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Massacre de Christchurch: la Nouvelle Zélande va durcir la législation sur les armes

La première ministre Jacinda Ardern s’adresse aux représentants de la communauté musulmane, le samedi 16 mars 2019 au Canterbury Refugee Centre à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un jour après le massacre de deux mosquées à la ville. (Bureau du Premier ministre de Nouvelle-Zéla

La Nouvelle-Zélande a annoncé lundi un durcissement de sa législation sur les armes après le carnage commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc qui a décidé de se défendre seul devant la justice.

La Première ministre Jacinda Ardern a assuré que la coalition gouvernementale était unie sur la nécessité de restreindre l'accès du public aux armes dont Brenton Tarrant est accusé de s'être servi vendredi pour tuer méthodiquement 50 fidèles dans deux mosquées de Christchurch, localité de l'île du Sud.

"Nous avons pris une décision en tant que gouvernement, nous sommes unis", a annoncé Mme Ardern, flanquée de Winston Peters, son vice-Premier ministre et partenaire au sein de la coalition au pouvoir.

Le parti de M. Peters, New Zealand First, opposé jusque-là à de telles mesures, a apporté son soutien total aux réformes. "La réalité c'est qu'après 13H00 vendredi, notre monde a changé à jamais et nos lois feront de même", a-t-il lancé, alors que le pays tente de comprendre comment le pire massacre de musulmans dans un pays occidental de l'histoire récente a pu se produire dans un archipel réputé paisible.

Mme Ardern a également annoncé l'ouverture d'une enquête interne sur une attaque qui pose de nombreuses questions sur le fait que Brenton Tarrant, fasciste autoproclamé, n'ait pas attiré l'attention des agences de renseignement.

Les réseaux sociaux sont également sur la sellette en raison de la diffusion en direct sur Facebook, pendant de longues minutes, du carnage filmé par son auteur, un ressortissant australien de 28 ans.

Si le groupe américain a dit avoir supprimé 1,5 million de vidéos, les réseaux sociaux sont montrés du doigt pour n'avoir pas bloqué les images en "temps réel de l'attaque terroriste".

Un jeune de 18 ans a été inculpé à Christchurch pour avoir relayé la vidéo mais aussi mis en ligne une photographie de la mosquée al-Nour avec la mention "cible atteinte", et pour incitation à la violence.

Cette tragédie a provoqué une onde de choc en Nouvelle-Zélande, pays de cinq millions d'habitants dont 1% se disent musulmans, réputé pour sa tradition d'hospitalité. Des Néo-Zélandais de tous bords continuaient à manifester lundi leur dégoût face aux attaques, et leur refus de la haine raciale.

- Cérémonie de purification -

Une cérémonie maorie de purification s'est tenue à la mosquée al-Nour, réunissant des Néo-Zélandais indigènes, les dirigeants de la communauté musulmane et les autorités locales. Puis des étudiants se sont présentés sur les lieux pour déposer des gerbes de fleurs et allumer des bougies.

D'autres ont participé à un nouveau haka, danse traditionnelle maorie, en hommage aux défunts. A Auckland, les élèves du collège Orewa se sont rassemblés pour créer la forme d'un coeur ainsi que le message "Kia Kaha", ou "Soyez forts" en langue maorie.

Au crépuscule, la famille et les amis des victimes ont prié devant la mosquée al-Nour, leurs clameurs lancinantes résonnant dans un parc proche. "Où que vous soyez, vous pouvez prier", a dit à l'AFP Saiya Raza, venu d'Auckland pour enterrer son cousin.

Les organisateurs de la plus grande foire aux armes de Nouvelle-Zélande, le Kumeu Militaria Show, près d'Auckland, ont annoncé l'annulation de l'événement du fait des massacre et des "risques élevés pour la sécurité".

La Nouvelle-Zélande avait déjà renforcé la législation sur les armes dans les années 1990 mais les lois sur la détention d'armes à feu sont restées assez permissives. La quasi totalité de ceux qui demandent un port d'armes obtiennent satisfaction.

Brenton Tarrant, qui avait fait lors de son inculpation le signe de reconnaissance des suprémacistes blancs, a limogé lundi son avocat commis d'office.

