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Attentat de Christchurch: les premières victimes inhumées lors d'une émouvante cérémonie

Cérémonie d'inhumation au Memorial Park Cemetery à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 20 mars 2019. REUTERS / Jorge Silva

Un réfugié syrien et son fils ont été mercredi les premières victimes de l'attentat de Christchurch à être inhumées lors de funérailles émouvantes dans la ville néo-zélandaise, qui se prépare à plusieurs journées de déchirants adieux.

Au total, 50 fidèles ont été abattus lors de la prière de vendredi par le suprémaciste blanc Brenton Tarrant dans deux mosquées de la plus grande ville de l'île du Sud, dans un massacre qu'il a filmé et diffusé en direct sur Facebook.

Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi matin dans un cimetière proche de la mosquée Linwood, la deuxième attaquée par l'Australien de 28 ans.

C'est là que se sont déroulées les funérailles de Khalid Mustafa, 44 ans, et de son fils Hamza, 15 ans, qui ont été tués dans la mosquée al-Nour.

La famille était arrivée il y a un an en Nouvelle-Zélande, dans l'espoir d'y retrouver la paix après les années d'horreur du conflit syrien.

- Survivant en fauteuil -

Khalil et son épouse avaient également une fille et un garçon. Celui-ci, âgé 13 ans et prénommé Zaid, a été blessé dans la fusillade et assistait dans un fauteuil roulant aux funérailles.

Jamil El-Biza, un habitant de la région de Sydney venu spécialement pour les funérailles, a déclaré à l'AFP que Zaid, avait déclaré, devant les tombes de son père et de son frère: "Je ne devrais pas me tenir devant vous. Je devrais être allongé à côté de vous."

Parmi les fidèles venus prier, figurait aussi Abdul Aziz, un réfugié afghan considéré comme un héros pour avoir tenté de s'opposer au tueur, et qui a été chaleureusment embrassé par de nombreuses personnes présentes.

Le début des funérailles permet aussi de répondre à la frustration grandissante des familles des victimes.

La coutume musulmane veut que les morts soient enterrés le plus rapidement possible, généralement dans les 24 heurs suivant le décès, mais les inhumations ont été repoussées en raison du lent processus d'identification et des investigations médico-légales.

- Ne pas rendre le mauvais corps -

Les autopsies des 50 victimes ont été menées mais "seules 12 victimes ont été identifiées" formellement à ce stade, et "six parmi les victimes identifiées ont été rendues à leur famille", a indiqué mardi la police qui a promis de mener à bien sa tâche aussi vite que possible alors que des dizaines de familles de victimes arrivent du monde entier à Christchurch en vue des funérailles.

Javed Dadabhai, venu d'Auckland pour enterrer son cousin, a expliqué que les proches avaient été avertis par les autorités que "le processus serait très lent, très exhaustif".

Le commissaire Mike Bush a dit espérer que la majorité des dépouilles soient restituées avant mercredi soir.

"Il serait impardonnable de rendre à une famille le mauvais corps", a-t-il dit dans un communiqué.

Mercredi, la Première ministre Jacinda Ardern a effectué une visite à la Cashmere High School, où étaient scolarisés Hamza et Zaid. L'établissement a perdu un autre élève, Sayyad Milne, 14 ans.

Quand un étudiant lui a demandé ce qu'elle ressentait, la Première ministre a répondu: "Je suis triste."

La veille, elle avait adressé un fort message de solidarité aux musulmans et promis de ne jamais prononcer le nom du tueur des mosquées, qui a justifié le massacre dans un "manifeste" raciste et islamophobe.

- Propos "ignobles" d'Erdogan -

Devant le Parlement réuni en session spéciale, elle avait déclaré que le tireur tomberait sous le coup de la loi "dans toute sa rigueur".

"Par cet acte terroriste, il recherchait beaucoup de choses, mais l'une d'elles était la notoriété", a-t-elle dit Mme Ardern à Wellington. "C'est pourquoi vous ne m'entendrez jamais prononcer son nom. C'est un terroriste. C'est un criminel. C'est un extrémiste. Mais quand je parlerai, il sera sans nom".

