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Divisions et tensions sur l'accueil rapide et massif de Syriens au Canada

Le premier ministre canadien Justin Trudeau s'adresse à la foule suite à la cérémonie d'investiture à Ottawa le 4 novembre 2015.

L'élan humanitaire et de générosité des Canadiens, qui avait poussé le futur Premier ministre à promettre l'acceuil de 25.000 réfugiés syriens d'ici Noël, faiblit après les attentats de Paris, mais Justin Trudeau maintient son objectif.

Cet objectif, lancé sous forme de surenchère en pleine campagne électorale par le Premier ministre depuis un mois Justin Trudeau, pourrait représenter un premier écueil politique pour le nouveau gouvernement.

Les attentats de Paris et notamment la découverte d'un passeport syrien près d'un kamikaze font craindre au Canada que des éléments radicalisés ne se glissent sous le statut de réfugiés. Une crainte alimentée par le souvenir des attaques il y a un peu plus d'un an au Québec et au parlement d'Ottawa par deux jeunes jihadistes.

"Nous n'avons pas attendu la tragédie de Paris pour réaliser tout à coup que la sécurité était importante" dans le dossier des réfugiés syriens, a martelé mardi Justin Trudeau, pressé de questions depuis le début de la semaine concernant sa décision d'arrêter les frappes aériennes contre le groupe Etat islamique quand ses alliés veulent au contraire accentuer l'intervention militaire.

Pour atteindre son objectif, M. Trudeau doit compter sur les provinces, notamment l'Ontario et le Québec --dirigés par un gouvernement libéral-- qui doivent accueillir la moitié des 25.000 réfugiés syriens.

"Pour être franche, je ne suis pas certaine que ce soit possible" d'accueillir autant de réfugiés en si peu de temps, a estimé la ministre québécoise de l'Immigration Kathleen Weil. Un sentiment partagé par son collègue de la Sécurité publique, Pierre Moreau, qui a parlé d'objectif "irréaliste".

Ces deux membres du gouvernement de la province francophone ont immédiatement été recadrés par leur Premier ministre Philippe Couillard même si, à mots couverts, il convient de la difficulté en parlant d'un objectif "exigeant et ambitieux" et en renvoyant la balle dans le camp fédéral pour fournir les moyens nécessaires.

'Pas des terroristes'

Il faut accueillir les réfugiés syriens "mais cela ne veut pas dire que nous devons le faire dans l'urgence", a estimé Jabeur Fathally, professeur à l'université d'Ottawa et spécialiste du Moyen-Orient. "Un retard de quelques mois ne fera pas de réelle différence" pour le demandeur alors que "les conséquences d'une précipitation peuvent être importantes", a-t-il confié à l'AFP.

L'opinion publique est divisée sur la question, comme en témoignent deux pétitions sur les réseaux sociaux, sans valeur statistique: l'une favorable aux réfugiés a recueilli environ 45.000 signatures, et l'autre contre les "immigrés" plus de 70.000.

M. Fathally ne pense pas que "les Canadiens reprocheront à M. Trudeau" de faire une entorse à sa promesse de campagne "compte tenu des circonstances".

A l'inverse, le professeur de droit international Errol Mendes remarque que cette promesse peut être honorée car les réfugiés sont actuellement dans des camps en Jordanie, au Liban ou en Turquie, parfaitement identifiés et "évalués par les responsables de l'ONU" sur leurs intentions ou leur passé.

Cela n'a rien de comparable "avec les centaines de milliers de migrants sans papier qui sont arrivés en Europe", a-t-il relevé, estimant qu'il était important de montrer que le Canada était accueillant envers les musulmans.

L'incendie d'une mosquée à Peterborough (Ontario) au lendemain des attentats de Paris qui ont fait au moins 129 morts ou l'agression d'une femme voilée lundi à Toronto sont deux "crimes haineux" venant "semer la division et alimenter des tensions contre des populations musulmanes", a estimé Errol Mendes, de l'université d'Ottawa.

"L'agression anti-islam d'une mère à Toronto (...) est répugnante et inacceptable", a qualifié mercredi le maire de la ville John Tory. La réponse de Toronto à "la crise humanitaire affrontée par les réfugiés syriens" doit être faite "avec tolérance et en toute sécurité pour la communauté".

Un message d'apaisement relayé par Philippe Couillard qui demande aux Québécois de faire preuve "d'accueil et de solidarité" car "ce sont des victimes que nous accueillons, pas des terroristes".

Avec AFP.

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Roland-Garros: un possible 8e de finale entre Azarenka et S. Williams

La Biélorusse Victoria Azarenka (D) et l'Américaine Serena Williams (G) après leur match de demi-finales en simple féminin du tournoi de tennis américain 2020 à l'USTA Billie Jean King National Tennis Center, le sept 2020; New York/Danielle Parhizkaran-USA TODAY Sports

L'Américaine Serena Williams, en quête d'un 24e titre du Grand Chelem à Roland-Garros, et la Biélorusse Victoria Azarenka, de retour au premier plan, pourraient se retrouver en huitièmes de finale à Paris, où le tirage au sort a été effectué jeudi.

