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RDC

Avec la chute du cobalt, la RDC au défi de transformer son économie

Les mineurs artisanaux sont des minéraux de tri sur la route entre Kolwezi et Lubumbashi, le 15 février 2018.

Les nouvelles autorités de la République démocratique du Congo sont plus que jamais mises au défi de diversifier l'économie du géant d'Afrique avec la brutale chute des cours du cobalt, signe de sa trop grande dépendance aux ressources minérales.

A Kinshasa de jeudi à samedi, puis Lubumbashi la semaine suivante, des experts vont plancher sur l'économie congolaise avec un constat de base: en un an, le prix de la tonne de cobalt a subi une brutale correction, de à 80.000 à 28.000 dollars à la bourse des métaux de Londres.

Et ce sont les cours volatiles de ce minerai très prisé pour les batteries de nouvelle génération, dont la RDC est le premier producteur mondial, qui jouent au yo-yo avec la croissance du plus grand pays d'Afrique sub-saharienne.

"La croissance du PIB est passée de 3,7 % en 2017 à 5,8 % en 2018 (...) sous l'effet d'une forte augmentation des prix du cobalt", résume le Fonds monétaire international (FMI) dans son premier audit de l'économie congolaise depuis 2015.

"La croissance du PIB devrait ralentir pour s'établir à 4,3 % en 2019, dû à un ralentissement de l'activité minière dans un contexte d’affaiblissement des prix du cobalt", ajoute le FMI dans son compte-rendu d'une mission à Kinshasa quinze jours fin mai-début juin.

Autre signe de la dépendance de la RDC aux minerais (cuivre et coltan également): le FMI prévoit une baisse du PIB global en 2019 alors même que "la croissance de l'économie non-minière ferait plus que doubler en raison de la hausse des investissements publics et de l'optimisme post-électoral".

A la hausse ou à la baisse, ce PIB est déjà ridiculement faible vu la taille de la RDC et les besoins abyssaux de sa population (moins de 40 milliards de dollars d'après la Banque mondiale, pour 80 millions d'habitants qui vivent en moyenne avec moins de deux dollars par jour).

La mission du FMI à Kinshasa a porté "sur les politiques qui permettraient à terme de diversifier l'économie et de s'attaquer aux niveaux élevés de pauvreté et de chômage dans une population en rapide expansion".

La "diversification et la transformation" de l'économie congolaise est également le thème de la sixième "Semaine française" de Kinshasa organisée de jeudi à samedi par la Chambre franco-congolaise de l'Industrie.

"L'économie congolaise tire près de 80% de ses recettes d'exportation (des mines), occasionnant ainsi sa vulnérabilité face à la volatilité des prix de ses principales matières premières d'exportation", notent les organisateurs.

Libéralisation

"Agro-alimentaire, textile, tourisme, télécommunications, transport terrestre, fluvial et aérien, services, industrie forestière, énergétique, pharmaceutique, recyclage etc... sont autant de secteurs à explorer pour transformer l'économie du pays", ajoutent-ils.

Un mois après la visite du ministre français des Affaires étrangères, la France veut promouvoir à Kinshasa une annonce du président Emmanuel Macron: "Choose Africa" et ses "2,5 milliards d'euros consacrés au financement et à l'accompagnement de près de 100.000 start-up, TPE et PME sur le continent africain d'ici 2022".

Ces bonnes intentions se heurtent encore aux maux endémiques qui compliquent la vie des acteurs économiques du privé: faiblesse de l'Etat et des rentrées fiscales malgré l'empilement des taxes, corruption...

Le FMI a fortement suggéré au nouveau président Félix Tshisekedi d'"accélérer l'adoption du projet de loi anticorruption", ainsi que la création d'une "commission indépendante de lutte contre la corruption".

L'argent ne rentre pas dans les caisses du Trésor public, s'inquiète le FMI. "50% des conteneurs qui entrent dans le port fluvial de Matadi ne paient pas de droits de douane", avance un fin observateur de l'économie locale. En revanche, des backshichs entrent très probablement dans la poche des agents locaux des douanes.

