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Brexit: les hostilités s'exacerbent entre Boris Johnson et le Parlement

Le Premier ministre Boris Johnson à New York, mardi, le 24 septembre, 2019.

Boris Johnson a essuyé un nouvel échec cuisant jeudi à la Chambre des communes lorsque les députés ont refusé de suspendre leurs travaux le temps du congrès du Parti conservateur, énième épisode de la guerre ouverte entre le dirigeant populiste et le Parlement.

Les membres de la chambre basse ont rejeté par 306 voix contre 289 la motion gouvernementale sollicitant une pause de trois jours la semaine prochaine, ce qui aurait permis aux élus conservateurs d'assister au congrès annuel du parti, comme le veut l'usage.

Les députés avaient repris mercredi le chemin de Westminster dans une ambiance survoltée, au lendemain de la décision historique de la Cour suprême jugeant "illégale" la suspension du Parlement imposée par le Premier ministre à l'approche du Brexit.

Au cours d'une séance acrimonieuse, le dirigeant conservateur a été accusé d'arrogance et de propos incendiaires par l'opposition.

Sa rhétorique provocatrice a fait bondir la classe politique, y compris dans les rangs tories, et jusqu'à sa propre sœur Rachel qui a fustigé des mots "hautement condamnables".

- Droit dans ses bottes -

Mais, sollicité, l'entourage du Premier ministre a fait savoir que Boris Johnson n'avait pas l'intention de présenter des excuses.

"Il pense que nous devons résoudre le problème du Brexit qui suscite de l'anxiété et du ressentiment dans le pays", a justifié un porte-parole de Downing Street.

Décrivant la "pire atmosphère" jamais vue au Parlement "en 22 ans", le président (speaker) de la Chambre des communes John Bercow a tancé les députés jeudi matin et organisé un débat sur leurs excès de langage.

Le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a accusé le Premier ministre de tenir "un discours impossible à distinguer de l'extrême droite" tandis que la dirigeante du Parti libéral-démocrate (centriste), Jo Swinson, comparait la rhétorique "inflammatoire" de Boris Johnson à celle de Donald Trump.

Ce à quoi un député conservateur a répondu: "Ce qui enflammerait encore davantage le débat serait un autre report du Brexit et que les gens aient l'impression que leur vote est ignoré", allusion à la victoire des partisans du divorce avec l'Union européenne lors du référendum de juin 2016.

"Acte de reddition", "Sabotage" : Il faut dire que Boris Johnson a usé d'un vocabulaire et d'un ton volontairement guerrier en s'adressant mercredi soir aux députés de l'opposition.

Au milieu des vociférations des deux camps, le Premier ministre a accusé une quinzaine de fois les membres de l'opposition d'avoir voté "une loi de capitulation" l'obligeant à demander un report du Brexit à l'Union européenne s'il ne parvenait pas à conclure un accord avec Bruxelles.

En populiste assumé, il a opposé à maintes reprises "le peuple" aux parlementaires. "Ce Parlement agit par pur égoïsme et lâcheté politique, les députés de l'opposition ne veulent pas s'effacer et laisser le peuple se prononcer", a-t-il lancé, les accusant de "saboter" les négociations avec Bruxelles sur le Brexit.

- "Grossiers et dangereux" -

Boris Johnson a particulièrement choqué en rendant un hommage déplacé à Jo Cox, une députée travailliste anti-Brexit assassinée à quelques jours du référendum de juin 2016 par un sympathisant néo-nazi dans le Yorkshire (nord).

Alors que le successeur de Jo Cox demandait au Premier ministre de "modérer son langage" pour ne pas enflammer les passions, ce dernier a rétorqué: "La meilleure façon d'honorer la mémoire de Jo Cox est en réalité de rassembler ce pays en mettant en œuvre le Brexit!". Une argutie qui est mal passée.

L'époux de la députée assassinée a appelé à la radio BBC à "ne pas créer de la haine".

Même Jacob Rees-Mogg, fervent eurosceptique, dont l'attitude provocatrice au Parlement a déjà suscité l'indignation de l'opposition, a appelé "à faire preuve de mesure dans notre langage lorsque nous nous exprimons dans la Chambre ou à l'extérieur".

Les piques de Boris Johnson, qui a reçu jeudi le soutien des députés conservateurs, ont aussi fait réagir à Bruxelles.

Dans une ingérence exceptionnelle dans les affaires intérieures du Royaume-Uni, le commissaire européen britannique Julian King a fustigé des propos "grossiers et dangereux".

"Si vous pensez que le langage extrême ne nourrit pas la violence politique en Europe, y compris au Royaume-Uni, alors vous ne faites pas attention", a-t-il averti sur Twitter.

Les discussions "techniques" sur le Brexit se poursuivent dans la capitale européenne. Michel Barnier, négociateur pour l'UE, qui recevra vendredi son homologue britannique Stephen Barclay, attendait toujours jeudi toute proposition "légale et opérationnelle" susceptible d'aboutir à un accord.

