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Bolivie: le pouvoir intérimaire promet de convoquer "très vite" des élections

La présidente par intérim de la Bolivie, Jeanine Anez, lors d'une conférence de presse, à La Paz, le 15 novembre 2019.

La présidente bolivienne par intérim, Jeanine Añez, a annoncé dimanche la convocation d'élections "transparentes" "très vite", alors que la situation restait tendue dans le pays, entre un pouvoir qui parle de désescalade et l'ex-président Evo Morales qui évoque des "crimes contre l'humanité".

"Nous donnerons très vite des nouvelles sur notre mandat principal: la convocation d'élections transparentes", a déclaré Mme Añez dans un discours au siège du gouvernement à La Paz.

Elle n'a pas fourni d'autres précisions, mais dit que l'annonce à venir chercherait "à récupérer la crédibilité démocratique de notre pays".

Jeanine Añez, une parlementaire de droite de 52 ans, a accédé à la présidence mardi, en tant que deuxième vice-présidente du Sénat, alors que les occupants des fonctions supérieures à la sienne prévues pour remplacer le président avaient démissionné de leur mandat.

Evo Morales, qui était le chef de l'Etat depuis 2006, avait démissionné le dimanche précédent, lâché par l'armée, et s'est ensuite exilé au Mexique. Le dirigeant socialiste affrontait des protestations de l'opposition, qui l'ont accusé d'avoir mis en place une fraude à l'élection du 20 octobre, où il s'est dit élu dès le premier tour.

Mme Añez a eu un entretien avec un représentant de l'Union européenne, Leon de la Torre, qui s'est dit optimiste en raison d'"avancées dans la table ronde" avec des partisans de M. Morales, sans préciser lesquels. Selon la Constitution, c'est le Congrès qui doit élire les sept membres du nouveau Tribunal suprême électoral (TSE).

Des parlementaires du côté du parti de M. Morales, le MAS, qui détient la majorité dans les deux chambres, ont proposé aux autres groupes politiques une réunion lundi afin de "pacifier ce pays", selon la députée MAS Betty Yañiquez.

- Bilans différents -

En attendant, les tensions restent vives. Depuis fin octobre et le début de la crise dans ce pays andin, au moins 23 personnes ont trouvé la mort dans des violences, selon la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

Le foyer le plus intense se concentre dans la région de Cochabamba (centre), fief d'Evo Morales. Vendredi, neuf cultivateurs de coca pro-Morales sont morts dans des heurts avec les forces de l'ordre à Sacaba, près de Cochabamba, selon un bilan fourni par la CIDH samedi.

Dans un tweet dimanche, M. Morales a exhorté le "gouvernement de facto" à identifier les "auteurs intellectuels et matériels des 24 morts en 5 jours par la répression policière et militaire", avançant donc un autre bilan. "Je dénonce devant la communauté internationale ces crimes contre l'humanité qui ne doivent pas rester impunis", a-t-il ajouté depuis son exil mexicain.

Le gouvernement de Mme Añez a avancé de son côté un bilan de 5 morts.

Dimanche, le nouveau chef de la police bolivienne, le colonel Rodolfo Montero, a affirmé que "quelques heurts" avaient encore lieu à Cochabamba, mais que leur "intensité" allait "en diminuant".

"Le nombre de foyers de conflit s'est réduit de moitié" par rapport au début de la semaine, a renchéri le ministre de l'Intérieur par intérim et ancien sénateur de droite Arturo Murillo.

Cet ex-sénateur de droite a également évoqué l'idée que les producteurs de coca s'affrontaient eux-mêmes afin d'augmenter le nombre de victimes, car au moins un mort "apparaît avec une balle dans la nuque".

- Pénuries -

Depuis mardi, les partisans de l'ex-président manifestent tous les jours, notamment à La Paz. Le blocage de la route qui relie la capitale administrative au centre et à l'est du pays, où se concentre la production agricole entraîne des pénuries.

Pour soulager La Paz, le gouvernement a envoyé 35 tonnes de viande par avion depuis le centre de la Bolivie. Et le chef de cabinet de la présidence, Jerjes Justiniano, a promis dimanche l'envoi de 25 tonnes de poulet dans les prochains jours.

Il y a un manque de carburant également avec le blocage de la raffinerie de Sanketa, près d'El Alto, qui fournit toute la région de La Paz en essence et en gaz.

