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Au Sénégal, les manifestations étudiantes font écho à mai 68

La manifestation à Dakar, Sénégal, le 24 mai 2018. (VOA/Seydina Abe Gueye)

Les manifestations qui agitent les campus du Sénégal depuis la mort d'un étudiant de Saint-Louis le 15 mai font écho aux mouvements étudiants de mai-juin 68 à Dakar, qui avaient fait vaciller le pouvoir du président Léopold Sédar Senghor.

Plus de deux semaines après le décès de Mouhamadou Fallou Sène, 25 ans, tué par la balle d'un gendarme, les étudiants l'Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis (nord) poursuivent leur mouvement de grève pour "réclamer justice" et la démission de plusieurs ministres, ont-ils annoncé vendredi.

Le président Macky Sall, probable candidat à un second mandat lors de la présidentielle de février 2019, a lâché du lest en annonçant une augmentation des bourses. A Dakar, contrairement à Saint-Louis, le mot d'ordre de grève a été levé.

>> Lire aussi : Les étudiants de Saint-Louis refusent de reprendre les cours au Sénégal

En 2018, comme il y a 50 ans, c'est pour réclamer des bourses d'un niveau suffisant que les étudiants sont descendus dans la rue, affrontant les forces de l'ordre à coups de pavés et dressant des barricades.

En 1968, dans un contexte international d'opposition à la guerre du Vietnam et à l'apartheid, les étudiants de Dakar accusent Senghor, au pouvoir depuis l'indépendance en 1960, d'être un "valet de l'impérialisme".

Ils entrent en grève le 27 mai 68. Deux jours plus tard, les forces de l'ordre interviennent, faisant un mort et de nombreux blessés sur le campus, selon un bilan officiel.

"Loin d'être une simple excroissance du mouvement étudiant européen, ces évènements furent provoqués par une crise politique, économique et sociale interne au Sénégal", explique l'historien et ancien ministre Abdoulaye Bathily.

>> Lire aussi : Macky Sall augmente les bourses des étudiants au Sénégal

Soutien des marabouts

Le 30 mai 1968, la principale centrale des travailleurs lance à son tour un mot d'ordre de grève. A ce moment, "le pouvoir était chancelant", affirme l'historien Omar Guèye.

Senghor stigmatise "l'influence étrangère" et les étudiants du Sénégal qui "singent ceux de Paris".

Dakar vit trois journées de "braise", qui culminent avec la fermeture totale de l'université le 31 mai. Les étudiants étrangers sont renvoyés dans leur pays.

>> Lire aussi : Marche nationale des étudiants à Dakar

Le "président-poète" peut compter sur le soutien de l'armée, des marabouts musulmans, très influents, et de l'armée française, qui occupe des points stratégiques de la capitale.

"Des paysans sont venus avec des sagaies et des flèches pour défendre Senghor et le pays", raconte l'universitaire sénégalais Ibrahima Wone.

La grève des travailleurs ne dure finalement que deux jours et une normalisation progressive, avec le retour des étudiants étrangers, débouche sur des examens en décembre.

Washington Forum du 31 mai 2018 : la grève des étudiants au Sénégal
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Contre la France

Mai-68 a "contribué à développer la démocratie", relève Mbaye Diack, qui dirigeait à l'époque l'Union des étudiants sénégalais (UDES).

Dans les années qui suivent, le Sénégal passe d'un régime de parti unique de fait, à un multipartisme limité à quatre courants en 1974, puis, sous la pression continue des partis de gauche, dont beaucoup étaient interdits, et des syndicats, au multipartisme intégral à l'arrivée d'Abdou Diouf, qui succède à Senghor le 1er janvier 1981.

Cinquante ans plus tard, "le monde universitaire rencontre les mêmes problèmes. Les étudiants et les activistes reprochent à Macky Sall ce que les étudiants de 68 reprochaient à Senghor", relevait lors d'un débat la semaine dernière à l'Institut français de Dakar le musicien hip-hop et doctorant en Lettres Youssoufa Sarr.

>> Lire aussi : Le gouvernement espère une reprise dans les universités au Sénégal

"Il y a beaucoup de mouvements pour que la France dégage et contre le franc CFA", souligne l'historien Babacar Fall, en évoquant la forte présence d'entreprises françaises.

Malgré plusieurs mouvements sociaux depuis le début de l'année, le monde syndical n'a cette fois pas embrayé, d'autant moins que le pays tourne au ralenti en plein mois de Ramadan, que l'opposition est divisée et ses manifestations réprimées sans ménagement.

