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Bob Corker sur VOA

Le sénateur Bob Corker

Le sénateur républicain du Tennessee dirige de la Commission des Affaires étrangères.

Une initiative de paix syrienne commence à prendre forme à Genève. Une issue diplomatique, négociée, est-elle envisageable ? Une issue qui verra la fin des massacres et l’atteinte de l’objectif déclaré des Etats-Unis, soit le départ du président syrien Assad?

Bob Corker : "Très difficile à ce stade, je pense. Certains membres de l'opposition avec qui nous avons parlé la semaine dernière ont été mis dans une situation très maladroite. Les besoins humanitaires qu'ils avaient demandés n’ont pas été réalisés. Même pas la libération des femmes et des enfants nés de viol des prisons d'Assad. Donc, je pense qu’il sera très difficile de voir une telle issue. Je soutiens certainement des discussions diplomatiques, comme tout le monde d’ailleurs, mais les éléments à l'heure actuelle ne tendent pas dans cette direction, surtout comme vous le savez, la situation sur le terrain continue de changer. Vous avez la Russie qui est intervenue et certainement le régime d'Assad - en raison de ce soutien et celui de l'Iran – a fait des gains qui ne sont pas en faveur des Syriens. Les changements sur le terrain sont tels qu’il est très difficile de trouver une sortie satisfaisante à l'heure actuelle."

Un départ volontaire du président Assad est-il concevable?

Bob Corker : "Pour le moment, vu ses gains sur le terrain, aucune des exigences imposées par la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU n’a été réalisée. En d'autres termes, il n’a franchi aucune de ces étapes: il n'a pas cessé de bombarder ses propres citoyens ; il n'a rien fait sur la question humanitaire. Il n’est pas en train de traiter cette demande, pourtant élémentaire et facilement réalisable, nous semble-t-il. Les événements sur le terrain sont en sa faveur. Il me semble que le contexte est tel qu’il ne se voit pas contraint de le faire."

La semaine dernière, votre commission a approuvé des sanctions, des sanctions plus sévères contre le programme nucléaire de la Corée du Nord, en particulier contre des entités qui aident Pyongyang en matière d’approvisionnement et du financement de son complexe militaire. Serait-il juste de supposer que certaines de ces entités soient chinoises? Et que certaines complications pourraient en découler?

Bob Corker : "Oui, je ne pense pas qu'il y ait de doute que certaines de ces entités soient chinoises. Nous avons parlé avec notre ambassadeur à l'ONU et à l'administration par rapport aux efforts qu'ils essaient de faire à travers, une fois encore, le Conseil de sécurité de l'ONU pour que la Chine se joigne à ces efforts. Je sais que ces efforts progressent très lentement, et ce, dès le départ. La Chine n’a pas réagi de manière satisfaisante, d’après ce que j’ai pu comprendre. Alors oui, le Congrès doit agir. Il me revient que les discussions au Conseil de sécurité des Nations unies sont probablement ... qu’il n’y aura pas de progrès positifs que nous aimerions tous voir. Et donc oui, certaines de ces entités sont des entités chinoises et c’est une honte. Le pays qui pourrait vraiment faire reculer la Corée du Nord est bien la Chine. Comme vous le savez, ils sont guidés par la stabilité. Ils ne veulent pas faire de vagues. Mais je pense que ces sanctions pourraient apporter des changements et nous espérons qu’elles les inciteront à répondre d'une manière différente."

Pour les Etats-Unis, la Corée du Nord est un problème de l'autre côté de l’océan, mais pour ses voisins, la Corée du Nord est très proche de chez eux.

Bob Corker : "Tout à fait."

Lorsque vous étudiez la question des sanctions, avez-vous tenu compte du principe des conséquences imprévues? D’aucuns ne qualifient pas ce régime comme étant particulièrement stable ou rationnel.

Bob Corker : "Je sais très bien que nous disposons de 28.500 troupes dans la région. Je les ai visitées récemment. Je suis très conscient que Séoul est à portée de l'artillerie dont disposent les Nord-Coréens. Je suis très familier avec les souhaits de la Chine, encore une fois ... Le plus grand souhait de la Chine est la stabilité. Mais je dirais que des conséquences involontaires peuvent découler du fait de ne rien faire."