Des dossiers avancent doucement. La libéralisation du secteur des assurances est une réalité, avec trois opérateurs qui disposent d'un agrément pour prendre le relais du vieux monopole de la société publique Sonas (le groupe camerounais Activa, et les filiales de deux banques locales, la Rawbank et la Sofibanque).

La semaine prochaine à Lubumbashi du 19 au 12 juin, les multinationales du secteur se pencheront également sur la chute des prix du cobalt.

Ils aborderont les conséquencss de la réforme du code minier entré en vigueur il y a un an.

Le code minier a "augmenté les taxes et placé des taux de royalties très élevés sur des minerais stratégiques comme le cobalt et le coltan", rappelle une spécialiste, Chantelle Kotze.

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Six civils tués à Oicha dans le Nord-Kivu

Six civils tués à Oicha dans le Nord-Kivu
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"On ne va pas se faire des bisous!", lance Tshisekedi au sujet de son alliance avec Kabila

Le président sortant Joseph Kabila, à droite, et son succésseur Félix Tshsiekedi lors de l'investiture au Palais de la nation, Kinshasa, 24 janvier 2019.

"Il y a quelques mois, ces gens-là étaient nos adversaires. On ne va pas soudainement se faire des bisous sur la bouche!", a déclaré le président Félix Tshisekedi au sujet de sa coalition avec son prédécesseur, Joseph Kabila, qui connaît des tensions ces derniers jours.

"Dans le camp Kabila, certains n'acceptent toujours pas d'avoir perdu leurs privilèges. Et dans notre propre camp, certains n'acceptent pas de se coaliser avec ceux qui étaient hier encore nos bourreaux", a dit le chef de l'Etat congolais au quotidien français Libération à l'occasion de sa visite à Paris.

"Le courant (avec Kabila, NDLR) passe bien", a déclaré M. Tshisekedi vendredi à Berlin lors d'une conférence de presse avec la chancelière Angela Merkel.

"Nous parlons aussi des problèmes de la coalition. Mais dans l'ensemble, il sait que je dirige ce pays et il se tient vraiment à sa place, celle d'un consultant quand j'en ai de temps en temps besoin et il le fait vraiment de gaieté de cœur", a ajouté le président investi le 24 janvier.

En son absence en RDC, des responsables des deux camps ont multiplié les déclarations incendiaires.

Les deux camps s'accusent mutuellement de la dégradation ponctuelle d'affiches à l'effigie de leurs deux leaders.

Une délégation gouvernementale est arrivée ce vendredi à Kolwezi (sud-est) pour calmer les esprits après des incidents entre les deux camps la semaine dernière.

Un porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a proposé "les bons offices" de la mission onusienne "pour résoudre des problèmes", si les Congolais en font la demande.

"Il faut aussi que les acteurs politiques jouent le rôle d'hommes d'Etat", a ajouté ce représentant, François Grignon, mercredi lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Monusco.

Issu de l'opposition, le président Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre. Les forces de son prédécesseur ont gardé la majorité au parlement et dans les 26 provinces.

MM. Tshisekedi et Kabila ont mis plus de sept mois pour s'entendre sur un gouvernement de 67 membres, dont les deux tiers sont affiliés au Front commun pour le Congo (FCC) pro-Kabila.

Ebola en RDC: la course aux vaccins bat son plein, l'épidémie marque le pas

Dans un centre de traitement Ebola à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

Un deuxième vaccin a été introduit jeudi à titre d'"essai clinique" contre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola dans l'est de la République démocratique du Congo, où la propagation du virus marque le pas depuis quelques semaines.

Des équipes de l'ONG Médecins sans frontière (MSF) ont ouvert deux centres de vaccination à Goma, la grande ville du Nord-Kivu de plus d'un million d'habitants, où il n'y a pas actuellement de cas de transmission.

"Je viens d'être vacciné. Je vais aussi amener toute ma famille", a déclaré Joseph Munihire, 38 ans et père de six enfants, à un correspondant de l'AFP, en ajoutant: "Je demande à tous ceux qui doutent encore de venir se faire vacciner".

