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États-Unis

Affaire Cosby: les poursuites validées, vers un procès probable

Bill Cosby arrivant au tribunal de Norristown, en Pennsylvanie, le 3 fevrier 2016.

Un juge de Pennsylvanie (nord-est) a validé mercredi les poursuites pénales engagées contre Bill Cosby pour agression sexuelle, malgré les contestations de ses avocats, ouvrant la voie à un probable premier procès de l'acteur américain au pénal.

Bill Cosby est accusé d'agression sexuelle par des dizaines de femmes, mais toutes les autres procédures dont il fait l'objet se déroulent devant des juridictions civiles, ce qui signifie notamment qu'il n'encourt pas de peine d'emprisonnement.

Une audience préliminaire à un procès a été fixée au 8 mars.

Le juge Steven O'Neill n'a pas suivi la ligne des avocats de Bill Cosby, qui faisaient valoir que pour entamer des poursuites, le procureur du comté de Montgomery (Pennsylvanie), Kevin Steele, avait violé un engagement pris par l'un de ses prédécesseurs, Bruce Castor.

Interrogé mardi, Bruce Castor avait indiqué avoir renoncé à poursuivre le créateur du "Cosby Show" au moment de la révélation des faits présumés, en 2005, pour permettre à la victime présumée, Andrea Constand, d'obtenir réparation au civil.

Mis en cause depuis des mois par des dizaines de femmes, l'acteur a été inculpé le 30 décembre d'agression sexuelle aggravée sur la personne d'Andrea Constand, en 2004.

Se pensant à l'abri de poursuites, Bill Cosby avait accepté à l'époque d'être interrogé dans le cadre de la procédure civile.

Dans ce témoignage, il reconnaissait avoir donné une pilule à Andrea Constand, puis avoir caressé sa poitrine et s'être livré à des attouchements sexuels.

Il affirmait néanmoins que la relation était consentie et que la jeune femme n'avait jamais manifesté son opposition.

Ce sont ces éléments que Kevin Steele entend utiliser pour mener Bill Cosby au procès.

- Une promesse contestée -

Durant deux jours, les avocats de l'acteur se sont appuyés sur les propos de Bruce Castor pour démontrer que le ministère public avait bien pris l'engagement irrévocable de ne pas inculper celui qui fut longtemps une figure morale de l'Amérique noire.

Kevin Steele leur a opposé de nombreux témoignages, qui ont affaibli la portée de cet engagement.

Certaines déclarations ou écrits de Bruce Castor laissaient entrevoir une certaine ambiguïté sur la nature exacte de ses intentions, selon son successeur.

Kevin Steele a également fait citer les deux avocates d'Andrea Constand, qui ont dit n'avoir pas été au courant de l'existence d'une promesse du procureur de l'époque et n'avoir jamais été formellement informées de la décision de Bruce Castor.

Elles ont raconté que l'audition de Bill Cosby dans le cadre de la procédure civile avait été "extrêmement contentieuse" et que celui qui incarna le fameux docteur Cliff Huxtable à la télévision s'était montré fort peu coopératif.

L'affaire se déroule sur fond de rivalité entre Bruce Castor et Kevin Steele. Les deux hommes étaient candidats au poste de procureur à l'automne dernier.

Kevin Steele l'a emporté après avoir notamment assuré publiquement qu'il engagerait des poursuites contre Bill Cosby, reprochant à Bruce Castor de ne pas l'avoir fait lorsqu'il était lui-même procureur (2000-2008).

Mercredi, le juge Steven O'Neill a également rejeté une autre demande de la défense de Bill Cosby, qui souhaitait écarter le procureur Kevin Steele d'un éventuel procès.

Les avocats de l'acteur lui reprochaient d'avoir instrumentalisé le dossier à des fins électoralistes.

Sollicitée par l'AFP, la défense de Bill Cosby s'est refusé à tout commentaire.

Costume couleur terre, cravate rayée, Bill Cosby est de nouveau apparu détendu mercredi, se laissant même parfois aller à son fameux sourire qui a longtemps bercé l'Amérique.

A 78 ans, il est néanmoins amoindri par une quasi-cécité. Avant l'audience, il lui est ainsi arrivé de parler dans le vide, croyant que ses conseils étaient à ses côtés.

Lors de son audition mercredi, l'une des avocates d'Andrea Constand, Dolores Troiani, l'a décrit comme un personnage manipulateur et agressif.

