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Attentat de Strasbourg: deuxième jour de chasse à l'homme

Des policiers français patrouillent près de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg après la fusillade dans la ville, dans l'est de la France, le mercredi 12 décembre 2018. (AP Photo / Jean François Badias)

Il a un nom, un visage, mais il court toujours: la chasse à l'homme se poursuit jeudi pour appréhender Cherif Chekatt, l'auteur présumé de la tuerie du marché de Noël de Strasbourg, qui reste fermé.

La police française a lancé mercredi soir un appel à témoins pour retrouver l'homme le plus recherché du pays, auteur présumé de cet attentat dans la plus grande ville de l'est de la France, qui a fait deux morts et un blessé en état de mort cérébrale.

"Attention, individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-même", a mis en garde la Police nationale, décrivant un individu de 1,80 m, "peau mate", "corpulence normale" et "marque sur le front". Toute personne en possession "d'informations permettant de le localiser" est appelée à appeler un numéro de téléphone dédié, le 197.

Le marché de Noël, qui attire chaque année deux millions de touristes, a été fermé mercredi et doit le rester jeudi. Avec Cherif Chekatt toujours en fuite, le préfet estime que les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour une réouverture.

"En lien avec le maire et le président de l'Eurométropole la fermeture du marché de Noël se poursuivra jeudi", a ainsi déclaré le préfet de la région Grand Est, Jean-Luc Marx.

La vive inquiétude de la population a fait que les rues de Strasbourg sont restées désertes mercredi. Le préfet a tenté de rassurer, insistant sur le fait que la ville serait quadrillée par les forces de l'ordre. Et il a souligné n'avoir "pas relevé de faille dans le dispositif" de sécurité en place autour du marché de Noël mardi, jour de l'attaque.

- Échange de tirs -

L'ensemble des équipements culturels et sportifs de la ville doivent en revanche rouvrir jeudi. Un temps de prière oecuménique est prévu à 18h00 à la cathédrale.

Sur la place Kléber, en centre-ville, des passants ont aussi commencé à rendre hommage aux victimes par des inscriptions "Je suis Strasbourg", des bougies et pétales de roses.

Né à Strasbourg et fiché "S" ("sûreté de l'État") pour sa radicalisation islamiste, Cherif Chekatt, 29 ans, a un passé judiciaire très lourd avec déjà pas moins de 27 condamnations. Il est soupçonné d'avoir ouvert le feu mardi peu avant 20H00 dans des rues commerçantes du centre historique de Strasbourg, à quelques mètres du grand sapin du célèbre marché de Noël. Douze personnes ont également été blessées.

L'assaillant, doté d'une arme de poing et d'un couteau, a ensuite échangé des tirs avec les forces de l'ordre, qui l'ont blessé au bras.

Dans des circonstances encore floues, l'assaillant a réussi à prendre un taxi pour se rendre dans un quartier proche, le Neudorf, où a eu lieu un nouvel échange de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse.

Au total, 720 membres des forces de l'ordre sont actuellement à sa recherche.

Des témoins ont entendu Cherif Chekatt crier "Allah Akbar", et la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des faits.

- Allemagne, Suisse en alerte -

L'assaillant compte 67 antécédents judiciaires, dont 27 condamnations en France, en Allemagne et en Suisse pour des faits de droit commun.

"Il a déjà été incarcéré à de multiples reprises et était connu de l'administration pénitentiaire pour sa radicalisation et son attitude prosélyte en 2015", a rappelé le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz. L'assaillant était inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) et faisait "l'objet d'un suivi de la DGSI", a-t-il ajouté.

Il devait être interpellé par les gendarmes mardi matin, dans le cadre d'une enquête de droit commun, le jour de la fusillade donc, mais a échappé à cette arrestation.

Près de 36 heures après les faits, il n'est même pas sûr que Cherif Chekatt soit encore en France. Les enquêteurs ont ainsi pensé un moment qu'il pouvait avoir passé la frontière et s'être réfugié à Kehl (Allemagne), juste de l'autre côté du Rhin, mais une intervention des polices française et allemande n'a pas permis de retrouver sa trace mercredi matin.

Les autorités françaises "sont bien entendu en lien avec les autorités allemandes", a repris le préfet Marx.

La Suisse, à 130 kilomètres au sud de Strasbourg, a également renforcé ses mesures de sécurité à la frontière.

En décembre 2016, l'auteur de l'attentat contre le marché de Noël de Berlin, qui avait fait 12 morts et 48 blessés avec un camion bélier, avait été tué quelques jours plus tard bien loin du lieu de son forfait, lors d'un contrôle de police à Milan, dans le nord de l'Italie.

Avec AFP

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Passeports russes: l'Ukraine appelle l'ONU à agir

L'ambassadeur de l'Ukraine aux Nations Unies, Volodymyr Yelchenko, au siège des Nations Unies, le 26 novembre 2018.