La communauté internationale a été très engagée en ce qui concerne l’Iran, qui est beaucoup plus loin derrière la Corée du Nord en matière de développement d'une arme nucléaire. Toutefois, en trois administrations dans ce pays, nous n’avons vu que des échecs complets en ce qui concerne la Corée du Nord. Donc les gens comprennent que cela ne peut pas continuer si nous voulons arriver à des solutions. Ils continuent leurs essais de missile balistique. Et comme vous l'avez dit, ils sont très instables et, par conséquent, peuvent éventuellement prendre des décisions irrationnelles plus tard.

Bob Corker : "Alors, soit il nous faut faire certaines choses maintenant pour essayer de changer cette trajectoire, soit nous retrouver avec quelqu'un qui est très instable et qui peut utiliser cette instabilité pour dominer la région et créer de l'instabilité pour nos voisins. Je pense donc que c’est la bonne chose à faire. Oui, nous nous inquiétons toujours des conséquences inattendues. Peut-être que cela va secouer la Chine à une telle enseigne qu’elle prendra les mesures qui s’imposent."

Vous avez parlé de l'Iran et vous avez été très critique vis-à-vis de l'accord nucléaire international avec l'Iran. Maintenant qu'il est en vigueur, pour le meilleur ou pour le pire, voulez-vous qu'il réussisse et y a-t-il des choses qu’un Congrès républicain peut faire pour l'aider à réussir ?

Bob Corker : "Évidemment, l’accord ne me plaît pas à cause du changement qui vient d'avoir lieu en terme d’influence et de marge de manœuvre, car l'Iran a maintenant accès à un grand nombre de ressources dont il ne disposait pas avant. Et le fait est qu’à mon avis, il a continué ses activités de recherche et de développement en vue d’atteindre un but qui est, selon moi, d’être sur le point d'avoir une arme nucléaire."

Donc, je ne l’ai pas appuyé, mais, bien sûr, je veux que cet accord réussisse. Je veux de bonnes choses pour notre pays, je veux de bonnes choses pour la région, et, oui, je veux que ce soit un succès. Je pense que nous pouvons le renforcer en maintenant la pression sur l’Iran—et vous avez parlé de Congrès républicain, mais cela doit se faire d'une manière bipartisane parce qu'il y a des préoccupations des deux côtés à ce sujet.

Depuis l'adoption de l’accord, les Iraniens ont violé les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives aux essais de missiles balistiques. Et pourtant, on constate qu'il n'y a pas du tout de réaction au Conseil de sécurité de l'ONU contre ce comportement, ce qui a été très décevant.

Bob Corker : "Je pense que l’on peut voir ainsi comment la coalition va être à l'avenir. EIle ne va pas réagir avec fermeté. Je veux dire, il y a trop d'intérêts économiques qui existent en Europe. La Russie est intéressée à vendre des armes, la Chine s’intéresse au pétrole et ainsi, vous n’allez pas assister à une réaction collective, de manière correcte, au Conseil de sécurité de l'ONU. Donc je pense que ce que vous allez voir ici sur une base bipartisane, sachant que cela est susceptible de ne pas se produire (à l’ONU), c’est que nous allons déterminer le moment où une violation se produit, puis réagir quand elle survient. Faire comprendre à l'Iran que les violations ne sont pas sans importance, c’est le seul moyen d’assurer le succès de cet accord."

Beaucoup de républicains au Congrès disent que l'accord doit être abrogé dès qu’un nouveau président arrive à la Maison-Blanche et, en fait, beaucoup de vos collègues espèrent être ce président. Étant donné que les plus proches alliés de l'Amérique ont aidé à négocier l'accord nucléaire, dans la pratique, les Etats-Unis peuvent-ils tout simplement décider de l’abandonner ?

Bob Corker : "Oui, je suis déçu de nos alliés et je l'ai exprimé directement parce que, encore une fois, je pense que tant d'intérêts économiques ont influencé cette décision. En d'autres termes, […] la plupart des choses n’ont pas été faites dans le vide, mais il y a d'autres éléments qui ont poussé les parties à aller au-delà de ce qu’elles auraient dû accepter pour parvenir à cet accord.

Dans le même temps, je pense qu’un nouveau président va judicieusement considérer la situation telle qu’elle est à ce moment précis. Il/elle prendrait en compte les violations éventuelles et envisagerait les décisions à prendre. Je pense que, de toute évidence, dans des élections primaires, tout le monde veut avoir l'air d’être le plus fort, mais je pense que le prochain président va vouloir évaluer la situation en temps réel et rechercher la meilleure façon d'empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire."

