Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Maroc

Nouveau report du procès de la journaliste Hajar Raissouni

Manifestation en faveur de la journaliste détenue Hajar Raissouni, Rabat, Maroc, 9 septembre 2019.

Le tribunal de première instance de Rabat a reporté lundi au 30 septembre le procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni, poursuivie pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", une affaire qui suscite l'indignation.

Au cours d'une audience de plus de neuf heures, la journaliste a évoqué une expertise médicale "douloureuse" faite "sans son consentement" et sans anesthésie.

Les avocats de cette reporter de 28 ans ont plaidé pour son acquittement: "Une décision pareille montrerait que vous êtes indépendant et la justice en sortira grandie", a dit l'un d'eux en s'adressant au juge.

Journaliste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, Hajar Raissouni risque jusqu'à deux ans de prison en vertu du code pénal marocain, qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger.

Devant le juge, elle a nié tout avortement, assurant avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue, arrêté et jugé en même temps qu'elle, a confirmé lundi devant le tribunal.

Interpellée fin août à l'entrée d'un cabinet médical de Rabat, la journaliste dit avoir été arrêtée par "douze policiers", puis "contrainte à faire un examen médical, sans son accord", dans un hôpital.

"L'examen a duré 20 minutes, sans anesthésie", a dit la jeune femme vêtue d'une djellaba noire et coiffée d'un foulard vert.

Quatre équipes de policiers se sont ensuite relayées pour l'interroger sur ses proches, sur son journal, sur ses écrits et sur un éventuel avortement, selon son récit. Un de ses oncles est un éditorialiste engagé du quotidien Akhbar Al-Yaoum, un autre un idéologue islamiste opposé au statut de "commandeur des croyants" du roi Mohammed VI.

La journaliste avait été arrêtée en même temps que son fiancé. Comme eux, le gynécologue de 68 ans qui l'a traitée, un anesthésiste de 82 ans et une secrétaire ont été placés en détention et sont jugés avec eux.

Le médecin a confirmé devant les juges l'avoir soignée pour une hémorragie, "un cas d'urgence", et a déclaré n'avoir pu relire le procès verbal accusateur dressé par les policiers.

En début d'audience, les avocats de la défense ont assimilé l'expertise imposée à la journaliste à de la "torture", pointant les "manquements de la police judiciaire". Les policiers ont "pris la liberté d'ordonner des examens médicaux sans passer par le procureur, dans le but de fabriquer des preuves coûte que coûte", selon eux.

Les demandes de remise en liberté de tous les prévenus et l'annulation des procès verbaux litigieux n'ont pas été retenues par le juge.

L'affaire suscite une vague de colère et indignation, soulevant des débats sur les libertés individuelles au Maroc et sur les poursuites judiciaires visant les voix critiques.

Toutes les actualités

"Marrakech étouffe" face à la pandémie de coronavirus

"Marrakech étouffe" face à la pandémie de coronavirus
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:43 0:00

Les Marocains en émoi après l'agression sexuelle et le meurtre d'un enfant de 11 ans

Un membre des forces de sécurité marocaines se tient devant le tribunal de Sale près de la capitale Rabat, le 14 novembre 2019.

L'agression sexuelle et le meurtre d'un garçon de 11 ans à Tanger suscite un profond émoi au Maroc, où plusieurs voix réclament la peine de mort pour le "monstre" qui a tué le "petit Adnane".

La peine capitale est toujours en vigueur dans le royaume mais n'est plus appliquée depuis 1993. Son abolition fait débat et les appels à exécution ressurgissent quand de grandes affaires mobilisent l'opinion publique.

Nombreux sont ceux qui demandent "justice pour Adnane" depuis que son corps a été retrouvé, dans la nuit de vendredi à samedi, enterré sous un arbre près de chez lui, dans un quartier populaire de Tanger.

Le jeune garçon avait disparu lundi dernier après être sorti faire une course. Sa famille avait alerté la police et son portrait avait été massivement diffusé sur les réseaux sociaux.

Des internautes ont relayé des images de mauvaise qualité, extraites d'une caméra de surveillance, où on le voit marcher aux côtés d'un inconnu.

L'homme, un ouvrier de 24 ans travaillant dans l'immense zone industrielle de la ville portuaire de Tanger, a été identifié et interpellé pour "homicide volontaire sur mineur avec attentat à la pudeur", a annoncé la DGSN, la police marocaine.

Selon l'enquête préliminaire, "le mis en cause a emmené la victime dans un appartement qu'il loue dans le même quartier, l'a agressée sexuellement et commis l'homicide volontaire", avant de l'enterrer à proximité.

Il a été déféré lundi devant le procureur du roi à Tanger, en même temps que ses trois colocataires, poursuivis pour "non dénonciation d'un crime".

