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La Russie dénonce des tentatives étrangères de "déstabiliser" le Bélarus

Le dirigeant russe Vladimir Putin et son homologue du Bélarus Alexandre Loukachenko.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé jeudi des tentatives étrangères de "déstabiliser" le Bélarus, en proie à des protestations depuis quatre jours contre la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko.

La Russie voit "des tentatives claires d'ingérence étrangère visant à diviser la société et déstabiliser la situation" au Bélarus, a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lors d'un briefing.

Depuis dimanche soir, le Bélarus est le théâtre de manifestations contre la réélection de M. Loukachenko, au pouvoir dans cette ex-république soviétique depuis 26 ans.

Les protestations ont été violemment réprimées par la police, faisant deux morts, des dizaines de blessés et donnant lieu à des milliers d'arrestations.

"Nous appelons tout le monde à la retenue (...) et espérons que la situation dans le pays va bientôt se normaliser", a souligné Mme Zakharova.

"La Russie a été et reste un allié fidèle et ami du peuple fraternel bélarusse", a-t-elle également assuré.

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Macron s'implique dans la crise au Bélarus

Le président Macron s'adresse à la presse depuis l'Elysée, le 28 novembre 2019. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)

Le président français Emmanuel Macron, arrivé lundi après-midi à Vilnius, va s'impliquer davantage dans la crise politique au Belarus voisin en rencontrant mardi la cheffe de file de l'opposition Svetlana Tikhanovskaïa, qui lui demandé de jouer les médiateurs

M. Macron, qui a appelé le président bélarusse Alexandre Loukachenko, soutenu par Vladimir Poutine, à quitter le pouvoir, sera le premier dirigeant occidental de haut rang à rencontrer la cheffe de file de l'opposition bélarusse, qui a dû s'exiler à Vilnius.

Dimanche, à la veille de sa visite de trois jours en Lituanie et en Lettonie, Emmanuel Macron avait réclamé haut et fort le départ du président bélarusse Alexandre Loukachenko.

"Ce qui se passe en Biélorussie, c'est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n'arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s'accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir", a déclaré Emmanuel Macron au Journal du Dimanche.

L'Union européenne comme les Etats-Unis refusent de reconnaître l'élection de M. Loukachenko, jugée frauduleuse, qui a déclenché une vague de manifestations sans précédent, sévèrement réprimée. La police bélarusse a encore arrêté quelque deux cents personnes dimanche à Minsk, quand des milliers de personnes sont de nouveaux descendues dans les rues.

Lundi, dans un entretien à l'AFP, Svetlana Tikhanovskaïa a demandé au président français d'être un médiateur pour résoudre la crise politique au Bélarus.

"Nous avons terriblement besoin d'une médiation pour éviter que davantage de sang soit versé. M. Macron pourrait être ce médiateur, avec les leaders d'autres pays. Il pourrait être capable d'influencer M. Poutine, avec lequel il a de bonnes relations", a déclaré Mme Tikhanovskaïa.

Cette première rencontre avec un leader international majeur serait pour Mme Tikhanovskaia "une confirmation importante", a-t-elle souligné.

La Lituanie, qui avec les deux autres Etats baltes a lancé une procédure de sanctions contre des personnalités bélarusses, attend sur ce dossier l'appui du président français.

La France demande pour le Bélarus une transition pacifique prenant en compte la volonté de la population, "en évitant le risque d'une plus grande répression, voire d'une intervention de la Russie", selon l'Elysée.

M. Macron profitera de sa visite pour rencontrer les troupes de l'Otan dans la région en se rendant sur la base lituanienne de Rukla, où sont stationnés 300 soldats français intégrés à un bataillon international de l'Otan. Une présence symbolique face aux forces russes.

L'Alliance atlantique a déployé des rotations permanentes de troupes en Pologne et dans les États baltes face à la politique jugée agressive de Moscou depuis l'annexion en 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Karabakh : l'Arménie saisit d'urgence la Cour européenne des droits de l'homme

Une maison, qui, selon les habitants du Nagorny Karabakh, a été endommagée lors d'un récent bombardement par les forces azéries

L'Arménie a saisi lundi d'urgence la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour demander des mesures provisoires à l'encontre de l'Azerbaïdjan, les combats se poursuivant dans la région séparatiste du Nagorny Karabakh, a-t-on appris auprès de la cour.

"La cour a reçu ce matin une demande de mesures provisoires de l'Arménie, elle est en cours d'examen", a déclaré une porte-parole de la CEDH.

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), bras judiciaire du Conseil de l'Europe qui siège à Strasbourg (est de la France), a été saisie au titre de l'article 39 de son règlement qui lui permet de prendre des mesures d'urgence lorsqu'il y a un risque imminent de dommage irréparable.

"Le gouvernement arménien demande à la Cour d'indiquer au gouvernement azerbaïdjanais (...) +de cesser les attaques militaires contre les populations civiles sur toute la ligne de contact des forces armées d'Arménie et d'Artsakh+, +de cesser les attaques aveugles+, +de cesser de cibler la population civile ainsi que les biens civils et les agglomérations+", a détaillé la CEDH dans un communiqué.

Au moins 68 personnes sont mortes depuis dimanche dans les combats opposant séparatistes du Nagorny Karabakh, soutenus par l'Arménie, à l'Azerbaïdjan, selon des bilans annoncés lundi, des affrontements laissant craindre une guerre ouverte entre Bakou et Erevan.

