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Le combat d'une vie pour Takam face à Joshua en boxe


Le Britannique Anthony Joshua brandissant la ceinture mondiale des poids lourds IBF

Le Britannique Anthony Joshua, détenteur des ceintures mondiales IBF, WBA et IBO des poids lourds, affronte samedi à Cardiff dans un combat a priori déséquilibré le Franco-Camerounais Carlos Takam, qui s'est vu offrir la chance d'une vie.

Takam a remplacé au pied levé le Bulgare Kubrat Pulev, challenger officiel de Joshua, qui a déclaré forfait sur blessure à deux semaines du combat, après des rumeurs de contrôle antidopage positif en septembre.

Affronter le nouveau roi de la catégorie depuis son succès sur l'Ukrainien Wladimir Klitschko en avril, qui compte 19 victoires en autant de combats, à chaque fois avant la limite, a de quoi faire frémir. Surtout avec seulement 12 jours de préparation et devant les 70.000 spectateurs du Principality Stadium acquis à la cause de son adversaire.

"Je ne serai pas là pour faire le spectacle, je ne suis pas assez bon acteur pour faire le show", affirme Takam, dont l'entraîneur Joseph Germain est revenu en urgence du Japon pour l'encadrer.

"Je ne joue pas, je ne danse pas, et je ne fais pas de chichis", indique celui qui sort d'une victoire en juin face au modeste Croate Ivica Bacurin dans un casino du Val d'Aoste en Italie.

"Sur un seul coup, tout est possible dans cette catégorie", prévient son manager Christian Cherchi.

- Un combat réclamé -

Né à Douala, Takam,qui compte 35 victoires en 39 combats (3 défaites et un nul), va toucher la bourse la plus garnie de sa carrière face au champion olympique 2012.

Vivant depuis 2005 à Noisy-le-Grand (région parisienne), il a été naturalisé dix ans plus tard.

Takam, qui n'a véritablement commencé la boxe qu'à 22 ans, rend plus de dix centimètres à Joshua.

Et il ne peut pas vraiment se rassurer en se disant que Joshua s'est préparé pour le style de Pulev car le champion du monde l'avait sur son radar.

"Après ma victoire à l'O2 Arena contre Breazeale en juin 2016, Takam m'a attendu à mon hôtel et m'a dit qu'il voulait un combat contre moi", se rappelle le natif de Watford.

"Avec Pulev, il s'agissait de le sortir de la ligne d'attaque et rester proche", explique le Britannique d'origine nigériane.

"Pour Takam, c'est différent car il peut échanger dans les petits périmètres mais je compte sur ma vitesse pour battre ses combinaisons", ajoute-t-il.

- Le précédent Buster Douglas -

Joshua veut éviter le piège de ne pas se concentrer sur cet affrontement et de déjà se projeter sur celui attendu l'an prochain contre l'Américain Deontay Wilder, champion WBC.

A 36 ans, Takam espère néanmoins être son James Buster Douglas, référence au boxeur américain qui avait détroné Mike Tyson à la surprise générale à Tokyo en 1990.

Le Frannco-Camerounais a subi un seul KO dans le passé, contre le Russe Alexander Potevkin en octobre 2014, et perdu aux points en mai 2016 contre le Néo-Zélandais Joseph Parker, sept mois avant qu'il ne devienne champion du monde.

"Il a la capacité de faire durer le match, il l'aura encore plus car il va être en territoire hostile et puisqu'il n'a rien à perdre", pressent Joshua.

"Je pense que nous allons vers un combat de 10 à 12 rounds parce que la tête de ce gars est comme un bloc de ciment", a prévenu Joshua, qui, conscient du danger, se dit "en mode challenger".

"La boxe est un sport impitoyable dans le sens où si Takam venait à me battre, cette défaite me collerait à la peau pour le restant de ma vie", souligne-t-il.

Le combat de samedi devrait quoi qu'il en soit lui rapporter 17 millions d'euros.

Les 70.000 billets se sont vendus comme des petits pains, preuve de la fièvre qu'il produit au Royaume-Uni.


Avec AFP

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