Celui-ci a précisé que l'extrémiste australien voulait "assurer seul sa défense dans cette enquête". "Il est apparu comme quelqu'un de rationnel et qui ne souffre pas d'un handicap mental".

- Confiance dans la justice -

Aux termes de la loi néo-zélandaise, il sera renvoyé en procès s'il plaide non coupable, ce qui rend possible une confrontation avec les survivants et les familles des victimes.

Mustafa Farouk, président de la Fédération des associations islamiques de Nouvelle-Zélande a déclaré qu'il avait foi en la justice.

"En tant que communauté, nous aimerions que cette personne soit traitée de manière équitable, qu'on lui donne tous ses droits", a-t-il dit. "Nous croyons en la justice ici et nous savons qu'elle fera ce qu'il faut".

Parallèlement, l'impatience monte parmi les familles qui réclament les corps de leurs proches, la coutume musulmane prévoyant d'inhumer un défunt dans les 24 heures suivant le décès.

Des ouvriers creusaient des dizaines de tombes dans un cimetière de Christchurch. Les médecins légistes ont dit espérer être en mesure de satisfaire les familles rapidement, tout en soulignant qu'ils devaient procéder avec précaution dans leur enquête.

Selon une liste qui circule parmi les familles, les personnes tuées avaient entre trois et 77 ans . Certains victimes étaient originaires du quartier, d'autres de pays aussi lointains que l'Egypte. Au moins deux des morts appartenaient à la même famille, un père et un fils.

New Delhi a annoncé dimanche que cinq de ses ressortissants avaient été abattus, le Pakistan a fait état de neuf morts, dont une personne tuée en tentant d'arrêter le tueur. Trente-et-une personnes sont toujours hospitalisées, dont neuf dans un état critique.

Avec AFP

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La pandémie du coronavirus a fait au moins 555.000 morts dans le monde

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Kanye West, candidat de Dieu et contre Trump à la Maison Blanche

Kanye West assiste au WSJ. Magazine Innovator Awards 2019 au Museum of Modern Art de New York, le 6 novembre 2019.

Il sera le candidat de Dieu à la Maison Blanche: Kanye West a assuré mercredi au magazine Forbes qu'il ne soutenait plus Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre et a remis en question la capacité du démocrate Joe Biden à mobiliser l'électorat noir.

Dans ce long entretien fait par téléphone, le rappeur milliardaire reconnaît qu'il se lance dans la course à la dernière minute et qu'il prendra une décision définitive d'ici un mois.

"On en parle depuis des années", explique-t-il en référence à ses ambitions présidentielles, révélées samedi dans un tweet, et à ses deux principaux soutiens: sa femme Kim Kardashian et le fantasque patron de Tesla Elon Musk.

"Voyons si la nomination est pour 2020 ou pour 2024, parce que c'est Dieu qui nomme le président", dit le rappeur qui s'est rapproché ces derniers mois de la religion. "Si c'est 2020, alors j'aurais été nommé par Dieu".

Sans structure en place, il ne donne aucun détail sur sa campagne, mais assure qu'il ne soutient plus le milliardaire républicain après avoir été un de ses plus fervents partisans, notamment en portant en 2018 une casquette rouge au slogan présidentiel "Make America Great Again" dans le Bureau ovale.

"J'enlève la casquette rouge avec cet entretien", explique-t-il à Forbes, ajoutant qu'il sera le candidat d'un nouveau parti appelé "Jour de naissance".

Mais il évite de critiquer le locataire actuel de la Maison Blanche, sauf sur sa gestion du mouvement de colère contre le racisme qui s'est répandu depuis deux mois dans le pays, alimentant les soupçons d'une candidature destinée à perturber celle de Joe Biden, actuellement en tête des sondages nationaux.

"Dire que le vote noir est démocrate est une forme de racisme et de suprématie blanche", affirme Kanye West, en reconnaissant qu'il n'hésiterait pas à priver l'ex-vice président des voix de la minorité noire qui vote majoritairement pour les démocrates.

Le rappeur, qui a annoncé avoir eu le coronavirus, affiche également sa méfiance face aux vaccins qui ont, selon lui, paralysé de nombreux enfants, une assertion fausse et fermement combattue par le monde scientifique.

