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Bélarus : Poutine "convaincu" que Loukachenko surmontera la crise

Le président russe Vladimir Poutine s'exprime lors d'une réunion au Kremlin à Moscou, le 15 février 2018.

Contesté dans la rue depuis août, le président bélarusse Alexandre Loukachenko a rencontré lundi son homologue russe Vladimir Poutine, son principal soutien qui s'est dit "convaincu" qu'il surmontera la crise, sans s'avancer publiquement sur un soutien plus marqué.

Les deux chefs d'Etat se sont retrouvés à Sotchi, une station balnéaire du sud-ouest de la Russie, pour le premier déplacement de M. Loukachenko à l'étranger depuis sa réélection contestée du 9 août, qui a déclenché un mouvement de protestation historique au Bélarus.

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Minsk pour le cinquième week-end consécutif afin de réclamer le départ du pouvoir d'Alexandre Loukachenko, âgé de 66 ans et qui dirige son pays depuis 1994, une mobilisation toujours très forte malgré l'arrestation ou l'exil des principaux opposants.

Evoquant la vague révision constitutionnelle promise par le président bélarusse pour sortir de la crise, M. Poutine a affirmé à son homologue, au début de leur rencontre, être "convaincu qu'avec votre expérience du travail politique", elle permettra au Bélarus d'"atteindre de nouvelles frontières".

Il ne s'est en revanche pas exprimé en faveur d'un soutien plus marqué au cours de cette conversation de vingt minutes pendant laquelle Alexandre Loukachenko a monopolisé la parole, remerciant M. Poutine "personnellement" et "tous les Russes" de leur appui.

Fidèle à sa nouvelle stratégie, consistant à se présenter comme le premier rempart de la Russie face aux Occidentaux, le chef de l'Etat bélarusse a ajouté que les deux pays devaient "préparer (leurs) armées" de sorte que, "Dieu nous en préserve, nous puissions résister" en cas d'attaque militaire.

S'il accusait la Russie avant le scrutin de vouloir "déstabiliser" son pays, Alexandre Loukachenko a depuis effectué depuis un virage à 180 degrés pour obtenir le soutien russe face aux manifestations monstres, qui font selon lui partie d'un complot occidental.

Vendredi, le Kremlin avait annoncé que cette rencontre servirait à évoquer "les perspectives du processus d'intégration" entre ces deux ex-républiques soviétiques, un projet que Moscou caresse de longue date.

Important prêt

Cheffe de file de l'opposition contrainte à l'exil en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa avait plus tôt interpellé Vladimir Poutine.

"Je regrette que vous ayez décidé d'avoir un dialogue avec l'usurpateur et non pas avec le peuple bélarusse", a dit celle qui revendique la victoire à la présidentielle du 9 août et qui s'est lancée en politique au printemps après l'arrestation de son mari.

A ses yeux, tout accord russo-bélarusse signé par Alexandre Loukachenko serait "juridiquement non valable" car sa réélection était "illégitime".

Tandis que la mobilisation contre Alexandre Loukachenko continue au Bélarus, la police a annoncé avoir procédé à 774 arrestations, dont plus de 500 à Minsk au cours du défilé de dimanche baptisé "marche des héros", dans une allusion aux victimes de la répression des manifestations.

Au cours de leur rencontre, M. Poutine a également confirmé un prêt d'un milliard et demi de dollars accordé au Bélarus, dont les difficultés économiques récurrentes ont été amplifiées par la crise du coronavirus. "Nous respecterons" cet accord, a-t-il assuré.

Une telle assistance permettrait au Kremlin de rappeler la profonde dépendance économique de ce pays à l'égard de son "grand frère". D'autant que des sanctions occidentales sont en cours de préparation du fait des répressions.

Depuis 15 ans, les discussions russo-bélarusses pour une plus grande intégration ont essentiellement permis d'aborder des questions de monnaie unique ou de bases militaires russes sur le territoire voisin, mais M. Loukachenko a jusqu'ici résisté aux ambitions de Moscou, louvoyant entre Est et Ouest et s'en prenant parfois verbalement à la Russie alliée.

Ces méthodes ont entamé la confiance russe envers le président bélarusse et les relations bilatérales s'étaient considérablement tendues au printemps et au début de l'été, celui-ci n'ayant cessé d'accuser le Kremlin de chercher à le chasser du pouvoir pour vassaliser son pays.

Les figures de l'opposition bélarusse, pour la plupart arrêtées ou exilées, ont insisté dès les premiers moments sur le fait que leur mouvement était dirigé contre M. Loukachenko et n'était ni antirusse, ni pro-occidental.

Le Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU s'est prononcé lui en faveur d'une réunion d'urgence vendredi sur la situation au Bélarus, du fait des répressions et d'allégations de tortures de détenus.

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Pour de nombreux jeunes sénégalais, c'est "Barcelone ou la mort"

Des bateaux de pêche se tiennent dans les eaux de Ndiebene-Gandiol près de la ville de Saint-Louis au nord du Sénégal, le 8 août 2018.

Au Sénégal, la marine nationale a interpellé une pirogue avec une centaine de personnes en partance pour l’Espagne pendant que les gardes côtes espagnoles venaient au secours d’une deuxième pirogue qui a pris feu en pleine mer, faisant officiellement plus d’une dizaine de morts.

Difficile d’en finir avec l’émigration clandestine avec des jeunes plus que jamais déterminés à braver la mer malgré les multiples opérations des forces de sécurité.

Le phénomène "Barça wala Barsakh" (Barcelone ou la mort) est à nouveau très prisé par des jeunes en manque d’opportunités d’emploi et qui subissent de plein fouet la pression sociale.

"L'État du Sénégal a une très grande responsabilité mais les familles aussi", selon Youssou Mbengue, président des Sénégalais de retour de la Libye.

Ancien émigré lui-même rentré de la Libye, Youssou Mbengue explique que bon nombre des candidats sont poussés par leurs familles. Malgré tout, estime-t-il, il revient aux jeunes eux-mêmes de prendre conscience des périls de cette aventure en mer.

Pour le sociologue Mory Fall, les jeunes sont victimes du manque d’emplois en plus de cette pression sociale qui est à la base de l’émigration clandestine. Les jeunes préfèrent braver la mort pour éviter d’être la risée de la société.

"Ça c’est une forme de cri du désespoir de la jeunesse africaine", analyse le sociologue.

De son point de vue, c’est une forme de pression qui ne dit pas son nom car même si "toute la famille est polie de sorte qu’on te dit absolument rien, il y a une forme de pression morale qui fait que tu as envie de sortir, d’aller chercher quelque chose pour revenir avec à la maison".

Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.
Cheikh Ahmadou Bamba Fall consulte les dernières données sur les migrations irrégulières, au Sénégal, le 28 octobre 2020.

Pour offrir des alternatives aux jeunes, plusieurs associations sont sur le terrain pour essayer de contrecarrer ce phénomène. Le Village du migrant est une de ces entités. Son travail ne se limite pas à la sensibilisation, comme l’indique son président, Cheikh Ahmadou Bamba Fall.

"Notre spécialité est de former d’abord les jeunes parce qu’on peut pas dire travail ou emploi sans formation. Former les jeunes gratuitement, leur donner des diplômes et de trouver des partenariats avec des entreprises ou d’autres structures pour insérer les jeunes", détaille le volontaire.

Il précise que l’association forme actuellement une cinquantaine de jeunes à Keur Massar, dans la grande banlieue de Dakar. Au départ, explique-t-il, ils suivent une formation gratuite en informatique, en bureautique et en maintenance. "Après ce lot qu’on forme actuellement on va démarrer une autre formation sur l’aspect mécanique, soudure et tôlerie", souligne-t-il.

Sur le terrain, le phénomène de l’émigration clandestine a repris de plus belle avec des départs fréquents de centaines de migrants depuis les côtes sénégalaises.

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