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Syrie: les rebelles soutenus par la Turquie ont chassé le groupe EI de Jarablos

Des chars turcs et des véhicules de rebelles syriens, à la frontière syrienne, le 24 août 2016.

Des centaines de rebelles syriens, soutenus par les chars et l'aviation turcs, ont pris la localité syrienne frontalière de Jarablos aux djihadistes du groupe Etat islamique (EI), à l'issue d'une offensive éclair.

"Jarablos est complètement libérée", a affirmé à l'AFP Ahmad Othmane, commandant d'un groupe rebelle ayant pris part mercredi à l'offensive "Bouclier de l'Euphrate" pour s'emparer de cette localité du nord de la Syrie, à la frontière turque.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accueillait le vice-président américain Joe Biden, a également assuré que Jarablos "avait été reprise" à l'EI. Un porte-parole d'un autre groupe rebelle a affirmé que les djihadistes s'étaient retirés en direction de la ville d'Al-Bab, au sud-ouest de Jarablos.

Selon l'agence progouvernementale Anadolu, seul un rebelle syrien a été tué et dix autres blessés. L'agence Dogan a fait état de la mort de 46 djihadistes, ce qui n'a pas été confirmé.

La rapidité de la reconquête de Jarablos a stupéfié les experts alors que la reprise par les Kurdes de localités tenues par l'EI dans le nord de la Syrie, comme Kobané ou Minbej, avait nécessité de longs combats.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste, a lancé à l'aube ce qui est sa plus importante opération militaire en Syrie depuis le début du conflit il y a plus de cinq ans.

Les Etats-Unis apportent leur soutien -- y compris dans les airs -- à l'opération turque de l'autre côté de la frontière syrienne pour y repousser l'EI, ont indiqué des responsables américains sous couvert d'anonymat.

M. Biden, en Turquie pour parler notamment de la résolution de la guerre en Syrie, dans laquelle Ankara a dit vouloir jouer un "rôle plus actif", a mis en garde la milice kurde qui devra retourner à l'est de l'Euphrate, comme le réclame la Turquie.

'Nettoyer' la zone'

"Nous avons dit très clairement" que ces forces "doivent retraverser le fleuve" et "n'auront, en aucune circonstance, le soutien des Etats-Unis si elles ne respectent pas leurs engagements, un point c'est tout", a-t-il déclaré à Ankara, le Premier ministre turc Binali Yildirim à ses côtés.

Le président Erdogan a déclaré que l'offensive avait pour but de "mettre un terme" aux problèmes à la frontière turque et visait non seulement l'EI mais aussi les milices kurdes.

"La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie", a-t-il dit.

Ankara considère l'EI et le PYD (Parti de l'Union démocratique - kurde) comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutient, au grand dam d'Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie.

"Toute la zone, y compris Jarablos, doit être nettoyée de la présence du PYD et des YPG (Unités de protection du peuple, aile militaire du PYD, ndlr), a déclaré mercredi soir M. Yildirim, cité par Anadolu.

Plusieurs heures après le déclenchement de l'opération, une dizaine de chars turcs sont entrés en Syrie et ont tiré en direction de positions tenues par l'EI dans Jarablos, a constaté un photographe de l'AFP.

Des F-16 turcs, appuyés par des avions de la coalition, ont largué des bombes sur des sites djihadistes à Jarablos, dernier point de passage contrôlé par l'EI à la frontière.

"Bourbier syrien"

Après avoir été longtemps accusée de complaisance à l'égard des djihadistes, la Turquie affirme désormais qu'elle a pour objectif d'éradiquer l'EI.

Un attentat samedi à Gaziantep (sud-est), près de la frontière, a fait 54 tués lors d'un mariage kurde, et porte la marque du groupe djihadiste.

Mais la Turquie est aussi soucieuse d'empêcher l'avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos. Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l'EI.

Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière.

Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l'opération sur Twitter: "La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech".

