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Burkina-Faso

Au moins 210 morts lors du massacre du 1er janvier, selon un collectif

Des campements Peuls détruits par les Koglweogo dans le Centre-Nord du Burkina Faso, 3 janvier 2019.

Un nouveau bilan du massacre, perpétré le 1er janvier 2019, des Peuls dans le village de Yirgou au Burkina Faso a été établi. Vendredi, un collectif a fait état de 210 morts, soit quatre fois plus que le chiffre de 49 morts avancé il y a plusieurs semaines par le gouvernement.

Ce 1er janvier, après une attaque armée à Yirgou, une bourgade située dans le centre-nord du Burkina, les peuls ont été ciblés par des villageois Mossi, aidés par des membres de leur groupe d’autodéfense, les Koglweogo.

Il s'agit de la plus grave violence intercommunautaire jamais enregistrée au Burkina, selon des spécialistes. Le gouvernement avait alors annoncé un bilan de 49 morts. Ce chiffre aujourd’hui est contesté par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés.

Un nouveau bilan beaucoup plus lourd du massacre le 1er janvier
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Le Collectif exige que le gouvernement communique la vérité des chiffres. "Le Collectif a documenté un nombre de morts plus élevé que les chiffres officiels", explique Hassane Barry, président du Collectif.

"Le nombre de morts à ce jour est de 210 morts. Ce chiffre a été obtenu après un recensement rigoureux ménage par ménage. Nous précisons que la liste va s’allonger avec le recensement toujours en cours sur le terrain. Le collectif attend du gouvernement qu’il réactualise ses chiffres comme il s’était engagé. Nous avons peur que cette volonté de cacher les morts puisse être préjudiciable aux victimes au moment de leurs dédommagements".

Après le drame, le gouvernement avait d’abord parlé de 14 morts. Mais un témoin sur VOA Afrique avait dit avoir compté près de 50 morts.

Le lendemain de la diffusion de ce témoignage, le gouvernement avait fini par admettre 49 morts. Et dit aujourd’hui se contenter de ce chiffre.

Ousséni Compaoré, ministre de la Sécurité, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Ousséni Compaoré, ministre de la Sécurité, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Ce que je voudrais vous demander, c’est de ne pas vous précipiter sur les chiffres", souligne Ousséni Compaoré, ministre de la Sécurité.

"Nous enregistrons systématiquement les déclarations et nous établissons [le bilan]. Nous ne sommes pas à ces chiffres. Quand l’enquête aboutit, des chiffres officiels seront communiqués. Il n’y a aucun intérêt à cacher des chiffres".

Une guerre des chiffres est donc lancée surtout avec cet écart considérable de plus de 160 morts entre le bilan établi par le gouvernement et celui par le Collectif.

Remis Lambert Nébié est journaliste à la télévision BF1, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Remis Lambert Nébié est journaliste à la télévision BF1, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"L’écart est totalement large. Il est grand", rappelle Remis Lambert Nébié, journaliste à la télévision BF1.

"Cela donne quand même à douter sur les chiffres officiels qui ont été annoncés par le gouvernement. Bien que nous soyons des journalistes pour s’en tenir aux chiffres officiels mais nous sommes un peu tentés de croire le Collectif".

D’autres, tout en saluant le travail du Collectif, pensent qu’il faut prendre ces chiffres avec du recul.

Ardiouma Sagnon, journaliste à la télévision nationale, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Ardiouma Sagnon, journaliste à la télévision nationale, à Ouagadougou, le 1er février 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Le travail que le collectif fait est intéressant", souligne Ardiouma Sagnon, qui est lui journaliste à la télévision nationale.

"Cela va permettre d’interpeller un peu plus le gouvernement qui ira vérifier les chiffres qui sont avancés. Lorsque le gouvernement peut-être finira de faire tout le travail nécessaire sur le terrain, cela donnera certainement une évolution".

Reste qu’un mois après ces violences qui ont aussi fait des milliers de déplacés, aucune arrestation n’a encore été effectuée. Les Koglweogo, ces groupes d’autodéfenses dont certains ont reconnu leurs forfaits, règnent d’ailleurs toujours en maître à Yirgou et dans les localités touchées par cette tuerie.

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François Compaoré se tourne vers la Cour de cassation contre son extradition

François Compaoré, frère de l'ancien président déchu Blaise Compaoré, 20 décembre 2012.

La Cour de cassation en France s'est penchée mardi sur le recours de François Compaoré contre son extradition vers le Burkina Faso, où ce frère de l'ex-président déchu est mis en cause dans l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

La plus haute juridiction judiciaire française doit se prononcer le 4 juin sur le pourvoi, à l'appui duquel la défense de François Compaoré a déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur les textes régissant l'extradition.

Le 5 décembre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait autorisé son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de l'ex-président Blaise Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Alors qu'il enquêtait à l'époque sur la mort de David Ouédraogo -chauffeur de François Compaoré -, le journaliste burkinabè Norbert Zongo, 49 ans, et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule en décembre 1998 dans le sud du Burkina Faso.

Agé de 64 ans, François Compaoré avait été arrêté à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

A ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays dans cette affaire, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

Devant la Cour de cassation, l'avocat de François Compaoré, Me François-Henri Briard, a souligné le caractère "très sensible" du dossier.

Celui-ci concerne un "pays politiquement instable", "dans lequel la justice est délabrée" et où l'on "pratiquait encore la condamnation à mort l'année dernière", a-t-il fait valoir.

Un dossier sensible aussi du fait du nom du requérant, dont le frère s'est réfugié en Côte d'Ivoire. Une "voie facile de vengeance" est de diriger "des poursuites vers le frère", a affirmé Me Briard.

Or, pour s'assurer du respect des règles du procès équitable - indispensable pour autoriser une extradition - la chambre de l'instruction ne s'est appuyée que sur des éléments fournis par les autorités burkinabè, a observé l'avocat, en remettant en cause leur impartialité.

C'est "un homme mort s'il rentre au Burkina Faso", a-t-il assuré.

L'avocate générale a pour sa part expliqué que le ministère de la Justice burkinabè avait "pris l'engagement que M. Compaoré bénéficierait de conditions d'incarcération très améliorées", dans l'hypothèse d'une condamnation dans son pays.

Pour être effective, une extradition doit aussi être autorisée par un décret du gouvernement français.

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