Dans la foulée du carnage, Mme Ardern avait annoncé un durcissement de la législation sur les armes qui a permis au tueur d'acheter l'arsenal ayant servi à l'attaque.

Sur le plan diplomatique, le Premier ministre australien Scott Morrison a jugé mercredi "irréfléchis", "ignobles" et "offensants" des propos tenus par le président turc Recep Tayyip Erdogan après l'attaque.

M. Morrison a fait sa déclaration après avoir convoqué l'ambassadeur de Turquie et avoir rejeté les "excuses" qui avaient été présentées.

M. Erdogan avait déclaré lundi que l'attentat de Christchurch s'inscrivait dans le cadre d'une attaque contre l'islam et la Turquie.

"Ce n'est pas un acte isolé, c'est quelque chose d'organisé", avait affirmé M. Erdogan lors d'un discours de campagne, en lançant que les Australiens hostiles à l'islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale.

"J'attendrai de voir ce que sera la réaction du gouvernement turc avant de décider d'autres mesures, mais je peux vous dire que toutes les options sont sur la table", a insisté M. Morrison.

Mme Ardern a de son côté refusé d'être impliquée dans la polémique.

Après avoir protesté lundi contre une utilisation politique du massacre de Christchurch, son vice-Premier ministre Winston Peters a annoncé mardi qu'il se rendrait en Turquie cette semaine à la demande d'Ankara pour assister à une réunion spéciale de l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

Avec AFP

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Joe Biden nomme une équipe de communication à la Maison Blanche entièrement féminine

La porte-parole du département d'État, Jen Psaki, participe à une réunion à Washington, le 27 février 2015.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé dimanche la composition de son équipe de communication à la Maison Blanche, qui sera exclusivement féminine, ce que son entourage a qualifié de première dans l'histoire du pays.

Parmi les personnes désignées figure Jen Psaki, qui occupera le poste très en vue d'attachée de presse de la Maison Blanche.

Jen Psaki, 41 ans, a occupé plusieurs postes haut placés, dont celui de directrice de la communication de la Maison Blanche sous l'administration Obama-Biden.

"Honorée de travailler à nouveau pour @JoeBiden, un homme pour lequel j'ai travaillé sous l'administration Obama-Biden lorsqu'il a contribué à diriger la reprise économique, reconstruit nos relations avec nos partenaires (ce qui se révèle une bonne pratique) et a apporté de l'empathie et de l'humanité dans presque toutes les réunions auxquelles j'ai assisté", a réagi Jen Psaki sur Twitter.

Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris cherchent à mettre l'accent sur la diversité dans les nominations annoncées jusqu'à présent, avant de prêter serment le 20 janvier.

"Je suis fier de présenter aujourd'hui la première équipe de communication pour la Maison Blanche composée exclusivement de femmes", a indiqué M. Biden dans un communiqué.

"Ces professionnelles de la communication, qualifiées et expérimentées, apportent des perspectives variées à leur travail et partagent le même engagement pour reconstruire ce pays", a-t-il ajouté.

Postes économiques

En plus de Mme Psaki, six autres femmes ont été nommées.

Parmi elles, Kate Bedingfield, directrice adjointe de campagne de M. Biden, a été nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Mme Bedingfield a déjà officié en tant que directrice de la communication de Biden alors qu'il était vice-président.

Ashley Etienne deviendra directrice de la communication de Kamala Harris et Symone Sanders est propulsée conseillère et porte-parole de la vice-présidente.

Pili Tobar a été nommée directrice adjointe à la communication de la Maison Blanche et Karine Jean Pierre, attachée de presse adjointe.

Elizabeth Alexander sera la directrice de communication de la future Première dame Jill Biden.

Ces nominations ne nécessitent pas la confirmation du Sénat, contrairement à la plupart des postes du cabinet.

D'autres nominations devraient intervenir dans la semaine. Selon le New York Times, elles comprendront celle de Cecilia Rouse à la tête du Cercle des conseillers économiques du président, première femme noire à ce poste.