Quant à la société sénégalaise, toujours conservatrice, elle a pris comme ailleurs un tournant individualiste. "Le rêve qui animait cet esprit soixante-huitard est en berne. On ne fait plus de la politique pour transformer le monde mais pour transformer son monde à soi, sa vie personnelle", explique un journaliste sénégalais, Vieux Savané.

Avec AFP

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13 morts dans l'effondrement d'un immeuble

Carte de la ville de Jos au Nigeria.

Treize personnes sont mortes dans l'effondrement d'un logement de trois étages après des pluies torrentielles dans le centre du Nigeria, ont annoncé les secours mardi.

Les opérations de secours ont continué toute la nuit pour fouiller les décombres après la destruction du bâtiment lundi dans la ville de Jos.

Les corps de 13 personnes ont été retrouvé, tandis que 7 survivants sont soignés à l'hôpital, a affirmé à l'AFP un responsable de la Croix-Rouge sur place.

L'effondrement s'est produit après trois jours de pluie diluvienne, durant les heures de travail, ce qui a sauvé la vie de dizaines d'habitants qui sont rentrés chez eux pour découvrir la destruction de leur logement, ont affirmé les responsables des urgences.

Des voisins ont affirmé que des étages supplémentaires avaient été construits ces dernières années.

L'effondrement de bâtiments est une tragédie fréquente au Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique, où des millions de personnes vivent dans des immeubles délabrés et où la législation concernant la construction est régulièrement bafouée.

En mars, 20 personnes sont mortes quand un immeuble qui abritait une école maternelle et primaire s'est écroulé dans la plus grande ville du Nigeria, Lagos.

Au moins 5 morts dans des combats entre groupes armés dans le nord-est

Des soldats tanzaniens de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Au moins cinq combattants ont été tués dans un accrochage entre miliciens de groupes armés près de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des miliciens du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) ont tenté dimanche d'acheminer des caisses de munitions de chasse en provenance du Soudan, selon des sources humanitaires. Ils ont été arrêtés par des combattants du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC) dans le village d'Amdafock, à 60km au nord de Birao.

"Nous avons interdit la circulation des armes et des munitions dans notre zone", a déclaré à l'AFP Abdoulaye Hissène, chef militaire du FPRC. Les éléments du MLCJ "voulaient traverser avec des cartons de munitions et ont été bloqués par nos agents. Du coup, ils sont partis se regrouper et sont venus nous attaquer sur des motos".

Une version contredite par Ali Abderamane, chef d'état-major du MLCJ : "Les éléments du FPRC ont tenté de dépouiller nos hommes alors qu'ils se rendaient au marché d'Amdafock", a-t-il affirmé à l'AFP.

Le bilan provisoire s'élève à 5 morts, dont 4 dans les rangs du FPRC, selon des sources humanitaires.

"Le FPRC tient toujours cinq de nos hommes en otage. S'ils ne sont pas libérés, nous répondrons. Il y aura des représailles", a menacé Ali Abderamane.

Malgré la signature d'un accord de paix de Khartoum, le 6 février, la situation sécuritaire reste particulièrement fragile dans le pays. Cet accord, signé par 14 groupes armés, prévoit notamment le désarmement des groupes qui mettent en coupe réglée les territoires en province.

Selon l'ONU, entre 50 et 70 violations de l'accord de paix sont rapportées chaque semaine.

Le 22 mai, au moins trente civils ont été tués par des éléments appartenant au groupe 3R, dans la région de Paoua, dans le nord du pays.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Epidémie RDC : le patient diagnostiqué à Goma est décédé

Campagne de vaccination à Mbandaka en RDC le 21 mai 2018.

Le premier cas d'Ebola enregistré à Goma, plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie de la fièvre hémorragique dans l'est de la République démocratique du Congo, est décédé lors de son transfert vers l'agglomération de Butembo, a indiqué mardi une source officielle.

"Malheureusement je peux vous confirmer la mort du patient en cours de route en allant à Butembo", un des foyers de l'épidémie, a déclaré à la presse le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu.

Le diagnostic d'un premier patient à Goma a représenté un électrochoc pour les autorités congolaises et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Goma est une ville d'environ un million d'habitants à la frontière du Rwanda, avec un aéroport desservant Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba, et un port ouvrant sur la province voisine du Sud-Kivu.

"Goma est un avertissement", a déclaré lundi à Genève le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Mike Ryan. "C'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le gouverneur a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie est circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La fièvre hémorragique a tué 1.668 personnes depuis la déclaration de l'épidémie le 1er août dernier, selon le ministère congolais de la Santé.

