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Attaque du Radisson au Mali : des divergences de procédures ralentissent l'enquête

Attaque du Radisson à Bamako, le 25 novembre 2015. (AP Photo/Baba Ahmed)

L'enquête sur l'attentat qui a tué 20 personnes fin novembre à Bamako est menée à la fois par des Maliens et des étrangers. Pour relancer les investigations "il faut changer de méthodologie de travail", selon une source malienne.

Les investigations sur l'attaque meurtrière du 20 novembre contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako, revendiquée par des jihadistes, sont ralenties par des divergences de procédures des enquêteurs, composés de Maliens et d'étrangers, ont dit samedi à l'AFP des sources proches du dossier.

Ces recherches sont menées avec l'aide d'experts de l'ONU, de spécialistes français en criminologie. Des Canadiens et Belges participent également à l'enquête dirigée par le procureur du pôle spécialisé de lutte contre le terrorisme à Bamako, Boubacar Sidiki Samaké, d'après des sources officielles et de sécurité maliennes.

Selon un enquêteur malien, tous sont dans l'attente de résultats d'analyses en cours aux Etats-Unis, concernant notamment les armes utilisées par les assaillants et leur ADN.

"L'enquête est au point mort"

"Des pistes existent, mais à l'heure actuelle, l'enquête est au point mort", a affirmé une source de sécurité malienne.

Les experts étrangers ne travaillent pas "de la même manière" que les Maliens, pour relancer les investigations "il faut changer de méthodologie de travail", a-t-elle dit, refusant de fournir des détails.

Des divergences confirmées, sans plus de détails, par une source de sécurité à la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) : "Les approches ne sont pas les mêmes au sein de la commission d'enquête."

Une source étrangère proche du dossier a fait état d'"une divergence" sur l'observation de possibles suspects de l'attentat actuellement en liberté.

Le 20 novembre, le Radisson Blu a été attaqué par des hommes armés - officiellement au nombre de deux - qui y ont retenu pendant plusieurs heures environ 150 clients et employés. Les forces maliennes, appuyées par des forces spéciales françaises et américaines et des agents de l'ONU, sont intervenues et ont "exfiltré" 133 personnes, selon le ministère malien de la Sécurité intérieure.

Bilan : 20 morts dont 14 étrangers, en plus des deux assaillants. L'attentat a été revendiqué par deux groupes jihadistes: le 20 novembre par Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, et le 22 novembre par le Front de libération du Macina (FLM, mouvement jihadiste malien).

Deux hommes en détention, deux suspects recherchés

Le 26 novembre, les forces maliennes ont arrêté à Bamako deux hommes soupçonnés d'être liés à l'attentat. Le lendemain, leurs portraits et identités ont été diffusés. Depuis, ils demeurent en détention et aucune nouvelle arrestation n'a officiellement été effectuée en lien avec l'enquête.

D'après des sources proches du dossier, deux autres suspects étaient "activement" recherchés.

Les deux hommes appréhendés le 26 novembre "ne sont pas de gros poissons. Je dirais même que pour le moment, leur implication dans l'attaque est très, très loin d'être prouvée", a dit un autre de ses collègues.

Dans un entretien à l'hebdomadaire "Jeune Afrique" à paraître dimanche qui l'a interrogé sur des "failles sécuritaires" ayant facilité les choses aux assaillants du Radisson Blu, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta n'a pas exclu cette possibilité.

"Concernant le modus operandi du commando, c'est possible, l'enquête le dira", a affirmé Keïta, saluant l'intervention des forces spéciales maliennes, qui "même si elles ont été aidées par des Français et des Américains, (...) ont fait l'essentiel du travail, avec professionnalisme".

Il a précisé que son pays a déjoué d'autres attaques depuis le premier attentat contre des Occidentaux à Bamako le 7 mars, ayant visé le bar-restaurant La Terrasse, également revendiqué par des jihadistes.

"Je reçois chaque soir un rapport de nos services de renseignements et je peux vous dire que depuis la fusillade (...) en mars dernier, pour un attentat commis, nous en déjouons dix - ce qui a d'ailleurs permis à certains pays voisins d'échapper à un sort funeste. Je n'en dirai pas plus", a-t-il ajouté.

Le Mali compte sept pays limitrophes. Quatre partagent des frontières avec son vaste Nord qui a été contrôlé pendant près de dix mois entre 2012 et début 2013 par des groupes liés à Al-Qaïda, à la suite d'une rébellion à dominante touareg, avant d'être dispersés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire internationale qui se poursuit.

Avec AFP

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Human Rights Watch dénonce la torture de détenus au Cameroun

Des prisonniers font la queue à l'intérieur de la prison centrale de Douala, le 8 mars 2006.

Des dizaines de détenus séparatistes anglophones ou membres de l'opposition ont été torturés par les forces de sécurité après avoir été extraits d'une prison de Yaoundé à l'issue d'une mutinerie en juillet, a affirmé mardi Human Rights Watch (HRW).

Le 22 juillet, des détenus de la prison centrale de Yaoundé s'étaient mutinés pour protester contre leurs conditions de détention, épouvantables selon eux, la surpopulation carcérale et les longues détentions sans procès pour les anglophones, provoquant des dégâts et des incendies dans certains locaux ainsi que des violences entre prisonniers.

Le gouvernement camerounais avait annoncé le 3 août que 244 détenus avaient été interpellés, leurs avocats assurant qu'une partie d'entre eux avaient été emmenés au Secrétariat d'Etat à la Défense (SED), le siège de la gendarmerie dans la capitale camerounaise. Ils affirmaient également que les prisonniers transférés au SED y étaient torturés.

"Les autorités camerounaises ont détenu plus d'une centaine de personnes au secret et torturé nombre d'entre elles" entre le 23 juillet et le 4 août, assure HRW. "Les détenus ont été transférés vers (...) le SED" au lendemain de l'"émeute à la prison centrale de Yaoundé le 22 juillet pour protester contre la surpopulation, les conditions de vie désastreuses et les retards dans le traitement des dossiers devant les tribunaux", poursuit l'ONG dans un communiqué.

HRW se base sur les témoignages de 14 détenus et plusieurs avocats. "On nous battait deux fois par jour avec des matraques en bois et des machettes", précise un prisonnier de 29 ans.

Selon l'organisation, nombre de ces détenus étaient soupçonnés par les autorités "de faire partie de groupes séparatistes armés opérant dans les régions anglophones du Cameroun ou de les soutenir". "Parmi les autres détenus figuraient des membres et des partisans du Mouvement pour le Renaissance du Cameroun (MRC)", l'un des principaux partis de l'opposition.

Les deux provinces anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest sont le théâtre depuis fin 2016 d'une contestation qui a dégénéré en affrontements armés entre séparatistes et forces de sécurité, qui ont fait, selon HRW, plus de 2.000 morts à ce jour.

Le SED a été dénoncé à plusieurs reprises par des ONG de défense des droits humain pour la pratique de la torture envers des détenus.

Réagissant aux accusations de mauvais traitement et torture formulées par les avocats, le ministre camerounais de la Communication, Emmanuel Sadi, avait déclaré le 3 août que les détenus faisaient l'objet de "procédures légales dans le strict respect des lois de la République", assurant que plusieurs d'entre eux avaient été retrouvés en possession d'armes blanches.

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