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La piste de l'attentat s'éloigne dans l'attaque à la camionnette en Allemagne


Des policiers déployés après l’attaque par un véhicule-bélier à Münster, Allemagne, 7 avril 2018.

Un Allemand a tué deux personnes samedi en fonçant avec une camionnette sur des clients assis à une terrasse à Münster, dans le nord-ouest de l'Allemagne, avant de se donner la mort, la police écartant la piste d'un attentat islamiste.

"Rien n'indique pour le moment qu'on ait affaire à des motivations islamistes", a déclaré Herbert Reul, le ministre de l'Intérieur de la région où le drame s'est produit, la Rhénanie du Nord-Westphalie.

Il a ajouté que le conducteur du véhicule-bélier était "un Allemand et non un réfugié comme on le colporte partout".

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, la chaîne de télévision publique ZDF et l'agence de presse allemande dpa, cet homme présenté comme étant Jens R., né en 1969, souffrait de troubles psychologiques.

ZDF assure qu'il avait tenté "il y a peu" de se suicider et que le véhicule, une camionnette grise foncée, selon des photographies prises sur place, était immatriculé à son nom.

>> Lire aussi : Merkel entame un quatrième mandat dans la douleur en Allemagne

Selon la chaîne n-tv, il avait aussi tout récemment clamé son intention de se suicider et de le faire savoir au plus grand nombre de personnes possible.

La police n'a pas voulu confirmer ces informations dans l'immédiat.

L'homme a foncé avec sa camionnette sur les clients installés à la terrasse d'un restaurant-café très couru notamment des touristes, dans le centre de Münster, ville de 300.000 habitants, située non loin des Pays-Bas.

Après avoir évoqué un bilan d'au moins trois personnes tuées par le véhicule, les autorités ont revu le bilan à deux morts et 20 blessés dont "une dizaine" grièvement. Selon le ministre régional de l'Intérieur, cité par le quotidien régional Westfälische Zeitung, les deux morts sont deux employés du restaurant-café visé.

L'assaillant s'est suicidé avec une arme à feu peu de temps après les faits "dans son véhicule", tout près du café-restaurant, selon les autorités.

- Terrasses pleines -

Les faits se sont déroulés vers 15H30 (13H30 GMT), alors que les terrasses étaient pleines et les commerces remplis de clients en cette journée ensoleillée.

La police a fait un temps évacuer les alentours en raison de la présence possible d'un engin suspect à l'intérieur du véhicule.

"On a entendu un grand bruit et des cris, la police est arrivée", a raconté sur la chaîne n-tv un serveur du café. "Il y avait beaucoup de gens qui criaient, je suis en colère, c'est complètement lâche de faire une chose pareille", a-t-il ajouté.

L'arrivée du véhicule à vive allure sur cette place historique a provoqué la panique parmi les passants. Des images circulant sur les réseaux sociaux montraient des chaises renversées et cassées.

Peu après, policiers, dont certains lourdement armés, et pompiers se sont déployés sur les lieux du drame.

Merkel 'bouleversée'

La chancelière Angela Merkel s'est dite "profondément bouleversée" par "les terribles événements" de Münster.

"Tout sera fait pour élucider cette affaire et soutenir les victimes et leurs proches", a ajouté la chancelière sur Twitter.

En France, le président Emmanuel Macron a présenté ses condoléances à l'Allemagne pour "l'attaque de Münster".

Si les motivations du conducteurs ne sont pas encore totalement établies, ces faits interviennent dans un contexte tendu en Allemagne.

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive depuis un an et demi en raison de plusieurs attentats islamistes perpétrés ou envisagés dans le pays, notamment celui au camion-bélier revendiqué par le groupe Etat islamique qui a fait 12 morts en décembre 2016 sur un marché de Noël à Berlin.

Les mouvements islamistes potentiellement violents ont connu ces deux dernières années un essor dans le pays. Les services du renseignement intérieur estiment à environ 10.000 le nombre d'islamistes radicaux en Allemagne, dont 1.600 soupçonnés de pouvoir passer à la violence.

Plusieurs des actes terroristes ont été commis par des demandeurs d'asile et valent à Angela Merkel d'être accusée par ses détracteurs d'avoir fait peser un risque à son pays en ouvrant la porte à des centaines de milliers de réfugiés en 2015 et 2016.

Avec AFP

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