficile mission qui lui est assignée: sauver le Brexit.

C'est par 325 voix contre 306, soit une marge de seulement 19 voix, que les députés ont repoussé mercredi la motion de censure. Il s'agissait de la première contre un gouvernement britannique depuis 26 ans.

La veille, la Chambre des communes avait beaucoup plus franchement rejeté, par 432 voix contre 202, l'accord négocié avec Bruxelles pour sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne.

Place maintenant au "plan B", qui selon la presse britannique est difficile à distinguer.

"La prochaine étape pour le gouvernement doit être de consulter les auteurs de plans alternatifs en vue du Brexit et de les présenter au Parlement comme un menu parmi lequel faire son choix", estimait jeudi le Guardian (centre-gauche).

"Après deux ans et demi, le plan B est de laisser le Parlement prendre la main. Au moins c'est un plan. Mais le Parlement est-il capable d'avoir des résultats conforme au résultat du référendum, ou est-ce le début d'une grande trahison du vote populaire?", s'interrogeait le Daily Telegraph (conservateur).

"Mme May doit montrer qu'elle est prête à faire des concessions. Si elle sincère dans son souhait d'avancer, elle a aussi besoin de faire preuve d'un peu d'humilité et de réalisme quant à son autorité écornée", affirmait le Daily Mirror (gauche).

Déterminée à "poursuivre le travail" et mettre en oeuvre le résultat du référendum de juin 2016, lors duquel les Britanniques avaient voté à 52% pour quitter l'Union européenne, la Première ministre a entamé mercredi soir une série de discussions avec l'opposition dans un "esprit constructif".

Elle a rencontré plusieurs dirigeants à l'exception notable du leader du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn. Celui-ci a décliné l'invitation tant que le gouvernement n'exclut pas l'éventualité "catastrophique" d'une sortie de l'UE sans accord.

"Il est maintenant temps de mettre nos intérêts personnels de côté", a déclaré Theresa May dans la soirée devant Downing Street, après avoir rencontré le leader des libéraux démocrates, le chef des nationalistes écossais du SNP au Parlement et celui du parti nationaliste gallois Plaid Cymru.

"Déçue" que Jeremy Corbyn ait refusé le dialogue, elle a précisé que sa porte restait "ouverte". Les discussions redémarrent jeudi.

"Ces discussions transpartisanes ne peuvent pas porter sur des changements cosmétiques à son accord, qui a déjà été rejeté. Nous devons discuter de vraies alternatives et un deuxième référendum doit être sur la table", a tweeté le chef des nationalistes écossais du SNP au Parlement, Ian Blackford, après sa rencontre avec la cheffe du gouvernement.

Le SNP, comme le parti libéral démocrate, le parti nationaliste gallois Plaid Cymru et les Verts plaident pour un second référendum, pressant le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn de soutenir pleinement cette option.

M. Corbyn avait lui privilégié le scénario de législatives anticipées, tout en gardant "toutes les options ouvertes", dont une nouvelle consultation populaire.

- Soutien des Brexiters -

Ses espoirs ne se sont pas concrétisés: la centaine de députés du camp conservateur de Theresa May qui avaient voté contre l'accord de Brexit mardi, contribuant à son humiliante défaite, ont cette fois serré les rangs derrière leur cheffe.

Son allié, le petit parti unioniste nord-irlandais DUP (dix députés), qui assure une majorité absolue au Parlement, a maintenu en vie le gouvernement. Mais Mme May doit maintenant "tirer les leçons" du rejet de son texte au Parlement, a prévenu le député du DUP Nigel Dodds.

Le DUP veut voir disparaître le "filet de sécurité" ("backstop" en anglais) prévu dans l'accord de retrait, qu'il accuse de menacer l'intégrité politique et économique du Royaume-Uni.

Cette option de dernier recours prévoit la mise en place d'une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE pour éviter le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, si aucune autre solution n'est trouvée à l'issue de la période de transition, prévue pour durer jusqu'à fin 2020. De nombreux députés britanniques craignent que cela n'arrime leur pays à l'UE indéfiniment.

- Plan B -

Face à une situation qui semble inextricable, Mme May a jusqu'à lundi pour proposer un "plan B". Elle pourrait tenter de retourner négocier avec les dirigeants de l'UE, mais ceux-ci ont jusqu'à présent répété que l'accord conclu en novembre après 17 mois de difficiles négociations était le seul sur la table.

Pour progresser dans les discussions, Theresa May pourrait être contrainte de revenir sur les "lignes rouges" qu'elle a elle même tracées. Elle avait notamment exclu de respecter les conditions d'accès au marché unique européen, qui incluent notamment la libre circulation des personnes, et elle avait exigé de retrouver une liberté commerciale totale.

Elle pourrait aussi demander un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE, fixée au 29 mars 2019, ce qu'elle a exclu jusqu'ici.

Il y a "encore le temps de négocier", a estimé la chancelière allemande Angela Merkel, appelant Theresa May à faire des propositions.