L’attente, semble-t-il, au niveau de l'électorat, c’est que l’avènement d’un président signifierait la fin de l’accord. Vous semblez dire que c’est plus compliqué que cela...

Bob Corker : "Je pense que ... vous avez eu quelques-uns des candidats, je pense qu'ils vont évaluer les choses, comme ils l'ont dit. Mais parfois, dans les primaires de ce genre, les gens s’expriment de façon à montrer leur détermination. Et, soit dit en passant, quelqu'un qui vient et qui prend son temps pour évaluer la situation et essayer de comprendre la meilleure façon d'aller de l'avant peut avoir encore plus de détermination, dans certains cas, parce qu’il vous faut calculer de manière à conserver vos alliés. L’un des facteurs ayant favorisé l’efficacité des sanctions-- et c’est pourquoi je suis tellement déçu que nous ayons convenu d'un accord qui a déplacé la force de pression -- est que nous avions une coalition internationale. En fait, j’ai fait adopter un amendement dans l'une des commissions (du Congrès) pour que les sanctions mises en place soient internationales.

Encore une fois, je pense que ce que le nouveau président va vouloir faire, grâce au pouvoir de la présidence-- et avouons-le, les États-Unis sont la plus grande puissance sur terre- c’est de regarder l’état de l'accord à ce moment-là et essayer de rallier nos partenaires, de sorte que si nous pensons que ce que nous avons fait est quelque chose qui va conduire à une arme nucléaire, et personnellement je pense que oui, c’est d'essayer de changer cette direction. Et probablement la meilleure façon de le faire est de ne pas abroger l'accord, mais l’évaluer et aller de l'avant en fonction de la réalité du moment."

Le groupe Etat islamique a subi quelques revers sur le champ de bataille, mais il semble que ses tentacules s’étendent malgré tout de la Libye à l’Afghanistan. Vous avez déjà décrit les efforts déployés par les Etats-Unis comme étant trop tardifs. Est-ce encore le cas ?

Corker: Oui. Par exemple je reviens du Qatar, qui abrite un centre de coordinations des opérations dans la région…soit dit en passant j’ai été très impressionné par la qualité de notre leadership sur le terrain. Par la suite, je suis allé en Afghanistan, où le groupe Etat islamique s’est établi, et alors que j’étais là-bas, croyez-le ou non, nos soldats pouvaient attaquer al-Qaeda, mais pas l’Etat islamique. Ma foi, c’est ridicule ! C’était un point faible, si vous voulez, dans notre manière d’opérer.

Heureusement que [le secrétaire à la Défense] Ash Carter a changé la situation et nos forces militaires sur le terrain peuvent maintenant mener des opérations contre l’EIIL ou Daech. Aucun d’entre nous ne devrait leur faire le compliment de les appeler Etat islamique en Irak et au Levant, ou Etat islamique en Irak et en Syrie. Nous devrions les appeler Daech. Mais, oui, nous avons été en retard et je doute d’être démenti à ce sujet.

Une dernière question : le département américain du Trésor a désigné Vladimir Poutine, le président russe, comme "corrompu". J’aimerais savoir ce que vous en pensez. Est-ce une décision qui aurait du être prise depuis longtemps déjà ?

Bob Corker : "Vous savez ce qui est intéressant ? J’ai pris part, samedi, à une autre réunion et ce qui est fascinant, c’est que le peuple russe commence à voir, et je pense que c’est peut-être la première fois dans l’ère moderne, le peuple russe commence à se rendre compte qu'il a un chef qui a amassé une énorme richesse personnelle et je pense que cela va créer une certaine instabilité supplémentaire en Russie. Comment un ancien agent du KGB peut-il entrer au gouvernement et accumuler la richesse qu'il possède, organiser ces mariages somptueux, aux yeux de tous ? […] Je pense qu’il deviendra évident pour davantage de Russes que, durant son mandat, il a amassé, selon moi, une richesse de plusieurs milliards de dollars.

Vous ne pouvez pas y arriver à travers des opérations normales du gouvernement. Cela doit être le fruit de la corruption et au fil du temps, je pense que ça va contribuer à déstabiliser son régime quand les (Russes) seront mieux informés de cette situation."