L'Ukraine a appelé jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU à agir pour s'opposer à la décision du président Vladimir Poutine d'octroyer des passeports russes aux Ukrainiens habitant des régions de l'est du pays, contrôlées par des séparatistes pro-Moscou.

L'ambassadeur d'Ukraine aux Nations unies Volodymyr Yelchenko a dit lors d'une réunion du Conseil que la décision russe était "tout simplement illégale", en appelant à "une action réelle" même s'il est probable que la Russie oppose son veto à toute mesure en ce sens ou la bloque.

Le décret de Vladimir Poutine s'apparente à "une annexion insidieuse" de l'est de l'Ukraine, a-t-il dénoncé.

Les puissances occidentales ont de leur côté estimé que la récente victoire de Volodymyr Zelensky à la présidentielle ukrainienne était l'occasion de relancer les discussions avec Moscou pour mettre fin à un conflit de cinq ans qui a fait quelque 13.000 morts.

"Nous pensons que l'accent, aujourd'hui, devrait être mis sur un nouvel effort pour mettre en application l'accord de Minsk et pour amener la paix aux personnes qui souffrent en raison de cette crise", a ainsi dit l'ambassadeur allemand à l'ONU Christoph Heusgen à des journalistes en référence aux accords de paix de Minsk, négociés sous l'égide de Berlin, Paris, Kiev et Moscou.

Pendant la réunion, M. Heusgen avait dit à son homologue russe que Moscou aurait pu accueillir le nouveau président ukrainien avec "des fleurs" virtuelles pour montrer sa bonne volonté, plutôt que de faire cette annonce polémique.

"C'est trop tôt pour les fleurs", a répliqué Vassily Nebenzia, le représentant russe, selon qui Moscou a reçu des signaux contradictoires de la part de Zelensky.

Les Etats-Unis ont de leur côté qualifié d'"inacceptable" le fait que la Russie décide de faciliter l'octroi de la nationalité russe à des Ukrainiens juste après l'élection du nouveau président, et ont accusé la Russie d'attiser le conflit.

L'ambassadeur français François Delattre a lui aussi estimé que "la solution à cette crise n'(était) pas de donner des passeports russes à des citoyens ukrainiens. Elle est de respecter les engagements pris dans le cadre des accords de Minsk en vue de mettre un terme au conflit".

Avec AFP

Kim Jong Un poursuit sa visite en Russie

Kim Jong Un poursuit sa visite en Russie
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Poutine et Kim Jong Un à Vladivostok en Russie

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Espagne: les cinq principaux candidats aux élections

Santiago Abascal, chef du parti d'extrême droite espagnol VOX, qui espère créer la surprise dimanche.

Du chef du gouvernement socialiste sortant Pedro Sanchez à son opposant conservateur Pablo Casado en passant par le leader d'extrême droite Santiago Abascal, voici les cinq principaux candidats qui s'affrontent dimanche lors des élections espagnoles.

. PEDRO SANCHEZ, Parti socialiste (PSOE), 47 ans:

Il est le grand favori des sondages qui ne le créditent pas toutefois d'une majorité suffisante pour gouverner.

Après avoir enregistré l'un des pires résultats des socialistes aux élections de 2016, M. Sanchez s'est hissé au pouvoir en juin grâce à une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy, coulé par la condamnation de son parti dans un scandale de corruption.

A la tête d'un gouvernement minoritaire, soutenu par une majorité hétéroclite (gauche radicale, nationalistes basques et indépendantistes catalans), cet économiste de formation a été contraint de convoquer des élections après avoir été lâché sur le budget par les séparatistes catalans avec lesquels il a tenté de dialoguer sans succès.

A la tête de l'exécutif le plus féminin de l'histoire espagnole, Pedro Sanchez a frappé un grand coup en Europe dès son arrivée au pouvoir en acceptant d'accueillir les 630 migrants de l'Aquarius. Après des années d'austérité sévère, il a augmenté le salaire minimum de 22%.

. PABLO CASADO, Parti populaire (PP), 38 ans:

Il est devenu en juillet le plus jeune chef de la formation conservatrice.

Chargé de la communication du PP sous Mariano Rajoy, ce diplômé en droit au sourire mécanique a fait prendre un virage à droite toute à sa formation et scellé une alliance avec l'extrême droite de Vox et les libéraux de Ciudadanos en Andalousie (sud) pour chasser les socialistes de leur fief historique.

Si une telle alliance se reproduisait au niveau national et obtenait la majorité dimanche, Pablo Casado - qui a mené une campagne très agressive contre Pedro Sanchez, l'accusant d'avoir trahi l'Espagne en dialoguant avec les séparatistes catalans - pourrait devenir le plus jeune chef du gouvernement espagnol de l'histoire. Mais les sondages lui prédisent une déroute.

