Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Moyen-Orient

Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

Toutes les actualités

Syrie: Erdogan menace la Syrie de déclencher rapidement une opération à Idleb

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion à Ankara, Turquie, le 11 février 2020.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé mercredi de déclencher rapidement une offensive militaire à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, où des affrontements ont opposé ces dernières semaines les forces d'Ankara à celles de Damas.

Sommant une nouvelle fois le régime syrien de se retirer de certaines positions à Idleb d'ici à la fin du mois de février, M. Erdogan a déclaré : "Il s'agit de nos dernières mises en garde (...) Nous pourrons surgir une nuit sans crier gare. Pour le dire d'une manière plus explicite, une opération à Idleb est imminente".

Ces menaces interviennent alors que des discussions entre Ankara et Moscou, parrain du régime de Bachar al-Assad, ont échoué pour le moment à faire baisser les tensions dans la région d'Idleb.

"Malheureusement, ni les discussions menées dans notre pays et en Russie, ni les négociations menées sur le terrain ne nous ont permis d'obtenir le résultat que nous voulons", a déploré M. Erdogan.

"Nous sommes très éloignés du point que nous voulons atteindre, c'est un fait. Mais les discussions (avec les Russes) vont se poursuivre", a-t-il ajouté.

Les forces de Damas, appuyées par l'aviation russe, ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines pour reprendre ce dernier bastion rebelle et jihadiste, une offensive qui a provoqué l'exode de plus de 900.000 civils fuyant les combats.

Jamais le pays, en guerre depuis 2011, n'a connu un tel exode sur une période de temps aussi courte. Au total, le conflit syrien a poussé à l'exil des millions de personnes et tué plus de 380.000 personnes.

Début février, les tensions sont montées de plusieurs crans lorsque des militaires turcs déployés à Idleb dans le cadre d'un accord entre Ankara et Moscou ont été tués par des bombardements syriens.

Depuis, Ankara réclame le retrait des forces du régime syrien à l'est d'une autoroute clé. La progression des forces de Damas a en outre conduit plusieurs positions turques à Idleb à se retrouver encerclées.

En parallèle des mises en garde, la Turquie déploie depuis plusieurs jours d'importants renforts militaires dans la région d'Idleb.

"Nous avons fait tous nos préparatifs pour pouvoir appliquer nos propres plans", a déclaré M. Erdogan mercredi. "Nous sommes déterminés à faire d'Idleb une région sûre pour la Turquie et les populations locales, quel qu'en soit le prix", a-t-il ajouté.

Israël: le procès pour corruption de Netanyahu débutera le 17 mars

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu prononce un discours lors de l'inauguration d'un monument en l'honneur des vétérans et des victimes du siège de Leningrad à Jérusalem, le jeudi 23 janvier 2020. (Marc Israel Sellem/Pool Photo via AP)

Le procès pour corruption de Benjamin Netanyahu, seul chef du gouvernement dans l'histoire d'Israël à être inculpé au cours de son mandat débutera le 17 mars prochain, deux semaines après les élections cruciales à sa survie politique, a annoncé mardi la justice.

Dans un communiqué succinct, le ministère de la Justice a indiqué que l'acte d'accusation sera lu par la juge Rivka Friedman-Feldman de la cour de Jérusalem en présence de M. Netanyahu le mardi 17 mars dans l'après-midi.

L'annonce de cette date intervient alors que le Premier ministre israélien, âgé de 70 ans, mène sa campagne en vue des élections législatives du 2 mars, les troisièmes en moins d'un an en Israël, après des scrutins n'ayant pas réussi à le départager de son rival Benny Gantz.

Ce dernier avait refusé après les législatives de septembre de joindre un gouvernement d'union mené par M. Netanyahu estimant que ce dernier devait en premier lieu régler ses différends avec la justice avant de prétendre au pouvoir.

Le Premier ministre a été inculpé à l'automne de corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires par le procureur Avichaï Mandelblit.

La loi israélienne prévoit que tout ministre poursuivi pénalement doit démissionner de ses fonctions, mais cette mesure ne s'applique pas au Premier ministre. S'il peut rester actuellement en fonction, Benjamin Netanyahu ne jouit toutefois d'aucune immunité face à la justice.

M. Netanyahu avait ainsi demandé début janvier au Parlement, la Knesset, de lui accorder une immunité au terme des prochaines législatives du 2 mars, misant sur sa victoire pour obtenir une majorité et ainsi se protéger de la justice.

Mais les partis d'opposition ont convaincu une majorité de députés d'examiner sa demande d'immunité avant les élections. Devant le rejet anticipé de sa requête, M. Netanyahu avait retiré fin janvier in extremis sa demande d'immunité judiciaire.

M. Netanyahu, qui compte 14 ans à l'horodateur du pouvoir dont la dernière décennie sans discontinuer, dénonce un complot de ses détracteurs afin d'ourdir, dit-il, un "coup d'Etat" juridique contre lui.

- Sans les partis arabes -

Pour l'heure, l'annonce de son inculpation pour corruption n'a pas fait bouger le baromètre politique en Israël.

Selon un dernier sondage de la chaîne israélienne Channel 13, la formation centriste Kahol Lavan ("Bleu-blanc", les couleurs du drapeau israélien) de l'ex-général Benny Gantz obtiendrait 36 sièges sur les 120 de la Knesset, contre 33 pour le Likoud (droite) de M. Netanyahu.