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Bras de fer entre Trump et les démocrates

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L'ambassadeur Sondland témoignera malgré l’interdiction

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La justice valide la transmission de documents financiers de Trump au Congrès

USA, Washington, Departement de la justice

Une cour d'appel a confirmé vendredi que le Congrès américain pouvait exiger des documents sur les finances de Donald Trump, infligeant un nouveau revers au président républicain dans son bras de fer avec les parlementaires démocrates.

Cette décision, qui peut toujours faire l'objet d'un recours devant la Cour suprême, plus haute juridiction des Etats-Unis, s'inscrit dans une procédure lancée avant l'ouverture d'une enquête parlementaire en vue de la destitution du président.

Elle porte sur les affaires de Donald Trump avant et depuis son arrivée à la Maison Blanche. Les démocrates soupçonnent notamment l'ancien magnat de l'immobilier d'avoir gonflé la valeur de ses avoirs pour obtenir des prêts.

Pour en savoir plus, ils avaient ordonné en avril à son ancienne entreprise comptable, la firme Mazar, de leur transmettre toute une série de documents financiers.

La Maison Blanche, qui dénonce un "harcèlement", avait saisi la justice pour bloquer cette injonction, comme elle l'a fait face à d'autres requêtes du Congrès.

Dans son argumentaire, elle avait plaidé que le Congrès n'avait pas besoin de ces informations pour assurer son rôle de législateur.

En mai, un juge de Washington avait rejeté cette lecture et estimé que ces documents pouvaient entrer dans le cadre d'une "enquête fondée".

"Nous confirmons cette décision. Contrairement aux arguments du président, la commission est compétente en vertu des règles de la Chambre mais aussi de la Constitution pour émettre ces injonctions et Mazar doit s'y plier", a écrit le juge David Tatel.

Après avoir pris le contrôle de la Chambre des représentants en janvier, les démocrates ont lancé une série d'enquêtes sur les impôts de M. Trump, ses finances ou les suites à donner à l'enquête russe.

Leurs investigations se sont heurtées à un mur dressé par la Maison Blanche au nom de la défense des "prérogatives présidentielles".

Le 7 octobre, un juge de New York avait, lui aussi, donné tort à Donald Trump en autorisant la transmission de ses déclarations d'impôts. Le président avait immédiatement fait appel, ce qui a suspendu l'application de la décision.

Mais la bataille a pris une autre dimension depuis que les démocrates ont décidé, le 24 septembre, d'ouvrir une procédure pour destitution contre le milliardaire, qu'ils soupçonnent d'avoir fait pression sur l'Ukraine pour l'aider à salir un rival.

Depuis les élus démocrates multiplient les injonctions contre le Département d'Etat, le ministre de l'Energie, l'avocat personnel de Donald Trump ...

La Maison Blanche a refusé mardi toute coopération, dénonçant une procédure "partisane et anticonstitutionnelle".

Agressif, déchaîné, Trump replonge en campagne

C'est la première fois que le milliardaire républicain renoue avec sa base électorale depuis le lancement d'une procédure qui pourrait faire de lui le troisième président de l'histoire frappé par un "impeachment" après Andrew Johnson et Bill Clinton.

Une marée de casquettes rouges pour se ressourcer et tenter de rebondir: Donald Trump retrouve jeudi soir les estrades de campagne dans le Minnesota après les deux semaines les plus difficiles de sa présidence.

En guerre ouverte avec les démocrates sur la procédure de destitution qui le menace, en conflit avec les républicains sur le dossier syrien, le locataire de la Maison Blanche cherche - dans la douleur - à reprendre la main.

C'est la première fois que le milliardaire républicain renoue avec sa base électorale depuis le lancement, il y a 15 jours, d'une procédure qui pourrait faire de lui le troisième président de l'histoire frappé par un "impeachment" après Andrew Johnson et Bill Clinton.

Les yeux rivés sur l'élection du 3 novembre 2020, il a choisi pour ce retour la ville de Minneapolis, dans un Etat qui a toujours voté démocrate lors de la présidentielle depuis le début des années 70 mais où il a failli détrôner Hillary Clinton en 2016.

"Je pense que je peux gagner le Minnesota", a-t-il lancé depuis les jardins de la Maison Blanche avant de monter dans l'hélicoptère présidentiel Marine One.

Sans surprise, le président américain a ensuite décoché quelques flèches à l'élue démocrate Ilhan Omar qui représente cet Etat à la Chambre des représentants.