"Quand ils disent que le moyen de régler le Covid-19 est un vaccin, je suis extrêmement prudent", explique-t-il. "C'est la marque de la bête", lance-t-il en référence au Diable.

Donald Trump a jugé que cette candidature surprise était "intéressante" tout en estimant que l'élection de 2024 devrait être son véritable objectif.

Joe Biden n'a pas commenté l'annonce de Kanye West.

Retrait des Etats-Unis de l'OMS: des critiques à travers le monde

Le président américain Donald Trump et le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom, lors du sommet du G20 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 juillet 2017. (Photo SAUL LOEB / AFP)

Le gouvernement des Etats-Unis a officiellement lancé la procédure qui lui permet de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En lançant la procédure de retrait, le président Donald Trump met à exécution ses menaces de quitter l'agence onusienne qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Washington a envoyé la notification de son retrait au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui est le dépositaire pour l'OMS. Il a confirmé l’avoir reçue.

Pour que la décision soit effective, les Etats-Unis, membre fondateur de l'OMS en 1948, doivent être à jour dans leurs contributions et respecter un délai d'un an. Le retrait ne sera donc effectif que le 6 juillet 2021.

Les Etats-Unis apportent 15% du budget de l'agence onusienne, soit 400 millions de dollars par an.

Des responsables de santé et des adversaires de M. Trump ont critiqué sa décision. Son rival présumé pour le scrutin de novembre, le démocrate Joe Biden, a promis que les Etats-Unis reviendront immédiatement dans l'OMS s'il est élu, selon le quotidien Politico.

Pour la Fédération des scientifiques américains, ce retrait ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le coronavirus, qui s'accélère et dont le pic n'est pas encore atteint dans le pays.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, a estimé qu’il sape les efforts internationaux et aura un impact grave sur les pays en développement. Pour le gouvernement allemand, le retrait constitue un revers de la coopération internationale.

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump accuse de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en premier. Il reproche aussi au patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus et de s'être montré incapable de réformer l'organisation.

Washington rompt officiellement son alliance avec l'OMS

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Washington se retire officiellement de l'OMS, revers pour l'Éthiopien Tedros Ghebreyesus

Le president americain Donald Trump (à g.) et le directeur général de l'OMS Dr Tedros Ghebreyesus.

Le président Donald Trump a officiellement lancé la procédure de retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus, ont indiqué mardi des responsables américains.

"Le Congrès a reçu la notification que le président a officiellement retiré les Etats-Unis de l'OMS au beau milieu d'une pandémie", a écrit sur Twitter Robert Menendez, membre démocrate de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères.

La notification sera effective au terme d'un délai d'un an, soit le 6 juillet 2021, ont précisé plusieurs responsables du gouvernement américain, plus gros contributeur de l'organisation onusienne.

Elle a été envoyée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "qui est le dépositaire pour l'OMS", ont-ils dit.

Les Nations unies ont également confirmé avoir reçu lundi la lettre de retrait américain.

Le porte-parole de M. Guterres a précisé que les Etats-Unis, membres fondateurs de l'OMS en 1948, devaient remplir deux conditions pour se retirer de l'organisation: respecter un délai d'un an et être à jour dans leurs contributions.

L'annonce a été fustigée par la Fédération des scientifiques américains. Elle intervient "au moment où on a le plus besoin de coopération internationale" et ce retrait "ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le Covid-19", a-t-elle réagi.

Le président américain avait annoncé fin mai "mettre fin à la relation" entre son pays et l'OMS, qu'il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

Le retrait américain constitue un véritable revers pour l'Éthiopien Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS. Les Etats-Unis apportent 15% du budget de l'agence onusienne et en sont de loin le premier bailleur de fonds. Désormais, ils vont "rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent", avait-il déclaré à la presse.

La semaine dernière, un haut responsable américain de la santé avait toutefois assuré que les Etats-Unis continuaient de travailler au jour le jour avec l'OMS.

"Je n'ai pas été rappelé, je n'ai reçu aucune instruction pour que je me retire", avait déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, et membre du conseil exécutif de l'OMS.

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