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Le président Ilham Aliev largement réélu en Azerbaïdjan


Ilham Aliev, lors de sa prestation de serment à son arrivée au pouvoir, à Bakou, en Azerbaïdjan, le vendredi 31 octobre 2003.

Homme fort de l'Azerbaïdjan depuis 15 ans, Ilham Aliev a été réélu mercredi pour un quatrième mandat avec plus de 80% des voix à l'issue d'une présidentielle boycottée par l'opposition, selon les sondages sortie des urnes.

Ilham Aliev, dont la victoire ne faisait aucun doute, a obtenu 82,7% des voix selon les sondages sortie des urnes effectués par l'institut de sondage public azerbaïdjanais ELS Independent Research Center, et 86,5% selon ceux de l'institut français OpinionWay.

Ilham Aliev, 56 ans, prolongera au moins jusqu'à 2025 sa mainmise sur le pays. Il avait été élu pour la première fois en 2003 dans cette ex-république soviétique riche en hydrocarbures, succédant à son père Heydar, un ancien officier du KGB local qui dirigeait le pays depuis 1969 et a conservé le pouvoir jusqu'à sa mort.

Le taux de participation définitif n'était pas encore connu, mais il était de 69,9% deux heures avant la clôture du scrutin, même si défenseurs des droits de l'homme et dirigeants de l'opposition ont émis des doutes sur ces chiffres.

Les principaux partis d'opposition ont refusé de participer au scrutin, estimant que les conditions pour la tenue d'une élection démocratique ne sont pas réunies et accusant les autorités de vouloir truquer le vote.

"L'environnement et la législation électorale n'ont pas offert de garanties d'élections libres et justes", ont dénoncé onze militants azerbaïdjanais des droits de l'homme dans un communiqué commun publié avant le vote.

"Les élections ne sont absolument pas compétitives et n'offrent pas d'alternative politique", ont-ils ajouté, décrivant notamment "l'alarmante" campagne médiatique ayant accompagné le scrutin.

Critiqué par l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme, Ilham Aliev est loué par ses partisans pour avoir, grâce à la manne des hydrocarbures, transformé et modernisé l'Azerbaïdjan, devenu un important fournisseur de gaz à l'Europe.

La famille Aliev en aurait profité pour mettre la main sur des pans entiers de l'économie du pays, des affirmations qu'Ilham Aliev a toujours niées, comme celles l'accusant de dérives autoritaires.

"Il n'y a pas d'alternative à Aliev. C'est seulement grâce à lui que l'Azerbaïdjan est un pays stable avec une économie forte", a affirmé à l'AFP Elmira Balaïeva, une institutrice de 38 ans venue déposer son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote près de Bakou.

Mais pour Natig Veliev, un étudiant de 27 ans qui a préféré l'abstention, le scrutin "est une pure farce". "Nous n'avons jamais eu d'élection libre dans ce pays. Aliev ne fait que rallonger son règne encore et encore".

- Scores écrasants -

Si sept candidats étaient opposés à Ilham Aliev, aucun n'était réellement connu des électeurs azerbaïdjanais et n'avait mené de campagne électorale. Pour les dirigeants de l'opposition, ces "candidats pantins" ont seulement été choisis pour donner une illusion de concurrence à une élection jouée d'avance.

"L'apogée de cette tragicomédie a été atteinte quand certains candidats ont appelé à voter pour Aliev", relève l'analyste indépendant Bahtiyar Hajiev, interrogé par l'AFP.

L'opposition avait dénoncé la décision surprise -- et inexpliquée -- d'Ilham Aliev d'avancer la présidentielle de six mois, une manoeuvre vue comme un moyen de raccourcir la campagne électorale et d'empêcher l'opposition de prendre des mesures contre les fraudes.

Ilham Aliev a été réélu en 2008 et 2013, à chaque fois avec des scores écrasants dans des scrutins dénoncés comme frauduleux par l'opposition.

En 2009, le chef de l'Etat a fait approuver par référendum un changement de constitution l'autorisant à effectuer un nombre illimité de mandats, une réforme dénoncée par les militants de défense des droits de l'homme et par ses opposants.

Un nouveau changement constitutionnel, en 2016, a étendu le mandat présidentiel de cinq à sept ans. Le Conseil de l'Europe avait critiqué ces réformes provoquant "un grave bouleversement de l'équilibre des pouvoirs" et donnant au président une autorité "sans précédent".

Ilham Aliev a aussi placé les membres de sa famille aux plus hautes marches du pouvoir. Sa femme Mehriban a ainsi été nommée première vice-présidente de l'Azerbaïdjan en février 2017 et son fils Heydar est souvent cité comme son possible successeur.

Avec AFP

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