La Russie qui soutien militairement Damas a dit être "profondément préoccupée" par l'opération, s'inquiétant d'une possible aggravation des tensions entre Ankara et les milices kurdes.

La Syrie a condamné l'opération turque comme une "violation flagrante" de son territoire.

Avec AFP

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Le Soudan bientôt retiré de la liste noire des États-Unis

La ministre des Affaires étrangères du Soudan, Asma Mohamed Abdalla, et sa délégation quittent le Département du Trésor américain à Washington, États-Unis, le 6 novembre 2019, après des négociations sur le barrage du Grand Ethiopian Renaissance. REUTERS / Siphiwe Sibeko

Donald Trump à ouvert la voie lundi au retrait du Soudan de la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme, un tournant aussitôt salué par Khartoum qui réclamait la levée de cette lourde sanction en vigueur depuis près de 30 ans.

"Excellente nouvelle! Le nouveau gouvernement du Soudan, qui fait de vrais progrès, a accepté de payer 335 millions de dollars aux victimes américaines du terrorisme et à leurs familles. Une fois versés, je retirerai le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme", a tweeté le président des Etats-Unis, sans préciser de calendrier.

"Merci beaucoup président Trump!", a aussitôt répondu sur Twitter le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok. "Nous sommes sur le point de nous débarrasser de l'héritage le plus lourd du régime défunt", a dit celui qui dirige un gouvernement de transition depuis la chute d'Omar el-Béchir en 2019.

L'Union européenne s'est aussi réjouie d'une décision "capitale" qui "renforce l'intégration" du Soudan "dans la communauté internationale et son accès à l’économie mondiale".

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait évoqué en septembre un projet d'accord prévoyant le versement sur un compte bloqué de ces indemnités soudanaises pour les familles des victimes des attentats perpétrés en 1998 par la nébuleuse jihadiste Al-Qaïda contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie, qui avaient fait plus de 200 morts.

Le Soudan, jadis paria de la communauté internationale pour avoir accueilli le chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, a été condamné à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

D'après l'accord, ces fonds ne seront toutefois transférés aux plaignants qu'une fois que le Soudan aura été retiré de la liste noire. Mike Pompeo avait dit le mois dernier que cela interviendrait "très probablement" avant fin octobre.

"Nous exhortons le Congrès à adopter immédiatement la loi nécessaire pour mettre en oeuvre l'accord", a dit Edith Bartley, porte-parole des familles des Américains tués à l'ambassade de Nairobi. "Cet accord ne peut pas être victime des blocages et querelles des élus", a-t-elle estimé, alors qu'une poignée d'influents sénateurs démocrates ont jusqu'ici exprimé leurs réserves.

Parallèlement, Washington a multiplié les pressions pour que Khartoum normalise ses relations avec Israël avant l'élection présidentielle américaine du 3 novembre, comme l'ont fait ces dernières semaines les Emirats arabes unis et Bahreïn.

L'administration Trump, sans nier cette demande insistante, assure qu'aucun lien direct n'existe avec la levée des sanctions, mais plusieurs observateurs et médias ont rapporté le contraire.

Lundi, ni la Maison Blanche ni Khartoum n'ont évoqué un éventuel accord israélo-soudanais.

"Paix arabo-israélienne"

Malgré des négociations bien avancées, Abdallah Hamdok avait accusé le 11 octobre les Etats-Unis de mettre en danger la démocratisation de son pays, semblant ainsi s'agacer d'un revirement ou d'un retard américain.

Khartoum assure en effet depuis le mois dernier avoir réuni le montant des indemnités.

Le Soudan est depuis 1993 sur cette liste noire américaine, synonyme d'entrave aux investissements pour ce pays pauvre.

Les Etats-Unis ont renoué avec Khartoum déjà sous l'ex-président démocrate Barack Obama, lorsqu'Omar el-Béchir a commencé à coopérer dans la lutte antiterroriste et joué le jeu de la paix au Sud-Soudan.

La révolution qui a balayé Omar el-Béchir n'a fait qu'accélérer le mouvement.

Les Etats-Unis ont "une fenêtre unique et étroite pour soutenir le gouvernement de transition dirigé par un civil au Soudan, qui s'est enfin débarrassé de la dictature islamiste", avait écrit Mike Pompeo dans une lettre à des sénateurs en septembre.

Les négociations semblent avoir été compliquées, plus récemment, par le dossier israélien.

Abdallah Hamdok avait douché les espoirs américains, en affirmant, lors d'une visite de Mike Pompeo à Khartoum fin août, qu'il n'avait "pas de mandat" pour trancher cette question sensible.

Les tractations se sont néanmoins poursuivies en coulisses avec des positions peut-être moins figées, et de possibles divisions sur ce sujet épineux entre les civils et les militaires.

Le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain au Soudan, avait en effet rencontré en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, avant de discuter en septembre avec une délégation américaine du "rôle" du Soudan dans "l'avenir de la paix arabo-israélienne".

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Des mesures pour enrayer une deuxième vague du nouveau coronavirus qui pointe timidement

Une personne portant un masque fait du vélo sur la place du Duomo, dans la Lombardie en Italie, après que le gouvernement a introduit de nouvelles mesures restrictives en raison d'une hausse du nombre d'infections par le COVID-19, Italie 19 octobre 2020. REUTERS/Flavio Lo Scalzo

Le nouveau coronavirus qui a déjà infecté plus de 40 millions de personnes et tué près de 1.114.500 dans le monde refait lentement surface après une courte période d'accalmie. Les autorités adoptent des nouvelles mesures pouvant faire craindre un nouveau confinement généralisé.

En Belgique, les cafés et restaurants garderont portes closes pour un mois à compter de ce lundi. La mesure se double d'un couvre-feu entre minuit et 5h du matin. Pareil pour la Slovénie qui va mettre en place un couvre-feu dès demain.

La Suisse interdit les rassemblements publics spontanés de plus de 15 personnes et réglemente les manifestations privées de plus de 15 personnes à compter d’aujourd’hui. Le port du masque devient obligatoire dans les espaces clos accessibles au public.

L'Autriche restreint aussi les rassemblements à six personnes à l'intérieur et à 12 personnes à l'extérieur, à l'exception des cérémonies funéraires.

L'Iran a enregistré lundi 337 décès supplémentaires liés au nouveau coronavirus.

L'Irlande sera le premier pays de l'UE à reconfiner l'ensemble de sa population pour six semaines, à partir de la nuit de mercredi à jeudi, pour faire face à la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi son Premier ministre Micheal Martin. Tous les commerces non essentiels devront fermer et les bars et les restaurants ne pourront servir que de la nourriture à emporter.

Le Pays de Galles instaurera à partir de vendredi un confinement de deux semaines pour tenter de freiner la deuxième vague de la pandémie, introduisant ainsi les restrictions les plus dures au Royaume-Uni.

Le Canada a franchi lundi le cap des 200.000 cas et s'approchait des 10.000 morts, en pleine deuxième vague de coronavirus, selon les chiffres officiels des provinces compilés par plusieurs chaînes de télévision.

La frontière entre les Etats-Unis et le Canada restera fermée aux déplacements non essentiels jusqu'au 21 novembre. Les États-Unis restent le pays le plus touché en nombre de morts et de cas.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, suivi par le Brésil, l'Inde, le Mexique et le Royaume-Uni.

En Afrique du Sud Zweli Mkhize, ministre de la santé, et son épouse sont aussi testés positifs. M. Mkhize est le cinquième membre du gouvernement à attraper le virus.

Le secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine Saëb Erakat, 65 ans, infecté par le nouveau coronavirus alors qu'il est atteint de fibrose pulmonaire, est dans un "état critique", a indiqué l'hôpital de Jérusalem où il a été transféré.

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