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Aux Etats-Unis, les démocrates toujours pas remis de la défaite d'Hillary Clinton

La candidate démocrate, Hillary Clinton, accompagnée de son mari et ancien chef de l’Etat américain Bill Clinton, concède la victoire au républicain Donalad Trump (non visible sur la photo) élu 45eme président des Etats-Unis, a New York, 9 novembre 2016.

Plus de six mois après le choc de la victoire de Donald Trump à la présidentielle, les démocrates américains peinent à rebondir et à ébaucher un nouveau message en vue des prochaines élections législatives, en novembre 2018.

La bataille pour la reconquête passe tant par une refonte idéologique que par le casting, l'une des chefs historiques du parti, Nancy Pelosi, étant ardemment critiquée mais nullement disposée à laisser sa place.

Depuis janvier, les démocrates ont perdu les quatre élections législatives partielles au Congrès qui se sont tenues dans le pays. Certes, elles se sont déroulées dans des bastions républicains, mais l'état-major espérait que l'impopularité du président américain fasse basculer au moins une circonscription.

"Ils pansent encore leurs plaies", constate Kerwin Swint, professeur de science politique à l'Université Kennesaw en Géorgie.

Ces campagnes ratées soulignent le problème central du parti: il n'a pas de message clair. Faut-il incarner une opposition totale à Donald Trump? Ou faire ce qu'Hillary Clinton n'a pas réussi, à savoir promouvoir un message économique qui réponde aux préoccupations de la classe moyenne et des travailleurs?

L'élection partielle en Géorgie, mardi, a montré les limites de la stratégie consistant à dénoncer les abus de pouvoir supposés ou le comportement du milliardaire républicain dans l'enquête sur la Russie à longueur de temps au Congrès et dans les médias.

"Les démocrates ne devraient pas constamment parler de lui, il faut qu'ils parlent d'emploi", estime le professeur Swint. "Ils ont besoin d'un message économique beaucoup mieux défini".

Pas si vite, prévient Zac Petkanas, un des anciens responsables de la communication d'Hillary Clinton. Selon lui, si la cote de popularité de Donald Trump, actuellement de 42% selon Gallup, plongeait dans les prochains mois, "ce serait une faute professionnelle de ne pas faire campagne contre lui", déclare-t-il à l'AFP.

Bataille interne

L'objectif est le rendez-vous électoral de novembre 2018, quand toute la Chambre des représentants et le tiers du Sénat, actuellement aux mains des républicains, seront renouvelés. En général, le parti du président perd des sièges durant ces élections de mi-mandat. En 2010, deux ans après son élection, Barack Obama a perdu la majorité de la Chambre.

Les démocrates ont besoin de reprendre 24 sièges pour redevenir majoritaires. Or, selon l'un des responsables de la future campagne législative, Ben Ray Lujan, au moins 71 circonscriptions sont jugées plus favorables que les quatre où des élections ont eu lieu cette année.

L'issue de la réforme républicaine du système de santé, qui inclurait l'abolition partielle de la loi emblématique Obamacare de 2010, sera déterminante: les démocrates sont persuadés que les électeurs feront payer aux républicains d'avoir abrogé une loi qui, bon an mal an, est aujourd'hui acceptée par une majorité d'Américains.

"Tout dépendra de la cote de popularité de Trump l'an prochain, sachant que la loi sur la santé aura un grand impact sur le climat politique", abonde le professeur Swint.

Mais beaucoup de démocrates trépignent et n'entendent pas attendre passivement que le vent tourne.

Les critiques se concentrent sur Nancy Pelosi, la représentante de Californie de 77 ans qui dirige le groupe démocrate de la Chambre depuis 15 ans. Déjà contestée à l'automne par un tiers de son groupe, elle fait aujourd'hui face à de nouveaux appels à sa démission.

"Les gens à Washington ne se rendent pas compte de la toxicité de la marque démocrate dans une grande partie du pays", affirme Tim Ryan, un élu de l'Ohio qui la défie ouvertement.

La leader démocrate est-elle elle-même toxique? "Pour être honnête, oui, elle l'est dans certaines parties du pays", a répondu sur CNN le parlementaire, qui veut remettre les "cols bleus", ouvriers et employés non qualifiés, au coeur de la stratégie démocrate.

Signe que les débats internes s'annoncent virulents, Nancy Pelosi a répondu sèchement à ses challengers.

"Ma décision de rester ne dépend pas d'eux", a-t-elle lâché cette semaine.

Avec AFP

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Le rapport Mueller n'a pas trouvé de preuve de collusion

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Le président américain se dit "totalement disculpé"

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Rapport Mueller : les médias américains priés de faire leur examen de conscience

Le dôme du Capitole des États-Unis à Washington, le 26 août 2018.