. PABLO IGLESIAS, Podemos, 40 ans:

Cet ancien professeur de sciences politiques anticonformiste à la queue de cheval cherche un second souffle après avoir contribué en 2015 à la fin du bipartisme, avec Ciudadanos. Selon les sondages, sa formation de gauche radicale Podemos pourrait voir son nombre de députés réduit de moitié.

Né dans la lignée du mouvement anti-austérité des Indignés, Podemos, qui aimerait sceller une alliance avec les socialistes, est aujourd'hui miné par les divisions internes. Pablo Iglesias a aussi été affaibli par la polémique sur sa villa à 600.000 euros achetée l'an dernier avec sa compagne Irene Montero, numéro deux du parti.

. ALBERT RIVERA, Ciudadanos, 39 ans:

Le Barcelonais de centre-droit au physique de "startuper" défend bec et ongles l'unité de l'Espagne face aux séparatistes catalans et un programme très libéral sur le plan économique mais aussi en matière de moeurs.

Entré avec force au parlement en 2015 et parfois comparé au président français Emmanuel Macron, le chef de la quatrième force politique espagnole a longtemps misé sur le dépassement du clivage gauche-droite.

Mais Albert Rivera, qui a changé de cap en droitisant son discours, refuse cette fois toute alliance avec Pedro Sanchez, avec qui il avait pourtant tenté sans succès de former un gouvernement en 2016, et tend la main au PP.

. SANTIAGO ABASCAL, Vox, 43 ans:

Cet ancien militant du PP menacé par l'ETA dans sa jeunesse a créé la surprise avec Vox, formation ultra-nationaliste, anti-immigration et anti-féministe créditée de plus de 10% des voix dans un pays où l'extrême droite était quasi inexistante.

Marginal il y a à peine quelques mois, Santiago Abascal, barbe impeccablement taillée et regard perçant, a bénéficié de son discours très dur contre le séparatisme catalan. Marquant l'agenda médiatique à coup de propositions polémiques, il fustige les médias classiques et se sert massivement des réseaux sociaux pour faire campagne.

Avec AFP

Deux célèbres humoristes russes affirment avoir piégé Macron

Le président Emmanuel Macron au Palais de l'Elysée, le 16 mars 2018.

"Allô, monsieur le président ?” : deux célèbres usurpateurs russes, spécialistes des canulars téléphoniques, assurent avoir piégé Emmanuel Macron en se faisant passer pour le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les deux humoristes "Vovan" et "Lexus", habitués de ce genre de blagues, ont mis en ligne mercredi l'enregistrement d'une conversation de quinze minutes avec celui qu'ils affirment être le président français.

L'appel semble venir de l'Elysée, qui appelle pour féliciter le comédien ukrainien après sa victoire écrasante à l'élection présidentielle de dimanche contre le président sortant Petro Porochenko.

"73% (des votes) des Ukrainiens, c'est juste incroyable (...) Je me sens comme Poutine qui a le même score", plaisante le faux Volodymyr Zelensky dans cette conversation, qui se déroule en russe et en français, avec l'aide de traducteurs.

"J'ai le sentiment qu'en tout cas à ce stade, le système chez toi est un peu moins bien organisé, donc ça doit être un peu plus naturel. Tu n'avais pas encore mis tous tes opposants en prison", répond celui qu'ils affirment être Emmanuel Macron.

L'Elysée a refusé de commenter cette vidéo. "Le président s'est bien entretenu avec (Volodymyr) Zelensky dimanche soir, échange à la suite duquel nous avons publié un communiqué, tout comme les équipes de Zelensky. Le contact est bien établi entre le président de la République et son homologue ukrainien", a précisé la présidence française.

Contactés par l'AFP, les deux humoristes ont confirmé ce canular et dit espérer qu'Emmanuel Macron n'est "pas trop contrarié".

Les deux humoristes avaient déjà contacté à la veille du second tour de la présidentielle ukrainienne le Premier ministre du Kosovo, Ramush Haradinaj, qui a ensuite exprimé son soutien sur Twitter au candidat Zelensky et à son Premier ministre "Vovan Lexusov", avant de supprimer son message.

Vladimir Kouznetsov et Alexei Stoliarov - alias "Vovan" et "Lexus" - n'en sont pas à leur coup d’essai : ils ont piégé Elton John, l'ancien chef de la diplomatie britannique Boris Johnson ou le président bélarusse Alexandre Loukachenko.

Leurs cibles privilégiées sont globalement des adversaires du Kremlin, étrangers ou russes. En 2016, "Vovan" expliquait à l'AFP vouloir "montrer le visage réel de certains partenaires de la Russie, leur hypocrisie". "Nous faisons uniquement les choses qui sont dans l'intérêt de notre pays", disait de son côté "Lexus".

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