Le patient de Goma a été évacué vers Butembo pour y "bénéficier des soins parce qu'il n'y avait jamais eu de cas d'Ebola à Goma", a précisé le gouverneur.

Diagnostiqué dimanche après-midi à Goma, l'homme avait été transféré le lendemain vers le Centre de traitement d'Ebola (CTE) de Butembo.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Soudan : la police disperse des manifestants en tirant du gaz lacrymogène

Le général Jamal Omar, membre du Conseil militaire de transition du Soudan, à la télévision soudanaise le 11 juillet 2019.

La police soudanaise a dispersé lundi, par des tirs de gaz lacrymogène, des manifestants rassemblés dans le centre de Khartoum après la mort la veille d'un homme tué par des paramilitaires dans une ville du sud-est du Soudan.

"La police a tiré du gaz lacrymogène pour nous disperser. Mais nous sommes revenus", a expliqué à l'AFP un des manifestants présents à la gare routière dans le centre de la capitale. Des rassemblements spontanés ont eu lieu lundi dans plusieurs quartiers de Khartoum, selon des témoins.

Dimanche, des paramilitaires soudanais ont tué par balle un civil et blessé sept autres personnes dans la ville d'Al-Souk, dans l'Etat de Sennar (sud-est), après un rassemblement d'habitants réclamant le départ de leur ville des Forces de soutien rapide (RSF), un groupe redouté de paramilitaires, ont raconté des témoins à l'AFP.

Scandant "régime civil, régime civil", environ 200 manifestants étaient encore présents dans le centre de Khartoum à la tombée de la nuit. Ils ont essuyé de nouveaux tirs de gaz lacrymogène, a constaté une journaliste de l'AFP.

De nombreux policiers antiémeutes étaient déployés. Des protestataires, dont certains ont reçu des coups de matraque, ont été emmenés dans des fourgons de police.

Dans la nuit, des hommes et des femmes manifestaient encore, agitant des drapeaux soudanais et scandant des slogans révolutionnaires, dans un quartier de l'est de Khartoum, celui de Burri, en présence d'unités de la police.

Ces rassemblements surviennent alors qu'un accord est attendu entre les militaires au pouvoir au Soudan depuis la chute en avril de l'ex-président Omar el-Béchir et les meneurs du mouvement de contestation qui secoue ce pays depuis plusieurs mois.

Cet accord doit formaliser le principe d'un partage du pouvoir entre les deux parties pendant une période de transition d'environ trois ans. Mais les négociations, qui ne sont pas encore achevées, ont été reportées à deux reprises la semaine dernière, à la demande des contestataires. Une nouvelle rencontre est prévue pour mardi.

Avec AFP

11 personnes en garde à vue décédées à l'unité antidrogue en une nuit

Adama Pamtaba, chargé de communication de la police municipale de Ouagadougou, au Burkina, le 12 novembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

Onze personnes détenues en garde à vue sont décédées dans la nuit de dimanche à lundi dans les locaux de l'Unité antidrogue de Ouagadougou, a annoncé la procureure du Burkina Faso, Maiza Sérémé.

"Le procureur du (Burkina) Faso près le tribunal de grande instance de Ouagadougou a été informé, ce jour 15 juillet 2019, par la directrice de la police judiciaire de la police nationale de ce que onze personnes gardées à vue à l'Unité antidrogue (UAD) pour des infractions relatives à la législation des stupéfiants sont décédées dans la nuit du 14 au 15 juillet 2019", a écrit Mme Sérémé dans un communiqué.

Une "enquête a été ouverte",a indiqué la procureure qui s'est rendue sur les lieux accompagnée de ses substituts et de membres des services techniques.

"Des médecins légistes ont été requis" pour procéder à des examens et aux autopsies nécessaires pour déterminer les raisons des décès qui sont encore inconnues, a-t-elle souligné.

La société civile a par le passé souvent dénoncé les violences des forces de sécurité.

Le Burkina Faso, pays pauvre, est une des plaques tournantes du trafic de drogue vers l'Europe. La drogue arrive au Burkina Faso en provenance des ports d'Afrique de l'Ouest et prend ensuite la direction du nord vers le désert malien et libyen, selon une source sécuritaire.

En juin dernier, les autorités ont procédé à l'incinération de 35.300 tonnes de drogue, représentant le quart des saisies de l'année 2018, selon le secrétariat permanent du comité national de lutte contre la drogue.

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