Dans un message de condoléances à la famille à la suite de cette "perte cruelle", le roi Mohammed VI a condamné "un crime odieux".

"Peine maximale"

Selon la presse marocaine, le suspect s'est rasé la barbe et a changé de coupe de cheveux après l'agression dans l'espoir de ne pas être identifié.

Mais il s'est trahi en envoyant depuis son numéro de téléphone personnel une demande de rançon aux parents, leur faisant croire que leur fils était toujours vivant, selon les médias locaux.

L'affaire a provoqué une vague de colère à Tanger, ville de plus d'un million d'habitants, où un sit-in a mobilisé samedi des centaines de personnes, avec des appels à "exécuter le meurtrier d'Adnane".

Sur les réseaux sociaux, les appels à la peine de mort se multiplient à coups de pétitions indignées.

"Nous citoyens marocains, mères et pères, demandons la peine maximale, à savoir la peine de mort pour ce criminel", peut-on lire dans une de ces pétitions qui a récolté plus de 5.000 signatures.

Des voix plus minoritaires disent toutefois s'opposer à la peine de mort, parfois en invoquant la Constitution qui consacre le droit à la vie.

"Prévention"

Après la découverte du corps, l'association "Touche pas à mon enfant" a exhorté les autorités à activer un dispositif Alerte-Enlèvement, qui a permis de "sauver plusieurs vies d'enfants en Europe". "Il est temps que l'Etat fasse de la prévention", a martelé l'ONG marocaine.

Plus généralement, l'affaire remet sur le devant de la scène la question de la protection de l'enfance dans ce pays régulièrement marqué par des affaires de pédophilie.

Des ONG dénoncent depuis longtemps des condamnations qu'elles jugent trop clémentes, appelant à renforcer la lutte contre les prédateurs sexuels.

En juin dernier, un homme soupçonné d'avoir violé une fillette de six ans dans le Sud du pays avait été libéré sous caution, avant d'être remis en détention après de vives protestations.

A l'été 2013, la grâce royale un temps accordée par erreur à un pédophile espagnol avait déclenché une polémique violente et d'importantes manifestations.

Depuis l'arrestation de l'agresseur présumé d'Adnane, la police a annoncé avoir interpellé deux autres pédophiles, à Tanger et Safi (sud).

Les autorités marocaines affichent des objets d'une cellule terroriste présumée

Les autorités marocaines affichent des objets d'une cellule terroriste présumée
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:57 0:00

Privée de ses nombreux touristes, Marrakech étouffe

Des touristes sont assis dans un café de la place Jamaa Lafna à Marrakech, Maroc, le 15 mars 2020. REUTERS / Youssef Boudlal

Joyau du patrimoine marocain avec sa médina ultra-touristique classée par l'Unesco, Marrakech affronte une crise sans précédent, privée de ses millions de visiteurs à cause d'une pandémie toujours vivace. Mais des voix s'élèvent pour "sauver la ville qui étouffe".

"Avant, il fallait attendre son tour pour avoir une table", peste Bachir, serveur, en montrant la grande terrasse de café déserte où il s'active depuis vingt ans, au coeur de la célèbre place Jamaa El Fna, symbole de la "ville ocre".

La situation n'est guère meilleure pour son voisin Mohamed Bassir: "c'est la première fois que je vois Jamaa El Fna aussi vide, cela me rend triste", murmure ce marchand de jus d'orange posté derrière sa roulotte décorée de fruits en plastique.

Habituellement grouillante de monde, cette célèbre place datant du XIe siècle a été désertée par les charmeurs de serpents, les musiciens de rue, les marchands de souvenirs et les diseuses de bonne aventure.

Les taxis et les calèches tournent à vide depuis que le Maroc a déclaré l'état d'urgence sanitaire mi-mars et verrouillé ses frontières pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

Dans les ruelles labyrinthiques de la médina voisine, les souks colorés proposant habituellement babouches, joaillerie ou épices se résument à une succession de rideaux de fer baissés et de visages fermés.

- "Tuer le temps" -

"Les commerçants ont pour la plupart fermé boutique, les autres ouvrent pour tuer le temps car il n'y a rien à faire à la maison", affirme Mohamed Challah dans sa boutique de caftans où il "ne vend plus rien".

Au sortir d'un confinement des plus stricts en juillet, commerçants et opérateurs touristiques avaient tout misé sur le tourisme national pour atténuer leurs pertes.

Mais l'annonce surprise de nouvelles restrictions, dont la fermeture de Marrakech et de sept autres villes fin juillet, a fait voler en éclats leurs espoirs de relance.

"Les annonces de dernière minute ont fait beaucoup de mal aux professionnels du secteur", déplore un consultant en tourisme basé dans cette ville qui a attiré l'an passé 3 des 13 millions de touristes venus au Maroc et en tire l'essentiel de ses revenus.