(Avec AFP)

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Trois complices présumés de R. Kelly arrêtés pour intimidation de plusieurs victimes

R. Kelly lors des American Music Awards 2013 à Los Angeles, le 24 novembre 2013. La star de R&B fait face à des allégations répétées d'abus sexuels sur mineures. (AFP/Frédéric J.Brown)

La justice américaine a annoncé mercredi l'arrestation de trois complices présumés de R. Kelly, accusés d'avoir cherché à réduire au silence plusieurs femmes accusant le chanteur d'agressions sexuelles.

L'ex-star du R&B incarcérée doit être jugé dans différentes procédures engagées dans les Etats de l'Illinois, du Minnesota et de New York.

Des procureurs fédéraux affirment que trois membres du cercle artistique de R. Kelly -Richard Arline Jr., Donnell Russell et Michael Williams- ont été impliqués dans des opérations de chantage et de harcèlement afin de faire taire certaines victimes.

Les techniques employées incluaient l'incendie d'une voiture devant la résidence de l'une d'elles, des menaces de divulgation de photographies intimes, et le versement de 500.000 dollars afin d'influencer un témoignage.

Les trois accusés "ont montré qu'il n'y avait aucune ligne qu'ils ne franchiraient pas pour aider R. Kelly à éviter les conséquences de ses crimes présumés", a déclaré Peter Fitzhugh, inspecteur chargé de l'enquête.

Le chanteur, connu notamment pour son tube "I Believe I Can Fly", fait face à des poursuites fédérales dans deux affaires distinctes à Chicago et à New York. Il fait face depuis des décennies à des accusations d'abus sexuels sur mineures.

A Chicago, R. Kelly est accusé de s'être filmé en plein acte sexuel avec des mineures, et d'avoir payé des témoins possibles lors de son procès en 2008 -au terme duquel il a été acquitté- afin de s'assurer leur silence.

Il est aussi poursuivi à New York pour corruption, une affaire qui serait liée, selon les médias américains, à son mariage avec la chanteuse Aaliyah alors qu'elle n'avait que 15 ans.

Ce chef d'inculpation, pour lequel il a plaidé non coupable, s'ajoute à des accusations de recrutement systématique de jeunes filles lors de tournées pour les forcer à des relations sexuelles.

La sélection du jury pour son procès à New York est prévue pour le 29 septembre, mais cette date sera probablement repoussée du fait des restrictions liées à l'épidémie de coronavirus.

Ilhan Omar emporte la primaire démocrate pour la circonscription de Minneapolis

La représentante Ilhan Omar (à droite) tient la main du sénateur Bernie Sanders à l'Université du Minnesota - Minneapolis à Minneapolis, Minnesota, États-Unis le 3 novembre 2019. REUTERS/Caroline Yang

La représentante américaine Ilhan Omar a remporté mardi la primaire démocrate pour la circonscription de Minneapolis, dans l’État du Minnesota, selon les résultats préliminaires.

Mme Omar, 37 ans, est née en Somalie puis elle est devenue une citoyenne américaine. Elle a remporté son premier mandat fédéral en 2018.

Selon l'agence Associated Press, Mme Omar a obtenu 57 % des voix contre 39 % pour son challenger, l'avocat Antone Melton-Meaux.

Elle affrontera donc la républicaine Lacy Johnson en novembre.

Cible fréquente du président Donald Trump, Mme Omar fait partie du groupe informel que les analystes appellent "l’Escadron" (The Squad).

Il s’agit de jeunes femmes de tendance progressiste issues des minorités ethniques, élues en 2018 sous la bannière du parti démocrate.

En plus de Mme Omar, l’Escadron compte aussi les représentantes Ayanna Pressley (Massachusetts), Rashida Tlaib (Michigan), et Alexandria Ocasio-Cortez (New York), l’étoile montante du parti.

Présidentielle américaine: pour les démocrates, ce sera Biden-Harris

L'ancien vice-président Joe Biden s'entretient avec la sénatrice Kamala Harris après la conclusion du débat présidentiel démocrate 2020 à Houston, Texas, États-Unis, le 12 septembre 2019. REUTERS/Mike Blake/File Photo

Le candidat du parti démocrate Joe Biden a annoncé mardi qu'il avait choisi la sénatrice de Californie Kamala Harris comme sa colistière pour la présidentielle américaine du 3 novembre.

Avec Mme Harris, M. Biden fait un choix historique et pour la deuxième fois de sa vie, il est candidat dans une équipe biraciale, après son partenariat gagnant avec Barack Obama en 2008 et 2012.

Mme Harris, 55 ans, est la première femme noire à être désignée comme colistière d'un candidat de l'un des deux principaux partis politiques américains.

