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Arrestation au Cameroun du principal opposant: un moment politique crucial, selon un chercheur

Le Camerounais Maurice Kamto annonce sa victoire à la présidentielle camerounaise en conférence de presse à Yaoundé, le 8 octobre 2018. (VOA/Bagassi Koura)

L'arrestation lundi du principal opposant camerounais, Maurice Kamto, arrivé deuxième derrière Paul Biya à la présidentielle d'octobre, est un moment crucial pour la politique camerounaise, estime Hans de Marie Heungoup, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

L'opposant revendique la victoire de la dernière présidentielle. M. Kamto, "l'homme à abattre pour Yaoundé", pourrait s'ancrer comme le principal challenger de Paul Biya en cas de libération rapide, mais aussi tomber dans l'oubli s'il reste en détention, estime-t-il.

Q: L'arrestation de Maurice Kamto, qui va de pair avec une accentuation de la répression des manifestations politiques, est-elle un signe de durcissement du système Biya vis-a-vis de ses détracteurs?

R: "Yaoundé a franchi un nouveau cap dans la restriction des libertés publiques et semble dorénavant réagir essentiellement par à-coups et instinct de survie.

Même pour un pouvoir structurellement autoritaire comme celui-là, jamais sur les dix dernières années le principal leader de l'opposition n'a été arrêté avec toute son équipe et autant de militants, sans que le pouvoir ait entre ses mains des arguments juridiques valables.

Il s'agit d'une configuration classique de conflit entre légalité (les marches organisées étaient non autorisées, ndlr) et légitimité.

De quelle légitimé peut se prévaloir une loi qui est appliquée de façon grossièrement injuste?

Les marches et meetings de l'opposition ou d'ONG qui ne font pas l'apologie du pouvoir en place sont quasi systématiquement interdites et violemment réprimées, alors que celles du parti au pouvoir et d'associations satellites sont non seulement autorisées et encouragées, mais surtout sponsorisées par les fonds publics.

De fait, cette arrestation est plus cardinale qu'on ne le pense, et les hiérarques du pouvoir qui l'ont ordonnée font plus mal à leur champion que l'inverse.

Le pouvoir est aujourd'hui confronté à un dilemme. S'il garde Maurice Kamto longtemps, cela pourrait plonger le pays dans une conjoncture politique nocive, envenimer davantage les relations entre communautés et, à terme, pousser les radicaux de son parti à des actions violentes à Douala et Yaoundé.

Et si Maurice Kamto est libéré au bout de quelques jours ou semaines, il en sortira auréolé et jouira d'un capital de crédibilité national et international immense.

Q : Maurice Kamto fait-il plus peur à Paul Biya que John Fru Ndi, qui a mené l'opposition durant plus de vingt ans?

R : "Il y a longtemps que le Cameroun n'avait pas eu un opposant de cette envergure. Il a démissionné du gouvernement, fait rare au Cameroun et vécu par le président Paul Biya comme une attitude de défiance personnelle.

Celui que même certains opposants décrivaient comme mollasson à ses débuts se révèle finalement être un véritable entêté politique.

Le fait est que, durant les récentes manifestations et nonobstant le verrouillage sécuritaire, Maurice Kamto a été capable de mobiliser le même jour à Yaoundé, Douala et dans cinq villes de la région de l'Ouest.

C'est quelque chose qu'on n'avait pas observé au Cameroun depuis février 2008 (lors d'émeutes urbaines qui avaient fait des dizaines de morts).

Le Social Democratic Front (SDF, le parti de John Fru Ndi, ndlr)), de sa création en 1990 aux années 2000, incarnait véritablement l'opposition, en menant d'importants combats pour la justice sociale au Cameroun. Mais ses leaders se sont avec le temps peu ou prou rapprochés de l'orbite du pouvoir, faisant même des arrangements avec le parti au pouvoir lors des élections sénatoriales en 2013.

Avec Maurice Kamto, l'opposition retrouve une certaine contenance et virulence: il conteste la légitimité de Paul Biya comme président, refuse de se voir appliquer des lois iniques et refuse que le rôle de l'opposition soit réduit au +temps électoral+.