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Meghan Markle détaille son supplice au sein de la famille royale

Le prince Harry et Meghan, duchesse du Sussex, tenant leur fils Archie, au Cap, en Afrique du Sud, le 25 septembre 2019.

Meghan Markle a eu des pensées suicidaires lorsqu'elle vivait au sein de la famille royale, et n'a reçu aucun soutien psychologique malgré des demandes répétées, a-t-elle expliqué dans une interview diffusée dimanche.

"Je ne voulais tout simplement plus être en vie. Et c'étaient des pensées constantes, terrifiantes, réelles et très claires", a dit la duchesse de Sussex à la présentatrice Oprah Winfrey lors de l'entretien retransmis par la chaîne CBS, mettant son état psychologique sur le compte de la couverture agressive des médias britanniques.

Elle dit être allée voir des membres de l'institution royale pour demander de l'aide et évoquer la possibilité d'une prise en charge médicale, "et on m'a dit que je ne pouvais pas, que ce ne serait pas bon pour l'institution", a-t-elle ajouté.

L'ancienne actrice, qui est métisse, a également affirmé que des membres de la famille royale s'étaient inquiétés de la couleur de peau de son fils Archie avant sa naissance. Ils ont exprimé des "inquiétudes (...) quant à savoir à quel point sa peau serait foncée", "ce que ça voudrait dire et à quoi cela ressemblerait", a-t-elle expliqué.

La duchesse de Sussex a également indiqué que le palais de Buckingham avait refusé d'accorder une protection à l'enfant et que des membres de l'institution estimaient qu'Archie ne devrait pas recevoir de titre de noblesse, bien que ce soit la tradition.

Harry a lui regretté que la famille royale n'ait pas pris position publiquement pour dénoncer ce qu'il considère comme une couverture aux accents racistes par une partie de la presse britannique.

Si l'Américaine de 39 ans a dénoncé une "vraie campagne de dénigrement" de la part de l'institution royale et dit ne pas s'être sentie protégée par la famille royale, elle a pris garde de ne pas attaquer personnellement des membres de la couronne.

Elle a simplement affirmé que, contrairement à ce qui avait été rapporté par la presse britannique, ce n'était pas elle qui avait fait pleurer Kate, la duchesse de Cambridge, mais que l'inverse s'était produit lors d'un incident survenu avant son mariage avec le prince Harry, en 2018. Elle a précisé que Kate s'était excusée peu après.

Harry a été plus loin, avouant s'être senti "vraiment lâché" par son père, le prince Charles, alors qu'il vivait une période difficile. "Parce qu'il a vécu quelque chose de similaire. Il sait ce qu'est la douleur", a dit le prince. "Il y aura du travail" pour améliorer leur relation, "mais en même temps, je l'aimerai toujours".

Interview "cirque"

De son côté, la monarchie britannique avait décidé de faire front face à la menace de cette interview-choc, offrant quelques heures avant l'intervention des Sussex l'image d'une famille unie lors des célébrations annuelles du Commonwealth.

Dans un discours télévisé préenregistré, la reine a souligné l'importance du "dévouement désintéressé et du sens du devoir" dont ont fait preuve les soignants durant la pandémie, un signe que certains ne manqueront pas d'interpréter comme une critique adressée au couple princier.

Selon une source proche de la reine citée par le Sunday Times, Elizabeth II ne comptait pas regarder l'interview de son petit-fils et sera médiatiquement plus présente la semaine prochaine pour montrer que la monarchie "se concentre sur des questions importantes".

Le journal indique aussi que des membres de la cour, qui n'ont pas hésité à qualifier l'interview de "cirque", se préparent à riposter "par de nouvelles révélations" sur le comportement du couple si la monarchie était attaquée.

Après avoir confirmé à la reine leur mise en retrait définitive de la famille royale, au terme d'une période d'observation, le duc et la duchesse de Sussex, mariés depuis mai 2018, ont perdu leurs derniers titres officiels en février.

Installé au Canada, puis en Californie, à Montecito, depuis mars, le duo a déjà résolument pris la tangente et capitalisé sur son image de couple moderne, mixte, tourné vers l'humanitaire, dans un pays où l'opinion leur est beaucoup plus favorable qu'en Angleterre.

Depuis leur déménagement, les époux ont créé leur fondation, Archewell, et se sont notamment engagés à produire des programmes pour Netflix, moyennant 100 millions de dollars selon plusieurs médias américains, et des podcasts pour Spotify. A cela s'ajoute un partenariat annoncé avec la plateforme Apple TV+, en collaboration avec la présentatrice américaine Oprah Winfrey, qui dirigera l'interview de dimanche.

Le couple vaut de l'or et "Oprah" a vendu, selon le Wall Street Journal, cet entretien entre 7 et 9 millions de dollars à CBS, tout en conservant les droits à l'international, source de juteux revenus car une bonne partie de la planète attend ce rendez-vous télévisuel.