Neera Tanden prendrait la direction du Bureau de la gestion et du budget, première Indienne Américaine à cette position.

Cela fait suite à la nomination attendue de Janet Yellen, l'ancienne présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, pour devenir la première femme secrétaire au Trésor, si elle est confirmée par le Sénat.

Violences contre un Noir en France: quatre policiers mis en examen

La scène de tabassage de Michel Zecler par quatre policiers à Paris, le 27 novembre 2020.

Quatre policiers ont été mis en examen et deux d'entre eux écroués dans l'information judiciaire ouverte sur le tabassage du producteur noir Michel Zecler dans la nuit de dimanche à lundi, dans cette affaire qui électrise le débat en France autour des violences policières et de la loi "sécurité globale".

Parmi ces quatre policiers mis en examen par un juge d'instruction, trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique", conformément aux réquisitions du parquet de Paris annoncées par le procureur de la République Rémy Heitz dimanche après-midi.

Ce sont les trois policiers au cœur de la vidéo de Loopsider dévoilée jeudi qui a fait scandale et provoqué la "honte" du chef de l'Etat Emmanuel Macron, alors que l’Élysée a appelé M. Zecler samedi.

Le policier soupçonné d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans le studio de musique du 17e arrondissement où s'est produite l'agression a lui été mis en examen plus tôt dans la soirée principalement pour des "violences volontaires" par PDAP sur Michel Zecler et sur les neuf jeunes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio.

Le parquet avait requis la détention provisoire pour les trois premiers et un contrôle judiciaire pour le quatrième, mais le juge des libertés et de la détention en a écroué deux et laissé deux autres sous contrôle judiciaire.

Me Anne-Laure Compoint qui défend deux policiers et Me Jean-Christophe Ramadier qui en défend un n'ont pas souhaité commenter ces mises en cause à l'issue de l'audience du juge des libertés et de la détention, vers 04H30 du matin.

Placer en détention certains des agents doit permettre "d'éviter un risque de concertation" entre eux "ou de pressions sur les témoins", avait argué M. Heitz en expliquant ses réquisitions de détention provisoire.

A Lagos, les manifestants exigent la fin des brutalités policières
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"Coups pas justifiés"

En garde à vue face à l'IGPN, les trois principaux mis en cause avaient fini "par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur", a rapporté le procureur. Ils ont invoqué "la panique" provoquée par le sentiment d'être coincés dans l'entrée du studio de musique de M. Zecler, qui se débattait selon eux.

Ils ont en revanche nié "avoir tenu des propos racistes" alors que M. Zecler a assuré qu'ils l'avaient traité de "sale nègre", une insulte entendue également par "l'un des jeunes" présent dans le sous-sol du studio. Ils réfutent également "le caractère mensonger du procès-verbal".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a promis jeudi "la révocation" des policiers qui ont "sali l'uniforme de la République", "dès que les faits seront établis par la justice".

Cette affaire, mise au jour grâce à la diffusion de vidéos, a semblé doper les opposants à la proposition de loi "sécurité globale", dont la mesure phare prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre.

Plus de 130.000 personnes ont manifesté samedi, selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs, dans une ambiance globalement bon enfant. Des affrontements parfois violents ont toutefois émaillé certaines manifestations, notamment à Paris.

Controverse

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, 98 policiers et gendarmes ont été blessés et 81 personnes ont été interpellées. A Paris, un photographe syrien indépendant, collaborateur de l'AFP, a été blessé au visage.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers frappés par des manifestants, des "violences inacceptables", selon Gérald Darmanin.

En une semaine, la controverse autour de la proposition de loi "sécurité globale", vivement dénoncée par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, s'est encore renforcée.

L'évacuation brutale d'un camp de migrants à Paris lundi soir et la révélation jeudi du passage à tabac de M. Zecler ont suscité l'indignation et électrisé le débat. Les vidéos de ces deux affaires ont été visionnées des millions de fois sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de lui faire rapidement des propositions "pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations", pour la troisième fois cette année.

Forte mobilisation pour les marches des libertés, des heurts à Paris

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