Dans la configuration politique camerounaise d'aujourd'hui, Maurice Kamto est un homme à abattre."

Q : Pourquoi, comme ce fut le cas dans d'autres pays d'Afrique par le passé, la communauté internationale n'a-t-elle pas réagi à l'arrestation du principal opposant?

R : "Le président Paul Biya a toujours eu une attitude rusée: il fait profil bas, n'a jamais défié ouvertement les Occidentaux et continue de leur accorder des parts de marché importantes dans l'économie camerounaise, malgré la pénétration de la Chine.

Cela a toujours fait de lui le +bon diable+ ou le moindre mal dont pouvait s'accommoder la communauté internationale.

Lorsque les Occidentaux regardent dans la sous-région, leur réflexe immédiat est de penser qu'il y a pire que Paul Biya.

Au fond, les Occidentaux comme les Camerounais vivent dans le mythe qu'après Biya, cela pourrait être pire. Et donc, ils le tolèrent."

Avec AFP

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Human Rights Watch accuse les séparatistes camerounais de torturer des civils

Quelques personnes marchent dans les rues de Buea, chef-lieu de la région anglophone du Sud-Ouest, pour dénoncer la tentative de sécession des deux régions anglophones du Cameroun, le 31 juillet 2018. (Twitter/Mimi237)

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a dénoncé des tortures et autres exactions perpétrées contre des civils par des groupes séparatistes actifs dans les régions anglophones du Cameroun, confrontées à un conflit armé depuis plus d'un an.

"Une fois de plus, des documents circulent qui confirment les allégations selon lesquelles les séparatistes armés commettent des exactions à l’encontre des civils", a affirmé Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à HRW cité dans un communiqué daté de lundi de l'organisation de défense des droits de l'homme.

Dans le texte, HWR affirme avoir visionné une vidéo, filmée mi-mai, montant "des séparatistes armés torturant un homme dans une école abandonnée dans la région du Nord-Ouest du Cameroun".

"La victime a été enlevée, passée à tabac et a subi des brûlures dans une école abandonnée", a rapporté l'ONG.

Dans la vidéo, la victime, qui est en sous-vêtements, est forcée par quatre séparatistes à "s’asseoir sur des morceaux de papier enflammés (avant d'être frappée) à coups de bâton et de machette", selon HRW. On y voit aussi les séparatistes menacer la victime de "la +laver à l’essence+".

"Les séparatistes armés ont également torturé des dizaines de personnes", a poursuivi l'ONG.

HWR "a documenté de nombreux cas de torture par des séparatistes armés d’employés de la Cameroon Development Corporation, qui travaillent dans les bananeraies de la compagnie près de Tiko, dans la région du Sud-Ouest", a-t-elle indiqué, soulignant que "les employés ont été passés à tabac ou mutilés parce qu’ils avaient refusé de participer à une grève générale".

Rapatriement volontaire des réfugiés camerounais au Nigeria
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Le 18 juin, à Bafut, dans le nord-ouest, les séparatistes ont enlevé au moins 40 personnes, dont des femmes et des enfants, qu'ils ont "frappés et détroussés" avant de les libérer, selon HWR.

"Les dirigeants séparatistes devraient donner immédiatement à leurs combattants et à leurs partisans l’ordre de cesser ces attaques", a plaidé M. Mudge.

Dans son communiqué, HWR a préconisé "des sanctions ciblées aux chefs séparatistes qui portent une responsabilité pour les abus commis, notamment les actes de torture et les occupations d’écoles".

Depuis le début de la crise en 2016, la plupart des écoles ont fermé en raison du blocus imposée par les séparatistes.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, ces régions sont le théâtre d'un conflit armé qui n'a cessé de prendre de l'ampleur et dans lequel les civils sont pris en tenaille.

Des éléments des forces armées sont, eux aussi, régulièrement accusés d'être l'auteur d'exactions contre de civils.

