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Au Sénégal, un étudiant paie d'une mâchoire fracturée son combat pour le climat

Manifestants lors de la grève pour le climat à Thiès au Sénégal le 20 septembre 2019.

Yero Sarr l'a appris à ses dépens : militer au Sénégal contre le réchauffement de la planète n'est pas sans risque. Alors qu'il tentait de mobiliser pour cette cause, un adulte lui a fracturé la mâchoire en lui reprochant de "s'opposer à la volonté divine", dit-il.

A 18 ans, cet étudiant en physique-chimie originaire de Thiès, à une heure de route de Dakar, est le fondateur de la branche sénégalaise de "Fridays for the Future", le mouvement mondial lancé par Greta Thunberg qui a rassemblé vendredi plusieurs millions de jeunes de Sydney à San Francisco, en passant par Berlin, Paris et Londres.

Au Sénégal, pays d'Afrique de l'Ouest touché par l'avancée du désert, la déforestation et l'érosion côtière, la mobilisation est restée modeste: quelques dizaines de personnes dans la capitale Dakar et une vingtaine à peine à Thiès, essentiellement des amis de Yero.

"C'est ça le problème en Afrique", dit le jeune homme, interrogé par l'AFP sur cette faible affluence.

Yero Sarr raconte qu'il y a un mois et demi, il faisait du porte-à-porte pour secouer les inerties. "Une grande personne m'a répondu: +C'est la volonté de Dieu. Pourquoi voulez-vous aller à l'encontre de la volonté divine?".

"J'ai eu beau essayer de lui faire comprendre que ce n'était pas la volonté divine, vu que Dieu, quand il nous a donné la Terre, il nous a pratiquement tout donné, et que c'est nous qui avons tout dégradé, cette grande personne-là a refusé mes propos", explique Yero Sarr, citoyen d'un pays où plus de 90% de la population est musulmane et où les conversations de la vie quotidienne sont émaillées de la formule "Inch Allah" (si Dieu le veut).

Son interlocuteur a brusquement mis fin à la discussion d'un coup de genou au visage, occasionnant une double fracture de la mâchoire, relate-t-il. Depuis, un appareil orthopédique lui maintient la mâchoire et il dit s'alimenter en "sirotant".

Il s'est gardé de porter plainte et ses propos n'ont pu être vérifiés de source indépendante.

Contre l'avis des médecins et malgré l'absence de soutien financier, l'étudiant en sciences, pour qui il faut déclarer "l'urgence climatique au Sénégal", a continué ses efforts, bien que la plupart des jeunes soient toujours en vacances à plus d'un mois de la rentrée universitaire.

"Je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de la grève climatique. Du moment que je peux faire passer mon message, ça va. Le reste, ça importe peu", affirme cet émule de Greta Thunberg.

Mais il est "très dangereux de parler du problème climatique au Sénégal", ajoute-t-il en évoquant les "menaces de mort" ayant visé les opposants à la construction d'une centrale à charbon à Bargny, ville industrielle au sud de Dakar où le développement de carrières et d'un port minéralier rencontre également l'opposition des habitants.

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Le député Ousmane Sonko relâché mais inculpé pour viol présumé

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Des blindés dans les rues de Dakar

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Les partisans d'Ousmane Sonko chantent l'hymne national sénégalais

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Ousmane Sonko libéré à Dakar, la contestation s'arrêtera-t-elle?

Des soldats de l'armée bloquent une route alors que les partisans du chef de l'opposition Ousmane Sonko, arrêté à la suite d'accusations d'agression sexuelle, manifestent à Dakar, au Sénégal, le 5 mars 2021.

Avant la décision du juge de libérer le député, l’opposition et les organisations de la société civile avaient lancé un appel à la désobéissance civile.

Un juge de Dakar a ordonné lundi la libération sous contrôle judiciaire du député Ousmane Sonko dont l'arrestation la semaine dernière a déclenché des émeutes meurtrières à travers le Sénégal.

M. Sonko, 46 ans, avait été arrêté mercredi alors qu'il se rendait au tribunal pour répondre à une convocation dans une affaire où il est soupçonné de viol. Il clame son innocence et devra répondre devant le tribunal à une date ultérieure, vu qu'il a été inculpé.

Difficile de dire pour l'instant si sa libération mettra un terme à la tourmente en cours à Dakar et dans d'autres villes. Pour de nombreux Sénégalais, cette contestation dépasse désormais la personne d’Ousmane Sonko.

"Nous avons faim, nous avons soif, cette situation est plus qu’insupportable". Ces mots sortent de la bouche d'un père de famille qui crie au secours. Il a du mal, dit-il, à joindre les deux bouts, à cela s'ajoute une situation socio-politique délétère.