Turquie : un hélicoptère militaire s'écrase, 11 morts dont un général

Des soldats turcs chargent un avion-cargo militaire avec un don d'équipement de protection individuelle offert par la Turquie pour aider les États-Unis à combattre le coronavirus, à l'aéroport Etimesgut près d'Ankara, en Turquie, le mardi 28 avril 2020.

Onze militaires turcs, dont un officier de haut rang, sont morts jeudi quand l'hélicoptère qui les transportait s'est écrasé dans le sud-est de la Turquie, a annoncé le ministère de la Défense, évoquant un "accident".


"Neuf soldats héroïques sont tombés en martyrs et quatre ont été blessés dans cet accident", a déclaré le ministère dans un communiqué, précisant que celui-ci s'était produit dans la région de Bitlis.

Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que deux autres militaires avaient succombé à leurs blessures.

Selon un député du parti au pouvoir AKP, Tolga Agar, le général Osman Erbas, qui commande la huitième armée, figure parmi les morts.

Selon le ministère de la Défense, l'appareil, un Cougar fabriqué par Airbus, a décollé de la ville de Bingöl pour se rendre à Tatvan peu avant 11H00 GMT, puis a disparu des radars une demi-heure plus tard.

Les autorités sont parvenues à localiser le lieu du drame après avoir déployé des drones, un avion de reconnaissance et un autre hélicoptère.

Les raisons de l'accident n'ont pas été précisées dans l'immédiat, mais d'après des images diffusées par les chaînes de télévision turques, la région où celui-ci s'est produit était baignée dans un épais brouillard.

"Notre douleur est grande", a réagi Ibrahim Kalin, le porte-parole du président Recep Tayyip Erdogan.

L'ambassade des Etats-Unis à Ankara a fait part sur Twitter de ses "sincères condoléances". "Nos pensées vont aux familles des victimes. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés", a-t-elle ajouté.

"Nous partageons la profonde tristesse de la Turquie", a déclaré l'ambassadeur de l'Union européenne en Turquie Nikolaus Meyer-Landrut dans un communiqué.

Selon une source diplomatique turque, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a présenté ses condoléances au ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, et l'a assuré de "la solidarité" de l'Alliance avec la Turquie.

Les ministres turcs de la Défense et de l'Intérieur devaient se rendre sur les lieux de l'accident dans la soirée, selon les médias turcs.

L'armée turque mène régulièrement des opérations dans le sud-est de la Turquie contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qualifié de "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

En 2017, un hélicoptère militaire, également de type Cougar, s'était écrasé dans la province de Sirnak, frontalière de la Syrie et de l'Irak, faisant 13 morts.

La liberté est en déclin pour 75% de la population mondiale

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L'avenir de la présence militaire française au Sahel en débat à l'Assemblée française

Un véhicule blindé français passe par le mont Hombori lors du début de l'opération française Barkhane dans la région du Gourma au Mali, le 27 mars 2019.

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées ont défendu jeudi à l'Assemblée nationale la poursuite des efforts militaires français au Sahel, devant des députés soucieux d'en comprendre l'avenir et la stratégie après huit ans de présence ininterrompue.

"Il nous semble aujourd'hui légitime, utile et nécessaire de débattre de la stratégie de la France au Sahel" après huit années d'engagement militaire dont "nous pouvons être fiers", mais à l'important "coût humain" (50 morts au combat) et "financier" (un milliard d'euros par an), a souligné en préambule le député de la majorité présidentielle Thomas Gassilloud (Agir ensemble).

"Si les résultats obtenus sont réels" depuis le sursaut militaire décidé début 2020 au sommet de Pau (sur-ouest), "la situation sécuritaire au niveau régional demeure préoccupante", a-t-il souligné. En matière de gouvernance et de développement, "le bilan reste trop léger". Et sur le plan militaire, "les renforts européens sont précieux mais fragiles", a-t-il constaté, plaidant pour une implication accrue des Etats sahéliens.

"L'opération Barkhane (5.100 militaires français, ndlr) n'est pas éternelle, mais aujourd'hui il n'est pas question de partir parce que nos partenaires nous demandent de continuer à les aider", a réagi la ministre des Armées Florence Parly, selon qui "la sécurité des Français et des Européens en dépend".

Mi-février, le président Emmanuel Macron avait annoncé que Paris ne comptait pas réduire "dans l'immédiat" les effectifs de Barkhane, appelant d'abord à "décapiter" les groupes jihadistes, notamment ceux affiliés à Al-Qaïda, qui continuent d'agir dans la région.

La France lutte "contre les groupes terroristes qui cherchaient hier à y établir un califat islamiste et qui, battus en brèche, poursuivent aujourd'hui une stratégie meurtrière de chaos et de déstabilisation", a fait valoir pour sa part le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, insistant sur la nécessité d'un "sursaut civil" et "de développement", déjà en cours selon lui.

Ali Boumendjel: Macron acte le mea culpa de la France

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