Cette crise a déjà poussé plus de 530.000 personnes à quitter leur foyer, selon des chiffres de l'ONU. En vingt mois, le conflit a fait 1.850 morts, selon le centre d'analyses géopolitiques International Crisis Group (ICG).

Sept soldats devant le tribunal militaire de Yaoundé

L'entrée du tribunal de Yaoundé, au Cameroun, le 16 juillet 2012.

Au Cameroun, sept éléments des forces défense vont être traduits devant le tribunal militaire de Yaoundé.

L’armée camerounaise a annoncé le passage devant un tribunal de ces sept militaires dans une note d’information publiée par le capitaine de frégate Cyrille Serges Atonfack Guemo, chef de la division de la communication au ministère de la Défense.

Il s’agit de sept militaires soupçonnés d’exécutions extrajudiciaires des femmes et de leurs bébés dans le cadre de la lutte contre Boko Haram à l’Extrême-Nord.

"L’information judiciaire ouverte a été close, ils sont renvoyés pour coaction d’assassinat et de violation de consignes, de complicité desdits faits", informe le porte-parole de l’armée camerounaise.


"Le Cameroun ne transige pas avec les écarts de comportements relativement au droit de guerre, au droit humanitaire, et à la protection des biens et personnes", a commenté le capitaine de frégate Atonfack Serges.

Debut juillet 2018, la vidéo devenue virale montrant l’exécution des femmes et leurs bébés avait suscité l’indignation.

Le Cameroun avait rejeté les accusations des organisations des droits de l’homme avant d’annoncer le 11 juillet que "le président de la République a ordonné une information judiciaire sur cette affaire".

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Mondial-2019: La France au rendez-vous, les Anglaises battent les Camerounaises

L'attaquante française Viviane Asseyi (R) affronte la milieu de terrain française Grace Geyoro lors de la rencontre de football entre la France et le Brésil, le 23 juin 2019, au stade Oceane à Le Havre, au nord-ouest de la France.

Le rendez-vous avec les Américaines est pris: La France a décroché son billet au bout du suspense pour le quart de finale le plus attendu de cette Coupe du monde de football féminin, en battant le Brésil (2-1), dimanche au Havre.

Les Tricolores ont eu bien chaud face à des Brésiliennes solides techniquement et qui avaient clairement haussé leur niveau de jeu par rapport aux matches du premier tour. Mais elles ont su aller au bout d'elles-mêmes, pour inscrire le but décisif à l'entame de la seconde période de la prolongation.

Malgré un match haché par les fautes, les Bleues ont su démontrer qu'elles avaient les épaules pour assumer leur statut de favorites. Et espérer peut-être battre les tenantes du titre américains, vendredi.

Il ne reste plus aux coéquipières d'Alex Morgan qu'à valider leur qualification en battant des Espagnoles prêtes à en découdre lundi.

Dans l'autre affiche de ces huitièmes, la logique a été respectée avec une large victoire (3-0) des Anglaises, 3e mondiales, face au Cameroun, 46e. Malgré les coups de sang des Lionnes indomptables, qui ont à deux reprises refusé de reprendre le jeu pour contester les décisions de la VAR en leur défaveur, l'Angleterre file en quart pour la cinquième fois de son histoire.

Elle y retrouvera un adversaire coriace, avec les Norvégiennes venues à bout aux tirs aux buts de l'Australie samedi soir.

Le tableau des quarts de finale:

Jeudi 27/06

(21H00/19H00 GMT)

Norvège - Angleterre

Vendredi 28/06

(21H00/19H00 GMT)

France - Etats-Unis ou Espagne

Samedi 29/06

(18H30/16H30 GMT)

Allemagne - Suède ou Canada

Les 8e de finale restant à jouer:

Lundi 24 juin

(18H00/16h00 GMT) Espagne - Etats-Unis (21H00/19h00 GMT) Suède - Canada

Mardi 25 juin

(18H00/16h00 GMT) Italie - Chine

(21H00/19h00 GMT) Pays-Bas - Japon

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