Cette dernière fait partie des quatre élues du Congrès issues de minorités auquel le président américain avait conseillé de "retourner" dans les pays d'où "elles viennent" -- alors même que trois d'entre elles sont nées aux Etats-Unis.

"Je pense qu'Omar nous aide à gagner dans le Minnesota et ailleurs", a-t-il ironisé.

Dans une ambiance qui s'annonce électrique, comme lors de tous les rassemblements "Make America Great Again", il devrait s'en prendre aux élus qui mènent une enquête "partisane et anticonstitutionnelle", selon les termes de l'avocat de la Maison Blanche Pat Cipollone.

Après plusieurs journées d'atermoiements, il a en effet choisi le bras de fer, refusant en bloc de coopérer avec le Congrès et ouvrant une période de grande incertitude qui devrait mettre à l'épreuve les institutions américaines.

Les démocrates veulent déterminer dans quelle mesure le président américain a fait pression sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'un échange téléphonique afin qu'il cherche des informations compromettantes sur son rival Joe Biden.

"Je ne sais comment vous pouvez menacer quelqu'un de destitution sur la base d'une conversation avec un président, en l'occurrence de l'Ukraine, qui était une conversation absolument parfaite", a affirmé jeudi M. Trump.

- Sondage Fox News inquiétant -

Conscient que le devenir d'une procédure de destitution se joue sur la perception qu'en a l'opinion publique plus que dans d'obscures batailles procédurales, le 45e président des Etats-Unis a été piqué au vif par un sondage Fox News rendu public mercredi soir.

Selon cette enquête, 51% des Américains sont favorables à la destitution du président Trump, soit un bond de neuf points par rapport à juillet.

Et ce chiffre est en hausse dans tout le spectre politique: parmi les démocrates (85% contre 74% en juillet), parmi les indépendants (39% contre 36% en juillet) et parmi les républicains (13% contre 8% en juillet).

"Depuis le jour où j'ai annoncé ma candidature à la Maison Blanche, je n'ai JAMAIS eu un bon sondage Fox News", a-t-il tempêté jeudi au réveil.

"Quel que soit l'institut de sondage qu'ils utilisent, ce sont des tocards", a-t-il ajouté, avant de regretter que la chaîne prisée des conservateurs soit très différente de ce qu'elle était "au bon vieux temps".

Autre source de frustration et de contrariété pour le président septuagénaire: la Syrie.

Sa décision, annoncée dimanche soir dans un communiqué, de retirer les soldats américains stationnés dans le nord-est de la Syrie et laisser le champ libre à une intervention turque, a suscité la stupeur et la colère dans son propre camp.

Dès le début, mercredi, de l'opération militaire turque contre des forces kurdes en Syrie, le Congrès est monté en première ligne.

Le sénateur Lindsey Graham, qui soutient d'ordinaire Donald Trump mais l'accuse cette fois d'avoir "honteusement abandonné" les Kurdes, a dévoilé, avec un élu démocrate, une proposition visant à sanctionner sévèrement Ankara si l'armée turque et ses supplétifs ne se retiraient pas de Syrie.

Peu avant son départ pour Minneapolis, Donald Trump a évoqué, d'un tweet, le possibilité de "jouer les médiateurs en vue d'un accord entre la Turquie et les Kurdes".

Le président républicain a déjà fait des propositions de "médiation" sur de nombreux dossiers, des tensions en Mer de Chine au conflit du Cachemire, sans jamais donner suite.

Avec AFP

Destitution: deux proches de l'avocat de Trump arrêtés, les démocrates exigent leur coopération

Lev Parnas et Igor Fruman ont été interpellés mercredi soir à l'aéroport international de Washington, munis d'un aller simple pour une destination à l'étranger, a révélé la police fédérale.

Les démocrates qui supervisent l'enquête en vue d'une procédure de destitution contre Donald Trump ont exigé jeudi la coopération de deux hommes d'affaires proches de l'avocat du président, arrêtés dans une procédure distincte alors qu'ils allaient quitter les Etats-Unis.

Lev Parnas et Igor Fruman, des citoyens américains nés en Ukraine et en Biélorussie, ont été interpellés mercredi soir à l'aéroport international de Washington, munis d'un aller simple pour une destination à l'étranger, a révélé la police fédérale.

Ils sont soupçonnés d'avoir servi d'émissaires à Rudy Giuliani, l'avocat personnel du président, dans ses efforts pour convaincre l'Ukraine de livrer des informations compromettantes sur Joe Biden, possible adversaire de Donald Trump lors de la présidentielle de 2020.

