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La propagation de la vidéo du massacre de Christchurch, défi pour les plateformes internet

Carte de localisation de Christchurch en Nouvelle-Zélande où 49 personnes ont été tuées et une vingtaine grièvement blessées dans des attaques contre des mosquées.

Une vidéo du massacre dans une mosquée de Nouvelle-Zélande a été bloquée par Facebook pendant sa diffusion en direct mais a malgré tout été largement partagée sur d'autres réseaux sociaux, soulignant les défis auxquels font face les plateformes internet pour endiguer les contenus violents.

Facebook dit avoir "rapidement" retiré la vidéo en direct du tireur, mais l'enregistrement dure quelque 17 minutes. La vidéo a ensuite été reprise sur d'autres plateformes comme YouTube et Twitter, et des séquences étaient encore visibles vendredi.

Au moins 49 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans l'attaque de deux mosquées à Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Les plus grandes plateformes internet ont promis d'endiguer le partage d'images violentes et autres contenus inappropriés par le biais de systèmes automatisés et d'un contrôle humain. Mais cela ne fonctionne pas, selon des observateurs.

"Il n'y a aucune excuse au fait que le contenu de cette transmission en direct soit encore en train de circuler sur les réseaux sociaux en ce moment", juge ainsi Lucinda Creighton, ancienne ministre irlandaise aujourd'hui conseillère au Counter Extremism Project, qui fait campagne pour retirer les contenus violents des plateformes internet.

Ces dernières "disent avoir leurs propres technologies mais nous ne savons pas lesquelles. Il n'y a pas de transparence, et ça ne marche clairement pas", poursuit-elle.

Son organisation a développé une technologie qui combattrait certains types de contenus violents et l'a proposée à des compagnies d'internet, en vain.

- "Plateforme sans modérateurs"? -

La police de Nouvelle-Zélande avait exhorté dans un tweet vendredi à ne pas partager les "images extrêmement éprouvantes" des massacres de Christchurch, qui ont circulé, selon des internautes, sur Reddit, 4chan et d'autres plateformes.

"Nous oeuvrons à faire retirer tout enregistrement" des tueries, avait ajouté la police.

Twitter et YouTube ont dit travailler à retirer les vidéos en question et tout contenu leur étant lié.

Twitter affirme avoir "une procédure rigoureuse et une équipe dédiée pour gérer les situations délicates et d'urgence comme celle-ci". "Nous coopérons également avec la police pour faciliter ses enquêtes", a poursuivi Twitter.

Quant à YouTube, la plateforme a dit dans un tweet avoir "le coeur brisé" par "la terrible tragédie en Nouvelle-Zélande", et a tenu à faire savoir qu'elle "oeuvrait activement à retirer toute vidéo violente" de ses pages.

Facebook n'avait pas répondu dans l'immédiat à une question sur le temps pris à arrêter la vidéo en direct, mais a dit dans un communiqué avoir interrompu cette transmission et l'avoir retirée à la suite d'une requête de la police, et bloqué les comptes Facebook et Instagram du tireur.

"Nous retirons également tout soutien ou apologie du crime et du ou des tireurs dès que nous en voyons", a dit Facebook.

Bien trop peu, selon Jennifer Grygiel, enseignante en communication à l'université de Syracuse qui suit de près les réseaux sociaux.

"Facebook est une plateforme sans modérateurs où vous pouvez transmettre ce que vous voulez", accuse-t-elle, estimant qu'aucune mesure d'ampleur n'a été prise depuis la diffusion en direct sur Facebook en 2017 d'un meurtre à Cleveland, dans l'Ohio.

Il est devenu courant, selon Mme Grygiel, pour les auteurs de crimes d'utiliser les réseaux sociaux pour diffuser leurs actes, et ces derniers sont ensuite réenregistrés puis partagés, encore et encore.

Selon elle, des plateformes comme YouTube ont la capacité de trouver et de retirer ces vidéos violentes avec des recherches par mots-clés, mais il faudrait davantage de personnes pour le travail de modération et de surveillance.

Les outils d'intelligence artificielle peuvent aider, poursuit-elle, mais "aucun algorithme ne peut être conçu pour cela, parce qu'on ne peut pas prévoir l'avenir".

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Manifestations à travers la Syrie contre la décision américaine sur le Golan

Des Syriens contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan le 26 mars 2019.

Des manifestations ont eu lieu mardi dans de nombreuses villes de Syrie pour protester contre la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur la partie occupée et annexée du plateau du Golan.

Le président américain Donald Trump a signé lundi à la Maison Blanche, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur ce territoire conquis en 1967 par l'Etat hébreu et annexé en 1981. L'ONU n'a jamais reconnu cette annexion.

Le gouvernement syrien avait dénoncé dès lundi "une violente attaque contre l'intégrité territoriale" de la Syrie.

Mardi, des Syriens sont descendus dans la rue pour protester contre la décision américaine à Homs (centre), Qamichli et Hassaké, dans le nord-est du pays sous administration kurde, à Alep (nord), Deir Ezzor (est) ainsi que dans la capitale Damas et les fiefs du président Bachar al-Assad à Lattaquié et Tartous (ouest), selon l'agence de presse officielle Sana.

Ils ont brandi des portraits du président ainsi que des drapeaux syriens et palestiniens, selon la même source.

"Le parti pris éhonté des Etats-Unis en faveur d'Israël ne changera pas l'identité syrienne du Golan", a affirmé le ministre de l'Information Imad Sara à la télévision d'Etat syrienne lors de la manifestation à Damas.

"Le Golan est arabe et syrien que ça leur plaise ou non", a déclaré à l'AFP un des manifestants, Mohammad Shaaban, à Alep.

"L'Amérique est maintenant le premier ennemi des Arabes", a dénoncé dans une déclaration lue devant le palais de justice de Damas un représentant de l'ordre des avocats syriens, selon des images de la télévision d'Etat. A Hama (centre), les avocats ont interrompu les audiences pendant une heure en signe de protestation, selon Sana.

La Russie et l'Iran, alliées du régime syrien, ainsi que plusieurs Etats arabes ont rejeté la décision des Etats-unis.

Prévues de longue date, des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la force de l'ONU (Fnuod) déployée sur le plateau du Golan doivent se tenir mercredi à New York. Dès mardi, une réunion mensuelle publique du Conseil sur le Proche-Orient devrait aussi permettre aux membres de l'instance de l'ONU d'évoquer la décision américaine.

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