Cette région séparatiste azerbaïdjanaise, peuplée majoritairement d'Arméniens, échappe au contrôle de Bakou depuis une guerre au début des années 1990 qui avait fait 30.000 morts.

Une guerre ouverte entre les deux pays laisse craindre une déstabilisation grave de la région, en particulier si la Turquie et la Russie, qui ont des intérêts divergents dans le Caucase du Sud, interviennent dans le conflit.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan sont membres depuis 2001 du Conseil de l'Europe, une organisation paneuropéenne de défense des droits humains et de l'Etat de droit.

Espagne: la justice confirme l'inéligibilité du président régional catalan

Le nouveau président de la région Catalogne, l'indépendantiste Quim Torra, lors d'une cérémonie officielle de prestation de serment au Palais de la Generalitat à Barcelone le 17 mai 2018. AFP PHOTO / POOL / Alberto Estévez

La plus haute instance judiciaire espagnole a confirmé lundi la condamnation du président indépendantiste régional catalan Quim Torra à un an et demi d'inéligibilité pour désobéissance, entraînant sa destitution et un risque de répercussions politiques majeures.

Dans son communiqué, le Tribunal Suprême "confirme la condamnation à un an et demi d'inéligibilité de M. Torra pour un délit de désobéissance".

Condamné en première instance en décembre, M. Torra avait refusé d'obéir "de manière réitérée et obstinée" aux ordres de l'autorité électorale lui enjoignant de retirer une banderole au contenu séparatiste de la façade du siège du gouvernement régional avant les élections législatives d'avril 2019, a ajouté le tribunal.

La confirmation de sa condamnation entraîne la destitution de M. Torra de ses fonctions de président de la Catalogne, une riche région du nord-est de l'Espagne aux compétences élargies qui a été le théâtre en 2017 d'une tentative de sécession.

Dans la foule de la décision du Tribunal suprême, le tribunal supérieur de Catalogne, qui l'avait condamné en première instance, a appelé M. Torra à s'abstenir "dès aujourd'hui" (lundi) d'"exercer" sa fonction et a demandé à son vice-président Pere Aragones d'effectuer l'intérim à la tête de la région.

Mais les services de M. Torra, interrogés par l'AFP, ont précisé qu'ils estimaient que la sentence ne serait effective que quand le dirigeant indépendantiste en aurait été informé personnellement.

"Défendons le président"

Cette destitution risque de raviver les tensions en Catalogne, où la condamnation en octobre 2019 de dirigeants séparatistes à la prison pour la tentative de sécession de 2017 avait entraîné de nombreuses manifestations, dont certaines avaient dégénéré en violences.

Immédiatement après la décision du Tribunal suprême, les puissantes associations indépendantistes ANC (Assemblée nationale catalane) et Omnium Cultural ont appelé les indépendantistes à se rassembler lundi à 19H00 (17h00 GMT) devant les mairies de la région.

"Défendons le président, luttons pour l'indépendance", a lancé l'ANC.

Le prédécesseur de M. Torra, Carles Puigdemont, a, pour sa part, fustigé sur Twitter "un Etat corrompu depuis la Couronne jusqu'à la magistrature", qui "continue de décider au nom des Catalans".

"Une fois de plus, l'Etat espagnol interfère dans nos institutions démocratiques", a ajouté la principale figure de la tentative de sécession de 2017, qui a fui en Belgique pour échapper aux poursuites judiciaires.

Dialogue

La décision du Tribunal Suprême pourrait aussi avoir des répercussions politiques majeures en Espagne, où le gouvernement central de gauche dirigé par Pedro Sanchez pourrait avoir besoin des voix des indépendantistes catalans pour faire approuver son budget destiné à relancer une économie en grandes difficultés en raison de la crise du Covid-19.

Le dialogue ouvert entre les gouvernements central et régional sur la crise catalane depuis la reconduction au pouvoir du socialiste Pedro Sanchez en janvier pourrait aussi être mis à mal.

Ce dialogue, condition du soutien d'une partie des indépendantistes catalans à son investiture par le parlement, a été interrompu de longs mois en raison de la pandémie, mais devait reprendre prochainement.

M. Torra, qui devra, par ailleurs, payer une amende de 30.000 euros, avait mis en avant la liberté d'expression pour justifier l'affichage sur la façade de la "Generalitat" (le gouvernement régional) d'une pancarte appelant à la libération des dirigeants indépendantistes en prison.

"Oui, j'ai désobéi", avait-il reconnu. "Mais c'est parce qu'il était impossible d'obéir à un ordre illégal", avait-il ajouté.

Une fois M. Torra déchu de ses fonctions, le parlement régional aura environ deux mois pour choisir un nouveau président, faute de quoi de nouvelles élections régionales devront être convoquées dans un contexte de profondes divisions au sein du mouvement indépendantiste.

En janvier, M. Torra avait annoncé la convocation d'élections en raison des tensions entre sa formation, Ensemble pour la Catalogne, et celle de M. Aragones, Gauche Républicaine de Catalogne, alliées au sein du gouvernement régional. Mais ce scrutin n'a jamais eu lieu en raison de la pandémie.

M. Torra peut encore porter l'affaire devant le Tribunal constitutionnel, mais cet ultime recours n'est pas suspensif.

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