La sénatrice est issue d'un couple biracial (père jamaicain et mère indienne). Elle est née à Oakland, dans l'État de Californie qu'elle représente. Elle a fait ses études universitaires à l'Université Howard, une université historiquement noire de Washington, D.C. et a obtenu un doctorat en droit en 1989 à l'Université de Californie.

Après avoir exercé comme avocate pendant plusieurs années, elle est devenue en 2003 la première procureure générale afro-américaine de Californie.

En 2016, elle est élue sénatrice.

En 2019, elle est entrée dans la course à la présidence sous la bannière du parti démocratique. Durant les débats, Mme Harris a captivé l'attention des électeurs en défiant avec éloquence Joe Biden. Elle a finalement abandonné la course en décembre.

Pour Joe Biden, Mme Harris est un choix logique : M. Biden, qui aura 78 ans en novembre, avait besoin de quelqu'un de plus jeune. Il avait aussi promis que son colistier serait une femme.

Le fait que Mme Harris soit de race noire est aussi une façon pour lui de montrer sa gratitude envers les femmes noires qui ont été à l'origine de sa résurgence en Caroline du Sud, après deux défaites consécutives dans l'Iowa et le New Hampshire lors des primaires.

Lundi, le New York Times avait révélé que M. Biden avait fini d'interviewer toutes les personnes qui figuraient sur sa liste de compagnons potentiels et que le comité de quatre membres qui filtrait ces candidats potentiels avait été dissous.

Le quotidien avait aussi révélé que cette liste comprenait des dames issues de toutes les races. En dehors de la sénatrice Kamala Harris de Californie, il y avait aussi Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale sous l'ancien président Barack Obama, la sénatrice Elizabeth Warren du Massachusetts et la gouverneure Gretchen Whitmer du Michigan.

M. Biden et son équipe avaient également examiné de près la sénatrice Tammy Duckworth de l'Illinois, la gouverneure Michelle Lujan Grisham du Nouveau-Mexique et les représentantes Karen Bass de Californie et Val Demings de Floride.

Finalement, c'est Mme Harris qui a été sélectionnée.

Trump émet des doutes sur le vote par correspondance

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La cheffe de la police de Seattle, Carmen Best, annonce sa retraite

La cheffe de la police de Seattle, Carmen Best, tient une conférence de presse à Seattle, dans l'État de Washington, aux États-Unis, le 29 juin 2020.

La cheffe de la police de Seattle, Carmen Best, a annoncé lundi soir, à la surprise générale, qu’elle prendrait la retraite à partir du 2 septembre, selon les médias locaux.

La décision de Mme Best intervient quelques heures après que le conseil municipal de la ville ait décidé de couper le budget de la police à hauteur de 14 %, selon plusieurs sources.

L’annonce de son départ a causé la consternation au sein de la communauté noire de Seattle, selon la chaîne de télévision KOMO News. Mme Best, la cinquantaine, est la première femme noire à diriger la police de la plus grande ville de l’État de Washington, situé dans le nord-ouest des États-Unis, à la frontière avec le Canada.

Selon la chaîne de télévision King 5, Mme Best est née et a grandi dans la ville voisine de Tacoma. C’est en 1992 qu’elle débute sa carrière au sein du département de police de Seattle. En juillet 2018 la mairesse de Seattle, Jenny Durkan, nomme Carmen Best au poste de cheffe de police.

Résultat du mouvement "Defund the police"

Selon le quotidien Seattle Post-Intelligencer, les réductions budgétaires approuvées par le conseil municipal entraîneront la suppression de 100 postes au sein de la police.

La rectification budgétaire, estimée à environ 3,5 millions de dollars, comprend également des réductions de salaire pour la cheffe et ses principaux adjoints.

Difficile de savoir, pour l’heure, si ces mesures suffiront à apaiser les manifestants. Ces derniers exigeaient une réduction de 50% du budget de la police, qui s’élève cette année à 400 millions de dollars.

Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, dans l’État du Minnesota, les manifestants défilent à Seattle.

En juin, ils ont investi une partie de la ville et l'ont déclarée zone autonome, avec interdiction formelle à la police d’y entrer. Le président américain Donald Trump a voulu déployer des agents fédéraux sur place, mais le gouverneur démocrate Jay Inslee a dit non, arguant que leur présence ne ferait que durcir les manifestants. Au final, la police municipale a repris le contrôle du quartier en juillet sous les ordres de Mme Best.

Avec plus de 750.000 habitants, Seattle est la capitale de l'État de Washington. C'est la ville où se trouvent les sièges d'Amazon et de Starbucks.

Black Lives Matter: pourquoi il ne faut pas abolir la police
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