"Des hôtels ont fermé, des milliers d'employés se sont retrouvés au chômage et toute la ville est désormais à l'arrêt", poursuit ce consultant qui a requis l'anonymat.

Pour Jalil Habti Idrissi, qui dirige une agence de voyage vieille de 45 ans dont le chiffre d'affaires s'est écroulé, il sera "très difficile de rebondir".

- "Marrakech étouffe" -

Sur les réseaux sociaux, les appels se multiplient pour "sauver" la ville impériale et assouplir les restrictions à l'arrivée de visiteurs.

"Il faut apprendre à vivre avec ce virus et arrêter ce blocage, cette phobie", s'insurge M. Idrissi.

La semaine dernière, des professionnels du secteur ont organisé plusieurs sit-in pour appeler les autorités à mettre fin à leur calvaire.

"Le coronavirus n'aura pas le temps de nous tuer, la faim s'en chargera avant", pouvait-on lire sur une banderole déployée vendredi.

Lueur d'espoir: les autorités du royaume ont récemment accédé à une requête du patronat qui consiste à autoriser les voyageurs non soumis aux formalités de visa à se rendre au Maroc à bord de "vols spéciaux" opérés par les compagnies aériennes nationales, sur présentation d'une réservation d'hôtel et de deux tests --sérologique et PCR-- négatifs de moins de 48 heures.

Mais il s'agit d'une "ouverture partielle", fait remarquer Ibtissam Jamili, qui dirige un cinq étoiles et accuse des "pertes colossales".

L'enthousiasme pourrait par ailleurs être de courte durée car avec plus de 2.000 cas quotidiens enregistrés ces derniers jours, le royaume de 35 millions d'habitants fait face à une flambée des contaminations.

Marrakech, comme Casablanca, la capitale économique, figure parmi les villes les plus touchées et quand les professionnels du tourisme appellent à sauver le secteur, de nombreux internautes s'inquiètent eux de la situation sanitaire et de l'engorgement des hôpitaux.

Le royaume compte 86.686 cas, dont 1.578 décès et des photos de patients dormant à même le sol du principal hôpital de la capitale touristique ont été largement relayées sous le hashtag "Marrakech étouffe".

Des entreprises européennes exportent 41 pesticides interdits dans l'UE

Des fleurs primevères jaunes traitées avec de l'insecticide. (Crédit: Anurag Agrawal)

Paraquat, dichloroprène, cyanamide: ces pesticides interdits dans l'Union européenne pour leur nocivité sont exportés par des sociétés européennes hors du continent, dénoncent jeudi les organisations Greenpeace et Public Eye, qui désignent en particulier la société suisse Syngenta.

En 2017, la justice européenne a interdit l'herbicide Paraquat, soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson. Le dichloropropène, utilisé dans la culture de légumes, est interdit depuis 2007 dans l'Union européenne, et la cyanamide, utilisée dans la vigne et la culture de fruits, depuis 2008.

Pourtant, plus de 81.000 tonnes de ces produits et d'autres pesticides interdits ont été vendus hors de l'UE en 2018, selon Greenpeace UK et Public Eye, qui ont épluché les "notifications d'exportations" remplies par les entreprises pour exporter ces substances vers des pays où elles sont autorisées.

"Chaque année, des pesticides interdits dans l'UE en raison de leur toxicité avérée sont expédiés depuis le sol européen vers des pays où les réglementations sont plus faibles", selon le rapport.

"Si la pratique est légale et connue, les principaux acteurs de ce commerce ont toujours pu maintenir leurs activités derrière un voile d'opacité, protégés par le sacro-saint +secret des affaires+", reprochent les ONG.

Les pays d'où sont exportés le plus de pesticides interdits dans l'UE sont le Royaume-Uni, largement en tête, l'Italie, l'Allemagne, les Pays-Bas, la France, l'Espagne et la Belgique. Ils "couvrent plus de 90% des volumes" qui se sont montés en 2018 à 81.615 tonnes et concernent 41 pesticides interdits dans l'UE, selon les ONG.

Les principales destinations sont le Brésil, l'Ukraine, le Maroc, le Mexique et l'Afrique du Sud. "Les risques sanitaires ou environnementaux sont dramatiques", s'alarment les ONG.

Ce rapport désigne en particulier la société suisse Syngenta, "de loin le plus gros exportateur de pesticides interdits depuis l'UE", mais aussi les allemandes Bayer, BASF et Alzchem et l'italienne Finchimica.

En France, le Conseil constitutionnel français a validé début 2020 l'interdiction de production en France et d'exportation de produits phytopharmaceutiques contenant des substances bannies par l'UE à partir de 2022.

Voir plus

XS
SM
MD
LG