Avec AFP

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Un pass sanitaire spécial pour les expatriés français vaccinés à l'étranger

Une manifestation contre le pass sanitaire en France, le 31 juillet 2021.

Le gouvernement français met en place à compter de lundi un pass sanitaire spécial afin que les expatriés français vivant hors de l'Union européenne et vaccinés à l'étranger "avec des vaccins reconnus par l'Agence européenne des médicaments" puissent rentrer en France et dans l'UE.

Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a expliqué dans un communiqué avoir mis en place un "dispositif spécifique permettant aux Français de l'étranger vaccinés avec l'un des vaccins reconnus par l'Agence européenne des médicaments (AEM) ou leurs équivalents d'obtenir un passe sanitaire valable sur le territoire français et dans l'espace européen".

"Conformément à la décision du président de la République, avec le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, nous avons mis en place un dispositif spécifique pour apporter une solution aux Français établis hors de France", a indiqué le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme et des Français de l'étranger Jean-Baptiste Lemoyne, cité dans le communiqué.

"Dès aujourd'hui lundi 2 août à 14h00, nos compatriotes peuvent déposer leurs demandes. Pour recevoir un QR code, il suffit d'envoyer par courrier électronique, une preuve de vaccination, avec une pièce d'identité et une preuve de résidence à l'étranger", a-t-il précisé.

Le dispositif concerne les Français "vaccinés ailleurs que dans l'un des pays suivants: Etats membres de l'Union européenne, Andorre, Islande, Liechtenstein, Monaco, Norvège, Royaume-Uni, Suisse", ces pays permettant l'obtention du certificat Covid numérique de l'UE, qui est accepté en France.

Dans un premier temps, le dispositif est réservé "aux personnes déjà présentes" sur le territoire français ou dans l'UE ou "arrivant d'ici au 31 août". "Les demandes concernant une arrivée postérieure à cette date seront prises en compte ultérieurement", selon le ministère.

Ces règles ne modifient pas les mesures sanitaires requises pour l'accès au territoire français (schéma vaccinal complet ou test PCR ou antigénique ou certificat de rétablissement pour les personnes de plus de 12 ans n'ayant pas de schéma vaccinal complet), a ajouté le ministère français des Affaires étrangères.

Le pass sanitaire - test Covid négatif, attestation de vaccination ou certificat de rétablissement - est entré en vigueur le 21 juillet en France dans les "lieux de loisirs et de culture" rassemblant plus de 50 personnes.

Le Conseil constitutionnel français doit rendre sa décision jeudi sur la loi relative à la gestion de la crise sanitaire, qui prévoit notamment l'extension controversée du pass sanitaire aux cafés, restaurants, foires et salons professionnels, ainsi qu'aux avions, trains, cars longs trajets et aux établissements médicaux sauf urgence. Et aux centres commerciaux sur décision des préfets.

Sur Instagram et Tik Tok, Macron veut répondre "aux fausses informations" sur le vaccin

Le président français Emmanuel Macron.

En mode selfie et tee-shirt, le président Emmanuel Macron a proposé lundi aux Français sur Instagram et Tik Tok de répondre directement à toutes leurs questions sur la vaccination, pour contrer de "fausses informations", après les dernières manifestations contre le pass sanitaire.

Teint hâlé et t-shirt noir, le chef de l'Etat, en vacances au fort de Brégançon (sud), a diffusé sur ces réseaux sociaux cette courte vidéo d'une minute où il se filme lui-même, seul un drapeau français en arrière plan rappelant la solennité de la fonction présidentielle.

Il y rappelle que la vaccination est "la seule arme" face à la quatrième vague de Covid-19, avec "un peu plus de 42 millions de Françaises et de Français qui ont reçu une injection de vaccin" et "un peu plus de 35 millions" qui ont "reçu les deux doses et qui sont donc dûment vaccinés, complètement vaccinés".

"Je sais que pourtant beaucoup parmi vous s'interrogent encore, ont peur, beaucoup entendent de fausses informations, de fausses rumeurs, parfois n'importe quoi - il faut bien le dire -, alors j'ai décidé de répondre directement à vos questions. Allez-y, posez-les moi et j'essaierai d'être le plus direct et le plus clair possible", explique Emmanuel Macron.

L'initiative du chef de l'Etat intervient alors que le troisième samedi consécutif de manifestations contre le pass sanitaire a été marqué par une mobilisation accrue, plus de 200.000 personnes, au cœur des vacances d'été.

Les cortèges ne cessent de grossir au fil des week-end, en s'en prenant avec toujours plus de véhémence à Emmanuel Macron, poussant donc l'exécutif, président en tête, à passer à l'offensive, entre condamnations des violences et pédagogie sur les vaccins.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des heurts entre manifestants et forces de l'ordre avaient éclaté à Fort-de-France (Martinique, Antilles françaises), lors desquels un centre de vaccination a été incendié par la foule, alors que l'île connaît à la fois l'un des plus forts taux d'incidence du pays et l'un des plus faibles taux de vaccination de sa population (environ 15%).