Placées dans le même quart de tableau, les deux trentenaires (38 ans pour Williams, 31 pour Azarenka) auront trois tours à franchir pour s'offrir une revanche de la dernière demi-finale de l'US Open, remportée par Azarenka (1-6, 6-3, 6-3). Sa première victoire en Grand Chelem, après 10 échecs, face à l'ancienne reine incontestée du circuit, moins dominatrice depuis 2018.

Dans la moitié de tableau la plus relevée, la rescapée pourrait être opposée à l'Ukrainienne Elina Svitolina, tête de série N.3, en quarts de finale. Si la logique est respectée, l'élue de ce quart de tableau affrontera pour une place en finale la Roumaine Simona Halep, tête de série N.1 en l'absence de l'Australienne Ashleigh Barty, lauréate de l'édition 2019 qui a préféré ne pas faire le déplacement dans le contexte sanitaire actuel.

Sans Naomi Osaka, N.3 mondiale et vainqueur début septembre à l'US Open, l'autre moitié de tableau semble très ouverte. Surtout si Karolina Pliskova, tête de série N.2, ne se remet pas correctement de sa blessure à la cuisse gauche qui l'a obligée à déclarer forfait en finale à Rome.

L'Afrique demande davantage de solidarité financière internationale face au coronavirus

Négociations à la Bourse du Zimbabwe à Harare, le 24 avril 2008 sur les prix des produits de base, la croissance économique, les initiatives d'allégement de la dette, les politiques économiques favorables au marché et les marchés boursiers d'Afrique. (AP/Tsvangirayi Mukwazhi)

Plusieurs chefs d'Etat africains ont réclamé jeudi à l'ONU une plus grande solidarité internationale face à la pandémie de Covid-19, dont l'annulation de leur dette publique et un soutien du Fonds monétaire international.

"Face à l’urgence actuelle, nos États ont besoin d'un soutien financier à la hauteur de la crise économique qu’ils connaissent", a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou, intervenant à distance à la 75e Assemblée générale de l'ONU pour cause de Covid.

"Un simple moratoire sur la dette ne suffira pas au regard des défis qui doivent être relevés. Il faut annuler purement et simplement la dette", a-t-il souligné, reprenant une demande formulée dès mardi par son homologue de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

Mi-avril, les pays du G20 ont suspendu jusqu'à la fin 2020 les remboursements de la dette des pays les plus pauvres, confrontés à une fuite de capitaux et des chutes de recettes fiscales en raison de la pandémie.

L'Union africaine appelle à étendre ce moratoire sur l'année 2021 afin d'aider à relancer l'économie du continent.

L'Afrique est l'un des continents les moins touchés par le virus, avec quelque 1,8 million de cas recensés et 34.500 décès, mais elle subit comme les autres les effets de la récession mondiale provoquée par la pandémie.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a déploré "le soutien insuffisant" des grandes économies et "sans commune mesure avec les montants dégagés individuellement" par ces pays. "La pandémie pourrait effacer plus d’une décennie de croissance économique et de progrès sociaux réalisés par le continent africain", a-t-il averti.

Alasssane Ouattara a plaidé pour le recours aux droits de tirage spéciaux (DTS), sorte de monnaie créée par le FMI, qui permettent de rembourser des obligations auprès du Fonds ou d'ajuster des réserves monétaires.

- "Choc inédit" -

"Il faut aller plus loin et agir sans plus tarder", a-t-il insisté en virtuel à la tribune de l'ONU en rappelant que le mécanisme des DTS a "fait preuve d'efficacité lors de la crise financière mondiale de 2008-2009".

"Les pays africains ont besoin de solutions pérennes, notamment de liquidités et d'investissements, afin de résister au choc inédit subi par nos populations", a-t-il martelé.

Les besoins financiers de l'Afrique sont évaluées à 100 milliards de dollars par an sur trois ans, soit 300 milliards de dollars, a noté le président ivoirien.

La procédure des DTS a été utilisée trois fois depuis leur création en 1969. Au total, ces "distributions" de DTS ont représenté 204 milliards de dollars.

Nombre d'économistes, dont l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Khan, plaident aussi pour le recours aux DTS. Le ministre français des Finances Bruno Le Maire a aussi soutenu en avril "l'idée de DTS à hauteur de 500 milliards de dollars".

"Le monde doit enfin entendre l'appel des Africains à l'annulation de la dette publique de leur pays", a également souligné Alassane Ouattara.

Le président du Burkina Faso Marc Christian Kaboré, dont le pays est l'un des plus touchés par la menace jihadiste au Sahel, a aussi lancé un appel pour "une annulation pure et simple" de la dette.

"La pandémie de Covid-19 est une crise mulidimensionnelle qui risque d'anéantir tous les efforts de développement dans de nombreux pays, surtout ceux touchés par les conflits", a-t-il souligné.

Même tonalité chez le président de la République du Congo:"il importe d'intensifier la solidarité internationale (..) afin d'éradiquer cette pandémie", a lancé Denis Sassou Nguesso.

VOA Correspondant: 75e assemblée générale de l’ONU

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La 75ème édition de l’Assemblée générale de l’ONU se poursuit

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