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Barack Obama fixe des objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre

Barack Obama, Washington, 3 août 2015

Le président américain a lancé son plan très attendu contre la "grande menace" que fait peser le changement climatique à la planète, insistant sur l'urgence d'agir immédiatement et annonçant une restriction inédite sur les centrales électriques.

Il s'agit de l'un des "défis clés" de notre époque, a estimé M. Obama depuis la Maison Blanche, d'où il a annoncé le Plan américain pour une énergie propre ("America's Clean Power Plan"). Le plan rassemble une série de règles et de réglementations qui imposeront pour la première fois aux centrales électriques de réduire de 32% d'ici 2030 leurs émissions de carbone, par rapport aux niveaux de 2005.

"Il n'y a pas de défi qui pose une plus grande menace pour notre avenir et pour les générations futures que le changement climatique", a-t-il assuré, soulignant l'urgence d'agir.

"La plupart du temps, les problématiques auxquelles nous faisons face sont temporaires et nous pouvons nous attendre à ce que les choses s'améliorent si nous y travaillons dur".

"Mais voilà l'un des rares cas, de par son ampleur, de par sa portée, qui si nous ne le réglons pas, ne pourra pas être inversé. Et nous ne pourrons probablement pas nous adapter suffisamment", a-t-il martelé.

Le président américain, qui avait fait dès 2008 de l'environnement une de ses priorités, a souligné la menace que représentait le changement climatique, et en particulier les centrales électriques, sources de pollution au carbone.

Le débat est particulièrement vif et clivant aux Etats-Unis, où 37% de l'électricité est encore produite par des centrales au charbon. Une source d'énergie problématique d'un point de vue environnemental.

M. Obama a décrit les restrictions imposées aux centrales électrique comme "l'étape la plus importance que l'Amérique ait prise dans la lutte" contre le changement climatique.

L'Union européenne a immédiatement salué le plan Obama et ses "efforts sincères" pour réduire les émissions de carbone.

L'annonce de ce plan intervient à moins de six mois de la tenue à Paris de la conférence sur le climat (COP21).

Elle réunira 195 pays qui devraient s'engager à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température mondiale générée par les émissions de gaz à effet de serre.

Les centrales électriques sont responsables de 40% des émissions américaines de dioxyde de carbone, le gaz le plus répandu contribuant au changement climatique.

Dans son projet initial présenté l'an dernier, l'administration Obama avait fixé à 30% le plafond de réduction des émissions de carbone des centrales.

Mais la limite ambitieuse de 32% a provoqué la vive opposition des républicains, vent debout contre des mesures qu'ils jugent "disproportionnées" et "maladroites".

Barack Obama fait face sur ce sujet à la ferme opposition du Congrès contrôlé par les républicains, qui n'ont pas tardé à dénoncer les mesures.

L'administration Obama "continue d'imposer des réglementations coûteuses et non nécessaires", a réagi le sénateur républicain Lamar Smith.

Avec ce plan, "des centrales électriques à travers le pays vont fermer, les prix de l'électricité vont monter et des milliers d'Américains vont perdre leur travail", a-t-il promis.

Le président du parti républicain, Reince Priebus, a fustigé des mesures qui pourraient avoir "des conséquences dévastatrices sur l'économie" américaine.

Les réductions des émissions de gaz à effet de serre sont en outre une question politiquement sensible car le charbon, l'une des sources d'énergie les plus polluantes, est un secteur industriel important aux Etats-Unis.

Un lobby pro-charbon, l'American coalition for clean coal electricity, a plus tôt lundi indiqué qu'elle pourrait poursuivre l'administration Obama en justice, car elle mène "un plan illégal pour faire grimper les prix de l'électricité".

La candidate démocrate à la Maison Blanche Hillary Clinton a vu pour sa part dans ces mesures un "grand pas en avant", tout comme la directrice de l'agence américaine de protection de l'environnement, Gina McCarthy, qui a salué des objectifs "raisonnables" et "qui peuvent être atteints".

Le président américain est attendu au cours des prochains mois en Alaska pour mettre en évidence l'impact du réchauffement climatique. Il recevra également le pape François à la Maison Blanche, où les deux hommes devraient lancer un appel commun à l'action.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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