Le responsable de l'organisme chargé de conseiller le gouvernement français dans sa stratégie vaccinale, le professeur d'immunologie, Alain Fisher, a estimé lundi qu'il était "possible" d'atteindre l'immunité collective dans le pays, avec 90% de la population des plus de 12 ans vaccinée, au "début de l'automne".

Au total, 111.916 personnes sont officiellement décédées du Covid en France depuis le début de l'épidémie.

Espagne: après un an d'exil, Juan Carlos toujours cerné par les enquêtes

L'ancien roi d'Espagne, Juan Carlos

Le 3 août 2020, l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos quittait son pays pour entamer un exil doré aux Emirats. Un an plus tard, les enquêtes judiciaires qui l'ont poussé à partir sont toujours en cours et hypothèquent son éventuel retour.

L'ancien monarque, âgé de 83 ans, avait alors expliqué vouloir "faciliter" à son fils Felipe VI "l'exercice" de ses fonctions devant "les conséquences publiques de certains événements passés de (sa) vie privée".

Mais sa destination, les Emirats arabes unis, avait encore plus attisé les critiques, alors que ses liens avec les monarchies du Golfe sont au centre des soupçons sur sa fortune opaque.

Juan Carlos fait l'objet d'enquêtes en Espagne et en Suisse, où la justice cherche à déterminer s'il a empoché une commission dans le cadre de l'attribution à des entreprises espagnoles d'un contrat pour la construction d'un train à grande vitesse en Arabie saoudite en 2011.

Au centre de cette affaire figure un virement de 100 millions de dollars qu'il aurait reçu en 2008 de l'ancien roi saoudien Abdallah sur un compte en Suisse.

Visé en Espagne par deux autre enquêtes judiciaires, Juan Carlos a tenté d'éviter les poursuites en procédant depuis fin 2020 à deux régularisations fiscales d'un montant total de plus de 5 millions d'euros.

Mais la justice n'a pas encore statué et le fisc a, de surcroît, ouvert lui aussi une enquête pour déterminer l'origine de ces fonds.

Juan Carlos n'a été jusqu'ici poursuivi pour aucun délit. Mais ces enquêtes ont terni un peu plus la réputation de cette figure clé de la transition vers la démocratie après la fin de la dictature franquiste en 1975, qui a dû abdiquer en 2014 alors que se multipliaient déjà les révélations sur sa vie privée.

Les célébrations du 40e anniversaire du coup d'Etat militaire manqué du 23 février 1981, qu'il a contribué à faire échouer, ont dû se dérouler cette année en son absence.

Île paradisiaque

Si les détails des enquêtes le visant continuent de filtrer dans la presse espagnole, Juan Carlos est, lui, resté loin des projecteurs depuis un an sur l'île paradisiaque de Nurai, où il réside et où ses filles Elena et Cristina lui rendent visite régulièrement.

Il a donné une seule interview en février pour assurer au média en ligne OKDiario qu'il était en bonne santé et faisait de l'exercice "deux heures par jour", après la publication de photos le montrant en train d'être aidé par deux gardes du corps pour marcher.

Soucieux de préserver l'image de la monarchie, Felipe VI a pris ses distances avec son père, dont il a renoncé l'an dernier à l'héritage et qu'il a privé de son allocation annuelle de près de 200.000 euros.

Et selon José Apezarena, auteur de plusieurs livres sur Felipe VI, il ne veut pas donner son feu vert au retour de son père.

"Il est seul et s'ennuie"

Habituellement très mondain, "Juan Carlos est seul et s'ennuie" aux Emirats, souligne le journaliste. "Il veut revenir et l'a expliqué à son fils", mais "la position du palais royal" est de ne pas l'autoriser à revenir "tant que ses problèmes avec la justice ne sont pas terminés".

Abel Hernández, autre spécialiste des questions royales, croit au contraire que Juan Carlos pourrait faire son retour d'ici à "la fin de l'année" pour mettre fin, selon lui, à une "anomalie".

"C'est le roi qui a ramené la démocratie en Espagne", il n'est pas inculpé et "a régularisé sa situation avec le fisc, il ne semble donc pas très normal qu'il reste hors d'Espagne", juge-t-il.

Les ennuis de Juan Carlos ont donné des arguments aux partisans de l'abolition de la monarchie, comme le parti de gauche radicale Podemos, membre de la coalition gouvernementale, qui réclame une commission d'enquête parlementaire. Une initiative bloquée par les socialistes du Premier ministre Pedro Sánchez et la droite.

Deux sondages en début d'année ont montré que le soutien à la monarchie avait progressé depuis l'exil de Juan Carlos, redevenant majoritaire.

Mais selon une enquête publiée dimanche par le quotidien de droite La Razón, 42,9% des Espagnols pensent tout de même que les ennuis de l'ancien roi nuisent au règne de son fils.

Manifestations anti-pass sanitaire en France

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Washington et Moscou tentent de stabiliser leurs relations

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