Ils intéressent à ce titre beaucoup les élus démocrates qui accusent le président républicain d'avoir abusé de ses pouvoirs en sollicitant l'aide d'une puissance étrangère dans sa campagne de réélection.

Leur arrestation s'inscrit toutefois dans le cadre d'une enquête distincte, ouverte par des procureurs new-yorkais et qui porte sur des violations des lois de financement des campagnes électorales.

Les deux hommes sont accusés d'avoir dissimulé l'origine de dons octroyés en 2018 à plusieurs candidats à des élections locales et fédérales aux Etats-Unis, dont une partie venait de Russie, selon l'acte d'inculpation.

D'après les médias américains, les deux entrepreneurs ont contribué à hauteur de 325.000 dollars à la campagne de Donald Trump pour 2020 et ont participé mi-2018 à un dîner à la Maison Blanche.

"Je ne connais pas ces messieurs, je ne sais pas ce qu'ils font, peut-être qu'il faut demander à Rudy", a pourtant déclaré à la presse le locataire de la Maison Blanche après leur arrestation.

- Caution -

Un juge fédéral a accepté jeudi après-midi de les remettre en liberté provisoire à condition qu'ils versent chacun une caution d'un million de dollars, ont rapporté les médias.

Un peu plus tôt, des élus démocrates de la Chambre des représentants ont adressé une injonction formelle à leur avocat pour obtenir, d'ici six jours, une série de documents utiles à leur enquête contre Donald Trump.

"Nous espérons entendre vos clients à une date ultérieure", ont ajouté les parlementaires, qui les avaient déjà invités à faire une déposition au Congrès ces jeudi et vendredi.

MM. Parnas et Fruman avaient décliné en s'abritant derrière un courrier de la Maison Blanche, qui a refusé de coopérer à une enquête jugée "partisane et anticonstitutionnelle".

Ils "sont des citoyens privés, ils ne sont pas employés de l'administration et ne peuvent pas se dérober", ont rétorqué les parlementaires, qui s'intéressent à leurs liens avec Rudy Giuliani.

Les deux hommes auraient notamment aidé l'ancien maire de New York à rencontrer Iouri Loutsenko, alors procureur général ukrainien, pour tenter de le convaincre d'ouvrir une enquête sur les affaires du fils de Joe Biden, Hunter, en Ukraine.

Lors d'un échange téléphonique fin juillet, Donald Trump avait demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur ce dossier et d'entrer en contact avec Rudy Giuliani.

Cet appel, rendu public après l'intervention d'un lanceur d'alerte, a justifié la décision des démocrates d'initier une enquête pouvant mener à une rarissime procédure d'"impeachment".

- "Ambassadrice" -

L'acte d'accusation contre MM. Parnas et Fruman n'évoque pas Rudy Giuliani, mais fait bien référence à l'Ukraine.

Selon ce document, les deux hommes ont commencé au début de l'année 2018 à "faire des contributions substantielles" à des hommes politiques, afin de "favoriser leurs intérêts financiers mais aussi les intérêts politiques d'au moins un membre du gouvernement ukrainien pour lequel ils travaillaient".

Des parlementaires qui avaient reçu des donations de MM. Parnas et Fruman ont pris leurs distances par rapport aux suspects.

"La tromperie qui est exposée dans l'acte d'accusation d'aujourd'hui n'a pas de place dans notre pays", a déclaré un porte-parole du chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants Kevin McCarthy. Il a annoncé que les Républicains allaient donner ces fonds à des organisations de bienfaisance.

Les deux suspects sont accusés d'avoir dissimulé le "vrai donateur", un mystérieux "individu 1" russe, avec lequel ils voulaient ouvrir une entreprise de marijuana dans le Nevada.

En mai 2018, ils avaient promis de lever des fonds pour un élu du Congrès, tout en lui demandant de convaincre "le gouvernement américain de rappeler l'ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine".

La diplomate, Marie Yovanovitch, a été rappelée à Washington un an plus tard. Les élus démocrates espèrent l'entendre vendredi au Congrès.

Ils ont par ailleurs également adressé une injonction au ministre de l'Energie Rick Perry pour qu'il fournisse d'ici au 18 octobre des documents qui pourraient faire avancer leur enquête.

Avec AFP

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