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Au Gabon, un Samu social pour prendre en charge "la grande précarité"

Vue sur la construction d'un hôpital à Owendo, le port de Libreville, le 11 octobre 2012.

"Ici, vous êtes au coeur de la précarité!": à Kolo Ngoum, faubourg abandonné et crasseux de la périphérie de Libreville, il y a belle lurette qu'on n'a pas vu un médecin dans le coin.

Alors quand les équipes du Samu social gabonais débarquent avec leur ambulance, les habitants se disent d'abord "un peu surpris". Mais très vite, à la vue des stéthoscopes et tensiomètres, un sourire éclaircit les visages. "C'est une bonne initiative", s'étonne Natanaël, trentenaire aux dreadlocks en bataille. "On pensait que tout ça était réservé à d'autres..."

Cinq mois après sa création, le Samu social gabonais trouve peu à peu sa place. Il offre gratuitement soins, médicaments, hébergements et accompagnement psycho-social "aux plus pauvres des plus pauvres", selon son fondateur et coordonnateur général, le très dynamique Dr Wenceslas Yaba.

Ce jour-là, une équipe est en "visite de proximité" à Kolo Ngoum - des grappes d'habitations de fortune accrochées à flanc de colline, les pieds dans la boue, la broussaille et les immondices.

"Chez nous tout le monde habite dans des bas-fonds, monter les malades à dos d'homme jusqu'à la route est un calvaire", témoigne Natanaël.

Les infirmiers s'enfoncent dans les sentiers tortueux et les maisonnettes au toit de tôle pour venir voir les malades, trop miséreux pour se payer l'hôpital ou le taxi vers le centre-ville.

"Bonjour, c'est le Samu social. Il y a des malades ici?", interroge doucement une infirmière.

Là, c'est une vieillarde "qui a dépassé le 5e âge et ne bouge plus de son lit depuis des semaines", dit son voisin. Obèse, elle "souffre d'hypertension et menace de faire des escarres", constate l'infirmière, qui veut "impliquer la famille pour faire bouger la malade" de sa couche.

Un peu plus bas, un garçonnet fiévreux dort au pied de son père attablé devant sa bière. Sa tête présente une évidente mycose du cuir chevelu. "C'est la teigne". Peut-être aussi le paludisme. Rendez-vous est pris pour la "consultation collective" du lendemain chez le chef de quartier.

1488

"Près de 38% de la population gabonaise vit en dessous du seuil de pauvreté, 300.000 de ces exclus n'ont accès à aucun soin", s'indigne le patron du Samu social gabonais.

Avec 115 employés, l'organisme compte à Libreville un centre médico-psychologique, trois sites d'hébergement, une douzaine d'ambulances et dispose d'un stock de médicaments conséquent. En cinq mois, 7.000 interventions ont été menées.

"Le Samu social fait de l'urgence sociale de proximité", explique le Dr Yaba, et prend en charge "les personnes en grande précarité".

Le projet est construit autour de "trois modules". Comme en France, il y a d'abord un numéro vert, le 1488, joignable 24h/24. "Les gens appellent, on leur propose de passer chez nous, on va chercher avec l'ambulance ceux qui ne peuvent pas venir".

Deuxième action, le "centre médico-psychologique (CMP), un dispensaire avec une prise en charge assurée par des médecins généralistes et des spécialistes", une denrée rare au Gabon. Les soins y sont gratuits. Les patients sont ensuite orientés, si nécessaire, vers l'hôpital ou les centres d'hébergement.

"Au CMP, nous offrons des soins de premier niveau, mais on ne fait pas le travail de l'hôpital", remarque le Dr Sonia Nkiet. "Ici, c'est une médecine ambulatoire, où les pathologies les plus courantes sont les infections cutanées, respiratoires, beaucoup d'hypertension..."

Troisième volet: les urgences "de proximité", ou des maraudes et consultations dans les zones défavorisées de Libreville.

Politique ?

L'irruption du Samu social dans le paysage gabonais a fait grincer quelques dents, alors que le système de santé "est à bien des égards défaillant", reconnaît M. Yaba. "Mais nous ne sommes pas un système de santé parallèle: nous facilitons les accès aux soins", justifie-t-il. "Et ici, aucun détournement !"

L'Etat assure entièrement le financement, 587 millions CFA à ce jour (900.000 euros). Une convention a été signée fin novembre avec la sécurité sociale locale (CNAMGS). Le Samu social va également se déployer en province, à Port-Gentil et Franceville fin décembre, puis dans deux autres villes fin janvier.

Le projet est "soutenu" par le président Ali Bongo Ondimba, reconnait volontiers le Dr Yaba.

"L'idée était que l'Etat se rapproche au maximum des populations dans la précarité", explique à l'AFP le ministre de la Solidarité nationale, Paul Biyoghe Mba, qui juge "le bilan très positif", à mesure que "les Gabonais découvrent ce nouvel instrument".

"C'est un vrai travail de fond, on ne fait pas ça pour des retombées politiques", assure le Dr Yaba.

"Créer un Samu social dans un pays où près de 80% de la population pourrait avoir besoin de ce même samu, la démarche est plutôt problèmatique et opportuniste", dénonce un responsable de l'opposition. "Il faudrait d'abord tout simplement que nos hopitaux fonctionnent...".

"On sort d'une période complexe, avec une présidentielle mouvementée" en août 2016, euphémise un employé du Samu. "Si au début, il y a eu des réticences, les gens commencent à s'ouvrir, ils voient des choses qui fonctionnent."

Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social en France et patron du Samu social international, juge "crédible" le projet gabonais qu'il parraine.

"Le Dr Yaba a adapté l'idée à la problématique gabonaise, en allant jusque dans les maisons, en lui donnant une extension de médecine générale", observe M. Emmanuelli.

"Ca va un peu plus loin que le samu social traditionnel, il faut voir si ça tient la route sur le long terme. Mais c'est une action qui va vers les pauvres et les exclus et pour le moment, ça marche".

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

La page des sports du 23 avril avec Yacouba Ouédraogo

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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