En comptabilisant leurs alliés respectifs, la gauche pour M. Gantz, la droite radicale et les partis religieux pour M. Netanyahu, aucun des deux grands blocs ne parvient à atteindre 61 députés, seuil de la majorité au Parlement israélien.

Après des visites à Washington, pour l'annonce du projet américain pour le Moyen-Orient, à Moscou, pour la libération d'une jeune Américano-Israélienne condamnée pour "trafic de drogues", et en Afrique, pour discuter d'une "normalisation" des relations avec le Soudan, M. Netanyahu multiplie ces jours-ci les meetings politiques.

Sur les artères de Jérusalem, de grandes affiches ont fait leur apparition ornées du slogan, en hébreu, "Bli Ahmed Tibi" - sans Ahmed Tibi - un des leaders de la "Liste unie" des partis arabes israéliens.

Les partis arabes avaient soutenu sans succès, au terme de la dernière élection, la candidature de Benny Gantz pour le poste de Premier ministre et en vue de chasser du pouvoir M. Netanyahu.

"Si un million d'électeurs du Likoud en convainquent 300.000 autres qui n'ont pas voté lors des dernières élections, alors nous gagnerons en grand, formerons un gouvernement de droite et ferons ainsi barrage à un gouvernement dangereux soutenu par la liste unie", a écrit sur Twitter le Premier ministre peu après l'annonce du début de son procès.

Pakistan : au moins 8 morts dans un attentat-suicide

Pakistan : au moins 8 morts dans un attentat-suicide
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:36 0:00

Irak: affrontements entre manifestants et police à Bagdad

Irak: affrontements entre manifestants et police à Bagdad
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:49 0:00

Football : en Syrie, les femmes dribblent le machisme et les tabous

Des combattants kurdes jouant au football à Raqqa, le 26 juin 2017. En février 2020, s'est tenu à Amouda en zone kurde le premier championnat féminin de Syrie. (REUTERS/Goran Tomasevic)

Les voisins de Samar Cheikh lui ont toujours dit que le foot, c'était pour les garçons ; mais tout a changé cette année quand son équipe a remporté le premier championnat féminin de Syrie.

La joueuse de 20 ans a aussi été élue meilleure buteuse du championnat, qui a vu s'affronter les équipes originaires de différentes régions de Syrie pendant plusieurs semaines, avant la finale organisée en février à Damas.

"Je suis accro au foot depuis que je suis petite", confie Samar durant un entraînement de son équipe dans le stade d'Amouda, petite ville du nord-est syrien où siège l'administration semi-autonome kurde. "J'observais mes frères quand ils jouaient et j'ai regardé beaucoup de matches", poursuit-elle. Puis un jour, elle a quitté les gradins pour aller sur le terrain.

Aujourd'hui, sur la pelouse artificielle du stade couvert d'Amouda, elle s'échauffe avec ses camarades, en courant derrière l'entraîneur. Les joueuses tirent au but et échangent des passes après les étirements de rigueur, avant de débuter un match.

Samar raconte avoir été initiée au foot une première fois à l'âge de 15 ans, tâtant du ballon rond d'abord seule, avant de rejoindre une équipe locale. Elle avait brièvement arrêté "à cause des critiques de la famille et des voisins", se souvient-elle. Mais elle n'a pas pu s'en passer longtemps. "J'ai fini par revenir au foot, malgré les réprobations", dit-elle. "Cette fois-ci j'étais déterminée". L'enthousiasme de Samar était communicatif puisque sa sœur de 16 ans a également rejoint l'équipe.

- Victoire -

L'engagement a payé puisqu'en février c'est une foule en liesse qui a accueilli les joueuses à leur descente du bus à Amouda, après la finale. Médailles au cous, les jeunes femmes ont formé une ronde et dansé, pendant que les habitants agglutinés autour d'elles filmaient les réjouissances avec leur portable. "Je n'en croyais pas mes yeux", se souvient Samar. "Voir tous ces gens dans les rues de la ville pour célébrer notre victoire".

Dalaf Hussein a elle aussi persévéré malgré les obstacles. Dans sa chambre d'adolescente, les portraits de ses footballeurs préférés, dont la superstar Cristiano Ronaldo, ornent les murs. "Les passants nous embêtaient s'ils nous voyaient jouer dans la rue, car c'est considéré comme un jeu pour les garçons, mais on n'y faisait pas attention", raconte-t-elle. Ses parents aussi étaient mécontents. "Ils me disaient: les études c'est plus important. Quand je jouais au foot à la maison, je me faisais disputer", se souvient-elle. "Mais après la victoire en championnat, plus d'opposition", dit-elle.

La première édition du championnat féminin a été lancée en octobre à Damas avec des équipes venues notamment des provinces centrales de Hama et de Homs. Dans un pays secoué depuis 2011 par une guerre meurtrière, tous les matchs se sont déroulés dans la capitale.

Pour Dalaf, la coupe remportée c'est aussi le symbole de leur victoire face à une société patriarcale et conservatrice. "Beaucoup de filles sont venues s'inscrire depuis notre victoire", se réjouit-elle. Dalaf reconnaît que "les moyens sont limités" en Syrie. Mais ça ne l'empêche pas de rêver un jour de jouer dans une équipe de renommée internationale.

Voir plus

XS
SM
MD
LG