Six syndicats de producteurs de coca de la région du Chapare, fief de M. Morales, ont exigé samedi soir la démission de Mme Añez "dans un délai de 48 heures".

Par ailleurs, les quatre membres de la brigade médicale cubaine détenus depuis mercredi à La Paz ont été relâchés dimanche et renvoyés à Cuba.

Avec AFP

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Haïti : 15 enfants tués dans l'incendie d'un orphelinat insalubre

Une foule devant l'orphelinat de l'Église de la compréhension de la Bible où un incendie s'est déclaré la nuit précédente dans la région de Kenscoff, près de Port-au-Prince, Haïti, le 14 février 2020. (AP)

Quinze enfants sont morts dans l'incendie d'un orphelinat insalubre à Haïti, un nouveau drame venant illustrer les graves carrences des institutions de prise en charge de l'enfance dans ce pays en crise.

Deux enfants sont morts dans cet orphelinat dépourvu d'autorisation de fonctionner depuis plusieurs années, et 13 d'asphyxie à l'hôpital de Fermathe, a indiqué à l'AFP la magistrate Raymonde Jean Antoine. L'incendie s'est déclenché après 21H00 heure locale jeudi (02H00 GMT vendredi), selon elle.

"D'après les déclarations d'un des enfants, l'origine du feu viendrait de bougies qu'ils avaient allumées pour éclairer leurs chambres car le système électrique" avait "un problème", a indiqué la juge Raymonde Jean Antoine, précisant qu'une enquête était ouverte pour déterminer la cause du désastre et identifier les personnes responsables de l'établissement.

Vendredi matin, la magistrate a procédé dans le bâtiment au constat du décès des deux victimes aux âges indéterminés, tout en recensant les dégâts causés par l'incendie en parcourant l'ensemble des pièces.

L'orphelinat, qui n'avait selon elle plus l'autorisation légale d'opérer depuis 2013, était situé dans un bâtiment insalubre de deux étages, avec des lits superposés -- certains en état déplorable -- entassés dans de petites chambres, avec un escalier exigu et seulement une porte de sortie ouverte, a constaté l'AFP.

- "Comme des animaux" -

"Les conditions dans lesquelles vivaient les enfants sont vraiment, vraiment négligées: nous voyons que les enfants vivaient comme des animaux", a déploré la juge Jean Antoine, ajoutant n'avoir "pas constaté la présence d'extincteurs".

L'orphelinat de l'Eglise de compréhension de la Bible, situé à Kenscoff, commune située sur les hauteurs de l'agglomération de la capitale Port-au-Prince, abritait environ 66 enfants, selon Raymonde Jean Antoine. Ces établissements se sont multipliés après le séisme de 2010.

Seuls trois adultes étaient présents sur les lieux au moment du drame.

"Ce centre n'a pas d'autorisation de fonctionner", a confirmé vendredi à l'AFP Arielle Jeanty Villedrouin, directrice de l'administration haïtienne de protection de l'enfance (IBESR). "C'est un centre qui, je crois, reçoit de l'argent du secteur religieux, de missionnaires étrangers, je ne sais pas exactement mais donc sans aucune légalité", a déploré Mme Villedrouin.

En marge des enquêtes judiciaires en cours, l'administration publique travaille à "récupérer les enfants survivants, qui sont traumatisés après avoir vécu ce drame, et les placer au centre de transition de l'IBESR où ils auront un encadrement psycho-social", a indiqué Mme Villedrouin.

Début 2019, l'administration avait constaté que seuls 35 des 756 centres d'hébergements de mineurs recensés à travers le pays disposaient d'une autorisation de fonctionnement.

Quelque 80% des quelque 27.000 enfants haïtiens actuellement placés en orphelinat ont au moins un parent en vie.

En 2017, Lumos, organisation créée par l'auteure d'Harry Potter J.K. Rowling, a révélé qu'au moins 70 millions de dollars sont parvenus annuellement à seulement un tiers des orphelinats haïtiens. Une somme estimée après la seule analyse des rapports budgétaires d'ONG étrangères, les comptabilités des missions religieuses n'étant pas été rendues disponibles.

C'est à Haïti qu'un couple de Français venus adopter a été tué il y a près de trois mois.

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