Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Attaque Boko Haram au Niger : "beaucoup de morts" sans une action humanitaire forte, déplore MSF


Des soldats déployés au Niger et des journalistes visitent un endroit où des cadavres des victimes des attaques de Boko Haram en décomposition ont été découverts sous un pont dans la ville de Damasak, au Nigeria, 20 mars 2015.
Des soldats déployés au Niger et des journalistes visitent un endroit où des cadavres des victimes des attaques de Boko Haram en décomposition ont été découverts sous un pont dans la ville de Damasak, au Nigeria, 20 mars 2015.

L'organisation Médecins sans Frontières a tiré la sonnette d'alarme sur la situation des 50.000 réfugiés et déplacés après l'attaque massive de Boko Haram à Bosso estimant que sans action humanitaire "forte", il y aura "beaucoup de morts".

"S'il n'y a pas une action (humanitaire) forte, on pourra déplorer beaucoup de morts de faim et de soif", a déclaré à l'AFP Elmounzer Ag Jiddou, chef de mission de MSF au Niger, affirmant qu'une "crise humanitaire" se profilait si rien n'était fait.

"On appelle les autorités gouvernementales et les agences humanitaires à faire des efforts pour coordonner l'aide et faciliter l'accès des humanitaires. C'est très important", a-t-il ajouté.

"On a des témoignages sur des gens qui sont morts de soif et de faim mais on n'a pas encore de preuves. Les gens ont fui à pied, parfois sans rien prendre. Le climat est très hostile (sec et chaud). Il y a des enfants, des vieillards, des femmes...", a dit Elmounzer Ag Jiddou, qui se trouvait à Niamey.

Les équipes de MSF sur place ont notamment relevé deux sites de concentration de personnes. Le premier à Kintchandi à un carrefour routier, qui comptait déjà 12.000 personnes avant l'attaque de vendredi.

"Il faut désormais multiplier ce chiffre par quatre", a-t-il indiqué. Un autre site à Gari Bazam (50 km de Diffa) accueille 1500 ménages.

"Il y a aussi un problème de localisation. Les gens fuient, se cachent... Parfois par petits groupes", précise-t-il

"Le problème de l'eau est le plus crucial", a indiqué M. Elmounzer Ag Jiddou, soulignant que les populations manquent aussi de nourriture et de médicaments. Il rappelle aussi que l'attaque des islamistes nigérians a interrompu une campagne de vaccination contre la rougeole et la promiscuité rend possible une épidémie.

Sur le plan sécuritaire, "la tension a baissé" mais les "populations continuent à descendre de Bosso et des villages".

"Les gens sont unanimes. Ils disent que c'est Boko Haram qui contrôle Bosso mais ils ont quitté le secteur et ce sont des témoignages. On ne sait pas ce qui se passe", a-t-il confié.

Les autorités nigériennes qui avaient au moins provisoirement repris pied dans la ville dimanche selon des images de télévision ont assuré lundi que "Bosso était totalement sous contrôle".

L'attaque, proche de la frontière nigériane, est une des plus meurtrières menées par Boko Haram au Niger depuis que ce pays est officiellement entré en guerre contre ces insurgés en février 2015.

L'armée tchadienne, la plus aguerrie de la région, faisait mouvement mercredi avec 2.000 hommes pour "traquer" les insurgés islamistes.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG