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L'armée turque affirme reprendre du terrain à l'EI à la frontière syrienne

Des chars turcs à Karkamış, en Turquie, à la frontière syrienne, le 31 août 2016.

L'armée turque a annoncé jeudi avoir chassé des jihadistes de trois localités dans le nord de la Syrie, où elle a engagé la semaine dernière une offensive contre les milices kurdes et le groupe Etat islamique (EI).

"Les villages de Zavgar, Tell El Agbar et Al-Kulliyeh ont été nettoyés de leurs éléments terroristes", a annoncé l'armée dans un communiqué diffusé par l'agence progouvernementale Anadolu.

L'armée a également indiqué avoir frappé 15 cibles à Al-Kulliyeh et Zavgar, dans la région de Jarablos, reprise mercredi dernier à l'EI à la faveur d'une offensive éclair des rebelles soutenus par Ankara.

Selon la télévision turque NTV, les premiers habitants de Jarablos rentraient chez eux jeudi, tandis que les forces turques ont entamé la construction d'un mur entre Jarablos et Karkamis, à la frontière syrienne, pour prévenir toute incursion en territoire turc.

Toujours dans cette zone, l'armée turque a détruit des engins explosifs laissés par l'EI, provoquant d'importantes explosions, a constaté un photographe de l'AFP à Karkamis.

L'armée a annoncé avoir détruit 213 engins explosifs artisanaux depuis le début de l'opération.

Les jihadistes de l'EI sont soupçonnés d'avoir piégé la région de Jarablos avec de grandes quantités de mines et d'explosifs, que les démineurs s'affairent à détruire depuis plusieurs jours.

Outre l'EI, l'opération "Bouclier de l'Euphrate" vise les milices kurdes, qu'Ankara veut empêcher de former une zone autonome continue d'un bout à l'autre de la frontière.

L'aviation turque a notamment pilonné des positions des YPG (Unités de protection du peuple kurde, considérés comme un "groupe terroriste" par Ankara), après avoir essuyé sa première perte au sol en Syrie, tandis que l'un de ses chars a été pris pour cible par les YPG.

Ces affrontements ont provoqué l'inquiétude des Etats-Unis, alliés des milices kurdes qu'ils voient comme un partenaire efficace dans la lutte contre le groupe radical sunnite.

Mercredi, la Turquie a démenti avoir accepté un accord de cessez-le-feu sous les auspices des Etats-Unis, même si sur le terrain les rebelles faisaient état d'une accalmie.

Par ailleurs, l'armée turque a indiqué jeudi avoir tué trois activistes du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) dans des frappes aériennes à Cukurca, dans la province turque de Hakkari près de la frontière irakienne, a rapporté l'agence privée Dogan.

Un soldat turc a été tué et un autre blessé dans des affrontements entre les forces de sécurité turques et le PKK dans la province de Siirt (sud-est), selon la même source.

Avec AFP

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OMC: l'UE va soutenir la Nigériane Okonjo-Iweala

La candidate pour la présidence de l'OMC Okonjo-Iweala, ancienne ministre des finances du Nigeria et ancienne No.2 à la Banque mondiale. REUTERS/Lucas Jackson/archives

L'Union européenne va soutenir la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala pour le poste de directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), ses Etats membres étant finalement arrivés lundi à un consensus sur cette candidature.

Ce soutien, qui donne un élan appréciable à la candidate africaine face à sa rivale sud-coréenne Yoo Myung-hee, sera annoncé à l'OMC mardi matin par l'ambassadeur de l'UE à Genève, a précisé l'une de ces sources.

Ancienne ministre des Affaires étrangères et des Finances du Nigeria, mais aussi ex-numéro deux de la Banque mondiale, Mme Okonjo-Iweala, 66 ans, pourrait devenir la première femme et la première Africaine à diriger l'organisation chargée de libéraliser le commerce mondial.

Les Etats membres ont cependant mis du temps à s'entendre sur son nom, malgré un échange sur le sujet entre les dirigeants de l'UE lors du dernier sommet européen mi-octobre à Bruxelles.

Lundi matin, la Hongrie et la Lettonie refusaient encore de soutenir la Nigériane, avant de se rallier à la majorité dans la soirée, selon les sources européennes.

Tout en acceptant le consensus européen, "sept délégations" ont par ailleurs "demandé que soit enregistrée leur préférence pour l'autre candidate", a précisé une de ces sources.

Ce soutien est "un signal clair à l'égard de l'Afrique et un signe de confiance mutuelle" avec l'UE, a souligné une autre source.

Le troisième cycle de discussions, qui devra départager les deux prétendantes, a débuté le 19 octobre et s'achèvera mardi. Un consensus devra être trouvé pour la date butoir du 7 novembre.

La candidate qui l'emportera succédera au Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté l'OMC fin août, un an plus que tôt que prévu. Ce départ, expliqué par des raisons familiales, est survenu en plein marasme économique mondial, laissant l'institution en crise.

Le prochain chef de l'institution devra affronter la crise économique mais aussi la crise de confiance dans le multilatéralisme et dans le bien-fondé de la libéralisation du commerce mondial, le tout sur fond de guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales, la Chine et les Etats-Unis.

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Washington fait appel de la décision de l'OMC face à la Chine

Le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump se serrent la main après avoir signé la "phase 1" de l'accord commercial américano-chinois à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS / Kevin Lamarque

Washington a fait appel auprès de l'Organisation mondiale du commerce de sa condamnation sur les taxes douanières punitives imposées à la Chine au début de la guerre commerciale entre les deux grandes puissances.

Les Etats-Unis en ont fait l'annonce lors d'une réunion de l'Organe de règlement des différends (ORD) de l'organisation basée à Genève, a indiqué un porte-parole de l'OMC.

Washington avait été condamné le 15 septembre par l'ORD. Ce cas, porté par Pékin devant l'OMC en 2018, concerne une première tranche de droits de douane imposés par l'administration Trump sur quelque 250 milliards de dollars de biens chinois.

Ces tarifs punitifs ont marqué le début d'une guerre commerciale entre les deux géants économiques et constitué l'une des marques de fabrique de la présidence Trump.

Washington et Pékin ont ensuite conclu un accord commercial, en grande partie au point mort.

Dans son jugement rendu à la mi-septembre, l'ORD stipulait que "les mesures en cause sont incompatibles" avec divers articles du GATT (ancêtre de l'OMC), et recommandé "que les Etats-Unis rendent leurs mesures conformes à leurs obligations".

Réagissant au verdict de l'Organe de règlement des différends de l'OMC, l'administration Trump avait jugé l'organisation "totalement inadéquate" pour mettre fin aux pratiques commerciales de la Chine, jugées déloyales.

Ce jugement était très attendu dans la mesure où il s'agit d'un des premiers verdicts de l'OMC portant sur la guerre commerciale.

En règle générale, l'organe d'appel de l'OMC dispose de trois mois pour rendre son rapport. Toutefois, l'organe d'appel, dont la nomination des juges est bloquée par Washington, n'est plus opérationnel depuis décembre 2019 faute de magistrats en nombre suffisant.

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