Il n'est pas le seul Sénégalais qui dit vivre un certain malaise en ce moment. Des personnes tuées, des centaines de blessés, des biens publics et privés saccagés, cet habitant de Dakar dénonce le discours du ministre de l'Intérieur qui a attisé le feu, d’après lui.

"Le discours du ministre de l'Intérieur n'a aucun sens. On s'attendait à ce qu'il nous tienne un discours de paix, d'apaisement. Mais au contraire il a envenimé la situation", fustige-t-il.

Les plus jeunes sont entrés dans la danse et dénoncent la mauvaise conjoncture économique, le chômage, entre autres calamités.

"Ce combat va au-delà de l'affaire Ousmane Sonko. Il y a tellement de choses à pointer du doigt. Rien ne marche dans ce pays", affirme un jeune ayant requis l’anonymat.

Ailleurs, Doudou Diop, un menuisier, dit qu'il n'apprécie guère les violences, les agressions et les cas de vols constatés au quotidien. Pour lui, il faut préserver la paix sociale qui a toujours été la force du Sénégal.

"Il faut que les Sénégalais se calment un peu et surtout qu’ils arrêtent les pillages. Prenons l'exemple de Auchan ou encore de Total, de nombreux Sénégalais y travaillent et risquent de tout perdre. Cela va plonger davantage le pays dans une crise économique sans précédent. Tout ceci me fend le cœur, il faut qu’on se calme", supplie-t-il.

Avant la décision du juge de libérer le député, l’opposition et les organisations de la société civile avaient lancé un appel à la désobéissance civile. Le mot d'ordre sera-t-il annulé ? Difficile de le dire pour l'instant. Entre temps, l’armée sénégalaise a été déployée à Dakar avec des blindés pour parer à toute éventualité.

La contestation sénégalaise va au-delà de l'affaire Sonko
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CAF: Augustin Senghor renonce à sa candidature

Le président de la Fédération sénégalaise de football Augustin Senghor (à gauche) lors d'une conférence de presse sur l'île de Gorée, au large de Dakar, le 7 janvier 2019, avant la cérémonie de remise des prix de la CAF 2018.

Le président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor, a renoncé à sa candidature au poste de président de la CAF. C’est suite à un accord diligenté par la Fifa.

Après concertations avec les autorités sénégalaises et avec l'aval du comité d’urgence de la Fédération sénégalaise de football, la décision a été prise d’accepter le protocole de Rabat. Malgré une campagne très prometteuse, Augustin Senghor abdique donc au profit du Sud-Africain Patrice Motsepe.

Youssou Dial, membre du comité technique de la fédération, apprécie positivement cette décision. "Je salue cette initiative qui a fait qu'il y a aujourd'hui un consensus. D'autant plus dans le contexte actuel au sein de la CAF nous avons besoin d'unité et de cohésion des forces", affirme-t-il.

Youssou Dial avoue qu’il y a un peu de déception du côté des Sénégalais. "Tout le monde parle d'ingérence, mais nous sommes conscients qu'au sein du football africain, les dirigeants sont très responsables pour faire de bon choix au profil du football du Continent et c’est ce qui a été fait", déclare-t-il.

Cette décision du président de la Fédération sénégalaise de football ne laisse pas indifférents les autres acteurs du ballon rond. Alassane Ndour, ancien international sénégalais, estime que Me Augustin Senghor sortira gagnant de cette entente.

"De manière objective je pense que c'est une bonne décision. Maintenant, il est deuxième en Afrique et doit se préparer à être premier dans le moyen terme. Il a un profil, son âge, son expérience, entre autres", analyse-t-il.

Pour l’ancien Lion Alassane Ndour, Senghor est certes deuxième mais "il va se charger de faire tout le travail car il en a les aptitudes encore une fois. D'autant plus que le Sud-africain est un homme d'affaires; c'est sûr qu'il va déléguer les tâches à Augustin Senghor", d’après lui.

Pour le journaliste sportif Lamine Mandiang Diedhiou, le président de la Fédération sénégalaise de football n’a pas assumé ses ambitions.

"Augustin Senghor s’est tout simplement plié à la volonté des dirigeants de la Fifa et des autorités sénégalaises. D'ailleurs ce sont eux qui ont validé sa candidature pour la CAF", se désole-t-il.

Loin des urnes, la présidence de la CAF s’est décidée à Rabat sur une initiative de la Fifa.

Les quatre candidats ont conclu un accord pour une gestion collégiale de l’instance suprême du football africain. L’accord définitif a été conclu à Nouakchott le samedi 6 mars 2021, en marge de la finale de la CAN U2O, en présence du Président de la Fifa et des différents candidats.

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