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Au moins 80 personnes interpellées à Lomé


Au moins 80 personnes ont été interpellées à Lomé après deux jours de manifestations massives contre le pouvoir, selon le gouvernement togolais, l'opposition affirmant qu'"au moins 100 manifestants sont toujours en détention" vendredi.

"Un certain de nombre de manifestants ont été interpellés au cours de la nuit dernière, environ 80", a déclaré vendredi à l'AFP Gilbert Bawara, ministre togolais de la Fonction Publique.

"Ils ont commis ou s'apprêtaient à commettre des actes violents, à vandaliser des magasins", a-t-il expliqué. "Je ne pense pas qu'ils fassent l'objet d'une détention."

Le principal parti de l'opposition, l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a avancé le chiffre "d'au moins 100 personnes toujours en détention", selon son porte-parole Eric Dupuy, contacté par l'AFP.

Le quartier de Bè, dans le centre de Lomé, restait barricadé vendredi après-midi par la population et des tirs de gaz lacrymogènes ont été observés dans la matinée, après 48 heures de manifestations massives de l'opposition pour des réformes et le départ du président Faure Gnassingbé.

"La réaction sévère des forces de sécurité contre les manifestants en grande partie pacifiques est une violation flagrante de la liberté de réunion pacifique (...) Cela montre à quel point les autorités veulent museler les critiques anti-gouvernementales", a déclaré François Patuel, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International dans un communiqué vendredi.

Le calme est revenu dans le reste de la capitale, et des camions de forces de l'ordre ainsi que des gendarmes étaient toujours postés aux carrefours.

Mercredi et jeudi, des Togolais sont sortis massivement pour manifester à Lomé et en province à l'appel d'une coalition de l'opposition (Cap 2015, le Groupe des six et le Parti National Panafricain - PNP, rejoints par plusieurs partis mineurs).

Le président Faure Gnassingbé a succédé à son père, le général Gnassingbé Eyadéma qui est resté près de 40 ans au pouvoir, à la présidentielle de 2005, avec l'appui de l'armée. De violentes manifestations et une féroce répression s'en étaient suivies.

Il a ensuite été réélu en 2010 et en 2015, lors de scrutins très contestés par l'opposition.

Avec AFP

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