L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola
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Responsable de la mise en oeuvre du nouveau protocole, MSF veut cibler "50.000 personnes sur une période de quatre mois", avec 23.000 doses du vaccin des laboratoires américains Johnson&Johnson déjà livrées en RDC, selon les chiffres de l'ONG.

"Après avoir reçu la première dose du vaccin, les participants seront invités à se présenter de nouveau deux mois plus tard pour une deuxième injection", a précisé MSF dans un communiqué.

Un second vaccin contre Ebola en RDC
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L'enjeu consiste à "vérifier le bon déroulement de la vaccination à deux doses, dans une région à population très mobile et où il y a eu des cas dans le passé".

Quatre premiers cas de fièvre hémorragique avaient été enregistrés à Goma en juillet-août. Les autorités sanitaires avaient redouté une propagation de la maladie dans une ville densément peuplée, plaque tournante des échanges avec le Rwanda, l'Ouganda, et la province voisine du Sud-Kivu.

Aucun cas à Goma

Aucun nouveau cas de fièvre Ebola n'a cependant été signalé à Goma depuis le mois d'août.

"Cette vaccination à Goma est complémentaire. Elle ne remplace pas le premier vaccin, mais elle vient le compléter, particulièrement dans des zones où il n'y a pas de cas de transmission", a déclaré à l'AFP le coordonateur de la riposte, Steve Akuha.

L'épicentre de l'épidémie se situe toujours à 350 km au nord, dans la région de Beni-Butembo, avec des risques de déplacements vers la province voisine de l'Ituri.

Déclarée le 1er août 2018, cette 10e épidémie de fièvre hémorragique sur le sol congolais a tué 2.193 personnes, pour 1.067 guérisons. L'épidémie a été déclarée "urgence de santé publique mondiale" le 17 juillet par l'OMS, dans un appel aux bailleurs de fonds.

C'est première fois que des vaccins sont utilisés à titre "compassionnel" (à titre expérimental, sans autorisation préalable de mise sur le marché) pour prévenir la maladie qui se traduit par des poussées de fièvre, des diarrhée, des hémorragies...

En zone endémique, la première campagne de vaccination a commencé une semaine après la déclaration officielle de l'épidémie le 1er août 2018.

Depuis, 251.079 personnes ont été vaccinées par le premier vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe américain Merck Shape and Dohme, selon le dernier pointage des autorités sanitaires congolaises mercredi soir.

Hasard des dates ou pas dans la "guerre des vaccins", comme l'appelle certains spécialistes ? Ce premier vaccin a reçu un début d'homologation préalable à sa mise officielle sur le marché à la veille de l'introduction du deuxième protocole.

L'OMS a "préqualifié" mardi le premier vaccin, "ouvrant la voie à son utilisation dans les pays à haut risque".

L'annonce de l'OMS fait suite à la décision prise lundi par la Commission européenne d'autoriser la commercialisation de ce vaccin. Le 18 octobre, l'Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

En juillet, l'ancien ministre de la Santé Oly Ilunga avait démissionné en dénonçant "des acteurs qui ont fait preuve d'un manque d'éthique manifeste" dans leur volonté d'introduire un deuxième vaccin.

M. Oly Ilunga est actuellement en résidence surveillée, accusée par les autorités congolaises de détournement de fonds dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

En septembre, MSF avait accusé l'OMS de "rationner" le premier vaccin utilisé depuis le début de l'épidémie. Des accusations que l'OMS avaient balayées.

Une réduction sensible des cas de contamination à Ebola a été observée ces dernières semaines par les autorités sanitaires. Mercredi soir, le dernier bulletin épidémiologique indique que 508 cas suspects sont en cours d’investigation: "Quatre nouveaux cas ont été confirmés. Aucun nouveau décès des cas confirmés n’a été enregistré".

"Dans sa phase actuelle, l'épidémie n'est plus urbaine, c'est devenu une épidémie rurale. Le virus Ebola s'est retranché en Ituri. Il faut donc le poursuivre, le coincer et l'éliminer", a déclaré fin octobre le professeur Jean-Jacques Muyembe, coordonateur de la riposte anti-Ebola.

Un second vaccin contre Ebola en RDC

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L'OMS "préqualifie" un premier vaccin contre Ebola

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