Les grands médias américains, accusés par Donald Trump et ses proches de partialité dans leur couverture de l'enquête russe, étaient appelés à faire leur introspection après la publication d'extraits du rapport Mueller disculpant le président des accusations de collusion avec la Russie en 2016.

Pour certains observateurs, il est temps que les médias "admettent" avoir fait depuis deux ans une couverture inéquitable de l'affaire. Pour d'autres au contraire, les journalistes doivent continuer à creuser car le rapport n'exonère pas complètement M. Trump sur une possible "entrave à la justice".

"Désormais, une grande partie de la population ne croira plus aucune des accusations portées contre M. Trump par la presse", a estimé le rédacteur en chef du magazine Rolling Stone, Matt Taibbi.

Pour Glenn Greenwald, journaliste d'investigation au site d'information The Intercept, ce sont surtout les chaînes d'information câblées qui doivent admettre leurs erreurs de jugement.

"Faites des recherches sur chaque personnalité de MSNBC, chaque +expert+ en droit de CNN, les médias libéraux-centristes (...) et voyez si vous trouvez même un iota d'introspection, d'humilité ou d'admission d'une énorme erreur", a-t-il dit sur Twitter.

"Si les médias ne rendent pas de comptes pour ce qu'ils ont fait, ne vous plaignez plus jamais du fait que les gens les qualifient de +Fake News+" a-t-il ajouté, en utilisant l'insulte préférée du président Trump quand il parle des grands médias.

- "Des excuses" -

Depuis que les premières informations ont circulé samedi sur le contenu du rapport, le camp Trump, qui hurle depuis le début de l'affaire à la "chasse aux sorcières", crie victoire et réclame des excuses.

"Les démocrates et les médias libéraux doivent des excuses au président et au peuple américain", a lancé la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Le fils aîné du président, Donald Jr, avait auparavant dénoncé les "théories du complot (propagées) sans arrêt" par "CNN, MSNBC, BuzzFeed et le reste des médias grand public".

Son frère, Eric, a également invité sur Twitter les grands médias à s'excuser "pour l'enfer que tout le monde a vécu depuis deux ans et plus".

Mais pour certains experts des médias, il est bien trop tôt pour juger le travail du procureur spécial Robert Mueller sur la base des quatre pages de résumé publiées par le ministre de la Justice Bill Barr.

"Je ne pense pas qu'on puisse accuser les médias d'avoir été injustes avec Donald Trump," dit Stephen Ward, ancien directeur du Centre pour l'éthique journalistique à l'Université du Wisconsin.

"Les médias se devaient de couvrir ce président agressif et défiant la Constitution", souligne-t-il, estimant que les journalistes devaient désormais tout faire pour mettre la main sur l'intégralité du rapport Mueller.

"C'est une question d'intérêt public et tous les citoyens devraient le lire", ajoute-t-il.

- "Vendre du temps d'antenne" -

Dan Kennedy, professeur de journalisme à l'Université Northeastern, estime qu'il est prématuré pour le président de se dire "exonéré" par "une enquête énorme, qui a entraîné de nombreuses mises en accusation et plaider-coupable".

Il est toutefois légitime, selon lui, qu'on s'interroge sur les nombreuses spéculations véhiculées sur les antennes de CNN ou MSNBC, deux médias régulièrement accusés de partialité par le camp Trump.

Il cite notamment l'abondante couverture d'éventuelles poursuites visant Donald Trump Jr et le gendre du président, Jared Kushner, qui n'ont pas eu lieu.

Le gros problème, selon lui, ce sont "les chaînes d'info qui doivent vendre du temps d'antenne avec des discussions et des spéculations", explique-t-il.

Mais pour Deborah Potter, ancienne journaliste de CBS, les spéculations sont normales "car il n'y a eu aucune fuite" de la part des enquêteurs. Malgré cela, "beaucoup d'organes de presse responsables ont donné la bonne impression (sur les résultats de l'enquête) ces dernières semaines", juge-t-elle.

Plus largement, c'est la confiance dans l'indépendance des médias qui doit être rétablie dans l'opinion américaine, dit Mme Potter.

"On a vu une remontée de la confiance générale dans les médias mais les divisions partisanes n'ont jamais été aussi fortes", explique-t-elle.

Le fait qu'une large majorité des électeurs républicains n'aient pas confiance dans les médias "est un problème pour la démocratie", conclut-elle.

Trump dit n’avoir «aucun problème» avec la publication complète du rapport Mueller

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Visite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Washington

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