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Au moins cinq pêcheurs tués dans une attaque de Boko Haram au Nigeria

Des jeunes pêcheurs dans le district d'Akuku Toru, Nigeria, 2017.

Des combattants du groupe jihadiste nigérian Boko Haram ont abattu au moins cinq pêcheurs, sur une île du lac Tchad (nord-est), les accusant de livrer des informations sur la localisation des filles de Dapchi, enlevées le mois dernier, a annoncé samedi un responsable des pêcheurs.

"Les cinq hommes s'étaient rendus vers le littoral du lac où ils ont été abattus par des hommes de la faction d'Abou Mossab Al Barnawi", a expliqué le président de l'union des pêcheurs de l'Etat du Borno, Abubakar Gamandi. L'incident s'est déroulé jeudi dans la région de Baga, sur les rives du lac, mais leurs corps n'ont été retrouvés que vendredi.

>> Lire aussi : Le président nigérian promet le retour des écolières enlevées par Boko Haram

Les victimes sont des pêcheurs chrétiens originaires du centre et du sud du Nigeria, mais qui se sont établis dans les îles du lac pour pêcher, a ajouté M. Gamandi.

Selon lui, cette attaque est une mise en garde contre les populations du lac, qui "participent activement à la recherche des élèves de Dapchi", enlevées le mois dernier par des membres supposés de Boko Haram.

"Les pêcheurs assistent les militaires parce qu'ils connaissent très bien le terrain", a expliqué leur représentant.

Le lac Tchad est l'enclave de la faction de Boko Haram d'Al Barnaoui, désigné par le groupe de l'Etat islamique pour mener le jihad dans la région en 2016.

Le 19 février, des membres supposés de cette faction ont enlevé 110 jeunes filles de 11 à 18 ans, dans leur pensionnat de Dapchi, une ville de l'Etat de Yobe, à la frontière avec le Niger, où ils opèrent également.

La région du lac reste particulièrement instable, bien que l'armée nigériane ait repris Baga des mains des jihadistes en février 2015. Les combattants profitent d'un terrain peu accessible et des multitudes d'îlots sur le Lac pour établir des camps.

>> Lire aussi : #BringBackOurGirls accuse le gouvernement de "négligence" au Nigeria

En août dernier, 31 pêcheurs ont été tués dans des mesures de représailles similaires.

La lutte contre Boko Haram dans le nord-est du Nigeria a fait plus de 20.000 morts et 1,6 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Le groupe a enlevé des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants depuis 2009.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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